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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 23:22
                                       
 EDITIONS LE TEMPS QU'IL FAIT
*
 
Ce livre fait partie du la sélection du
 
 
 
 
 
 
*
L'auteur de ce livre est un tout jeune romancier de plus de quatre-vingts ans ! Après avoir écrit de nombreux recueils de poèmes, il s'est mis sur le tard au roman.
 
 
L'histoire :
Emile est un homme de soixante-dix ans qui mène une existence solitaire. Un jour, dans un parc, il engage la conversation avec une femme de son âge. Ils prennent l'habitude de se retrouver chaque jour au parc, puis chez Louise. Un soir il reste dormir pour la rassurer car un cambriolage a été commis chez les voisins. Elle lui demande de rester quelque temps et il accepte bien volontiers. Le temps passe. Ils sont bien tous les deux dans cette petite vie tranquille. Leur relation reste platonique et Emile tenterait bien quelquefois de lui prendre la main, mais Louise garde ses distances et il respecte son choix.
Un jour pourtant, tout bascule avec l'intrusion dans leur quotidien d'un autre homme. Louise est tout de suite séduite et ne voit plus que par lui. Blessé, Emile souffre et songe à partir...
Mon avis :
L'histoire est simple, presque banale, mais on prend plaisir à faire un bout de chemin aux côtés d' Emile.
L' écriture est agréable et poétique. Les sentiments sont évoqués avec pudeur et retenue. Il est question d'amour mais aussi de la solitude de ceux qui n'ont plus personne à aimer et dont les journées se ressemblent.
"La journée a été docile et sans imprévus.
La nuit envahit ma chambre. Je reste recroquevillé dans mon fauteuil.
Je pense que mes gestes n'ont plus la même aisance.
Il me faudra beaucoup de courage pour me laver avant de me mettre au lit.
On peut mourir du quotidien."
C'est un livre un peu triste et mélancolique mais avec une note d'espoir : il n'y a pas d'âge pour rencontrer l'amour. Et si cet homme de quatre-vingts ans nous le dit, on a envie d'y croire !
*
Une lecture sans surprise, mais douce et paisible.
 
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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 23:00
 Un petit déjeuner qui change de l'ordinaire !
    
