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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 21:58

Audiolib 2020 (Seuil) - Lu par Marie du Bled - 11 h 

"Un marais n’est pas un marécage. Le marais, c’est un espace de lumière, où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrient le disque du soleil jusqu’à la mer, et des échassiers s’en envolent avec une grâce inattendue – comme s’ils n’étaient pas faits pour rejoindre les airs – dans le vacarme d’un millier d’oies des neiges."

Nous sommes à Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Kya vit avec sa famille dans le marais, en marge de la population. Ils logent dans une cabane qui offre le confort minimal. Alors qu'elle a six ans, la mère de Kya abandonne le foyer. Ses frères et sœurs fuient également les lieux dès qu'ils le peuvent et de façon définitive. La petite fille vit seule avec son père quelques temps, avant que ce dernier ne disparaisse. Kya, livrée à elle-même, devient "la fille du marais".

"Comme tous les autres, il avait entendu parler de la Fille des marais et, au fil des ans, l'avait parfois croisée, soit dans son bateau, glissant au fil de l'eau comme si elle ne faisait qu'un avec les courants, soit se précipitant hors de l'épicerie comme un raton laveur s'éloigne d'une poubelle."

 

source instagram /Delia Owens

Grâce à quelques rencontres providentielles et portée par sa force de caractère, la petite fille grandit et s'ouvre aux trésors naturels qui l'entourent. Un jeune garçon, Hate, lui apprend à lire et à compter. Le garçon lui rend visite le plus souvent possible et lui apporte des livres de sciences naturelles, qu'elle dévore. Au fil des années, leur relation devient plus intime mais Hate finit par l'abandonner aussi, au grand désespoir de Kya.

La jeune fille continue à étudier la flore et la faune du marais et consigne ses observations par écrit. Elle dessine également. Elle n'oublie par Hate mais se laisse embarquer dans une autre relation qui va qui lui occasionner de gros ennuis avec la justice. Le récit, qui se déroule sur deux époques, 1952 et 1969, finit par se rejoindre dans la dernière partie du livre. 

J'avais très envie de lire ce roman dont (presque) tout le monde chante les louanges. Je ne peux que me ranger du côté des avis dithyrambiques. Ce roman possède de grandes qualités. Le personnage principal, Kya, est extrêmement attachant. Il y de bons sentiments mais c'est avant tout un texte intelligent et plein finesse. Ce roman possède également une dimension écologique, sans être moralisateur.  La construction tient suffisamment en haleine pour que l'on ne s'ennuie pas une minute. Cerise sur le gâteau, la fin est très réussie.

Je ne regrette pas d'avoir opté pour la version audio. La lectrice incarne parfaitement la jeune Kya et parvient à nous faire vibrer pour ce très beau texte.

Une totale réussite !

 

Quelques mots sur l'autrice (source Babelio) :

Diplômée en zoologie et biologie et titulaire d'un doctorat en comportement animal, elle part s’installer avec son mari, chercheur et biologiste comme elle, au Botswana en 1974. Ensemble, ils étudient les différentes espèces de mammifères de la région. Ils publient trois livres de non-fiction. Delia Owens publie également de nombreux articles scientifiques en menant ses recherches sur les espèces animales en danger. Elle monte des projets de sauvegarde de grande ampleur. "Là où chantent les écrevisses" ("Where the Crawdads Sing", 2018) est son premier roman.

Challenge écoutons un livre
challenge 50 romans - 50 états : la Caroline du Nord

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 23:28

Lu par Léovanie RAUD - 2019

Olivier Norek est un nom que l'on voit sur les blogs autant que dans les librairies. Il me fallait donc un jour ou l'autre faire connaissance avec sa plume même si, pour être honnête, le polar n'est pas mon genre de prédilection. 

Bien souvent, pour mener leurs enquêtes, les auteurs font appel à des inspecteurs un peu cabossés ou atypiques. C'est le cas de Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, qui a été défigurée par un coup de de feu en pleine tête. Après son arrêt de travail (par crainte qu'elle ne soit pas en mesure d'assurer pleinement son poste) sa hiérarchie l'a mutée pour une mission plus ou moins bidon dans un commissariat de province où il ne se passe pas grand chose habituellement.

Coup de chance pour Noémie, une affaire vient bousculer l'équipe apathique du commissariat. Une "cold case" concernant des enfants disparus refait surface et Noémie Chastain met un point d'honneur à la résoudre. Mais voilà, tout le monde n'a pas intérêt à ce que cette affaire soit résolue...

Cette enquête m'a fait passer un bon moment. Le personnage de Noémie Chastain est attachant.

