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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 23:17

                 

       Le livre de poche (Albin Michel 2007 - 471 pages (traduit de l'anglais -Etats Unis - par Valérie Malfoy)

  

Un  vieil homme de 93 ans,  résident d’une maison de retraite, se souvient de son passé…

Nous sommes dans les années 30 aux Etats-Unis. Jacob est un jeune étudiant vétérinaire au destin tout tracé : il reprendra le cabinet vétérinaire de papa. Mais c’est sans compter sur les aléas de la vie car les parents du jeune homme se tuent sur la route alors qu’il passe ses examens. Le jeune homme n’a plus d’avenir car il découvre que son père était ruiné. Désespéré, sans un sou, il quitte sa ville et saute dans le premier train qui croise sa route. Il s’agit d’un cirque. Jacob se fait embaucher. Commence alors pour le jeune homme une aventure humaine tout aussi extraordinaire que violente. Les animaux, parfois maltraités, le sont moins que les hommes. 

Dans ce cirque, il y a une belle écuyère, mariée au directeur, August, un homme insaisissable et fort inquiétant. Très vite le jeune homme tombe amoureux de la belle Marlène. L’arrivée dans le cirque d’une éléphante prénommée Rosie les rapproche dangereusement…

A priori, ce livre n’avait rien pour me plaire pour la simple et bonne raison que je n’aime pas le cirque. Mais dès les premières lignes j’ai été emportée par le récit du vieil homme et je ne l’ai plus lâché…  C’est un formidable roman d’aventure, un très beau roman d’amour également. Tout cela dans un contexte historique à la fois terrible et passionnant : la grande dépression. Le cirque est à l’image de l’état du pays : les conditions de vie y sont déplorables.

Que vous dire de plus sinon que je vous conseille chaudement ce beau roman !

L' avis de : Mimi (aussi enthousiaste que moi)

 De l'eau pour les éléphantsQuelques mots sur l'adaptation cinématographique, réalisé par Francis Lawrence - avec : Reese Witherspoon, Robert Pattinson, Christoph Waltz

Comme je le craignais, le film n’échappe pas au genre « mélo » et certains raccourcis m’ont chagrinée mais c'est toutefois un film très agréable à visionner, esthétique et dépaysant. Le trio : Jacob, Marlène et August fonctionne bien.  

 Un film à voir, donc, mais surtout, lisez le livre avant !

 

Le livre et le film m’ont été offerts simultanément par mes enfants mais j’ai préféré laisser passer un mois pour regarder le film.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 23:24

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                                                                                  Aléa 2012 - 188 pages

 

Clarisse, une jeune femme peu sûre d’elle, doit quitter son mari et leur fils pour régler les détails d’un héritage, au fin fond du désert de l'Arizona. Quand elle réalise qu’elle a perdu son téléphone portable, tout de suite après le décollage de l’avion, l’angoisse l’envahit. Pour trouver un peu de réconfort durant le voyage, elle échange quelques mots avec le passager qui se trouve à coté d’elle. Il se prénomme Léonard et se rend dans l'Arizona pour son travail. Le courant passe bien entre eux deux et avant de se séparer, l’homme lui donne sa carte de visite et lui confie une enveloppe dans laquelle se trouvent quelques feuillets qu’il a écrits…

Autant le dire d'emblée, j'ai préféré la première partie du livre : le voyage en avion, le dépaysement de Clarisse en arrivant à destination, la beauté du désert, la chaleur étouffante... Tout cela est fort bien rendu. Le comportement infantile de Clarisse m'a un peu agacée par moment. J’ai bien compris qu’elle avait perdu ses repères et qu’elle était en pleine réflexion sur son couple mais il me semble qu'elle aurait pu s'intéresser davantage à ses hôtes...

Dans la deuxièmre partie du roman, il est question des retrouvailles de Clarisse et de Léonard. Au travers des feuillets confiés à Clarisse, nous découvrons des éléments du passé de Léonard et notamment la fin de sa précédente histoire d’amour. Je dois avouer que j’ai trouvé la démarche de cet homme assez étrange. Confier à une quasi-inconnue un récit aussi personnel, c’est une curieuse façon d’aborder une nouvelle histoire… Quand au récit en lui-même, il m’a semblé d’une moindre qualité d’écriture que le reste. 

