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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 23:52

Audiolib 2018 - 6 h 50 - lu par Emmanuel Dekoninck

"Il dit : « Il faut faire ce que la vie t’a appris à faire. Si t’es très jeune, à la rigueur, tu peux peut-être encore changer de route. Mais à un moment donné, il faut s’arrêter et se dire : bon, ça je suis capable de le faire, ça pas. Et je me suis demandé : de quoi je suis capable, moi ? Moi, je sais vivre en montagne. Qu’on me mette là-haut tout seul, et tu verras que je m’en sors. C’est pas rien quand même, non ? Eh bien il m’a fallu attendre quarante ans avant de comprendre que ça n’était pas donné à tout le monde."

Un été, les parents de Pietro, tous deux amoureux de la région du Val d'Aoste, achètent une bicoque à Grana, petit village déserté de cette région montagneuse d'Italie. Nous sommes dans les années 80. Pietro, enfant des villes, fait la connaissance de Bruno, un enfant un peu sauvage que les parents de Pietro tenteront d'aider. Ensemble, les deux enfants explorent la région. Ils s'entendent à merveille.

Passé l'adolescence, leurs chemins se séparent. Pietro ne veut plus venir à Grana, les relations avec son père se sont dégradées. Par rébellion, il tourne le dos à la montagne. Pour son camarade, l'heure est venue de rentrer dans la vie active. Il devient maçon, comme son père. L'été, il continue à voir les parents de Pietro. 

Vingt ans plus tard, suite au décès du père de Pietro, les deux ex-amis, devenus adultes, se retrouvent grâce à un héritage qui va bouleverser leur vie. Leur histoire d'amitié reprend, plus forte que jamais. La montagne, que Bruno n'a jamais quittée, ouvre ses bras à Pietro, qui en tombe amoureux une deuxième fois.

Cette histoire d'amitié, d'une fraîcheur et d'une profondeur bouleversante m'a transportée du début jusqu'à la fin. Paolo Cognetti est un conteur hors pair et certainement un passionné de montagne pour la décrire aussi bien. Je suis une fille de la mer mais j'aime retrouver dans un livre le dépaysement que me procure un paysage de montagne. J'ai donc été particulièrement gâtée par ce magnifique roman d'apprentissage mais aussi de filiation. Je ne vous en dirai pas davantage pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte mais faites-moi confiance, lisez-le si ce n'est déjà fait.

J'aurais tout autant aimé ce livre en version papier mais qu'il soit conté par d'Emmanuel Dekoninck, un excellent lecteur, a été la cerise sur le gâteau.

Un vrai coup de coeur !

 

Les avis de : Eva - Fleur

Sur la version audio : Enna

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 23:29

Collection Verticales - Gallimard août 2018 - 288 pages

Paula Karst est une jeune fille assez quelconque avant d'intégrer, sans vocation mais avec une réelle motivation, l'institut supérieur de peinture décorative de la rue du métal, à Bruxelles. L'école forme des peintres spécialisés dans l'art du trompe-l'oeil. Après une période de doute, tétanisée par la peur de ne pas être à la hauteur, Paula prend de l'assurance et se montre suffisamment douée pour ne pas avoir à rougir devant ses camarades. Les premiers temps, elle ne sort pas beaucoup et ne noue pas de relations avec les autres élèves. Puis, elle se lie d'amitié avec son co-locataire et une autre jeune fille. Le trio, soudé, travaille d'arrache pied pour obtenir le diplôme. 

l'institut supérieur de peinture décorative de la rue du métal, à Bruxelles

Dans la seconde partie du roman, nous retrouvons Paula dans les débuts de sa carrière professionnelle. C'est un métier qui demande une grande mobilité si l'on veut travailler de façon continue. Nous suivons Paula dans ses différents chantiers, en France et à l'étranger. Au fil des expériences, elles gagne en professionnalisme. Elle acquiert une petite notoriété lui offrant des chantiers de plus en plus intéressants. Son métier la passionne, elle en fait le centre de sa vie et en oublie le reste : " Certes, elle rencontre des gens, oui, beaucoup, la liste de ses contacts s’allonge dans son smartphone, son réseau s’épaissit, mais prise dans un rapport économique où elle est sommée de satisfaire une commande contre un salaire d’une part, engagée sur des chantiers à durée limitée d’autre part, elle ne crée pas de relations qui durent, accumule les coups de coeur de forte intensité qui flambent comme des feux de paille sans laisser de trace, désagrégés en quelques semaines, chaleur et poussière."