L'avis d'Enna

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre !

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 13:22

POL - 392 pages - août 2020

 

C’est utile quand la vie vous sourit de savoir qu’elle va vous passer à tabac et quand on tâtonne dans les ténèbres, que la lumière va revenir. Ça donne de la prudence, ça donne de la confiance. Ça aide à relativiser ses états d’âme. Du moins ça devrait.

Tout commence par un stage de Yoga, auquel participe Emmanuel Carrère avec l'idée d'écrire "un petit livre subtil et souriant sur le Yoga". Le résultat n'est pas à la hauteur de l'objectif même si, au début du roman, on pourrait le croire. 

L'auteur pratique la méditation régulièrement mais pas de façon soutenue. Avec un stage intensif d'une dizaine de jours, il se fixe un petit challenge personnel à relever. S'adonner à la méditation, assis pendant plusieurs heures sur un petit coussin, n'est pas donné à tout le monde (à titre personnel, je l'imagine pas tant j'ai besoin d'être "productive"). 

"Il s'agit de s'asseoir en silence, de porter l'attention sur son souffle, d'être présent à tout ce qui traverse le champ de la conscience, de l'observer sans le juger, de ne rien attendre, de laisser faire, de lâcher prise."

Le stage commence sur de bonnes bases mais l'attentat de Charlie Hebdo vient tout chambouler. L'auteur, qui connait personnellement Bernard Maris, est appelé à Paris pour participer à ses obsèques. A la page 148 (sur 390) nous quittons le stage de Yoga pour suivre l'écrivain à son domicile, où il est ramené brutalement à la "vraie vie". Il est fortement déconseillé d'interrompre un stage de méditation avant la fin. L'auteur va l'apprendre à ses dépens. La partie suivante s'appelle "Histoire de ma folie". L'auteur bascule, pour une raison qui n'est pas dite mais que l'on peut deviner en lisant la presse, dans une très profonde dépression. Hospitalisé en psychiatrie, il est diagnostiqué bipolaire.

"On est deux dans le même homme, et ces deux là sont des ennemis".

Il touche le fond et passe, dans un état second, quatre mois cauchemardesques. Puis il sort de l'hôpital et, peu de temps après, part pour Léros, une île de la mer Egée où l'attend une mission humanitaire. Dans une partie intitulée "les garçons", il parle d'autres vies que la sienne, sans s'oublier.

"Tu n'es pas juste venu prendre notre malheur, tu as raconté aussi le tien."

La publication d'un livre d'Emmanuel Carrère est pour moi un évènement. L'auteur laisse passer plusieurs années entre deux publications et choisit toujours des thèmes très originaux. Chaque livre est une aventure dans laquelle je me plonge "corps et âme". Yoga n'a pas fait exception même si, je l'avoue, j'ai trouvé cet opus moins abouti que les précédents, plus décousu. Le fil conducteur est "la méditation" mais l'enchainement des différentes séquences de l'ouvrage m'a semblé artificiel. 

Quoi qu'il en soit, c'est un livre que aimé parcourir (pour ne pas dire dévorer). L'écriture d'Emmanuel Carrère est d'une grande fluidité. La partie concernant le Yoga est traitée avec beaucoup d'humour. Celle intitulée "Histoire de ma folie" contraste avec la précédente, bien que l'auteur sache pratiquer l'autodérision en toutes circonstances. Nous plongeons avec l'écrivain dans le monde de la folie.

Emmanuel Carrère est un personnage admiré par les uns, détesté par les autres. A titre personnel, j'essaye de faire la part des choses entre l'écrivain et la personnalité médiatique, même si les deux cohabitent fortement chez Carrère, comme le montre l'extrait ci-dessous :

"J'écris pour devenir un meilleur être humain, c'est vrai, j'écris parce que j'aime écrire, j'écris par goût du travail bien fait, j'écris parce que c'est ma façon de connaître la réalité. J'écris aussi pour être célèbre et admiré, ce qui n'est certainement pas le meilleur moyen de devenir un meilleur être humain. Mon travail est le bastion de mon ego."

Lire ou ne pas lire Yoga ? A vous de voir !

L'avis de Papillon - celui de Keisha

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 23:16

Editions verticales 2012 - 127 pages

En 2010, dans le cadre de l'année France-Russie, Maylis de Kerangal a voyagé dans le Transsibérien. De ce voyage est né une fiction radiophonique publiée il y a 10 ans sur France culture. Cette fiction a inspiré à l'écrivaine un texte qu'elle a appelé "tangente vers l'est". 

