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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 23:45

Audiolib 2013 (éditeur d'origine : Albin Michel)

Lu par François Montagut (36 heures d'écoute) - traduit de l'américain par Nadine Gassie

Quelle aventure mais q'elle aventure  !  J'ai passé trente six heures en compagnie d'un homme dont la mission ultime est d'empêcher l'assassinat de Kennedy, en 1963 (année toute particulière pour moi).

Ce livre est présenté comme une oeuvre de science-fiction voire fantastique mais une fois le postulat de départ accepté, à s'avoir qu'un homme parvient à se glisser dans une fissure spacio-temporelle, tout est crédible. Il n'est donc pas difficile de se laisser embarquer dans cette histoire aussi incroyable que passionnante. Nous remontons le temps pour nous retrouver à la fin des années 50, en compagnie de Jack Eppins, notre nouveau compagnon route pour plusieurs jours (3 semaines pour moi avec la version audio).

Jack est un professeur d'anglais on ne peut plus ordinaire jusqu'à ce  qu'un restaurateur nommé Al, le choisit pour prendre à son compte le projet fou qu'il a concocté : empêcher l'assassinat de Kennedy. Al est sur le point de mourir d'un cancer quand il confie à Jack qu'il a trouvé par hasard le moyen de remonter le temps. Il en a fait l'expérience pendant plusieurs années mais il a dû renoncer à aller au bout de son projet, compte tenu de sa maladie. 

Je ne peux pas évoquer les multiples rebondissements de l'histoire, ce serait trop loing, mais sachez que Jack va passer cinq ans dans le passé à préparer son projet. Il va tomber amoureux d'une jeune femme, Sadie, ce qui va lui compliquer sacrément la tâche. 

Entre l'histoire d'amour de Jack et sa filature de Lee Harvey Oswald (l'assassin de Kennedy), on ne voit pas le temps passer. Je dois toutefois vous avouer que j'ai eu un petit coup de mou au milieu du roman mais si petit qu'il n'a pas entaché mon plaisir de lecture. Un grand vide m'a envahi quand j'ai fini le roman. Je me suis demandée comment j'allais vivre sans Jack, dont j'étais peut-être tombée un peu amoureuse... La voix du lecteur (qui dans mon esprit est celle de Jack) a contribué pour beaucoup à mon plaisir de lecture. L'interprétation est irréprochable.

C'est un roman sur le thème de l'effet papillon. Chaque être humain a un rôle à jouer sur terre, comme le démontre l'auteur. Changer une trajectoire de vie a des incidences que nul n'imagine (sauf Stephen King).

Pour concocter cette histoire, l'auteur a dû faire travail un de recherche très important. La documentation sur les années 50 et sur le contexte de l'assassinat de Kennedy sont impressionnantes.

Un très bon Stephen King !

Lecture pour "Écoutons un livre" du mois de septembre

Ce sera mon pavé le l'été (qui me permet de participer la tête haute au pavé de l'été organisé par Brize avec mes 35 d'heures d'écoute (ce qui correspond à 1056 pages) !

C'est le mois Américain, chez Titine

Le livre était dans ma Pile à écouter depuis un bon moment. Il rentre donc dans le challenge d'Antigone.

 

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 23:01
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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 23:50

Audiolib août 2017 (Sonatine) - 11 h 08 - Lu par : Julien Chatelet - Clémentine Domptail - Ingrid Donnalieu - Marie-Eve Dufresne - Lola Naymark

"Il est des personnes qui sont attirées par l'eau, des personnes qui entretiennent avec elle un rapport presque primal. Je crois en faire partie".

Quand Julia  revient à Beckford, des années après avoir quitté son village natal, c'est dans des circonstances tragiques. Le corps de sa soeur a été retrouvé dans la rivière. Accident, suicide ou noyade ? Julia est bien incapable d'émettre la moindre hypothèse. Elle était en froid avec Nel depuis leur adolescence, ce que lui reproche sa nièce, la jeune Lena.

