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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 23:43

Misma 2015 

J'ai sorti de ma Pal cette BD (gagnée dans un concours) que je boude depuis 2016, peu attirée par le graphisme. Et pourtant, lecture faite (d'une traite), j'avais tort ! Delphine Panique traite en effet de façon très originale son sujet : les femmes en temps de guerre.

Parlons tout d'abord du graphisme. Les personnages sont affublés d'un toit de maison sur la tête et d'une petite queue en bas du dos. Passé l'effet de surprise, on s'y fait très bien. Les visages sont minimalistes mais on y lit aisément les émotions des personnages. 

On suit plus particulièrement la famille Bobi. Le cas du père est vite réglé, il meurt 3 jours après la guerre. Mais Madame Bobi ne le sait pas. Elle passera donc la guerre à attendre celui qu'elle appelle son fainéant de mari. Elle est désormais seule pour élever sa fille handicapée moteur, prénommée Bobbie (ils ne se sont pas cassés pour lui trouver un prénom).

 

Bobbie a une forme un peu "curieuse" et deux roues accrochées en bas du corps.

Madame Bobi et Bobbie trouvent un emploi dans l'usine d'armement, comme toutes les autres femmes du village. Bobbie va nous prouver qu'elle a plus d'un tour dans son sac.

 

Quand les femmes ne sont pas à l'usine, elles tentent de se distraire entre elles, ce qui donne lieu  à quelques scènes cocasses. Nous constatons qu'elles se débrouillent sans les hommes à tous niveaux.

Un jour les hommes reviennent (enfin pas tous) et ceux qui s'en sont sortis sont estropiés. On reconnait bien les gueules cassées de 14-18.

Tout est rentré dans l'ordre... ou presque comme le montre la saynète ci-dessous :

 

Voilà un roman graphique qui vaut vraiment le détour ! J'ai beaucoup aimé l'humour avec lequel l'auteur traite le sujet.

Je serais curieuse d'avoir un avis masculin (les hommes n'ont vraiment pas le beau rôle !).

 

Cette semaine, c'est chez NOUKETTE !

 

 

Challenge organisé par ANTIGONE

 

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 23:18

431 pages - Calmann Levy août 2019

L'histoire est celle d'un jeune garçon né à Tunis, dont le destin bascule le jour où son père se fait lyncher sous ses yeux, victime d'une émeute visant la communauté juive dont il fait partie. Le jeune Darius, traumatisé, gardera comme séquelles une boiterie et un mutisme dont il ne guérira jamais. Sa mère, s'investissant corps et âme dans l'éducation de son fils, vise pour lui une destinée hors du commun alors que le jeune garçon ne semble jouir d'aucun talent particulier, du moins jusqu'à ce qu'il découvre la musique. Sa passion pour le jazz sera le fil rouge de sa vie.

De Tunis à New York en passant par la Sicile, Darius mise tout sur sa passion. Il a tourné le dos aux études et à la possibilité d’exercer un des métiers auxquels sa mère songeait pour lui.  Arrivé à New York où il s'imagine vivre de sa musique, la déception est de taille pour le jeune homme. Sa peau blanche est un obstacle pour trouver une place dans un orchestre de jazz. On sait pourtant qu'il y parviendra car la première scène du livre s'ouvre sur son dernier concert. 

Voilà quelques semaines que j'ai lu ce roman, sans trouver l'envie de rédiger mon billet. "Ou bat le coeur du monde" jouit de très bonnes critiques. J'ai même lu que certains lui trouvaient un petit air de "la promesse de l'aube", le chef-d'oeuvre de Romain Gary. Je pensais le dévorer mais cela n'a pas été le cas, d'où ma déception. Si le  premier quart m'a paru très prometteur, j'ai trouvé le temps long par la suite, ne parvenant plus à me passionner pour le destin de Darius et de sa mère, peu crédibles à mes yeux. Quand la mère de Darius entre dans une banque comme femme de ménage et accède au poste de directrice au bout de quelques années,  j'ai du mal à y croire. J'ai trouvé par ailleurs que la période des Etats Unis était assez artificielle. Tous ces grands musiciens qui surgissent dans l'histoire comme par magie : Charlie Parker, Billie Holiday, Miles Davis... Surprenant ! Je dois dire pour finir que le jazz n'est pas un genre musical auquel je suis sensible, ce qui ne m'a pas aidée à relever les points positifs du roman qui en a pourtant, objectivement. Le contexte historique est intéressant et l'ouvrage très documenté sur le volet musical .

