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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 23:59

Des listes d’œuvres de « non-fiction » circulent dans la blogosphère, suite au projet lancée par Flo. Je ne m’engagerai pas à lire un nombre de fictions prédéterminé à l’avance (je ne veux pas me contraindre à quoi que soit sur ce blog tant que je n’aurai pas plus de temps devant moi) mais j’aime l’idée de promouvoir la « non-fiction» (récits de voyage, documentaires, biographies... genres assez peu présent sur les blogs). C'est aussi l'occasion de parler de livres qui ne sont pas des nouveautés mais qu'il ne faudrait pas oublier pour autant.

Voici donc quelques oeuvres de non-fiction qui me viennent à l’esprit et que j’ai beaucoup aimées :

Passagimages?q=tbn:ANd9GcRPpPMXiB-YsEYac4RtdK5ère du silence – Fabienne Verdier  (récit autobiographique).

A l’âge de vingt ans, Fabienne Verdier quitte la France après des études aux beaux arts pour se rendre en Chine avec l’idée de découvrir et étudier l’art antique chinois, dévasté par la révolution culturelle. Elle est accueillie dans une école artistique du Sichuan, régie par le parti, où les étudiants vivent dans la misère et dans la crasse. Elle s’accroche pour se faire accepter et devient l’élève d’un grand maitre chinois qui accepte de l’initier à son art calligraphique à condition qu’elle y consacre dix ans de sa vie. A la limite de l’inconscience, elle accepte le deal. Ce sont ces dix années qu’elle raconte dans ce livre et c’est passionnant. On y apprend beaucoup sur la Chine, son histoire et sa culture. Le parcours personnel de cette jeune femme est assez extraordinaire. On admire sa détermination à mener son projet incroyable jusqu’au bout.

Histoire d’une vie – Aharon Apperfeld (récit autobiographique). images?q=tbn:ANd9GcRSqqONwduHBbPJrogpxKY 

Aharon Appelfeld est né en 1932 dans une famille de juifs assimilés qui vivait dans la région de Bucovine (Roumanie). Après une petite enfance heureuse, il a vécu perte de ses parents, la déportation et l’errance solitaire pendant plusieurs années. A la fin de seconde guerre mondiale, il s'est retrouvé en Palestine. Il a appris laborieusement l'hébreu pour tenter de mieux s'intégrer. Appelfeld n'a jamais perdu sa foi en l'homme malgré les épreuves qui l'ont touché. Il a passé sa vie à tenter de surmonter les traumatismes de l'enfance, à recoller des souvenirs épars pour en faire une histoire, la sienne. C’est un témoignage impressionnant, d’une grande richesse émotionnelle, culturelle et historique.

Une histoire d’amour et de ténèbres - Amos Oz (roman autobiographique)

images?q=tbn:ANd9GcQPtPN_rTzpyx64D09pmA2Amos Oz est né en 1939 de parents qui ont fui l'Europe avant sa naissance pour cause d'antisémitisme. Leur vie d'avant nous est contée, ainsi que celle de leurs ancêtres qui vivaient en Russie et en Pologne. Quand la famille d'Amos Oz arrive à Jérusalem, il lui faut d'abord accepter le décalage entre le paradis tant espéré et la réalité d'une ville sale et pauvre. La littérature, qui occupe une grande place dans la famille, leur permet de tenir le coup. Dans ce cocon protecteur, Amos Oz vit une petite enfance plutôt heureuse. Mais peu à peu, une fêlure se produit. La maman d'Amos est dépressive. Le lecteur assiste à la dégradation du moral de cette femme et accompagne Amos dans le questionnement qui suit son suicide, terrible choc pour lui. A l'adolescence, il choisit de tourner le dos au modèle familial pour aller vivre en communauté au Kibboutz, contre l'avis de son père, intellectuel de droite.  C’est un beau récit sur la création de l'état d'Israël au travers de  l'histoire d'une famille. images?q=tbn:ANd9GcQt_3SEFZ3PbKNwwMlKoiM

La stratégie des antilopes – Jean Hatzfeld (récit)

Il s'agit de témoignages de Rwandais des deux ethnies, recueillis plus de dix ans après le génocide qui a fait plus de 800 000 morts dans le pays .La genèse de ce livre est une décision du gouvernement rwandais de libérer 40 000 détenus Hutus, condamnés en grande majorité pour leur participation au génocide de 1994. Jean Hatzfeld a éprouvé le besoin de retourner voir comment était vécue cette décision. C'est une lecture certes éprouvante mais utile pour comprendre ce qu'a pu être le dernier grand génocide du XX e siècle. Il est également intéressant d'entendre les témoignages de l'après : la reconstruction et la réconciliation à la fois obligatoiimages?q=tbn:ANd9GcRJI5GEe0aAcfHhMTy32Lpres et impossibles.