Maylis de Kerangal lors de son voyage dans le transsibérien

De Moscou à Vladivostok, le transsibérien transporte des voyageurs de tous horizons. Hélène, la jeune compagne d'un expatrié, a décidé de fuir une vie qu'elle n'apprécie guère. Elle prend le train à Krasnoïarsk en direction de l'est, sans idée vraiment précise de ce qu'elle va faire ensuite. Dès le début du voyage, elle remarque un jeune appelé nommé Aliocha. Ce dernier observe la jeune femme également. Ils ne parlent pas la même langue, ce qui rend d'autant plus étrange ce qui va se passer.

Nous sommes tantôt dans la tête d'Hélène, tantôt dans celle d'Aliocha. On ne sait pas grand chose de leur passé. Tous deux sont concentrés sur le moment présent. L'un songe à s'échapper, l'autre se laisse aller à la rêverie. Le paysage est monotone, une forêt interminable défile sous leurs yeux. Les haltes sont attendues avec impatience. Par la fenêtre ils observent les voyageurs déambuler sur les quais. Au fil du voyage, la relation entre Hélène et Aliocha s'intensifie et ils deviennent complices. Pour le meilleur ou pour le pire ?

"La seule chose qu'il sait, c'est qu'à l'instant où les deux femmes ont frappé à la porte, elle est passée dans son camp, à la seconde où elle a ouvert pour leur faire vérifier qu'elle était bien seule, à cette seconde-là, elle est devenue sa complice. Elle ne sait peut-être même pas pourquoi elle a fait ça, peut-être par jeu, pour jouer le jeu. Mais elle n'a pas agi sous la menace, il en est certain : elle, c'est une autre histoire, il ne sait pas laquelle mais c'est autre chose".

J'ai bien aimé ce roman d'ambiance servi par l'écriture précise et tendue qui caractérise Maylis de Kerangal. 

Maylis de Kerangal dans le transsibérien. J'y vois aussi Hélène...

Ce livre était dans ma PAL depuis quelques années. Je suis ravie de l'avoir découvert. J'aime vraiment beaucoup l'écriture de Maylis de Kerangal.

Objectif Pal chez Antigone

 

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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 21:37

Audiolib 2009- 2 h 55 - lu par l'auteur

 

L'histoire est celle de deux amis d'enfance, Mando et Loup, dont la relation d'amitié va dégénérer. Mando est en attente d'une relation fusionnelle, ce qui n'est pas le cas de Loup. Dès le départ, nous sentons que leur amitié va mal tourner mais lequel est "la mauvaise rencontre" de l'autre ? 

"Obstinément, Mando restera fidèle à sa ligne, tentant de maintenir le mythe de l’âme sœur avec un aveuglement qui me serrera le cœur lorsque j’aurai enfin accès à ses cahiers. "

De l'auteur, j'avais beaucoup aimé "un secret" mais aussi "la petite robe de Paul" il y a une bonne dizaine d'années. J'étais assez confiante en lisant "La mauvaise rencontre" et je n'avais pas tort. J'ai aimé ce court roman, bien construit et subtil. Nous retrouvons le penchant de l'auteur pour la psychanalyse, ce qui n'a pas été pour me déplaire. 

Le texte est lu par Philippe Grimbert et c'est une réussite (ce n'est pas toujours le cas quand l'auteur lit son texte).

Une lecture intéressante et un auteur que j'ai eu plaisir à retrouver.

Merci à l'amie qui me l'a prêté.

Challenge mensuel "Ecoutons un livre"

 

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 20:25

Voici nos écoutes pour le mois de septembre.

Géraldine :

Amerigo -  Stefen Zweig :

La goûteuse d'Hitler - Rosella Postorino 

 

Enna :

Une femme simple et honnête - Robert Goolrick 

Sauvage" - Jamey Bradbury 

 

Sylire :

La femme du banquier - Christina Alger

Sauvage - Jamey Bradbury

Quitter le monde - Douglas Kennedy

 

Rendez-vous le 28 octobre pour vos écoutes du mois prochain !

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 17:49

Audiolib (Belfond 2009) - lu par Isabelle Miller - 19h00 - Traduit parBernard Cohen

J'ai lu (ou plus exactement écouté) ce pavé, au début de l'été. Quand je pense à cette écoute, je me revois le long des sentiers côtiers, faisant corps avec l'héroïne, partageant ses réflexions et ses malheurs. La grande qualité de Douglas Kennedy est de prendre le temps d'installer son histoire et de décortiquer minutieusement la psychologie des personnages. 