Je suis suis malheureusement restée en retrait de cette fresque romanesque. A conseiller plutôt aux amateurs de jazz.

L'avis de Jostein, plus enthousiaste que moi

6/6

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 23:45

Audiolib - 3h30 (grasset) - lu par Axelle Lafont

"Chacun veut la loi pour les autres et la liberté pour soi, pas vrai ?"

Je fais partie des personnes qui ne comprennent pas que l'on s'attaque aux policiers (comment ferait-on sans eux ?). Comme partout, on trouve dans la police des personnes qui ne rendent pas honneur à leur corporation mais c'est tellement injuste de généraliser, quand on sait à quel point ces hommes et femmes exercent un métier difficile et dangereux. Des états d'âmes ils en ont, comme nous tous, même si, parfois, ils doivent mettre leur mouchoir dessus pour pouvoir dormir la nuit. 

Les trois gardiens de la paix que nous suivons, l'espace de cette lecture, vont nous démontrer qu'ils ne sont pas dénués de conscience. Pour tenter de sauver un réfugié clandestin, ils vont mettre en péril leur carrière. Leur mission, inhabituelle, consiste à accompagner un réfugié à l'aéroport en vue d'une d'expulsion. Le transfert se fait de nuit. Virginie, la seule femme du trio est fragilisée par un événement personnel. C'est probablement la raison pour laquelle elle s'intéresse, plus que ne l'exige sa mission, au sort du clandestin. Les deux autres ne la comprennent pas dans un premier temps, puis, contre toute attente, acceptent de suivre leur collègue féminine pour tenter de sauver l'homme d'une destinée injuste.

"Mais ce soir c'est trop pour elle. Cette nuit, dans ce véhicule à hauteur de Nogent-sur-Marne, la situation n'est pas franche. La mort s'est assise entre eux dans cette voiture".

J'ai aimé passer cette nuit aux côtés des policiers et partager une tranche de leur vie professionnelle. C'est un métier que je n'aurais pas aimé faire, qui ne me correspond pas. Quelle chance de pouvoir vivre l'espace de quelques heures, d'autres vies que la mienne grâce à la littérature ! Cette nuit avec eux, on ne l'a voit pas passer. Le rythme est soutenu, les dialogues nerveux. La tension est palpable même si parfois, l'humour est au rendez-vous.

La version audio, qui ne dure que 3 h 30, n'offre pas de difficultés. C'est un bon choix pour ceux qui ne sont pas coutumiers de la lecture audio.

A lire ou à écouter, vous avez le choix.

Challenge : Écoutons un livre

 

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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 23:16

Actes Sud 2014 - 402 pages - traduit de l'anglais (américain) par Christine Le Boeuf


"Toutes les entreprises intellectuelles et artistiques, plaisanteries, ironies et parodies comprises, reçoivent un meilleur accueil dans l'esprit de la foule lorsque la foule sait qu'elle peut, derrière l'œuvre ou le canular grandioses, distinguer quelque part une queue et une paire de couilles".

En 2003, j'ai découvert cette phrase provocatrice dans une lettre à la rédaction parue dans le premier numéro de The Open Eye, une revue interdisciplinaire que je lisais fidèlement depuis plusieurs années. L'auteur de la lettre, Richard Brickman, n'était pas celui de la phrase. Il citait une artiste dont je n'avais encore jamais vu le nom dans la presse : Harriet Burden.

L'ouvrage commence par un avant propos (extrait ci-dessus) signé I.V. Hess, une universitaire intriguée par les propos d'une plasticienne nommée Harriet Burden. Curieuse d'en savoir plus sur cette artiste, elle fait des recherches et découvre qu'Harriet est décédée depuis deux ans. Grâce à ses enfants, l'universitaire accède aux carnets tenus par l'artiste et découvre une femme d'une culture et d'une vie intérieure très riche. Avec l'accord de la fratrie, elle regroupe, dans un ouvrage, les écrits d'Harriet, en y ajoutant des interviews et témoignages de proches de l'artiste. L'ensemble constitue "un monde flamboyant".