Quand Maylis de Kerangal s'empare d'un domaine, elle en étudie toutes ses facettes et s'approprie le lexique technique, qu'elle utilise pour décrire avec précision l'univers qu'elle décrit. Cette fois encore, la langue est riche, précise, imagée. Du point de vue de l'écriture, on peut faire le parallèle avec "Réparer les vivants". La comparaison s'arrête-là. Le sujets est différent, les émotions ressenties à la lecture le sont aussi.

Je n'irai pas jusqu'au coup de coeur mais j'ai beaucoup apprécié ce roman d'apprentissage. J'ai aimé suivre l'évolution de la jeune Paula Karst, son quotidien d'élève puis de peintre en décors. Je ne connaissais pas du tout cet univers, assez particulier. J'ai trouvé très intéressante la réflexion sur ce qu'est l'artisanat (ou l'art ?) du trompe-l’œil. Est-on un artiste quand on copie les œuvres des autres ? 

Si vous aimez l'écriture de Kerangal vous devriez pas être déçu par ce roman (sauf si vous le comparez à "Réparer les vivants", inégalable).

Un très bon roman 

L'avis de Valérie

, 8/12

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 21:21

Le soleil et la mer :

Le mois de septembre a été studieux en ce qui me concerne (un peu de trop d'ailleurs).

Heureusement, les week-ends m'ont permis de recharger les batteries.

J'ai pu également profiter de belles balades au coucher du soleil.

 

Mes lectures ont été essentiellement sous le signe de la rentrée littéraire.  Les voici presque toutes :

 

 

A ce jour, mes 3 favoris sont les suivants :

Au loin de Hernan Diaz 

L'écart de Amy Liptrot (ne figure pas sur la photo)

Cette maison est la tienne de Fatima Farheen Mirza

Je conseille également les autres titres que vous pouvez voir sur la photo. Dans des styles différents, chacun d'eux m'a bien plu (avec bémol pour les longueurs du Zazie Smith). Il me reste à publier "Le sillon" et "Un monde à portée de main".

Un hommage :

Et, puisqu'au moment de publier ce billet nous sommes en octobre et que je viens d'apprendre la mort d'Aznavour, un petit hommage s'impose.

"Emmenez moi" est la chanson d'Aznavour que je préfère.

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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 23:32

Comme annoncé au mois d'août, j'ai changé la formule de "Écoutons un livre". Je prends désormais tous les liens vers les billets audio publiés dans le mois. Vous pouvez me laisser vos liens au fil du mois (ici) ou le 28 de chaque mois, en commentaire du billet récapitulatif du 28.

Voici ce que nous avons écouté en septembre  :

Enna :

Indimidation - Harlan Coben

Demain est un autre jour - Lori Nelson Spielman

Géraldine :

Le cri - Nicolas Beuglet

L'homme qui ment - Marc Lavoine

Fidèle au poste - Amélie Antoine

L'amie prodigieuse - Helena Ferrante

Les merveilleux nuages - Françoise Sagan

Sylire :

La symphonie du hasard (livre 2) - Douglas Kennedy 

Cité de verre - Paul Auster

Everything everything - Nicola Yoon

Estelle :

L'île des oubliés - Victoria Hislop

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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 23:30

Audiolib 2017 - Lu parNastassja Girard - 5H 37

Madeline, dix-huit ans, est atteinte de la maladie dite de 'l'enfant-bulle". Elle se trouve confinée chez elle sans possibilité de sortir par crainte d'y laisser sa peau. Son système immunitaire est défaillant. La jeune fille, soutenue par sa mère et par une infirmière, compose avec sa maladie et se montre courageuse. Du moins jusqu'au jour ou un jeune homme s'installe avec sa famille dans la maison voisine. A partir de là, rien ne va plus. Madeline tombe amoureuse et se met en danger. 