Jane a grandi dans une famille dysfonctionnelle. Sa mère, obnubilée par ses problèmes de couple, ne s'intéresse guère à sa fille. Son père, égoïste et immature, ne lui cause que des tracas. Jane, jolie et intelligente, ne parvient pas à faire les bons choix, professionnels ou personnels. Après avoir gâché la brillante carrière d'universitaire qui s'offre à elle, elle enchaine les erreurs. Un drame personnel lui portera le coup de grâce. Elle fera alors le choix de "quitter le monde". Sa reconstruction passera par la solitude et l'introspection. Douglas Kennedy nous laisse le temps d'accompagner la jeune femme dans son travail de reconstruction et, si certains ont déploré des longueurs, ce n'est pas mon cas.

Comment peut-on se planter constamment et faire systématiquement les mauvais choix ? J'ai parfois été agacée par les erreurs à répétition de Jane mais j'ai surtout éprouvé de l'empathie pour elle. J'ai aimé voyager à ses côtés, notamment dans l'Ouest du Canada, où elle débarque sous la neige et s'installe dans une maison de bord de mer. Nous la retrouvons plus tard, bibliothécaire, dans une ville où elle renoue progressivement avec une vie sociale. La dernière partie du roman, assez addictive, constitue "un roman dans le roman". Jane est amenée à se passionner pour une enquête qui fait suite à la disparition d'une fillette. Ce fait divers va lui permettre de faire prendre à sa vie une nouvelle direction...

J'ai bien aimé cette écoute et j'ai quitté Jane a regret.

Enna beaucoup moins.

Challenge "Ecoutons un livre"


 

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Le mois américain - Chez Titine

 

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 23:15

Lizzie 2019 - Lu par Karl-Line HELLER (-Éditions Gallmeister) 11 heures et 17 minutes

"J’ai senti quelque chose de sauvage monter en moi. Un puissant désir de courir aussi loin que je pouvais, jusqu’à ce que ma tête se vide intégralement et que ma peau s’arrête de bourdonner…".

De la même trempe que la jeune "Turtle" de "My absolute Darling" et tout aussi rebelle, Tracy est une jeune fille atypique. Élevée par un père aimant (mais pas tordu comme celui de Turtle), Tracy a beaucoup de mal à se remettre de la mort de sa mère dont elle était très proche. Comme elle, Tracy possède un don que je ne vais pas vous livrer mais qui m'a mise assez mal à l'aise. Ce don (qui n'est pas vraiment un cadeau) peut la faire se comporter comme une "sauvage"...

La jeune fille aime entrainer les chiens que la famille élève pour la course. Nous sommes en Alaska et le Mushing est un sport très prisé. Tracy et son père partagent cette passion. Tracy aime aussi disparaître de longues heures dans la forêt à l’affût des animaux avec lesquels elle a beaucoup d'affinités.  Un jour, durant l'une de ses escapades, Tracy est victime d'une agression qui va l'obséder. L'arrivée dans leur vie d'un jeune garçon, que le père Tracy accepte d'employer dans un geste de générosité, redynamise un peu le foyer mais Tracy reste perturbée par la mort de sa mère et par l'agression qu'elle a subie. Tracy se sent troublée en présence de ce garçon. Troublée et intriguée par cet être mystérieux qui lui ressemble tant...

"Sauvage" est un roman de "Nature Writing" très dépaysant. C'est aussi un livre dérangeant et angoissant. La lectrice transmet bien l'état de tristesse de Tracy ainsi que le stress quasi-permanent contre lequel elle tente de lutter. Je ne peux pas dire que j'ai adoré ce roman. Je l'ai lu avec intérêt mais aussi, parfois, avec une certaine répulsion. Je ne le classe pas au même niveau que deux autres ouvrages du même genre : "My absolute Darling" et "Dans la forêt" pour lesquels j'avais eu un coup de cœur. Quoi qu'il en soit, c'est un roman que je recommande aux amateurs du genre. 

Un roman à la fois dérangeant et captivant.

Une lecture commune que je partage avec Enna

Le mois américain - chez Titine

 

Challenge écoutons un livre
Challenge 50 romans - 50 Etats (Alaska)

 

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 23:58

Le livre de poche (Quai Voltaire 2018) - 630 pages

C'est après avoir écouté une émission des Bibliomaniacs que l'envie m'est venue de découvrir "Dans les angles morts". Le destin a bien fait les choses, car je l'ai trouvé dans une boite à livres quelques temps après. Cherchant une idée pour "le pavé de l'été" (challenge chez Brize) tout en préparant mes lectures pour le mois américain, j'ai jeté mon dévolu sur ce roman. 