Siri Hustvedt

Le thème central de l'ouvrage de Siri Hustvedt tourne autour de la place des femmes dans le monde artistique. Regarde-t-on de la même façon une oeuvre quand on connait le sexe de l'auteur ? Plus généralement, n'est-on pas influencé par les différents critères que constituent l'âge, le sexe et la race de l'artiste ? Harriet Burden, qui n'a pas le succès qu'elle pense mériter, en est persuadée. Elle décide de mener une expérience pour en avoir le cœur net. Elle compose une série d’œuvres qu'elle nomme "masquages" en s'associant secrètement avec des hommes qui lui serviront de "masques". Harriet sera en contact avec eux durant la création pour s'imprégner de leur personnalité et se mettre d'une certaine façon "dans leur peau". Les œuvres seront signées du nom de ces "masques". Ils en feront la promotion. 

Au fil des différents témoignages et carnets, nous assistons à la création des œuvres, à leur promotion ainsi qu'aux réflexions d'Harriet sur son processus de création. Avec un peu d'imagination, nous pouvons visualiser ces œuvres fictives, tant elles sont bien décrites. De façon plus générale, l'artiste évoque l'art et le milieu artistique dans lequel elle a baigné au travers de son mari galeriste. La plasticienne évoque aussi sa vie privée (son mari puis son compagnon, ses enfants, les artistes qu'elle héberge...). Elle confie ses complexes (concernant notamment sa grande taille), ses difficultés à s'accepter en tant que femme vieillissante... Nous partageons ses joies, ses doutes mais aussi, à la fin du roman, sa maladie et sa fin de vie.

Ce n'est pas une lecture facile dans le sens où de nombreuses références philosophiques et psychanalytiques viennent étayer le roman (avec notamment des notes de bas de page). J'avoue qu'à la fin du roman, je faisais l'impasse sur ces notes. Si l'ouvrage est parfois ardu, il est d'une grande richesse de par la réflexion qu'il suscite. Sa construction, sous forme d'enquête, en fait un véritable "thriller littéraire", comme souligne Babelio dans sa présentation du livre. 

Je recommande cette lecture aux personnes que le sujet intéresse. Je pense notamment aux artistes femmes comme mon amie Gwenaëlle. Cette dernière, sans que l'on ait échangé sur l'ouvrage et sans l'avoir lu, vient tout juste de partager sa réflexion sur le sujet dans un article de blog intitulé "femme et artiste". 

Si vous entreprenez la lecture de ce roman, j'ai deux conseils à vous donner : arrangez-vous pour avoir du temps devant vous et prenez quelques notes de "qui est qui", afin faire le lien, plus aisément, entre les différents protagonistes. 

Une lecture exigeante mais, avec du recul, passionnante.

Allons voir si Laure, du blog Micmélo, est d'accord avec moi. Nous devions, depuis longtemps, entreprendre cette lecture commune, voilà qui est fait. Nous continuerons l'aventure un de ces jours avec un autre titre de l'auteure : "Eligie pour un américain".

J'ai lu cet ouvrage (sorti de ma PAL) dans le cadre du mois américain (qui est terminé, je suis en retard).

Le challenge "objectif PAL", c'est chez Antigone !

 

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 23:54

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 23:39

Ecoutez lire (Gallimard 2015) - 8 h 30 - lu par Benjamin Jugers et Sarah Stern

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Anouk Neuhoff

J'ai découvert la plume de Tracy Chevalier avec deux très beaux portraits de femme : "La jeune fille à la perle", son roman le plus connu puis "Prodigieuses créatures", qui m'a enchantée. Avec "la dernière fugitive", c'est de nouveau un portrait de femme que nous propose Tracy Chevalier. Cette fois, nous voyageons au fin fond de l'Ohio, en 1850, aux côtés d'Honor, une jeune quaker d'origine anglaise, fraîchement débarquée en Amérique après un long voyage particulièrement éprouvant, puisqu'elle perdra sa sœur quelques jours avant d'arriver à destination. Cette dernière devait épouser un membre de leur communauté. 

