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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 23:16

Actes Sud 2014 - 402 pages - traduit de l'anglais (américain) par Christine Le Boeuf


"Toutes les entreprises intellectuelles et artistiques, plaisanteries, ironies et parodies comprises, reçoivent un meilleur accueil dans l'esprit de la foule lorsque la foule sait qu'elle peut, derrière l'œuvre ou le canular grandioses, distinguer quelque part une queue et une paire de couilles".

En 2003, j'ai découvert cette phrase provocatrice dans une lettre à la rédaction parue dans le premier numéro de The Open Eye, une revue interdisciplinaire que je lisais fidèlement depuis plusieurs années. L'auteur de la lettre, Richard Brickman, n'était pas celui de la phrase. Il citait une artiste dont je n'avais encore jamais vu le nom dans la presse : Harriet Burden.

L'ouvrage commence par un avant propos (extrait ci-dessus) signé I.V. Hess, une universitaire intriguée par les propos d'une plasticienne nommée Harriet Burden. Curieuse d'en savoir plus sur cette artiste, elle fait des recherches et découvre qu'Harriet est décédée depuis deux ans. Grâce à ses enfants, l'universitaire accède aux carnets tenus par l'artiste et découvre une femme d'une culture et d'une vie intérieure très riche. Avec l'accord de la fratrie, elle regroupe, dans un ouvrage, les écrits d'Harriet, en y ajoutant des interviews et témoignages de proches de l'artiste. L'ensemble constitue "un monde flamboyant".

Siri Hustvedt

Le thème central de l'ouvrage de Siri Hustvedt tourne autour de la place des femmes dans le monde artistique. Regarde-t-on de la même façon une oeuvre quand on connait le sexe de l'auteur ? Plus généralement, n'est-on pas influencé par les différents critères que constituent l'âge, le sexe et la race de l'artiste ? Harriet Burden, qui n'a pas le succès qu'elle pense mériter, en est persuadée. Elle décide de mener une expérience pour en avoir le cœur net. Elle compose une série d’œuvres qu'elle nomme "masquages" en s'associant secrètement avec des hommes qui lui serviront de "masques". Harriet sera en contact avec eux durant la création pour s'imprégner de leur personnalité et se mettre d'une certaine façon "dans leur peau". Les œuvres seront signées du nom de ces "masques". Ils en feront la promotion. 

Au fil des différents témoignages et carnets, nous assistons à la création des œuvres, à leur promotion ainsi qu'aux réflexions d'Harriet sur son processus de création. Avec un peu d'imagination, nous pouvons visualiser ces œuvres fictives, tant elles sont bien décrites. De façon plus générale, l'artiste évoque l'art et le milieu artistique dans lequel elle a baigné au travers de son mari galeriste. La plasticienne évoque aussi sa vie privée (son mari puis son compagnon, ses enfants, les artistes qu'elle héberge...). Elle confie ses complexes (concernant notamment sa grande taille), ses difficultés à s'accepter en tant que femme vieillissante... Nous partageons ses joies, ses doutes mais aussi, à la fin du roman, sa maladie et sa fin de vie.

Ce n'est pas une lecture facile dans le sens où de nombreuses références philosophiques et psychanalytiques viennent étayer le roman (avec notamment des notes de bas de page). J'avoue qu'à la fin du roman, je faisais l'impasse sur ces notes. Si l'ouvrage est parfois ardu, il est d'une grande richesse de par la réflexion qu'il suscite. Sa construction, sous forme d'enquête, en fait un véritable "thriller littéraire", comme souligne Babelio dans sa présentation du livre. 

Je recommande cette lecture aux personnes que le sujet intéresse. Je pense notamment aux artistes femmes comme mon amie Gwenaëlle. Cette dernière, sans que l'on ait échangé sur l'ouvrage et sans l'avoir lu, vient tout juste de partager sa réflexion sur le sujet dans un article de blog intitulé "femme et artiste". 

Si vous entreprenez la lecture de ce roman, j'ai deux conseils à vous donner : arrangez-vous pour avoir du temps devant vous et prenez quelques notes de "qui est qui", afin faire le lien, plus aisément, entre les différents protagonistes. 

Une lecture exigeante mais, avec du recul, passionnante.

Allons voir si Laure, du blog Micmélo, est d'accord avec moi. Nous devions, depuis longtemps, entreprendre cette lecture commune, voilà qui est fait. Nous continuerons l'aventure un de ces jours avec un autre titre de l'auteure : "Eligie pour un américain".

J'ai lu cet ouvrage (sorti de ma PAL) dans le cadre du mois américain (qui est terminé, je suis en retard).

Le challenge "objectif PAL", c'est chez Antigone !

 

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commentaires

Antigone 30/10/2019 19:54

J'ai lu un autre titre d'elle (Un été sans les hommes) et je m'étais un peu ennuyée... Dommage car j'aime beaucoup ce que l'auteure exprime en interview.

sylire 03/11/2019 21:07

@Antigone : j'avais beaucoup aimé "un été sans les hommes". J'aime sa réflexion et son écriture.

Emma 28/10/2019 12:59

Si c'est exigeant, je passe mon tour, je crois avoir un livre d'elle sur mes étagères mais je ne l'ai encore jamais lue.

sylire 03/11/2019 21:05

@Emma : les romans de cette autrice demandent un effort de lecture mais quand on parvient à entrer dans son univers, on en retire un plaisir de lecture important.

Géraldine 17/10/2019 19:50

Le sujet est intéressant, mais le côté exigeant que tu évoques ne m'incites pas à me plonger dans ce livre.
Néanmoins, il me semble pouvoir répondre aux questions que tu cites. Oui, dans l'art, en temps que consommateur, on fait souvent attention au sexe de l'artiste, l'age, l'apparence.... ce qui est à déplorer, et pourtant, je suis moi même coupable. Souvent lors de la RL, les livres paraissent avec en bandeau la photo de l'auteur. Il m'arrive, quand "les tronches" ne me reviennent pas, de passer mon chemin sans même lire la 4ème de couv'.

sylire 03/11/2019 21:07

@Géraldine : inconsciemment, nous sommes tous influencés par le sexe, l'apparence... Le sujet est ici très bien traité mais je comprends que l'on passe son chemin.

zazy 09/10/2019 20:59

Alors, je le note pour la bib

sylire 11/10/2019 13:20

@Zazy : bonne idée.

gambadou 09/10/2019 16:44

Bon, à noter quand j'aurais plus de temps alors

sylire 11/10/2019 13:20

@Gambadou : c'est mieux, oui...