En dépit de ces réserves, j’ai apprécié de retrouver l’écriture intimiste d’Anne Révah. J’ai relevé plusieurs extraits comme celui-ci : « On peut supporter la colère, la tristesse, la jalousie, même les tempêtes, mais pas la déception. C’est parfois une chute au ralenti qu’on identifie à peine. Même lorsqu’on pense avoir repoussé la déception, enrayé les ruminations. Parce qu’il reste la douleur sournoise, celle qui continue à se répandre sans y penser. La douleur des déçus ne peut éternellement être camouflée, elle finit par déborder, portant son assaut, dévoilant alors le désenchantement qui l’a engendrée ». Anne Révah analyse avec beaucoup de finesse les états d'âme de ses personnages.

J’avais eu un coup de cœur pour "Manhattan", le premier roman d’Anne Révah. Tout en appréciant l'écriture de la romancière, ce second livre m'a moins captivée.

Le ressenti d'Antigone se rapproche du mien - Géraldine a beaucoup aimé

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 06:57

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                                                       Viviane Hamy - 152 pages

Dès les premières lignes, on sait que l’histoire finira mal. Mais avant de connaître les tenants et les aboutissants du drame, l’histoire de la famille Hogan se déroule sous nos yeux. Nous sommes dans les États-Unis des années 30, dans une région forestière et rurale. Les Hogan ne sont pas totalement intégrés à la vie du village, pas complètement à part non plus. Le père William est taciturne et autoritaire mais courageux et travailleur. Aucun des membres de la famille ne semble vraiment heureux. Quand William meurt à l’âge de 40 ans, la mère et le fils suivent la route tracée par le père et se battent pour conserver en l’état leur propriété. Hélas, Thomas change peu à peu. L’enfant timide et renfermé devient un adolescent mal dans sa peau contenant avec peine une violence sournoise.…

De nombreuses métaphores ponctuent le texte, adroites et inventives. Je les guettais pour les savourer à leur juste valeur, tout en me laissant porter par l’histoire, bien menée. On visualise précisément les lieux et les paysages, les personnages sont fort bien croqués. L'histoire, assez sordide, est illuminée par le style, bluffant, surtout quand on sait que la jeune romancière n’a que 22 ans ! J’ai lu quelque part qu’elle se nourrissait de littérature américaine. A la lecture de ce texte, on perçoit effectivement cette inspiration. On pense à Steinbeck, cité en exergue.

Un extrait s'impose : "Il ne reconnaissait pas ces gens ; certains, paraît-il, étaient des cousins de son père. Des hommes au teint sale, aux yeux noirs, à la bouche fendue telle la queue d’un rat qui file à travers champs. Ils portaient de larges chapeaux de cuir pour cacher leurs visages et les protéger du soleil. Des enfants aux cheveux très longs étaient présents, Thomas ne les avait jamais vus à l’école. Ils parlaient avec un accent du Nord, leurs dents se chevauchaient. Quand ils riaient, on avait l’impression d’assister à un concert d’éclopés, les mots qu’ils crachaient semblaient ricocher contre les murs et retomber sur le sol, comme de minuscules crottes de chèvre séchées".

 Une jeune romancière à suivre de près !

Merci à Moustafette pour le prêt !

Les avis de Clara - un autre endroit - Fransoaz

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 17:09

Cette chanson me met de bonne humeur, me donne envie de danser et de chanter (non, non, ce n'est pas pour cela qu'il pleut !).  Elle a un petit côté Kitsch qui ne me déplaît pas... 

Pour commencer ma semaine de vacances, c'est ce qu'il me faut !

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 23:07

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                                                                                Oh Editions - 2012 - 413 pages

                                                                        traduit de l'anglais (américain) par Christine Auché

Présentation de l’éditeur (extrait) :

Cette fois, la coupe est pleine ! À 25 ans, Maeve est sur le point de craquer. Alors qu’elle vient de perdre son job, ses parents ont décidé de lui couper les vivres pour l’aider à se prendre en charge…

Ni une ni deux, Maeve, accompagnée de son perroquet Oliver, part refaire sa vie à Hollywood. Mais c’est compter sans le destin qui s’acharne. En pleine traversée des États-Unis, sa voiture rend l’âme au milieu de nulle part. Voici Maeve coincée avec son perroquet, loin des siens, loin de son rêve, dans une petite ville perdue du fin fond de l’Arizona. Petite ville perdue certes, mais qui recèle bien des charmes, comme Maeve ne tarde pas à le découvrir... Au point de renoncer à rejoindre la mythique Hollywood ?