Honor est accueillie très froidement par l'homme qui devait épouser sa sœur. Pour sortir de cette maison où elle n'est pas la bienvenue, la jeune fille ne voit pas d'autre solution que de se marier et choisit l'homme qui semble correspondre le mieux à ses valeurs. Son mari ne la déçoit pas mais elle ne s'entend pas avec sa belle-famille. Honor ne comprend pas que cette dernière refuse d'aider les esclaves fugitifs alors même que leur communauté rejette l'esclavage. La jeune femme porte bien son prénom. Elle est droite, honnête et en accord avec ses valeurs. Elle se met donc à agir comme elle le sent, désobéissant à sa belle-famille. 

C'est le troisième ouvrage que je lis de Tracy Chevalier et chaque fois je me passionne pour l'univers qu'elle me propose.  J'ai découvert avec beaucoup d'intérêt les us et coutumes de la communauté quaker et notamment l'art du quilt (sorte de patchwork) que pratiquent les femmes. Honor est très douée pour la couture et s'évade en créant de superbes ouvrages.

un exemple de quilt

On ne peut pas qualifier "la dernière fugitive" de roman historique mais l'ouvrage permet de se faire une idée des dernières années de l’esclavagisme en Ohio. On découvre une population divisée en trois catégories : ceux qui osaient aider les fugitifs, ceux qui, bien qu'étant contre l’esclavagisme, avaient peur de s'opposer à la loi et enfin ceux qui, parce qu'ils cautionnaient le système ou y trouvaient un intérêt personnel, dénonçaient les fugitifs.

Un roman à découvrir, si ce n'est déjà fait.

Précision : la version audio est une version abrégée mais cela n'a pas perturbé ma lecture. Je ne m'en suis aperçue qu'après avoir rédigé mon billet. Je préfère toutefois écouter une version intégrale car je l'aime pas l'idée de coupes dans un texte, même si c'est avec l'accord de l'auteur. 

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

 

Le mois américain, c'est chez Titine
challenge 50 états - 50 romans : l'Ohio

 

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 23:30

Lizzie (Presse de la cité) - 8 h 58 - Lu par Taric Mehani

Dans un quartier plutôt chic, un jeune couple sans histoires (du moins en apparence) va se trouve plongé dans un terrible cauchemar. Leur bébé va disparaître de son lit alors qu'ils passent la soirée chez leurs voisins mitoyens. Les soupçons se portent assez vite sur les parents, déjà accablés par le fait d'avoir été quelque peu "légers" la veille au soir. Certes, il y avait un baby-phone et ils passaient voir le bébé toutes les demi-heures mais le couple a tout de même laissé le bébé seul, Anne a trop bu et Marco s'est intéressé d'un peu trop près aux courbes de la voisine. 

Abattus et rongés par la culpabilité, Anne et Marco restent tout de même solidaires. L'un et l'autre sont des coupables potentiels aux yeux des enquêteurs mais ils ne se s'accusent pas mutuellement. Il nous faudra attendre la toute fin pour connaitre la vérité sur l'affaire. Avant cela, plusieurs pistes seront explorées, certaines menant vers des impasses, comme il se doit dans ce genre de romans.

Cet ouvrage ne me laissera pas un souvenir impérissable. L'intrigue, alambiquée, n'est pas très crédible et les multiples rebondissements ont fini par me lasser. Du côté de l'interprétation, je n'ai aucun reproche à formuler.

Un livre audio qui s'écoute sans effort et s'oublie très vite...

Une lecture commune avec Enna. Allons voir son avis !

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

challenge "Écoutons un livre"

 

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 23:37

Delcourt - 258 pages - août 2019 - Traduit de l'anglais ( USA ) par Lisa Rosenbaum

William Melvin Kelley

"Aucun d'eux n'avait le moindre repère auquel il aurait pu rattacher la notion d'un monde dépourvu de Noirs".

Nous sommes plongés à la fin des années 50 dans un état imaginaire du sud des Etats Unis où les blancs et les noirs cohabitent dans un climat de ségrégation raciale. Dans la ville Sutton, un événement inimaginable survient : la population noire quitte la ville en masse, sans la moindre explication. Le premier à quitter les lieux s’appelle Tucker Caliban. Il n'est pas n'importe qui, comme nous le découvrirons plus tard. Il descend en effet de la première lignée d'esclaves à avoir mis les pieds dans la ville. Turcker quitte sa ferme de façon subite et spectaculaire. Il brûle sa maison, abat sa vache et son cheval et étend du sel sur ses terres. Les autres noirs, ni une ni deux, font leur valise et abandonnent leur maison sans un mot.

