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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 18:00

Gallimard 2010 - 112 pages

« J’ai appris la nouvelle ce matin, en écoutant le répondeur. Isa disait : Papa est décédé. Je me suis fait couler un café et je l’ai rappelée, puis j’ai composé le numéro d’Air France. Thierry est entré en bâillant, m’a regardée et a dit : Qu’est-ce qui se passe ? J’ai répondu : Papa est mort. Isa dit : décédé. Moi je dis : mort. Je ne vois pas pourquoi je prendrais des gants. Depuis le temps que l’idée de la mort m’accompagne, je ne dirais pas qu’elle m’est devenue familière, non, mais j’ai quand même le droit de l’appeler par son nom.

Tu es mort, enfin »

J’ai eu irrésistiblement envie de découvrir ce livre après en avoir lu un extrait chez Mango. Il s’agissait de la très belle description d'une plage sur laquelle je vais très marcher souvent, la plage de Cléder, dans le Finistère Nord. C’est dans ce coin de Bretagne appelé "le Léon" que se déroulent les cinq jours jours dont il est question ici.  

Une poignée de jours pour dire adieu à un père tyrannique, colérique et méprisant vis-à-vis de son entourage. Avant les obsèques, la famille s’occupe des préparatifs. En Bretagne, dans ce domaine, on fait encore les choses dans les règles de l'art. Il faut faire du « rangement » dans le caveau pour y accueillir le nouvel arrivant (tâche qui se révèle ici assez folklorique), préparer l’hommage rendu par le curé à l’église (pas simple quand la personne n’a pas grand-chose de positif à son actif)….  Nelly Alard se moque gentiment de ces usages un peu dépassés, mais toujours en vigueur chez nous, en Bretagne.

Durant les quelques jours qui précédent les obsèques, la narratrice fait le point sur la relation qu’elle entretenait avec son père et se remémore son enfance. Des extraits de « La légende de la mort chez les Bretons armoricains » d’Anatole Le Braz s’intercalent dans le texte, lui donnant une dimension supplémentaire. De façon très adroite, la fin du roman fait le lien entre le texte d’Anatole de Braz et le récit de la narratrice.

Il est question entre autres de résilience et de pardon. Pas de haine mais pas de concession non plus à l'égard de ce père.  Combien d’années faut-il pour se libérer d’une enfance, qui au lieu de construire fragilise ? De l’eau a coulé sous les ponts, l’enfance est loin maintenant. Les funérailles seront peut-être l’occasion de tourner la page ?

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Un premier roman servi par une très belle plume, vive et sensible.

 

Les avis enthousiastes de Clara - Mango

Nelly Alard sera demain (23 juin) à Brest

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commentaires

zazy 11/11/2013 21:56


On ne se débarrasse jamais de son enfance

sylire 12/11/2013 20:02



@Zazy : nous sommes d'accord...



stéphanie 22/11/2012 17:01


J'avais été bouleversée par ce livre, pour de multiples raisons, dont la description des Amiets, le bout de mon jardin...

sylire 22/11/2012 21:53



@Stephaie : le bout de ton jardin ? tTu es de Cléder ?



tara 07/10/2011 08:41



tu m'as donné envie...merci...:o)



sylire 07/10/2011 21:33



@ Tara : avec plaisir :-)



Aifelle 13/07/2010 11:01



J'avais dit que je ne lirais pas ce livre (trop d'échos personnels) et plus voilà que ton billet me donne envie. Je ne suis pas sûre de te dire merci, vu ma PAL.



emma 11/07/2010 22:22



Je viens de le lire ; merci car c'est grâce à ton article que je l'ai découvert.


Je l'ai trouvé absolument magnifique, j'avais peur que ça tombe dans le larmoyant et pas du tout. Juste quelques émotions vis à vis des descriptions d'endroits qui me font prendre encore plus
conscience que c'est le plus bel endroit qui existe et que ça me manque vraiment.


Merci encore.



sylire 12/07/2010 22:56



@Emma : je suis vraiment ravie de ton enthousiasme à la fois sur le livre et sur la région :-)