J'ai choisi ce livre audio dans ma pile à écouter à l'occasion du mois américain. J'avais lu quelques critiques positives mais j'avais toutefois un peu peur de m'ennuyer avec cet ouvrage classé "jeunesse" Mes doutes se sont dissipés quand j'ai senti que quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire et que la chute ne serait peut-être si prévisible que cela. Je préfère ne pas vous en dire plus car il vaut mieux aborder ce livre sans trop en savoir sur l'histoire.

Sans être exceptionnel, "Everything everything est un roman jeunesse agréable à lire, y compris pour les adultes. C'est une écoute qui m'a accompagnée quelques jours et que j'avais plaisir à retrouver. La voix de la jeune fille et ses intonations correspondent bien à l'idée que je me fais du personnage.

Merci à l'amie qui me l'a prêté

Le mois américain, c'est chez Titine

 

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 23:39

Thélème -  lu par Claude Lesko - 5 h 06

En cette période de rentrée littéraire, je présente une majorité d'ouvrages qui viennent de sortir, celui-ci fait très nettement exception puisqu'il date de 1987. "La cité de verre" est en effet l'oeuvre qui a fait connaître le (devenu) célèbre auteur américain. Cet ouvrage constitue le premier tome de "La trilogie new-yorkaise". 

Quinn, modeste écrivain de polars, reçoit l'appel d'un homme qui pense être chez Paul Auster, détective privé. Quinn lui signale qu'il fait erreur mais quand l'homme rappelle le lendemain, l'écrivain de polars, par curiosité, ne le détrompe pas et accepte un rendez-vous. Quinn usurpe donc, en quelque sorte, l'identité de Paul Auster. Il se rend chez son interlocuteur, Monsieur Stillman. Ce dernier est persuadé que son père, dont il n'a plus de nouvelles, veut le tuer. Quinn le croit sur paroles et accepte de mener l'enquête. Il se met donc à la recherche de Stillman père...

Commence alors une traque assez surréaliste qui va mener le faux Auster aux confins de la folie. Mais avant cela, il aura rencontré le vrai Auster et pisté le faux Stillman (à moins que ce soit le vrai ?). Bref, vous l'avez compris, il faut suivre ! Je me suis laissé prendre au jeu et en dehors de la confession du jeune Stillman (un peu longue), j'ai beaucoup aimé me perdre dans cette histoire très étrange et déambuler, par la même occasion, dans les rues de New York.

Si vous aimez les ambiances austeriennes, vous ne pourrez qu'apprécier  une immersion dans "la Cité de Verre".

Ecoutons un livre - septembre

 

Chez Titine

 

challenge 50 romans - 50 états / New York
Chez Antigone

 

 

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 23:33

90uchet-Chastel 2018 - 213 pages 

"Joaquim ignorait que le temps emporte tout, et que très peu de fratries résistent au courant de devenir adulte. Passé un certain âge, la plupart des frères et soeurs ne partagent plus que des souvenirs qui coïncident rarement. Pourtant, à la mort de l'un, à la mort de l'une, fût-ce à des âges canoniques, ce n'est jamais que celui ou celle de la petite enfance qu'on enterre : cette cadette dont l'arrivée provoqua une perte jamais compensée, cet aîné dont on chercha sa vie entière à se faire aimer".

Joaquim sillonne le monde comme photographe reporter. Quand il reçoit un message lui annonçant le décès de son père, le passé refait surface. Dans le train qui le mène à Rouen pour régler la succession, il se remémore les faits qui l'ont mené à couper les ponts avec ce qui lui restait de famille. L'élément déclencheur de la désagrégation familiale a été le suicide de la soeur de Joaquim mais des failles existaient auparavant, nous les découvrons au fil du roman.