Il y a quelques jours, j’ai « sèché » le bureau pour participer à une rencontre organisée par la bibliothèque de ma ville, dans le cadre du Prix INTER-CE.
A notre arrivée à la bibliothèque, nous avons pris place autour d’une table basse dressée pour le petit déjeuner et avons attendu notre hôteLucBassong une petite demi-heure en papotant. A son arrivée, Luc Bassong s’est intégré très facilement à notre petit cercle d’une dizaine de personnes et la conversation a repris de façon tout aussi conviviale.
Il nous a expliqué son parcours d’écrivain. Fils d’immigré, il a vécu en région parisienne entouré de livres. Son père était économiste, le niveau culturel dans lequel il a vécu était donc assez élevé.
 A l’âge de quinze ans il écrit une pièce de théâtre qu’il poste à Radio France comme on jette une bouteille à la mer. Et là, grand coup de chance, un producteur le convoque, ne retient pas sa pièce mais lui donne de précieux conseils. Il se remet au travail et cinq ans plus tard renouvelle sa tentative. Cette fois, la pièce est retenue et il signe son premier contrat. L’ennui, c’est que cette activité est irrégulière et ne nourrit pas son homme. Lassé des petits boulots qu’il doit accomplir pour boucler ses fins de mois, il reprend ses études et devient informaticien, métier qu’il occupe aujourd’hui en continuant à écrire dès qu’il a un moment.
*
Comment immigrer en France en 20 leçons  (éditions Max Milo) est son « vrai » premier roman. Il avait envie d’aborder ce sujet douloureux, qui le touche et l’interpelle, mais sans faire pleurer les gens. Il a donc choisi de donner la parole à Isaac, africain candidat à l’immigration, qui rêve depuis toujours de venir en France et se sent prêt pour cela à quitter femme et enfants. La première partie du livre « leçons et exercice » se déroule en Afrique où nous suivons Isaac dans ses démarches semées d’embûches. Parallèlement, nous vivons avec lui une série d’aventures assez cocasses dans une Afrique haute en couleur.
 La deuxième partie « corrigés », évoque la désillusion d’Isaac quand il arrive en France : « Un an à Paris, à envier les chiens et les chats parce qu’ils avaient un toit, de quoi manger et l’affection de leurs maîtres, il a de quoi devenir fou.» 
Quelques titres de chapitres pour vous donner le ton du livre, que personnellement j’ai bien aimé :
-                          -   On n’obtient pas son visa chez le marabout.
-                          -   Mouton noir montrera patte blanche.
-                          -   Tout caméléon ignore sa couleur. 
-                         -     Soyez sérieux, continuez à bluffer.
-                       -    Nagez avec un requin, vous finirez dans son estomac.
 **
Après avoir parlé de son roman, Luc Bassong a évoqué avec humour une expérience professionnelle d’un an au Cameroun. Il nous a livré quelques anecdotes assez ahurissantes pour nous européens. Un exemple : quand un problème se présentait au sein de l’entreprise dans laquelle il travaillait, plutôt que de chercher une solution, le directeur convoquait le personnel pour une séance de prières collectives ! Luc Bassong a fini par démissionner car c’était trop compliqué pour lui s’adapter aux mentalités et surtout parce qu’il ne supportait pas la corruption qui règne dans les couches supérieures de la société et contre laquelle il est impossible de lutter.
Nous avons ensuite échangé de façon très conviviale sur son métier d’écrivain, ses lectures (il aime beaucoup les romans historiques)… Il s’est intéressé à notre comité de lecture ainsi qu’à l’expérience d’écriture de l’une d’entre-nous. Il a quitté la bibliothèque avec la plaquette des coups de cœur du comité de lecture, visiblement ravi de sa matinée… C’était réciproque !
 La dure réalité du bureau m’a rattrapée l’après-midi. J’avais une réunion tout de suite en arrivant et au bout d’un moment, quelqu’un m’a demandé si je me sentais bien. J’étais complètement à côté de la plaque !
 Joëlle a participé à une rencontre avec Luc Bassong, également dans le cadre de ce prix, mais dans une autre ville.
 *
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 23:37

  

LA POINTE SAINT-MATHIEU

 (commune de plougonvelin - Nord Finistère)

 Promenade sous un ciel changeant,

 dans un site grandiose battu par les vents et les embruns...

 

  

 Un phare cohabite étrangement

 avec les ruines d'une abbaye du VIème  siècle,

 qui dégagent une ambiance un peu inquiétante

 quand le ciel s'assombrit...

  

    

 

  

   

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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 23:00
 Quelques mots sur ce prix régional (Grand-Ouest) :
 
Je regarde chaque année avec intérêt sa sélection car elle est souvent alléchante. C’est aussi l’occasion pour moi de rencontrer des auteurs tout près de chez moi. L’an passé, par exemple, j’ai rencontré Yasmina Khadra.
Dernière motivation, Le Télégramme présente chaque semaine un livre de la sélection avec portrait et interview de l’auteur. Cela met un peu de piment dans ma lecture (partielle) de notre célèbre quotidien régional, où l’on trouve un peu de tout : des infos nationales, les avis de décès, la sortie annuelle du club de pétanque...
Les lauréats des années passées :
2006 : Yasmina Khadra - L'attentat
2005 : Delphine Coulin - Les traces
2004 : Alice Ferney - Dans la guerre
2003 : Eduardo Manet - Maestro !
         
La sélection 2007 :
Les langues paternelles - David Serge
Le marchand de passés - José Eduardo Agualusa et Cécile Lombard
Je viens de tuer ma femme - Emmanuel Pons
Le coeur de l'hiver - Dominic Cooper et Bernard Hoepffner
Voyage aux pays du coton - Erik Orsenna
Un bon Dieu pour les ivrognes - Hervé Bellec 
Comme un film égyptien - Ron Barkai
La Vie de bureau - Jean-Michel Delacomptée
Lorraine connection - Dominique Manotti
L'Atlantique Sud - Jérôme Tonnerre
 
Katell participe à ce prix.
  Pour les gens que cela intéresse, Il existe un Blog.
*
  Je n’aurai peut-être pas le temps de lire l’intégralité de la sélection mais je vais essayer d’en lire cinq (c’est le minimum pour pouvoir participer).
*
 Avez-vous quelques ouvrages de la liste à me conseiller  ?
 
