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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 23:10

Grasset - Août 2016 - 157 pages

"Il faut bien que toutes les horreurs du monde enfantent des printemps si nous voulons durer au-delà du chagrin".

Le narrateur est encore un enfant quand son petit frère perd la vie subitement. Le temps qui passe aurait dû atténuer un peu le chagrin de tous mais la mère refuse de prendre acte de la disparition de son fils et s'installe dans le déni. Le père, forgeron, prend de la distance vis-à-vis du foyer tout comme la sœur aînée qui choisit de partir pour ne pas sombrer. S'instaure alors, aux confins de la folie, une relation à trois : la mère, le narrateur et le fantôme du petit frère. 

Avant le drame, la famille vivait heureuse, au rythme de la forge. Quand il ne regardait pas sa grand-mère écorcher des grenouilles, le narrateur aimait s’asseoir dans l'atelier pour admirer le travail de son père et de l'ouvrier à moto, le beau Jacky. La beauté flamboyante de la forge, lieu magique pour l'enfant, n'est sans doute pas étrangère au goût qu'il développera plus tard pour la création artistique. Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette histoire, merveilleusement racontée à la façon d'un conte, mais peut-être vaut-il mieux se laisser porter par les mots de l'auteur, sans savoir dès le départ où il va nous mener.

L' écriture, poétique, peut poser quelques difficultés au début du roman. Il faut être patient et laisser l'auteur planter le décor et présenter ses personnages. L'écrivain donne ici ou là quelques indices qui plus tard éclaireront l'histoire. La seconde partie se lit dans un souffle, le style s'efface au profit de histoire. Une fois l'ouvrage terminé, j'ai éprouvé le besoin de le relire dans la foulée. J'avais la sensation de ne pas avoir suffisamment savouré ce texte, d'une beauté époustouflante.

Plutôt qu'une phrase de conclusion, voici un exemple du style remarquable de l'auteur :

"Souvent il arrivait que papa et Jacky martèlent de concert. Pas un mot, pas un cri, juste des souffles mêlés comme font les amants. De lourds coups sur l’acier, de petits sur l’enclume, en rythme cadencé, sorte de concerto pour enclume et marteaux où la basse continue n’était autre que celle de leurs respirations. Et puis ces escarbilles, toujours ces escarbilles, petites étoiles filantes que chacun d’eux apprivoisait pour qu’elles n’aillent pas, comme des baisers voraces, mordre le corps de l’autre". 

C'est Laure qui m'a donné envie de découvrir ce très beau texte.

Leiloona est également conquise.

Lu dans le cadre de Masse critique de Babelio

 

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commentaires

Emma 03/11/2016 14:13

Un coup de coeur, me voilà obligée de le noter :)

Valérie 30/10/2016 23:34

Ce roman plait décidément beaucoup et comme j'ai partagé l'un des tes coups de coeur dernièrement, je note.

sylire 02/11/2016 22:33

@Valérie : il ne plaît pas à tout le monde ce roman mais ça vaut le coup de tenter.

Géraldine 27/10/2016 19:46

Même commentaire que mon comm précédent... Je pense que dans ce roman, actuellement, j'étoufferais. Même si tes éloges me font dire que je passe surement à côté d'un magnifique ouvrage, dont - soit dit en passant, je trouve la couv magnifique.

sylire 27/10/2016 19:57

@Géraldine : je sais que ce roman ne peut pas plaire à tout le monde...
La couverture est en rapport avec le contexte du livre : le feu, une forge...

Fleur 27/10/2016 10:12

Je n'avais pas repéré ce roman mais je pourrais peut-être me laisser tenter car ce que tu dis de la seconde partie est assez tentant (bien qu'il faille être patient sur la première partie).

sylire 27/10/2016 19:55

@Fleur : il vaut mieux le savoir pour ne pas abandonner. Je te le conseille.

Alex-Mot-à-Mots 25/10/2016 17:52

Le relire dans la foulée, rien que ça !

sylire 27/10/2016 19:55

@Alex : il est court ;-) . Je ne l'aurais peut-être pas relu, sinon.