Kerry Reichs nous offre une plongée hilarante au cœur de l’Amérique et nous entraîne dans une comédie touchante peuplée de personnages aussi drôles qu’attachants.

 Mon avis :

Il y a des livres dont on comprend très vite qu’il ne sont pas faits pour vous. C’est le cas de celui-ci. Je voulais, pour changer de mes lectures habituelles, tenter une lecture facile, sans prise de tête, mais je me suis ennuyée très rapidement et j’ai fini par sauter des pages (l’ouvrage fait 400 pages…) pour arriver plus vite à la fin.

Le personnage principal est attachant et ce que l’on apprend de son passé renforce l’empathie à son égard mais cela n’a pas suffit, le texte manque pour moi de profondeur. Les aventures de cette jeune femme ne m’ont pas captivée et les rencontres qu’elle fait sur sa route m’ont semblé un peu trop micaculeuses. On peut avoir de la chance, mais à ce point…  Autre point rédhibitoire pour moi, la traduction, qui m’a semblé sonner faux. Quand j'ai cette impression, je fais une fixation sur la forme et je peine à me concentrer sur le fond (mais il est difficile de savoir si le problème vient de la traduction où si c'est l'écriture qui pose problème). 

Je suis passée complètement à coté de ce livre, tout comme Books and words, qui a pris le temps de faire un billet très argumenté.

Je pense toutefois qu'il trouvera son public. Pour preuve les avis assez élogieux de plusieures blogueuses : Galleane - Lael - Keisha. 

Je me propose de donner une seconde chance à mon exemplaire. Merci de me faire savoir si vous êtes intéressé (j'organiserai un tirage au sort, si plusieurs personnes se manifestent...). 

Résultat du vote : Morgane a gagné l'exemplaire.

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 23:25

 

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                                                                                 Grasset -2009 -  5heures 39

Jusqu’ici, Je n’avais pas été tentée par les livres de Beigbeder, refroidie par l’image d’écrivain-people qu’il véhicule. Il se trouve que celui-ci à croisé ma route. Je ne le regrette pas...

Ce « roman français » a été écrit à la suite d’une garde à vue de l’auteur, interpellé alors qu’il consommait de la drogue dans la rue, au cours d’une soirée trop arrosée. Enfermé dans une cellule avant d’avoir compris ce qui lui arrivait, privé de distraction et livré à ses pensées, il a fait le bilan de sa vie. De son enfance, il ne garde quasiment aucun souvenir, victime d’une curieuse amnésie sélective. Pourtant, l’espace de quelques heures, des souvenirs qu’il croyait à jamais perdus vont remonter à la surface…

Les chapitres relatant son court mais traumatisant séjour en prison alternent avec ceux où il évoque son enfance. Le « people » s’est débarrassé de ses paillettes et joue la carte de la sincérité et de l’autodérision. L'écrivain raconte son enfance de parents divorcés et le mal-être qui l'a atteint en raison du mensonge autour de cette séparation. Il a eu beaucoup de mal à grandir et se reproche d'avoir reproduit le modèle familial qui l'a fait souffrir.

Un peu à la manière d’Annie Ernaux dans « les années », il replace son enfance dans le contexte historique de l’époque. Bien qu’étant de la même génération que lui, je n’ai pas les mêmes souvenirs, sans doute parce que nous sommes de milieux sociaux très différents. Nous avons toutefois un point commun : la faculté de s’évader par la lecture, quand le quotidien est trop pesant. De très belles pages sont consacrées à son amour des livres.

C’est une autobiographie vivante et attachante qui présente une facette de son auteur intéressante et plus profonde que celle que l'on connait. Le livre est aussi un hommage à sa famille et aux lieux de son enfance. Sur son séjour en prison, je ne m’étendrai pas. Le traumatisme d’un parisien originaire de Neuilly que l’on jette dans un cachot de la prison de Santé n’est pas dur à imaginer…

Les avis (positifs également) de Cathe - Géraldine - Mango

A noter que ce livre a obtenu le Prix Renaudot en 2009

Je remercie chaleureusement Géraldine de m’avoir donné l’occasion de découvrir ce livre-audio (que j’ai écouté avec bonheur par tranches d’une demi-heure, au petit dejeuner, en rangeant mes courses, en pliant du linge : l'art et la manière de s'évader du quotidien...)