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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 00:00
              
                           
Editions Liana Levi
*
L'histoire :
« Grand-mère connut le rescapé à l'automne 1950. Elle approchait des quarante ans sans enfants car son mali de is perdras, le mal de pierres avait interrompu toutes ses grossesses. On l'avait donc envoyée en cure thermale dans son manteau droit et ses bottines à lacets. »
La narratrice est la petite fille de cette femme au mal de pierres (elle souffre en fait de calculs rénaux). La jeune femme tente de retracer la vie de sa grand-mère, longtemps considérée dans sa propre famille comme « dérangée ». 
Il faut bien admettre qu'elle est un peu originale cette femme qui pendant sa jeunesse écrit des poèmes audacieux à ses prétendants, les faisant fuir. Ses parents parviennent à la marier sur le tard, à un veuf dévoué. C'est un mariage sans amour. Le couple décide d'un commun accord de ne pas avoir de relations physiques. Un jour pourtant, elle lui propose de faire l'économie des maisons closes qu'il fréquente en réalisant elle-même les prestations des prostituées. Il accepte bien volontiers...
Ensuite vient l'histoire d'amour avec le rescapé, assez brève mais qui la révèle à elle-même. Que s'est-il passé entre eux pour qu'elle rentre chez elle aussi apaisée et transformée ?
Mon avis :
La fin donne quelques clés permettant de cerner un peu la personnalité de cette femme étrange, sans toutefois nous permettre de distinguer ce qui relève du fantasme et de la réalité.
Les critiques sont très élogieuses sur ce livre. La presse parle d'un « petit bijou ». A titre personnel, j'ai bien aimé ce portait de femme mais je n'ai pas été transportée comme je m'attendais à l'être. J'ai même fini la lecture un peu frustrée. Peut-être parce que le livre est assez court et que j'aurais aimé en savoir plus. Je n'ai pas eu le temps de m'attacher à cette femme.
Un chapitre est consacré à l'autre grand-mère de la jeune fille, sans doute pour faire ressortir l'originalité de la femme « au mal de pierres » par rapport aux femmes de sa génération, « coincées » et sans frivolité. J'ai trouvé ce chapitre un peu « à côté » de l'histoire.

Il n’en reste pas moins que je trouve ce roman original et même assez piquant.  Le regard bienveillant et plutôt admiratif de la jeune fille sur sa grand-mère est très touchant. J'ai bien aimé faire la connaissance de cette famille de Sardaigne sur plusieurs générations.

 

Des avis très élogieux : Cune     Clarabel     Papillon

L'avis plus nuancé de : Lilly

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 00:00
Ce petit questionnaire fait le tour des blogs. Gambadou m'a passé le relais alors je me lance :
*
Les quatre livres de mon enfance :
 
 
Martine petite maman : (je rêvais de pouponner).
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Tous les livres de la série du "Club des cinq".
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Tous les livres de la série "Alice".
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Robinson Crusoé : (je possédais une vieille édition illustrée, sans couverture, trouvée un jour dans un grenier. J'adorais ce livre).
*
*
 
 
 
