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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 23:39
La rencontre était organisée par la Librairie Dialogues. Elle invite chaque semaine, un ou plusieurs écrivains. C'était la première fois que je participais à une rencontre dans ce cadre. C'est avec Mammig à mes côtés, que j'ai écouté avec grand intérêt Philippe Claudel.
 
Tout d'abord, quelques questions lui ont été posées sur la rentrée littéraire, les critiques, les prix… Il a déploré la concentration des parutions dans une année (les fameuses saisons), nous a confié qu'il ne lisait jamais les critiques des journalistes, que cela ne l'intéressait pas. Concernant les prix, il a souligné que ce n'était pas un exploit d'en avoir un (2500 prix en France) et que c'était un phénomène très français, notre pays adorant les médailles. Quant au prix Goncourt pour lequel il est en lice, il a pronostiqué une année Amélie.
 
Après ces considérations générales, il est entré dans le vif du sujet. Il considère que ses trois derniers romans constituent une trilogie (Les Ames grises, La petite fille de M. Linh et le Rapport de Brodeck). Ce n'était pas son intention au départ mais c'est le sentiment qu'il a eu, une fois finie l'écriture du dernier. Le lien entre les trois oeuvres est le thème de la guerre et l'exploration de l'inhumanité. Après avoir écrit sur ces sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur, il a l'impression d'avoir tout dit, qu'il pourrait maintenant s'arrêter d'écrire. (On espère que non !).
 
 
 
 
Le style de chacun de ses livres est différent car il se laisse porter par la voix du personnage principal qui lui dicte le ton à donner.
 
Le déclenchement de l'écriture du Rapport de Brodeck est une phrase qu'il a rêvée : "je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien". A partir de cette phrase, il a écrit un roman parabole qui parle de la Shoah, du massacre de "l'autre collectif". Volontairement, il a gommé le contexte historique, pour que l'on ne puisse pas vraiment situer l'histoire ni dans un lieu, ni dans le temps. On sait tout de même qu'elle se déroule dans la sphère germanique.
Un homme appelé Brodeck se trouve contraint de rédiger un rapport sous la menace des habitants d'un village. Quelque chose de terrible s'est produit dans ce lieu et les habitants veulent se disculper.
 
Il revendique le "manque d'originalité" dans le choix de ces sujets, considérant qu'au fond, en littérature, ce sont toujours les mêmes thèmes qui sont abordés, mais de façon différente.
 
Quelqu'un lui a demandé pourquoi il n'écrivait pas sur le présent, mais uniquement sur les guerres du passé. Il a répondu qu'au contraire il avait en tête les guerres d'aujourd'hui lorsqu'il écrivait. Dans les "Les âmes grises", notamment, il a avait en tête la guerre en Ex-Yougoslavie autant que celle de 14-18.
 
Il a voulu écrire un roman de mémoire en ayant un réel soucis humaniste. Il considère que son livre est tragique mais pas désespéré car il y a aussi des moments de bonheur et d'espoir dans l'histoire. Pour lui, l'amour est un moteur puissant et parfois le seul auquel on peut se raccrocher. Il a voulu que la fin du roman donne une note d'optimisme.
 
 
Je ne vous ai pas tout dit pour ne pas faire trop long, mais j'espère avoir été fidèle à ses propos. Je suis très impressionnée par le talent de l'écrivain et la personne m'a intimidée. J'ai acheté Le rapport de Brodeck, je l'ai fait dédicacer, mais je n'ai pu aligner que les deux mots suivants : "Merci" et "au revoir". Dommage !
 
Je participe depuis plusieurs années aux rencontres de lecteurs organisées dans le cadre du prix des lecteurs Inter-Ce. Une intimité se crée très vite avec l'auteur car nous sommes peu nombreux et nous connaissons. Cela n'a été le cas ici, vu le monde, mais j'ai tout de même apprécié la rencontre, car Philippe Claudel est quelqu'un de très cultivé et passionnant à écouter. Je me plongerai très bientôt dans Le rapport de Brodeck . Je pense que cette rencontre donnera à ma lecture un éclairage intéressant.
 
Nous avons discuté un moment, Mammig et moi, sur le parvis de la librairie et avons vu Philippe Claudel sortir. Il nous a fait un petit signe de main que nous avons bien apprécié, en guise de conclusion à la soirée.
 
 

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commentaires

Moustafette 14/10/2007 13:16

Je n'aurai qu'un mot, VEINARDE !!!!

ecaterina 13/10/2007 10:31

Bonjour,
Je découvre ton blog, grâce au réseau "chez les filles". Ils m'ont envoyé un mail pour me dire que mon blog y figurait, et je suis tombée sur le tien.
J'ai beaucoup aimé ce billet, il est sincère, joliment écrit et nous parle bien de ce Claudel que j'aime beaucoup (malgré ce qu'il dit, j'aimerais beaucoup qu'il ait le Goncourt, son livre est excellent).
Je ne sais pas où tu habites, je viens de lancer une idée de rencontre entre blogueurs, quelques auteurs y seront aussi, alors je me dis que cela pourrait te plaire (si tu n'habites pas trop loin).
Plus d'infos sur mon blog (http://ecaterina.blogs-de-voyage.fr/ ). Tu peux laisser un commentaire à la suite du billet "Idée farfelue "pour me dire ce que tu en penses, si tu veux.
Si tu ne viens pas mais que tu as des lecteurs de Correze sur ton blog pourrais-tu leur en parler? Bien sur, je fais tout cela bénévolement, par amour des livres et ce sera une rencontre simple mais chaleureuse avec quelques auteurs.
Je te dis peut-être à bientôt (surtout fais-moi signe si jamais tu relaies l'info, je parlerai de tous ceux qui ont fait des billets sur "mon idée farfelue" sur mon blog, c'est une occasion aussi de faire découvrir les votres.
Désolée pour les fautes, ce matin mes enfants n'arrêtent pas de pleurer, pas le temps de relire,
ecaterina
 

sylire 13/10/2007 14:31

Bonjour Ecaterina.  Merci pour ta visite et tes gentils compliments. Je prendrai le temps de découvrir ton blog.
Pour ce qui est de la rencontre entre blogueurs, c'est un peu loin pour moi, mais je veux bien te faire de la pub.

katell 12/10/2007 21:18

Pfff, j'enrage d'autant plus! Bon l'an prochain, je regarde le calendrier de rencontres chez Dialogues avant de programmer ma réunion de classe :-D
Merci de nous faire partager ce moment si particulier.

sylire 13/10/2007 14:33

C'est avec plaisir que je partage cette rencontre avec les visiteurs de mon blog !

Philippe 11/10/2007 22:29

ahhh il s'est engagé à venir par ici (invité par moi). C'est en bretagne aussi...
ça me donne encore plus envie...

sylire 12/10/2007 18:53

S'il est invité par toi, tu pourras lui poser toutes les questions qui te passent par la tête !

ptitlapin 11/10/2007 09:36

Quelle chance! C'est vrai que c'est un merveilleux auteur. Oh je t'envie.

sylire 11/10/2007 18:36

Tu auras peut-être l'occasion de le voir par chez toi, ptit lapin !