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 23:35

unterritoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Phébus 2012 - 152 pages

Ils sont trois à habiter la maison. Elle, et eux. A l’étage le garçon et la fille occupent les chambres les plus agréables, la femme doit se contenter de la cuisine et du cagibi, où elle dort sur un matelas à même le sol. Elle s’y sentirait presque bien, dans ce cagibi, si son matelas n’était pas constamment humide…  Elle leur sert de bonne, lave le linge, fait les courses, prépare les repas. Malentendante, elle vit dans son monde intérieur, d’une richesse et d’une poésie que nul ne peut percevoir, surtout pas eux, qui la considèrent comme une idiote.

Qui sont-ils par rapport à elle, quelle est l’histoire de ces lieux ? C’est ce que nous découvrons peu à peu, devinant les liens et reconstituant le puzzle de cette famille décomposée. Au fil des pages, on sent une évolution dans le comportement de la femme malentendante. Loin de se laisser abattre par les difficultés de son quotidien, elle tente de s’échapper par le rêve et la créativité. Tout en se remémorant son passé et elle prend son destin en main, laissant espérer une issue heureuse à cette histoire.

Angélique Villeneuve nous offre un texte riche et subtil,  laissant une grande place à la suggestion. Le lecteur s’approprie l’atmosphère des lieux par les odeurs, le toucher, les non-dits, les images. Nous sommes presque dans l’univers du conte. Ce livre m’a fait penser aux « demeurées » de Jeanne Benameur tant au niveau du thème que de l’écriture. Je l'ai dégusté lentement, prenant le temps de savourer la richesse de la langue.

Beaucoup d’humanité dans ce roman fort bien écrit…

L'avis d'Antigone - Cathulu- et Gwenaelle (que je remercie pour le prêt !)

 

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 00:34

Lozere-3100.jpg

C'est au Diben, à Plougasnou (dans le Finistère). Très bientôt, j'y passerai les week-end et les vacances. Pour l'instant, chaque dimanche, c'est la visite du chantier (qui avance très vite !).

Bon week-end à tous !

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 00:59

                                                                                  Grasset - 333 pages -aout  2011

 

En Irlande du Nord, depuis  les années 50-60 les républicains de l'IRA luttent pour le rattachement de l'Ulster à la République d'Irlande. En face, les protestants souhaitent demeurer une province britannique. Un jeune militant républicain, Tyrone Meehan, est un traître en devenir, mais ne le sait pas encore. A l’origine de cette trahison, cette scène là :

« J’avais baissé mon pistolet-mitrailleur. Je l’ai relevé. J’ai voulu l’assurer contre ma hanche. J’ai toussé. J’avais du sang dans les yeux. J’ai pressé la détente. Je crois. J’ai entendu mes tirs. J’ai vu le feu de l’arme. Danny est tombé. J’étais derrière lui. J’ai tiré trois fois et Danny est tombé en avant. »

Danny était son ami, son frère d’armes. Tyrone n’aura pas le courage d’avouer qu’il est, par accident, le meurtrier. Cette faiblesse marquera  le début de sa perte car les britanniques connaissent la vérité et n’hésiteront pas à le faire chanter, le moment venu. Avant cela, ils lui laisseront le temps de se lancer à corps perdu dans la défense de cette cause à laquelle il croit dur comme fer. Quand les britanniques menacent de dévoiler la vérité sur la mort de Danny, Tyrone lâche une information sans importance puis une autre. L’engrenage infernal est en marche. 

Il n’est pas facile d’être synthétique en évoquant ce livre car l’histoire de ce traître ne peut être dissociée de son contexte historique. Le traître est avant tout un militant qui a consacré sa vie à une cause, celle de la lutte pour l’indépendance de l’Irlande du Nord. Tout au long du roman, Sorj Chalandon nous fait partager le quotidien de ces militants : la prison, les grèves de la faim, les moments d’euphorie et les moments de doute.  Des vies entières consacrées à une cause commune qui les soudent.