 
 Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore :
Nancy HUSTON
René FREGNI
Dominique MAINARD
Russel BANKS
*
Les quatre auteurs que je n'achèterai (ou n'emprunterai) probablement plus.
Mary higgins CLARKS : (il y a tellement mieux !)
Agatha CHRISTIE : (overdose à l'adolescence)
Enid BLYTON : (sauf si je retombe en enfance..)
Michael CONNELLY : (trop sanglant pour moi)
*
Les quatre livres que j'emmènerais sur une île déserte :
Et bien tant qu'à faire, quatre gros pavés que j'ai dans ma LAL depuis un moment et qui me démangent régulièrement :
Le temps ou nous chantions - Richard POWERS
Ambiguïtés - Elliot PERLMAN
Le prince des marées - Pat CONROY
Le demi-frère - Christensen LARS SAABYE
*
Les quatre premiers bouquins de ma liste à (re)lire :
Voici quatre livres de ma PAL (que je n'ai donc pas encore lus) :
Le principe de Fredelle - Agnès DESARTHE
L'été - René FREGNI
Prodige - Nancy HUSTON
La petite poule d'eau - Gabrielle ROY
*
 
 Les (quatre x quatre) derniers mots d'un de mes livres préférés :
Les paroles de Luce s'élèvent.
Elles ne demeureront plus.
Sur la terre, jour après jour, elles portent son souffle.
(Les demeurées - Jeanne BENAMEUR)
 
 
 
 
Les quatre lecteurs(trices) dont j'aimerais connaître les quatre :
Ceux et celles qui passeront par-là et qui auront envie de prendre le relais...
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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 00:29
      Publié chez Gallimard (existe en format poche)  
          
Voilà plus de vingt ans que Sylvie Germain publie des romans et que la critique se montre unanimement admirative de son talent. Avant la lecture de ce livre, je ne la connaissais que de nom. On a beaucoup parlé de son dernier ouvrage  "Magnus" .
Je suis ravie de l’avoir découverte avec" Le livre des nuits", son premier roman. En effet, dans une interview assez récente pour Evène, elle dit ceci  en parlant du "Livre des nuits" : « je pense que dans ce livre il y avait en germe et en concentré toutes mes obsessions et ce qui s’est développé après ».
 
 
L’histoire :
Le personnage central du roman est Victor-Flandrin PENIEL, né de l’union d’un père et de sa fille. Ses parents sont morts alors qu’il était enfant et sa grand-mère, une femme âgée mais courageuse, l’a élevé.
Il est issu d’une famille « de l’eau douce »  qui a vécu et travaillé sur une péniche. Les mauvais tours du destin et la guerre de 1870 ont contraint la famille a quitter la péniche alors qu’il était tout jeune.
A la mort de la grand-mère, il est tout juste adolescent. Au terme d’une sorte de parcours initiatique à travers les champs et les forêts, il s’installe dans une ferme et se passionne pour le travail de la terre. Il y restera toute sa vie malgré les épreuves qui le marquent dans sa chair et dans son âme. Les femmes de sa vie meurent les unes après les autres. Sa nombreuse descendance est frappée par la folie, la maladie et les guerres : celle de 14-18, puis celle de 39-45. Mais Nuit-d’or-gueule-de loup (c’est son surnom) reprend toujours le dessus grâce à sa soif de vivre, insatiable.
 
Mon avis :
J’ai résumé le livre pour vous donner une idée de l’histoire, mais il me semble qu'elle n'est pas essentielle. Ce qui importe, ce sont les mots merveilleux de Sylvie Germain et surtout les messages qu’elle veut nous faire passer.
L’écriture est très poétique, comme le sont les titres des six chapitres : Nuit de l’eau, Nuit de la terre, Nuit des roses, Nuit du sang, Nuit des cendres, Nuit nuit la nuit.
Il existe également, dans ce livre une dimension fantastique : des yeux qui pleurent des perles de verre, des tempes qui transpirent du sang quand un malheur va arriver, une ombre blonde qui suit Victor Flandrin partout ou il va, et ces mystérieuses malédictions qui s’abattent sur la famille…
La première partie du livre m’a demandé un effort car l’atmosphère est assez noire, comme le laisse entrevoir le titre. En outre, il n’est pas toujours aisé pour nous adultes, d’entrer dans l’univers du conte. Mais peu à peu, je me suis intéressée au destin de cette famille et surtout j’ai accepté la vision pessimiste de Sylvie germain sur notre monde, une vision dérangeante mais malheureusement juste. Il faut bien admettre que la cruauté des hommes et leur folie sont sans limites.
Sylvie Germain met l’accent sur le thème de l’histoire qui se répète sans cesse : les trois guerres qui marquent cruellement cette famille, comme bien d’autres d'ailleurs, en sont la preuve. Le dernier chapitre, évoquant la guerre 39-45 et l’holocauste est absolument terrible. On referme le livre bouleversé.
Il existe une suite, « Nuit-d’Ambre », que je lirai assurément.
.
J'ai découvert ce livre par Béatrix qui aime beaucoup l'univers de Sylvie Germain.
Je vous conseille également un petit tour chez Malice qui parle aujourd'hui même d'un autre livre de sylvie Germain
Une lecture difficile et éprouvante, mais qui en vaut vraiment la peine.
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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 00:51
A l'occasion de la  9ème édition du printemps des poètes sur le thème de l'amour, je vous propose la très belle déclaration d'amour à la vie, écrite par Paul Eluard en 1942  (extrait de Liberté).
.
 