Joaquim revient également sur la période qui a marqué le début de sa fuite en avant. A vingt ans, pour fuir une ambiance familiale devenue insoutenable, il s'envolera pour Sarajevo. Nous sommes dans les années 90, les Balkans sont à feu et à sang. Joaquim est hébergé dans une famille qui le prend sous son aile et lui permet d'être au plus près du quotidien des habitants de la ville.

Je n'ai compris le titre du roman qu'à la toute fin de l'histoire. En faisant quelques recherches, j'ai découvert que "Miss Sarajevo" était le titre d'une chanson de U2, sortie en 1995.  Pavarotti, invité par le groupe, y chante un solo d'opéra. La chanson fait référence à un concours de beauté organisé dans un Sarajevo assiégé, acte de résistance très marquant. J'avoue que je ne connaissais ni cette chanson, ni son histoire (ou alors je les ai oubliées !).

C'est un roman bien écrit et intéressant qui mèle la petite et la grande histoire. Sans avoir été jusqu'au coup de coeur, comme Antigone, j'ai trouvé qu'il y avait de très beaux passages sur le deuil, la fratrie mais aussi sur la guerre. Ingrid Thobois a assurément une belle plume et beaucoup de finesse dans l'analyse des sujets traités.

Un bon roman de cette rentrée.

Je vous laisse avec le clip de "Miss Sarajevo" dont les images d'archive illustrent bien l'ambiance de la partie "Sarajevo" du roman .

 

7 / 12

 

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15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 23:48

Seuil 2018 - 492 pages

LAURÉAT DU PRIX RELAY 2018

Ce livre, très dense, raconte l'histoire de trois frères natifs de l’île de Nantucket (Massachusets), qui choisiront de quitter leur activité de chasseurs de baleines pour tenter la grande aventure de l'époque, celle de la ruée vers l'or... 

La première partie raconte leur vie d'avant, quand ils étaient de fils de baleiniers. Un métier rude et exaltant qu'a tenté de leur transmettre leur père, propriétaire du Freedom. C'est avec la baleinière qu'il quitteront Nantucket pour la Californie, au terme d'un périple extrêmement dangereux qui laissera des traces dans l'unité de la fratrie. 

"Séquoias" est tout d'abord un roman d'aventures foisonnant. Il faut du temps devant soi pour l'apprécier à sa juste valeur. L'écriture est très visuelle et laisse une grande place à l'action au détriment peut-être de l'émotion mais cela ne m'a pas dérangée dans le cadre d'un roman de ce type.

Certains passages à bord du Freedom (et notamment l'épisode de la traversée du Cap Horn) m'ont fait penser au roman de Stephen Zweig "Magellan", que j'avais dévoré. J'adore être au fond de mon lit, en sécurité, tout en affrontant virtuellement les mers déchaînées. J'ai beaucoup aimé également la description des spectaculaires chasses à la baleine, que l'auteur parvient à rendre (presque) aussi vivantes que si on y était.

La dimension historique du roman est intéressante. L'auteur s'attache à décrire avec panache la naissance de la ville de San Francisco. Il nous montre que l'or qu'on y pouvait dénicher n'était pas forcément celui auquel on pense. 

Une belle aventure et un roman idéal pour les vacances.

Je l'ai lu il y a près de trois mois. Mon billet était resté en souffrance... Cela tombe bien, c'est le mois américain !

Le mois américain, c'est chez Titine

Ce livre entre aussi dans mon Challenge "50 livres, 50 états"

Etat : Massachusets

 

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 23:56

 

Audiolib (Belfond 2018) - traduit de l'américain par Chloé Royer -

Lu par Ingrid Donnadieu - 7 h 52 

Quand Babelio m'a proposé la lecture du premier tome de cette trilogie, l'an passé à la même époque, j'ai accepté, assurée (et je ne m'étais pas trompée) de passer un bon moment. Sans que ce soit une lecture inoubliable, j'avais apprécié de faire un bout de chemin en compagnie des personnages du roman et notamment de la jeune Alice Burns. Quand Audiolib m'a proposé de continuer l'aventure en audio, j'ai accepté, plutôt contente de retrouver la jeune américaine que j'avais laissée en partance pour Dublin. Le choix de poursuivre ses études en Irlande plutôt qu'aux USA tenait au souhait de la jeune fille de laisser à distance une famille encombrante, avec laquelle elle était plus ou moins en conflit.