 "Au fond, tu as aimé cela" est la phrase que se repasse en boucle Julia, Ces quelques mots sont ceux qui ont causé la brouille entre sa soeur et elle il y a bien longtemps. Aurait-elle pu éviter le drame si elle avait renoué les liens, comme l'implorait Nel ces derniers temps ? Julia plonge dans ses souvenirs pour y voir plus clair et tente d'établir une relation avec sa nièce. Parallèlement, l'inspecteur Sean, qui connaissait bien Nel, mène l'enquête. Il est flanqué d'une jeune policière nommée Erin. Entre les rumeurs, les ragots et les vieilles histoires, il n'est pas simple de démêler le vrai du faux.

Nel n'est pas la première femme que l'on retrouve morte dans la rivière. Il se pourrait que toutes les disparitions soient liées mais dans quel ordre faut-il placer les pièces du puzzle pour qu'elles s’emboîtent ? La pièce maîtresse de la composition est sans nul doute la rivière. C'est un personnage à part entière mais également un décor. Livrera t'elle ses secrets ?

J'ai craint, au début de l'écoute, d'avoir du mal à différencier les personnages, d'autant qu'ils sont parfois nommés par leurs diminutifs. Mais grâce aux timbres de voix des différents interprètes (ils sont cinq), je m'y suis retrouvée assez aisément. L' alternance de voix donne du rythme au récit et personnalise les témoignages de chaque protagoniste. 

Ce roman est avant tout un bon thriller. Il offre en outre l'intérêt d'explorer de façon intéressante la période délicate que constitue l'adolescence chez les filles. C'est une écoute que j'ai beaucoup appréciée.

Je remercie Audiolib pour ce partenariat

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 23:02

Fayard - Août 2017 - 205 pages - traduit de l'anglais (américain) par Pierre Brévignon

La narratrice, Lucy Barton, est hospitalisée pour plusieurs semaines dans un hôpital de New York. Mère de deux jeunes enfants, elle ne reçoit pas beaucoup de visites. Son mari est très occupé entre les enfants et son travail.

De sa propre initiative, la mère de la jeune femme décide de faire l'effort quasi surhumain de quitter sa petite ville de l'Illinois pour venir au chevet de sa fille. Les deux femmes ne se sont pas vues depuis longtemps. A peine adulte, Lucy a quitté sa famille, fuyant la misère de ce coin paumé de l'Amérique profonde. Quelques années plus tard, elle n'appartient plus au même monde que ces parents. Romancière, elle a fait de l'écriture son métier.

Un dialogue étrange va se renouer entre les deux femmes. L'essentiel n'est pas dans ce qu'elles se disent mais dans l'intimité générée par la situation. La mère de Lucy ne sait pas parler de ses sentiments. Elle raconte des histoires de voisinage, des anecdotes sans importance. Elle restera quelques jours assise près du lit de sa fille, sur une chaise, refusant le lit de camp qu'on lui propose.

L'auteur nous donne accès aux pensées intimes de Lucy, à ses souvenirs d'enfance. Le récit est fragmenté, comme l'est souvent la pensée. Au cours de ce séjour à l'hôpital, Lucy va faire un travail de résilience, aidée par la présence de sa mère à ses côtés. Elle va porter un autre regard sur son enfance et réaliser que l'amour n'a pas forcément besoin de mots pour exister;

C'est un très beau roman sur les blessures de l'enfance et sur les relations mère-fille. L'écriture est empreinte de douceur et de d'une grande délicatesse. La traduction sonne juste.

Une très belle découverte de la rentrée qui séduira les amateurs de romans intimistes.

Une lecture commune avec Enna (qui l'a lu en anglais)

Brize a beaucoup aimé cette lecture également.

Je remercie les éditions Fayard

En septembre, c'est le mois américain, chez Titine

Défi 50 états / 50 romans : L'illinois

5 / ?