Si Sorj Chalandon s’est emparé du sujet, c’est parce qu’il a été la victime parmi d’autres d’un traître qui ressemble beaucoup au personnage dont il est question ici. Durant des années,  L’auteur a couvert en tant que journaliste les « évènements » d’Irlande du Nord. C’est à cette occasion qu’il a connu celui qui allait devenir « son ami » puis un jour « son traître ». Il ne s’appelait pas Tyrone Meehan mais Denis Donaldson. Sa trahison reste un mystère...

Dans un précédent roman « mon traitre », Sorj Chalandon portait la voix du trahi. Dans «retour à Killybegs», il se met cette fois dans la peau du traitre. Peut-on trahir sans être pour autant un salaud ? C’est l’idée à laquelle se raccroche Sorj Chalandon pour tenter de donner un sens à la trahison de son ami. Sans le dédouaner de ses fautes, il nous présente un traître à visage humain, avec un passé familial qui explique à la fois son engagement et ses faiblesses. Essayer de comprendre plutôt que de juger. C’est ce que propose Sorj Chalandon au lecteur qui s’embarque à ses cotés dans une histoire passionnante et bouleversante.                                                

Les avis de : Gambadou -Midola -1pour_cent_litt_raire_2011

                                                                                                        13/14

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 00:13

                                                    Editions Dialogues - 2012 - 118 pages    

   

les premières lignes : "Aux petites heures de l'aube, elle pleure en écoutant la respiration régulière de son enfant. Parfois, ses larmes silencieuses musèlent sa douleur et finissent par l'endormir comme une berceuse amère. Elle quitte toujours à regret le refuge illusoire de son sommeil aux mille cloisons mouvantes. Pour affronter le jour et ses contours finis. Le jour où ses yeux restent secs, sa voix ferme, ses gestes sûrs. Le jour pendant lequel elle revêt un habit qui n'est plus le sien, affiche un sourire emprunté au passé et s'interdit tout aveu de faiblesse".

Une femme et sa petite fille sont cloîtrées dans leur maison. Dehors, c’est le chaos. On ne sait pas trop ce qui s’est passé : catastrophe nucléaire ? guerre chimique ? Toujours est-il qu’elles sont assignées à résidence, sans le papa et la grande sœur, tous deux à l'extérieur au moment de la catastrophe. Méthodiquement, la maman organise leur survie, ne négligeant ni l’économie des ressources dont elles disposent ni l’emploi du temps de la petite fille, qu’elle veut le plus « normal » possible.

Cette organisation du quotidien permet de donner un cadre à ces journées angoissantes. L’amour pour son enfant insuffle à la femme la force de ne pas se laisser aller au désespoir. Ses états d’âmes, elle les garde pour la nuit. Quand elle a un moment à elle, la jeune femme consigne ses pensées et ses souvenirs dans un cahier. Elle avait toujours rêvé d’écrire mais n’avait jamais eu le temps de s’y atteler, elle ne laisse pas passer l'occasion. Les moments qu’elle consacre à sa fille sont intenses, l'exploration de son monde intérieur l’est tout autant.

Ce livre m’a fait penser à « la route » de Mac Carthy en mois angoissant peut-être. L'homme et l'enfant de "la route" marchent au milieu de nulle part, confrontés sans cesse au danger tandis que la femme et son enfant sont en relative sécurité tant qu'elles ne quittent pas leur maison. On sent toutefois au fil des pages que l’étau se resserre et que le plus pénible est à venir...

Les phrases sont toutes aussi belles et profondes les unes que les autres. Il est notamment question de l'amour maternel et de la force qu'il donne pour affronter le pire. La jeune femme réfléchit à sa propre vie, aux valeurs qui étaient les siennes avant le chaos. Si elle sort vivante de ce cauchemar, elle ne sera plus la même. Plusieurs blogueuses ont souligné la beauté de l'ouvrage en tant qu'objet. Je le confirme. J'ai beaucoup aimé la pagination aérée qui permet au lecteur de s'accorder des pauses pour une réflexion personnelle qui s'impose, face à un texte aussi fort.

Un très bon premier roman...

Les avis de : Clara, Canel, Manu, Stephie

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