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
 
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
 
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
 
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom
 
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
 
Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
 
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
 
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunis
J'écris ton nom
  
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
 
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
 
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
 
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
 
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
 
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
 
Liberté 
 
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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 00:12
2008 Vallée est une sorte de comédie musicale inspirée du dernier disque de Philippe Katerine « Robots après tout ». Accompagné de la chorégraphe Mathilde Monnier et de ses danseurs, Katerine offre un spectacle drôle, loufoque et surréaliste.
Je ne suis pas vraiment fan de sa musique mais le spectacle m'a vraiment amusée. Les danseurs occupent bien l'espace, ils sont très vivants et les chorégraphies tout à fait inattendues. Mon fils de 17 ans a beaucoup aimé, mon mari nettement moins.
Nous avons eu quelques difficultés à trouver le sommeil, car le fameux « j'adooooooooore » nous trottait dans la tête et à cette heure-là nous avions vraiment envie...
de couper le son !
*
 
j'adore, j'adore, j'adore, j'adore, j'adooooooore
les institutrices, puéricultrices, administratrices, dessinatrices, les boulangers, les camionneurs, les policiers, les agriculteurs, les ménagères, les infirmières, les conseillères en orientation, les chirurgiens, les mécaniciens, les chômeurs
J'adoooooooore
regarder danser les gens
et de temps en temps
je coupe le son...
 
 
 
 
 
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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 09:37
Dans le cadre du Prix Inter-Ce 2007, j'ai eu la chance de rencontrer, pour la présentation de son livre Bleu Blanc Vert publié aux Editions de l'Aube, Maïssa Bey, née en 1950 près d'Alger.
Elle est l'auteur plusieurs romans publiés en France aux éditions de l'Aube, notamment : Cette fille là (2001), Entendez-vous dans les montagnes (2002), Au commencement était la mer (2003). Sous Le jasmin la nuit (2004) et Surtout ne te retourne pas (2005).
 
La rencontre se déroulait dans la bibliothèque de ma petite ville. Le crachin breton contrastait quelque peu avec la mine rayonnante de l'Algérienne, élégamment vêtue de gris perle et de noir, mais bien vite nous avons oublié la météo pour nous plonger dans l'Algérie de Maïssa Bey.
 
La romancière a vécu la décolonisation de façon particulièrement dramatique puisque son père instituteur est mort après avoir été torturé par des militaires français. Elle avait alors 6 ans. Son père avait tout juste eu le temps de lui apprendre à lire et à éveiller en elle une grande passion pour la lecture. J'avais connaissance de cet épisode de sa vie avant la rencontre, mais j'ai ressenti beaucoup d'émotion quand elle a évoqué devant nous ce drame qui la hante encore.
 
Le livre recouvre la période qui commence en 1962, année de l'indépendance de l'Algérie jusqu'en 1992, année ou le FIS gagne les élections et plonge le pays dans la peur et la haine. Entre les deux périodes, beaucoup d'espoir puis une désillusion progressive.
 