Le cri de la mouette – Emmanuelle Laborit (récit)

Les plus jeunes ne connaissent peut-être pas Emmanuelle Laborit, comédienne sourde muette, qui a obtenu le Molière de la révélation théâtrale en 1993. A l’aide de Marie-Thérèse Cuny, elle a raconté dans « le cri de la Mouette », paru en 1994, son parcours d’enfant et d’adolescente sourde et muette. Je me souviens avoir été touchée et impressionnée par ce témoignage. C’est un  récit qui convient bien aux adolescents (ma fille ainée l’avait lu vers l’âge de 13-14 ans et avait adoré – ce qui me fait penser que je devrais le faire lire à ma plus jeune fille !).

 

Atelier 62 – Martine Sonnet  (récit)

Historienne, Martine Sonnet rend dans cet ouvrage un hommage extrêmement fort et émouvant à son père, qui a travaillé aux forges de l’usine Renault de Billancourt, dans les années 50. Elle salue le courage de ces travailleurs de force qui se sont souvent ruiné la santé, travaillant dans des conditions extrêmement difficiles (chaleur, cadences…) mais fiers de leur métier. La construction du livre est simple : un chapitre sur deux est consacré aux forges, l’autre, très personnel, à l'histoire familiale des Sonnet.    C’est un ouvrage passionnant, à la fois personnel et très documenté.

Ces enfants de ma vie – Gabrielle Roy (récit autobiographique sous la forme de nouvelles)

images?q=tbn:ANd9GcRREo_JDFffcQQ8G_Nf-nGGabrielle Roy évoque ses souvenirs de toute jeune institutrice, dans des petits villages ruraux perdus au fin fond des vastes plaines canadiennes ou dans la banlieue d'une ville peuplée d'émigrés d'origines différentes. Le livre est composé de six récits, chacun centré sur un enfant. Ces portraits sont à la fois pleins de fraîcheur et d'humanité. A l'époque où Gabrielle Roy enseignait (entre 1930 et 1937), la population souffrait de pauvreté. Gabrielle Roy était très sensible à cette misère, ayant vécu une période de précarité dans sa propre famille. Elle nous livre ses doutes et interrogations de toute jeune institutrice, soucieuse d'appliquer la meilleure pédagogie possible. Par ailleurs, elle n'hésite pas à rencontrer les familles, se déplaçant jusqu'à leurs maisons parfois éloignées de l'école, traversant des paysages qui font penser à ceux de "la petite maison dans la prairie" ...

 

D’autres titres (avec des liens vers mes billets) :

 

 

  Si c'est un homme – Primo Levi (récit incontournable)

 

 

 

 

84 Charing Cross Road - Hélène Hanff (échange épistolaire absolument savoureux !)

 

Le premier homme – Albert Camus (roman autobiographique inachevé dans lequel l’écrivain raconte son enfance en Algérie)

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commentaires

Loo 05/06/2012 22:40


Le cri de la mouette et Si c'est un homme sont deux livres qui m'ont beaucoup touchés. Lus ces derniers mois.


Bonne lecture.

sylire 07/06/2012 22:28



@Loo : ce sont deux livres très fort. Le Primo Levi est magistral...



Géraldine 20/05/2012 01:06


Primo levi est dans ma PAL. Et je suis très fan des récits de voyages ! Mais comme toi, plus de pression sur mon blog.  Je lis ce que je veux, quand je veux !

gambadou 15/05/2012 09:34


C'est vrai que c'est un genre que l'on voit peu dans les blogs. J'ai eu un coup de coeur pour le livre de Fabienne Verdier. Les autobiographies sont souvent sur la guerre ou sur une enfance
difficile. j'aime beaucoup ce genre qui permet de méler grande histoire et petite histoire.

sylire 17/05/2012 11:31



@Gambadou : tout pareil



moustafette 15/05/2012 09:16


Le premier me tente bien, j'avoue être assez feignante côté essais depuis une dizaine d'années, trop lus sans doute. Mais pour qq'un qui écrivait l'autre jour "je cultive mon inculture", les
livres de ta liste sont plutôt des beaux pilliers !

sylire 17/05/2012 11:31



@Moustafette : j'ai bien aimé ce jeu de mots qui m'est venu à l'esprit mais il n'est pas si juste que cela, tu as raison...



alain 14/05/2012 16:31


J'en ai lu plusiers avec beaucoup de plaisir.

sylire 14/05/2012 22:46



@Alain : il ne te reste plus qu'à noter les autres !