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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 23:39

Dans le cadre du Prix Inter-Ce, Martine Sonnet présentait jeudi soir à la médiathèque de Landerneau « Atelier 62 » un livre atypique dans la sélection, à mi-chemin entre le récit intime et le documentaire.

Historienne, elle rend dans cet ouvrage un hommage extrêmement fort et émouvant à son père, qui a travaillé aux forges de l’usine Renault de Billancourt, dans les années 50. Elle salue également le courage de tous ces travailleurs de force qui se sont souvent ruiné la santé, travaillant dans des conditions extrêmement difficiles (chaleur, cadences…) mais fiers de leur métier. La construction du livre est simple : un chapitre sur deux est consacré aux forges, l’autre, très personnel, à l'histoire familiale des Sonnet.

 

Martine a six mois quand son père  quitte son métier d’artisan forgeron en  Normandie, pour l’usine Renault de Billancourt. La famille ne le rejoindra que 5 ans plus tard, quand un logement décent sera trouvé. Martine vit des années heureuses dans une cité de Clamart, en déplorant toutefois sa position de petite dernière, qui la met à l’écart de la fratrie.  Durant les vacances, la famille retourne en Normandie où Martine s’ennuie à mourir, préférant l’animation de la ville.

 

La partie plus « documentaire »  reprend des extraits de journaux syndicaux de l’époque. Il est beaucoup question  de l’amélioration des conditions de travail, demandes qui nous paraissent tellement légitimes et pour lesquelles la direction « botte en touche » constamment. Une des revendications les plus marquantes est celle de la diminution de l’âge de départ à la retraite. Une grande partie des ouvriers mourait jeune, avant même d’avoir pu profiter d’une quelconque retraite. Les chanceux qui ne mouraient pas étaient bien souvent déclassés vers l'âge de 50 ans car ils n’avaient plus la force physique d’assurer leur dur labeur. Ils  touchaient à 65 ans une retraite « au rabais ». Révoltant…

 

Ce livre m’a ému, tout autant que la rencontre avec Martine Sonnet. D’une grande simplicité, à l’écoute de tous, elle nous a parlé avec passion de son livre. Avant d’obtenir une réponse favorable de la maison d’édition « le temps qu’il fait », elle a obtenu 18 réponses négatives, les éditeurs lui reprochant le côté inclassable de son livre. Aujourd’hui, l’aventure continue… Un site est consacré à l’atelier 62 et Martine s’investit dans l’association des anciens travailleurs de Renault. Elle a reçu de nombreux témoignages d’ouvriers, certains ayant connu son père à Billancourt.

 

Un mot sur la couverture du livre, très émouvante elle aussi puisqu’il s’agit du père de Martine, photographié sur son lieu de travail. On est frappé par sa corpulence, caractéristique des travailleurs de force.

 

La rencontre a été très vivante. Des ouvriers syndicalistes ont livré leur vision du livre, leur peine face au manque de reconnaissance du monde ouvrier dans le monde d’aujourd’hui. Ils ont remercié Martine Sonnet pour son très beau travail de mémoire. Il a été évoqué également les cités ouvrières de l’époque, bien plus chaleureuses qu’elles ne le sont aujourd’hui. Je ne peux pas tout raconter, je vais donc en rester là. Martine Sonnet a participé à une rencontre à la médiathèque de Lorient. Il existe un enregistrement de cette rencontre, où elle évoque son livre et l'atelier 62. Si cela vous tente, c’est (ici).
 

Il est des rencontres qui marquent. Celle-ci en fait partie.

 Le site  de l'Atelier 62 : http://www.martinesonnet.fr/Site/Atelier_62.html
 Son blog "L'employée aux écritures" : http://www.martinesonnet.fr/blogwp/

L'avis sur Atelier 62 de : Yvon - Yves

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commentaires

ibar gilbert 14/11/2009 16:59


Bonjour, j'ai commandé votre livre car je viens juste de tomber dessus par hasard
en mettant le nom de mon oncle Pierre Ibar sur google. je me réjouis de le lire,
car mon père et mon oncle ont travaillé dans les forges plus de 30 année chacun,
ce métier les a tué, c'était effectivement des ateliers très pollués et le travail très dure, ils fallait des hommes d'une sacrée trempe pour faire ce qu'il on fait là-bas.moi.même je me
situai sur l'île seguin après un apprentissage de 4 ans
chez renault, atelier 37 outillage pour les presses, je me suis rendu plusieurs fois aux forges, comment imaginer ce qui se passait là. Ces hommes ont été cuit par le four à 800° quand ils
ouvraient la porte de celui-ci pour tirer les pièces rougies
et les mettre sous le marteau-pilon Peu de ces personnes n'ont atteint l'age de la retraite.
J'ai quitté renault en 1967 pour m'établir en suisse à vevey, je n'ai jamais regretté mon choix.
quand vous parlez des colonies,j'y suis allé aussi 3 fois et aussi au cirque dans le veld'hiv, mais dans les années 53,54 et 55.
Je vais m'arrêter là car j'en aurai encore beaucoup à dire.
merci d'avoir écrit cet ouvrage sur ses hommes qui méritaient un grand coup de chapeau.
mon oncle est décédé en 1971 à 60 ans
mon père est décédé en 1986 à 66 ans, il a eu la chance de quitter les forges à 55 ans et a travaillé dans un secteur moins difficile ( les forges ont été fermées je crois en 1975, je crois)
Je vais m'arrêter là car j'en aurai encore beaucoup à dire.
merci d'avoir écrit cet ouvrage sur ses hommes qui méritaient un grand coup de chapeau.


salutations
gilbert Ibar 


 


sylire 15/11/2009 18:16


@Gilbert : j'ai transmis votre mail à Martine Sonnet. Bon dimanche.


sylvie 01/05/2009 15:45

j'avais déjà noté ce titre chez toi... Merci pour ce beau billet qui me donne très envie de le lire maintenant... Il est à la bib... Bientôt dans ma pal donc;)

sylire 02/05/2009 14:34


@Sylvie : je lirai ton avis avec grand intérêt !


antigone 29/04/2009 18:11

On ressent ton émotion à la lecture de ton billet, et c'est très communicatif !! J'ai envie de noter ce livre car j'aime cette maison d'édition, et ce type de livres atypiques... Merci Sylire de nous faire partager si bien ce moment !

sylire 29/04/2009 21:00


@Antigone : j'ai déjà lu moi aussi de très belles choses chez cet éditeur qui ose prendre des risques et privilégie le coup de coeur plutôt que côté commercial des choses.


Soie 28/04/2009 22:24

Encore une belle rencontre d'auteur pour toi !

sylire 29/04/2009 20:57


@Soie : oui, la plus belle cette année !


Yv 28/04/2009 14:57

J'ai beaucoup aimé ce livre, mon préféré, très largement de la sélection, cette année. Mon seul regret est de n'avoir pas pu rencontrer Martine Sonnet lorsqu'elle est passé à côté de chez moi.

sylire 29/04/2009 20:56


@Yv : pour l'instant c'est aussi mon préféré. Et je dois dire que la rencontre a renforcé mon avis positif sur ce livre. Il y a tant de sincérité et de passion chez Martine Sonnet
!