Il s'agit d'un roman, bien que l'histoire soit en grande partie autobiographique. Deux personnages, l'un féminin, l'autre masculin prennent tour à tour la parole. La petite fille du roman, Lilas, a beaucoup de points communs avec Maïssa enfant. En revanche, le personnage masculin, Ali, est totalement fictif. Le « troisième personnage » est l'immeuble d'Alger dans lequel a vécu Maïssa pendant de nombreuses années. Tout comme la petite Lilas, Maïssa a passé l'été 1962 à parcourir les appartements vides des européens qui avaient fuit Alger. Elle s'asseyait dans les fauteuils et lisait les livres et revues qu'elle y trouvait, dévorant avec le même appétit les auteurs français et des revues comme « Nous deux » ou « Cinémonde ». Elle a découvert, cet été là, un univers qui lui était jusque là totalement étranger.
 
Quelque temps après le départ des européens, des familles algériennes se sont installées dans l'immeuble. La mère de la petite fille (comme celle de Maïssa) était une des rares femmes à savoir lire et écrire et beaucoup de femmes venaient dans l'appartement pour se faire aider dans la rédaction de papiers administratifs. Elles en profitaient pour confier leurs problèmes et livrer leurs états d'âme. La petite fille se mettait dans un coin et écoutait. Ces conversations ont probablement donné à la romancière sa détermination actuelle pour défendre les droits de la femme algérienne, qu'elle craint de voir régresser avec la montée en puissance de l'islamisme de ces dernières années.
Bleu blanc vert est l'histoire tourmentée d'un pays, mais aussi celle deux enfants d'un même immeuble qui tombent amoureux, se marient et se trouvent confrontés aux problèmes d'une société en perpétuel confit entre tradition et modernité.
 
Nous avons demandé à Maïssa Bey si elle écrivait de façon spontanée. Elle nous répondu que non, que c'était très difficile, qu'elle travaillait énormément, la nuit où la concentration est la plus forte. Elle nous a fait sourire en nous disant que, contrairement aux hommes écrivains, elle disposait de peu de temps pour elle. En plus de son travail de conseillère pédagogique dans sa ville de Sidi Bel-Abbès (photo ci-contre), elle doit accomplir les tâches ménagères, courses, repas... et le temps dont elle dispose est celui qui lui reste quand tout cela est fini (comme beaucoup d'entre nous probablement !).
*
Elle s'est mise tard à l'écriture, il y a une dizaine d'années seulement et sous un pseudonyme car à cette époque, il était impossible de s'exprimer sans prendre de très grands risques. Son vrai nom est Samia Benameur et le passage de l'un à l'autre des deux noms ne lui pose aucun problème, bien au contraire.
A la question : « Pourquoi écrivez-vous en français plutôt qu'en arabe » elle nous a répondu avec humour « Mais parce que j'ai été colonisée ! » Elle parle l'arabe courant mais ne se sent pas suffisamment à l'aise pour écrire dans cette langue.
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Elle nous a parlé d'une oeuvre à laquelle elle participe activement en tant que présidente d' une association de femme : la création d'une bibliothèque dans sa ville de Sidi Bel-Abbès (photo ci-contre). Il faut savoir que les livres sont à un prix inaccessible en Algérie, d'où l'importance de ce type de projets. Elle s'occupe également, dans le cadre de son association «Paroles et Ecriture » d'animer des ateliers d'écriture pour les femmes. Son engagement dans la reconstruction de son pays est tout à fait admirable.
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Je ne peux pas bien entendu restituer l'intégralité de la rencontre mais j'espère vous en avoir donné l'esprit. On ne peut que souhaiter à l'Algérie des jours meilleurs et à Maïssa Bey de continuer à écrire, pour nous Français comme pour les Algériens. Ses livres sortent également là-bas aux Editions Barzakh.
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La soirée s'est terminée de façon conviviale à déguster des loukoums et autres pâtisseries en buvant du thé à la menthe, tout en échangeant nos impressions sur la soirée. Pendant ce temps, Maïssa dédicaçait les livres et parlait individuellement avec les uns et les autres.
 
 
Une rencontre très marquante et enrichissante...
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Malice a beaucoup aimé ce livre également
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