 

Ce livre, publié en 1962 aux USA, m'a fait immédiatement penser à "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", bien que les deux histoires soient très différentes. On y trouve le même climat de défiance entre les noirs et les blancs, une ségrégation pas toujours assumée mais bien réelle et parfois terriblement violente.  Ce roman comporte une part de surnaturel et se lit comme un conte. Mais il ne faut pas que cet aspect vous effraie si vous n'aimez pas ce genre littéraire. L'histoire est ancrée dans une réalité historique et aborde le thème de la discrimination raciale de façon originale mais réaliste. L'ouvrage peut se lire d'une traite tant nous sommes pris par l’enchaînement des faits et des témoignages. Ce sont les blancs qui relatent les faits, des blancs qui ne s'imaginent pas vivre sans les noirs, tant ils font partie de leur quotidien. Les témoignages se succèdent, nous offrant plusieurs facettes d'une même histoire. La fin peut déconcerter. J'avoue qu'il m'a fallu "rembobiner" l'histoire et relire l'ouvrage en diagonale pour (je l'espère) en saisir toute la portée.

On peut remercier les Editions Delcourt d'avoir publié ce roman en France, plus de 50 ans après sa parution aux Etats Unis. J'ai appris qu'un autre roman de l'auteur serait publié prochainement par la maison d'édition. Espérons qu'il soit du même niveau !

Un premier roman assez époustouflant, surtout quand on sait que son auteur n'avait que 23 ans quand il l'a écrit.

Un grand merci au Picabo River Book Club ainsi qu'aux Editions Delcourt pour ce partenariat.

 

5/6

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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 11:29

Sous titre : les carnets de May Dodd

Pocket - 502 pages - traduit de l'anglais (américain) par Jean-Luc Piningre

Plusieurs fois, j'ai entendu : "comment ? Tu n'as pas lu "Mille femmes blanches" ? Mais c'est un roman absolument incontournable ! ". J'avais donc ce titre dans ma liste d'ouvrages à lire prioritairement.  Il a un an, je l'ai trouvé dans une boite à livres mais il a attendu la perspective du mois américain pour que je me décide à l'ouvrir.

Jim Fergus nous plonge en 1874, à Washington. Un chef indien dénommé Little Worf propose au président des Etats Unis de lui fournir mille femmes blanches contre des chevaux et des bisons. Le président, aussi hallucinante que paraisse la proposition, accepte ! Un appel à candidatures est lancé auprès de femmes qui peuvent avoir un intérêt à accepter la proposition (femmes incarcérées ou enfermées dans des asiles, prostituées...). L'objectif annoncé de la mission est de favoriser les relations entre Blancs et Indiens.

Attention (petit) spoiler :  

A partir de ce fait historique, Jim Fergus imagine les carnets d'une de ces femmes, May Dodd. On ne sait pas, en débutant ce roman que les carnets sont imaginaires mais à l'heure d'internet, quand on lit un roman qui se base sur les faits historiques, on est amené rapidement à vérifier ce qui relève de la fiction et ce qui relève de la réalité, ce que je me suis empressée de faire.

May Dodd est l'une des jeunes femmes qui a fait le choix de rejoindre les indiens. May voit dans ce projet, l'opportunité de quitter l'hôpital psychiatrique dans lequel ses parents l'ont placée de force pour "déviance sexuelle". En réalité, la jeune femme est tombée amoureuse d'un employé de son père et s'est installée avec lui contre l'avis de sa famille. Le couple a eu deux enfants, qu'on lui a retirés.

May Dodd est une femme de caractère, aventurière et particulièrement jolie. Il n'est donc pas étonnant qu'elle ait "tapé à l'oeil" du chef "Little Worf" dont elle va devenir l'épouse. May s'adapte plutôt bien à la vie avec les cheyennes, acceptant de laisser derrière elle le confort matériel et d'adopter les us et coutumes de cette population. Pour autant, elle ne veut pas "perdre son âme". Elle parvient donc à négocier avec son époux, ouvert et tolérant, quelques entorses aux pratiques de la communauté.