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 23:17

Harpercollins - Novembre 2016 - 352 pages

Mary Browning, 87 ans, vit seule avec ses souvenirs à Pitssburght (Pennsylvanie). Son seul lien avec l'extérieur est l'atelier d'écriture fréquenté par des seniors, qu'elle anime depuis quelques années. Si Mary écoute les confidences des uns et des autres, elle n'en fait guère ell-même. Elle se dit pourtant qu'il serait temps de coucher sur le papier le récit sa vie mouvementée. L'arrivée dans l'atelier d'écriture d'une toute jeune fille lui donne l'envie et la motivation de s'y mettre. Une relation presque intime s'instaure entre Mary et l'adolescente qui devient sa confidente.

Le roman alterne présent et passé. Nous côtoyons la jeune fille dans son quotidien, ses relations avec ses parents, sa grand-mère, son petit-ami... Parallèlement, nous découvrons  le passé peu commun de Mary, aviatrice pendant la seconde guerre mondiale dans la  "Women Airforce Service Pilots" (Wasp). Issue d'une famille juive, Mary s'est trouvée contrainte à un choix terrible durant la guerre : renier sa famille ou suivre l'homme qu'elle aime. Elle à choisi de suivre l'homme de sa vie et coupé les ponts définitivement avec ses proches. Ce choix la travaille encore des années plus tard. Nous comprenons peu à peu ce qui s'est passé.

Membres du Wasp

Les liens intergénérationnels m'ont touchée, les personnages sont attachants et le contexte historique est intéressant. Je ne connaissais pas du tout l'existence du Wasp. Malheureusement, nous découvrons à la fin du roman une coïncidence que j'ai eu peine a croire. Cette éventualité m'avait effleuré l'esprit mais je l'avais rejetée, me disant que ce serait vraiment "too much". C'est dommage car ce roman a par ailleurs beaucoup d'atouts. Il m'a fait passer un bon moment jusqu'à ce dénouement décevant.

Une lecture agréable mais un bémol sur la crédibilité de l'histoire.

 

Participation au mois américain organisé par Titine

Challenge 50 romans / 50 états (Pennsylvanie)

 

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 23:10

Pour la deuxième année consécutive, j'ai la chance, tout comme   AntigoneMokaPlume de Cajou et Leiloona, d'être marraine des Matchs de la Rentrée Littéraire organisés par Priceminster.

Durant l'été, nous nous sommes intéressées aux titres qui allaient paraître à la rentrée. Après moultes tergiversations (clin d'oeil aux copines), notre sélection est enfIn finalisée.

Vous allez maintenant pouvoir tenter votre chance de participer aux matchs de la rentrée. Le principe est simple : 1 livre contre 1 critique (vous avez comme choix de support pour votre critique : Instagram / You tube / le blog).

Cliquez sur l'image pour vous inscrire (vous avez jusqu'au 9 septembre donc ne traînez pas !)

 

Voici les livres que j'ai proposés. Ils sont tous les trois différents mais chacun d'eux m'a beaucoup plu  :

Vous accéderez à mes billets en cliquant sur les couvertures.

Le jour d'avant - Sorj Chalandon (Grasset)
Gabriele - Anne et Claire Berest (Stock)
Comment vivre en héros - Fabrice Humbert (Gallimard)

 

Voici l'intégralité de la sélection :

 

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Published by sylire - dans De ma blogo-vie
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 23:20

Philippe Rey - septembre 2017 - 427 pages

Je suis une inconditionnelle de Joyce Maynard. Il était donc impossible pour moi de passer à côté de ce récit autobiographique, qui sort le 7 septembre. J'ai choisi de présenter ce titre aujourd'hui car le blogoclub met à l'honneur Joyce Maynard. Le titre sélectionné était "l'homme de la montagne" mais je l'ai déjà lu à sa sortie (lien vers mon billet) .