Le deuxième tome de la trilogie est consacré à cette année en Irlande. Nous sommes dans les années 70. Je n'ai pas eu de mal à me transposer dans cette époque sans téléphone ni ordinateur portable et pour cause, je l'ai vécue mais un peu plus tard. J'ai bien aimé me couler dans le personnage d'Alice et revenir trois décennies en arrière  pour revivre une existence d'étudiante. Celle d'Alice en Irlande est consacrée, dans un premier temps, à la rénovation d'un petit appartement puis à des rencontres, des soirées dans les pubs irlandais... Tout cela est très romanesque, même la partie plus politique, en lien avec la cohabitation difficile entre les deux Irlande. 

C'est une lecture sympathique et distrayante, de celles que l'on entreprend l'été sur un transat, avec l'envie de se détendre avant tout. J'ai trouvé cet opus plus rythmée que le précédent. J'espère qu'il en sera de même pour le troisième tome, que j'ai l'intention de découvrir également.

Aucune fausse note pour la version audio, la lectrice a une voix qui colle bien avec celle d'une étudiante.

Une écoute sympathique

Ecoutons un livre, septembre 2018
Partenariat avec Audiolib
Le mois américain, c'est chez Titine en septembre

 

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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 23:11

Editions Hervé Chopin - 30 août 2018 - 222 pages

Jacques est un sexagénaire qui peine à trouver un sens à a vie. Il n'assume pas son âge et ne sait que faire de son statut de retraité. Seule, la relation privilégiée qu'il entretient avec sa jeune nièce Adèle lui donne envie de se lever le matin :  "Adèle avait la trentaine hédoniste, la paresse inventive et le même goût que tonton pour la musique de son adolescence à lui".

Mais attention, il ne faudrait pas croire que Jacques se laisse aller ! Il tente vraiment de sortir de son train-train. Par exemple, il a l'idée farfelue (et très amusante pour le lecteur) de séduire Christine Angot, qu'il a croisée plusieurs fois dans son quartier. Il ne la trouve pas spécialement attirante mais bon, c'est une sorte de défi. Et comme il se lance lui-même dans l'écriture (enfin il essaye !), Angot est, en quelque sorte, une future collègue.

La première partie du roman est vraiment très amusante. Jacques a un grand sens de l'autodérision et n'est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. J'ai beaucoup souri et même éclaté de rire à plusieurs reprises. Le ton devient moins joyeux quand la nièce préférée de Jacques assiste au concert des Eagles Of Death Metal le 13 novembre 2015. L'humour se teinte de noir, mais il subsiste, bien dosé.

Dans la seconde partie du roman, "Une si brève arrière saison" apporte un éclairage intéressant sur le statut de victime. Il est question notamment des personnes qui n'ont pas été blessées dans leur chair durant les attentats mais dont les blessures, d'ordre psychologique, empêchent de vivre normalement : "Dans les conversations avec ses amis... se dessinait une hiérarchie inattendue des rescapés du Bataclan". Ceux qui étaient parvenus à s'enfuir le plus tôt...devenaient des victimes de deuxième ordre, comme si la durée de l'exposition au péril de mort relevait d'une quelconque vertu".

J'ai passé un très bon moment en compagnie de ce roman à la fois drôle, tragique et intelligent (ce n'est pas si simple de faire cohabiter tout cela dans un roman). Je ne suis pas certaine qu'il soit très médiatisé. Ce serait pourtant dommage que ce titre passe inaperçu car c'est un roman qui vaut plus que le détour.

A découvrir !

6 / 6

Voilà, j'ai lu 1 % de la rentrée littéraire. En route pour les 2 %

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