L'existence de ces femmes blanches parmi les cheyennes n'est pas idyllique. Tous les maris ne sont pas aussi parfaits que celui de May et toutes les femmes n'ont pas la capacité d'adaptation de cette dernière. La vie est rude pour (même pour May) et toutes sont confrontées à des actes de barbarie, à l'alcoolisme et à l'insécurité provenant des rivalités entre tribus. Elles vont prendre conscience de l'injustice que vivent ces peuples, arrachés de leur terre par des hommes blancs, cupides et condescendants.

C'est un roman original, intéressant d'un point de vue historique et ethnologique. Jim Fergus a fait des recherches pour retranscrire au plus près la vie de la population cheyenne. Cela dit, il n'est pas facile de distinguer le réel et la fiction (les recherches sur le net ne m'ont pas satisfaites complètement). Ce sera mon petit bémol.

Une belle et intéressante lecture.

Comment cela, vous ne l'avez pas encore lu ?

Lu dans le cadre du mois américain - Chez Titine
Un livre de moins dans ma PAL (challenge organisé par Antigone).

 

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 20:03

Folio 704 pages - Trad. de l'anglais (Nigeria) par Anne Damour

"Cher Noir non Américain, quand tu fais le choix de venir en Amérique, tu deviens noir. Cesse de discuter. Cesse de dire je suis jamaïcain ou je suis ghanéen. L'Amérique s'en fiche". 

Imefelu réalise qu'elle est noire en mettant les pieds à Philadelphie pour y faire ses études.  Comme tous les nigérians arrivant aux USA, la jeune femme a des rêves plein la tête et beaucoup d'ambition. Mais dès son arrivée, elle réalise que tout est difficile pour un noir : trouver un job, dénicher un logement décent...  La jeune fille galère beaucoup, surtout au début. Peu à peu, elle sort la tête de l'eau, grâce à sa détermination et son caractère de battante. Le blog qu'elle a créé pour évoquer ses difficultés acquiert une certaine notoriété. Elle y dénonce la discrimination raciale. 

La première scène se déroule chez le coiffeur. Imefelu vit depuis quinze ans aux USA. Elle a pris la décision de rentrer chez elle, au Nigéria. Pendant qu'on la coiffe (les tresses nécessitent beaucoup de temps), Imefelu laisse son esprit vagabonder et se remémore  son arrivée, ses galères, ses joies. Elle évoque aussi son fiancé nigérian, qu'elle n'a jamais oublié. Il a vécu à Londres avant de revenir au pays et de s'y marier. En rentrant, elle compte bien le revoir.

La dernière partie du roman se passe au Nigeria. Imefeu a désormais le statut "d'Américanah". On lui fait bien comprendre qu'elle n'est plus la même. Effectivement, elle est décalée. La jeune femme fait des efforts pour trouver sa place, ce qui ne l'empêche pas de se montrer critique envers son pays. Elle fustige notamment  la corruption qui gangrène l'économie. Critique, elle l'était aussi avec les américains quand elle était aux USA. 

Avant de lire Américanah, je n'étais pas sensibilisée à la spécificité des problèmes rencontrés aux Etats Unis par les noirs non-américains. Ces derniers cumulent les difficultés. Ils ne possèdent ni les codes ni la culture des américains. De surcroît, tout comme les afro-américains, ils sont confrontés au racisme et à discrimination raciale..

Il n'est pas simple de trouver sa place quand on vit dans un monde de blancs, fait pour les blancs. Imefelu cite l'exemple des magazines féminins qui ne proposent que des coiffures et maquillages adaptés aux blanches. Cela peut paraître futile mais on peut comprendre la frustration des femmes noires quand elle ouvrent un magazine.

"Américanah", c'est aussi une histoire d'amour mais ce n'est pas l'aspect du roman qui m'a le plus intéressée. L'originalité du roman vient de son ton, limite provocateur. Par l'intermédiaire de la narratrice, l'auteure se moque des clichés, met le doigt sur les contradictions de tous bord, sans s'inquiéter du politiquement correct. L'autre aspect original du roman est sa construction, avec l'insertion d'articles du blog d'Imefelu, au fil du roman.

J'ai beaucoup aimé ce roman, lu pendant mes vacances et gardé au chaud pour le mois américain !

 

 

 

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