Dans le prologue de "Un jour tu raconteras cette histoire", l'auteure nous dit ceci : "Il y a trois ans, le week-end du 4 juillet, à l'âge de 59 ans, j'ai épousé le premier vrai compagnon de ma vie". 

La romancière nous raconte cette liaison qui l'a transportée de bonheur mais qui s'est terminée bien tristement. Son compagnon est tombé malade peu de temps après leur mariage. Il est mort d'un cancer du pancréas. Le récit est divisé en Deux parties "avant" et "après". Une postface qu'elle aurait pu intituler "la vie continue" conclut le roman.

La première partie est celle que j'ai préférée. Elle y raconte son coup de foudre pour l'homme qu'elle n'espérait plus, un compagnon qui correspond enfin à son idéal de vie. Après un divorce à 35 ans, Joyce Maynard s'est consacrée à ses enfants et à l'écriture, enchaînant des histoires sans lendemain avec des hommes parfois gentils, mais qui ne lui convenaient pas. Quand elle rencontre Jim, une seconde jeunesse s'offre à elle mais surtout, elle découvre le bonheur de vivre à deux dans une relation saine et équilibrée. Elle apprend l'entraide, la complicité, le partage des bons et des mauvais moments.

La seconde partie du roman est très éprouvante et j'avoue avoir fait l'impasse sur certains passages. Joyce Maynard décrit la progression du cancer de son mari, les traitements et la vie à l'hôpital. J'ai sauté pas mal de pages, je m'en excuse auprès de l'auteure. Cette partie du roman parlera peut-être davantage aux personnes qui se sont trouvées un jour dans la position de l'accompagnant.

Après cette lecture, j'admire encore plus qu'avant la femme indépendante et pleine d'énergie qu'est Joyce Maynard. J'aime sa fantaisie, sa simplicité. J'aime beaucoup sa vision du couple et notamment celle du couple mature. Joyce Maynard n'essaye pas de se montrer parfaite aux yeux de ses lecteurs. Elle raconte ses failles, ses doutes. Elle évoque notamment l'épisode désastreux de l'adoption de deux fillettes éthiopiennes.

Ce roman peut faire peur mais les inconditionnels de l'auteure y trouveront leur compte. Je leur conseillerai, s'ils ne sentent pas capables d'affronter les chapitres médicaux, de ne pas les lire, tout simplement. Pour une première approche de l'auteure, je conseillerai un autre titre, sauf pour les personnes qui ont accompagné un proche dans la maladie et qui trouverons peut-être, dans cette lecture, une forme de réconfort et de partage.

Un récit autobiographique très touchant.

Je remercie l'agence Anne et Arnaud et les Editions Philippe Rey

 

Lu dans le cadre du Blogoclub  

 

Je participe en septembre, au mois américain organisé par Titine

 

 

 

 

Je contribue à mon petit défi : couvrir en 50 romans, les 50 états  des Etats-Unis. Ici le New Hampshire car l'auteur est y née. Une petite partie du roman s'y déroule).

4 / ?

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 23:55

 

 

Côté vacances (et loisirs)

J'ai passé l'été en Bretagne. Un été calme, familial et amical. 

Je me suis baignée,  j'ai marché, fréquenté quelques vide-greniers. J'ai beaucoup lu bien entendu !

J'ai  rencontré des blogueuses et une "Babeliote", qui ont fait le détour jusqu'à chez moi : Antigone Philisine - Fransoaz. Parmi les moments sympas de mon été, il y a eu également une virée à Huelgoat avec  Fransoaz et Gwenaelle. Ce jour là était organisé, à l'Ecole des filles, un hommage à Simone Veil. Nous avons déjeuné au café-librairie "L'autre Rive" (leurs cakes salés et sucrés sont délicieux !).