Nous sommes dans les années 80, dans un village de campagne qui commence à être colonisé par de riches New-yorkais en recherche de calme et d'authenticité. Les nouveaux arrivés côtoient des fermiers qui ont des difficultés à gagner leur vie. Certains sont au bord du gouffre, peinant à dégager la rentabilité nécessaire pour rembourser leurs prêts. C'est le cas de la famille Hale, que la faillite a brisé. Leur maison a été rachetée une bouchée de pain par George Clare et sa famille. Cette acquisition ne leur portera pas bonheur. Un soir, en rentrant du travail, l'universitaire trouve sa femme Catherine, assassinée. Leur petite fille est dans sa chambre, saine et sauve. Pour découvrir qui est l'auteur du meurtre, nous revenons en arrière pour tenter de comprendre ce qui s'est tramé dans la ferme, du temps des Hale, mais aussi après la vente de la ferme aux Clare. 

J'ai tout aimé dans ce thriller psychologique : l'écriture, l'histoire, les personnages, l'ambiance... au point d'avoir littéralement dévoré les plus de 600 pages, envoûtée. J'ai beaucoup aimé le personnage de Catherine Clare, une jeune femme effacée et d'apparence fragile. Un autre personnage de l'histoire, moins central, m'a marquée, celui de la femme qui tient l'agence immobilière du village. Il se trouve qu'elle est également l'épouse du shérif. Le couple, témoin de la succession de malheurs, sera fortement impacté par cette histoire qui ne cessera de les hanter des années durant.

Je ne peux vous que vous conseiller d'aller vous même explorer les angles morts de cette histoire, de vous laisser surprendre par les faux-semblants et les zones d'ombres. Rares sont les romans où la psychologie des personnages est si fouillée. C'est toute une époque que l'auteur fait revivre, celle des années 80, sans téléphone portable ni réseaux sociaux. L'histoire ne se serait pas passée de la même façon à notre époque pour des raisons que, bien entendu, je ne vous livrerai pas...

Un coup de coeur !

Le pavé de l'été chez Brize

Thème du jour du mois américain : le polar

Le mois américain - chez Titine

 

Challenge chez Antigone

 

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 23:56

Globe - septembre 2020 - 470 pages

Je viens de finir cette lecture et je me sens orpheline de ces femmes qui m'ont accompagnée durant près de quinze jours. Onze femmes et une personne "non genrée" se succèdent et se croisent pour se présenter à nous.  Ces personnes sont fortes et courageuses mais ne cachent pas leurs faiblesses. Noires ou métis dans une Angleterre où la couleur noire n'est pas celle du désespoir, elles prennent (ou ont pris autrefois) leur destin en main.  Certaines commencent leur vie, comme Yazz, d'autres vivent avec leurs souvenirs, comme Hattie . S'il est beaucoup question de race dans l'ouvrage, toutes les femmes peuvent s'y retrouver car de multiples autres thèmes sont abordés : le féminisme, le couple, la parentalité, le monde du travail... 

Le style de cette oeuvre est absolument inclassable. Poétesse et femme de théâtre, l'autrice a inventé une forme nouvelle qui mélange différents genres. J'ai eu peur au départ de ne pas m'habituer à la ponctuation fantaisiste mais au bout d'une trentaine de pages, j'étais totalement absorbée par l'histoire, appréciant ce style qui fait corps avec le texte. Je ne me suis pas offusquée des phrases sans point qui partent à la ligne comme bon leur semble. 

Amma, homosexuelle, est la première à ouvrir la danse. Elle est au centre du roman. Ce soir, c'est la première de sa nouvelle pièce, au National theatre. Autour d'elle gravitent ses proches et des connaissances.  Nous les retrouverons au fil des pages. Le lien avec Amma ne saute pas toujours aux yeux mais il faut être patient, tout se met en place à la fin du roman. Parfois dans le présent, d'autres fois dans le passé, nous naviguons d'un milieu à un autre, d'une époque à une autre.

Chaque destin est passionnant et forme une histoire qui se tient, à la manière d'une nouvelle. Mon personnage préféré est la femme la plus âgée, Hattie, quatre-vingt treize-ans. Nous remontons le temps et découvrons ses origines mais aussi sa descendance, qui réserve quelques surprises. Hatie est ouverte d'esprit, courageuse et riche des valeurs qui l'ont construite.

Je ne peux que vous conseiller ce roman. Si vous vous laissez tenter, surtout lisez-le sans impatience. En cette période de rentrée littéraire, les tentations sont grandes. Il serait dommage de ne pas donner à ce roman le temps qu'il demande.

Un ouvrage riche et passionnant. Un incontournable de cette rentrée, assurément.

Une lecture commune avec Antigone et Fanny

 

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