Dans un autre genre, j'ai participé un très chouette apéro-concert (rock) , au café du quartier avec nos voisins. La moyenne d'âge était de 60 ans mais l'ambiance était top (cela m'a donné de l'espoir pour les années à venir).

J'ai vu quelques films : "Dalida" (beaucoup aimé) mais aussi "Auprès de moi toujours" (j'ai préféré le film au livre).

 

Côté livres :

J'ai lu principalement des livres de la rentrée pour préparer "les matchs de la rentrée littéraire" (une opération organisée par Price minister et à laquelle je suis associée avec la même "équipe de choc" que l'an passé). J'aurai l'occasion de vous en parler plus longtemps très bientôt. J'ai fait de très belles découvertes, que j'ai commencé à vous présenter mais ce n'est pas fini.

 

 

J'ai écouté un pavé audio (35 heures d'écoute !). Il s'agit de 22/11/63 de Stephen King. Je vous le présenterai courant septembre, à l'occasion du mois américain organisé par Titine (mon choix n'était pas innocent). Ce sera probablement mon seul pavé de l'été  mais il me permet également de participer au challenge de Brize.

Bonne fin d'été à tous !

 

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 23:43

23/08/2017 - Stock - 350 pages

Gabriële Buffet-Picabia (Gaby) est l'arrière-grand-mère des co-auteures. Si son nom vous est inconnu, il en était de même pour moi avant lire ce récit. Les deux soeurs Berest n'ont pas connu leur ancêtre, pourtant décédée bien après leur naissance. Leur mère n'avait pas de contact avec sa grand-mère et n'avait pas souhaité la présenter à ses filles. Une fois adulte, les sœurs ont voulu savoir qui était cette femme mystérieuse et quelle était son histoire.

Gabriële Buffet a 27 ans quand elle rencontre le peintre Francis Picabia. Musicienne, très indépendante pour une jeune femme de sa génération, elle a un caractère bien trempé et une intelligence hors du commun. Sa rencontre avec Francis va bouleverser le destin qui s'offre à elle. La jeune Gaby plaque la musique pour se mettre au service de son futur mari dont elle pressent le talent exceptionnel. La complicité intellectuelle du couple est parfaite au point qu'ils finissent par ne faire qu'un. Pour autant, leur vie est loin d'être idyllique car Francis est un être torturé, qui a un besoin constant d'être encouragé et stimulé.

1910 - Gabrielle et Francis Picabia

Gabriële s'oublie. Elle est l'épouse, la muse, l'organisatrice de la carrière de son mari. "Elle déplace des montagnes pour les autres mais il lui manque la force de pousser une porte pour elle-même". La vie du couple est mouvementée. Francis Picabia ne lui laisse pas de répit, ne se gène pas pour la tromper. Elle accepte la situation, considérant ce besoin d'aller voir ailleurs comme une composante de l'équilibre de l'artiste. Pendant ce temps, Gaby ne se morfond pas chez elle. Elle abandonne ses enfants pour défendre les intérêts de son mari, s'il le faut à l’étranger. Elle fréquente le milieu artistique, seule ou avec Picabia. C'est une femme en très avance sur son temps, qui n'hésite pas à se rendre seule aux Etats-unis, par exemple.

"Hera" - oeuvre de Francis Picadia - 1929

Ce récit m'a passionnée de bout en bout. C'est un beau voyage dans le temps, qui revisite une époque sous l'angle de ses artistes. Nous croisons Apollinaire, Marcel Duchamp, Picasso, Marie Laurencin, Isodora Dukun... Nous découvrons la naissance du dadaïsme et l'esprit provocateur de ceux qui portent le mouvement. Parmi eux se trouvent les Picabia. La vie de Gaby est à la fois passionnante et frustrante, preuve qu'il est difficile de tout réussir dans une vie. Ce que Gabriële mettra de côté, outre sa vocation pour la musique, c'est son rôle de mère. Elle considère ses enfants comme un fardeau. Son mari ne s'y intéresse pas davantage. Les enfants en souffriront.

1917 Francis Picabia, Gabriële Buffet-Picabia et Guillaume Apollinaire

Dans le récit se glissent régulièrement quelques éléments de réflexion des co-auteures. Sont elles légitimes à écrire ce portrait ? En montrant l'admiration qu'elles ont pour leur arrière-grand-mère, ne trahissent-elles pas leur mère et grand-père, qui tous deux ont souffert des manquements de Gabriële ? J'ai pas pas eu ce ressenti. On sent dans la démarche des co-auteurs une recherche constante d'objectivité. En atteste le partage avec les lecteurs de leurs doutes, de leurs questionnements.  

Je vous conseille sans hésitation de découvrir ce beau portrait d'une femme hors du commun.

J'ai décidé, pour le moment, de ne pas attribuer de coups de coeur à mes lectures de cette rentrée. Je le ferai avec un peu de recul mais sans nul doute, cette oeuvre fera partie de mes plus belles lectures de cette saison littéraire.

3 / ?

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 23:22

Gallimard août 2017- 411 pages

"les prétendus grands hommes sont des criminels et les tueurs qui se sont un jour retrouvés du bon côté de l'histoire sont devenus des héros".

Tristan Rivière est un adolescent comme tant d'autres jusqu'au jour (qui va déterminer le reste de sa vie) où son professeur de boxe se fait agresser, dans le métro, par une bande de voyous. Pétrifié, Tristan fait profil bas, laissant son professeur aux mains des fous furieux. Seul contre une bande de costauds, l'adolescent ne pouvait guère agir sauf à se faire tabasser lui-aussi mais quand son père le traite de lâche,Tristan accepte le verdict.

Quelques années plus tard, parce que les circonstances lui sont cette fois favorables, Tristan a l'opportunité de se conduire en héros. Il se marie avec la jeune femme qu'il sauve des griffes de ses agresseurs, fait des enfants et mène une vie normale sans se défaire totalement de l'étiquette de lâche qu'on lui a collé adolescent. Il s'efforce d'avoir "zéro faute" sur tous les plans, notamment professionnel, afin de ne pas perdre ce qu'il a de plus précieux, l'estime de soi. Hélas pour notre héros, la vie, qui a plus d'un tour dans son sac, va lui jouer de vilains tours.

Avec brio, Fabrice Humbert nous donne à réfléchir sur les "possibles" que nous offre l'existence. Les chemins que l'on choisit de suivre ont ils plus de chances de mener au bonheur que ceux vers lesquels on se laisse dériver ? Comment peut-on être certain que la voie que l'on s'obstine à suivre est la bonne ? 

Ces questions philosophiques (et d'autres) sont soulevées par l'auteur au fur et à mesure qu'il déroule l'histoire de Tristan. Fabrice  Humbert nous montre que la logique du monde, s'il y en existe une, est indéchiffrable. Nous sommes sans cesse confrontés à des contradictions et concilier les différentes composantes de notre vie est un casse-tête inextricable. Sans parler des aléas, qui viennent dévier notre ligne de conduite. 

Si les questions philosophiques ne vous passionnent pas habituellement, ne faites pas l'impasse sur ce roman pour autant. L'histoire de Tristan est pleine de rebondissements et le ton décalé et humoristique de l'auteur rendent la lecture très distrayante. Tristan est si attachant et si humain qu'il serait dommage de ne pas faire sa connaissance.

Voilà un roman à la fois drôle et intelligent (ce n'est pas si fréquent).

Comme pour le livre de Sorj Chalandon, je me laisse un peu de temps pour le classer ou pas dans mes coups de coeur mais ce qui est certain c'est que j'ai passé un excellent moment de lecture

 

 

Un grand merci à Babelio et Gallimard, qui m'ont permis de découvrir cet ouvrage de la rentrée littéraire en avant première

2 / ?

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