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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 23:21

Futuropolis - 79 pages - 2018

Si vous avez besoin d'une brassée de bonne humeur, montez sur le tracteur de Didier et vous m'en direz des nouvelles.  L'histoire se passe à la campagne et serait intemporelle sans le rôle joué par "Meetic.fr". En effet, le site de rencontre vient perturber quelque peu la vie bien huilée de Didier et de sa sœur Soazic.  Didier est un rêveur, bon vivant et d'une gentillesse sans limites (ou presque). Pas trop courageux, il se repose sur sa frangine qui a de l'énergie à revendre et dirige la ferme d'une main de maître. Je n'ai pas envie d'en dire plus car il faut vraiment se laisser surprendre. Voici ce qui met le feu aux poudres :

J'ai lu la première page (juste pour voir) avant de me coucher et j'ai été happée par l'histoire sans m'en rendre compte. Ce n'est qu'une fois arrivée à la fin, que je me suis rappelée que je ne voulais lire que le début (et zut pour les cernes du lendemain) !

Voici une petite idée de l'allure de Didier et de sa sœur (le type sur la roue du tracteur n'est pas mal non plus, dans son genre) . Ils sont craquants, non ? 

 

Sur un ton gentiment moqueur et décalé, cette BD nous offre une version drôle et poétique de l'amour à la campagne (pour ne pas dire dans le pré). Le texte et les dessins s'accordent si bien qu'on a peine à croire que deux personnes ont travaillé sur l'album. 

J'ai eu la chance de rencontrer le dessinateur, François Ravard, à salon du livre de Binic et j'ai été conquise par sa gentillesse et sa bonne humeur (à l'image de ses personnages). J'espère bien qu'ils continueront, Rabaté et lui, à travailler en duo sur d'autres albums. Celui-ci est une vraie réussite.

Je me suis bien amusée avec Didier et compagnie. Une belle parenthèse humoristique !

 

La BD de la semaine, c'est chez Stephie

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 20:08

Audiolib 2019 - Lu par Marie Bouvier - 20 heures

Traduit par Odile Démenge et Isabelle Taudière

Je lis peu d'autobiographies mais je ne me suis pas fait prier pour découvrir celle-ci. Comme beaucoup, en 2009, je me suis réjouie de voir Barack Omaba accéder au pourvoir. J'ai été attentive aux apparitions publiques de son épouse, à la fois simple et élégante et paraissant tellement sympathique ! J'ai suivi de loin quelques unes de ses actions, notamment celle en faveur de la nutrition des enfants américains. Je savais que Michelle Obama était issue d'un milieu modeste et qu'elle avait eu un certain Barack Obama comme stagiaire, quand elle était jeune avocate... Le reste, je l'ai appris dans "Devenir".

La première partie est consacrée à l'enfance de Michelle, dans un quartier modeste du South Side à Chicago. Les ressources de la famille sont limitées mais les enfants Robinson ne manquent pas de l'essentiel. Les parents de Michelle et de son frère Craig n'hésitent pas à se priver pour offrir à leurs enfants la scolarité la meilleure possible. Pari réussi car les deux enfants seront admis à l'université de Princeton et feront de brillantes études. 

La deuxième partie est consacrée à la période "adulte", avant la maison blanche. Michelle Obama évoque ses choix, ses priorités, son changement de cap professionnel quand elle se rend compte que son travail d'avocate dans un cabinet de conseil ne l'épanouit pas autant qu'elle l'aurait imaginé. Il est question de la difficulté pour un(e) afro-américain(e) issu(e) des classes populaires de franchir les barrières sociales, de vaincre les préjugés. Elle évoque également les difficultés qu'elle a rencontrées à concilier vie familiale et professionnelle, avec un mari déjà très investi dans la politique à cette époque. 

Dans la troisième partie, nous sommes en immersion à la maison blanche avec la famille Obama. Il est peu question de politique même si les événements principaux sont relatés dans les grandes lignes. Michelle évoque ses actions en tant que première dame mais aussi tout ce qu'elle a mis en oeuvre pour que ses filles aient une enfance la plus normale possible. D'un tempérament spontané, elle évoque ses quelques gaffes (avec la reine d'Angleterre, par exemple), sa garde-robe, ses petites entorses à la sécurité...

L'écriture n'a rien n'exceptionnel. Michelle Obama n'est pas une écrivaine mais l'ouvrage m'a apporté une vingtaine d'heures très agréables en compagnie d'une femme qui respire la sincérité et l’honnête intellectuelle. J'ai aimé son punch, sa bonne humeur et sa modestie. Son parcours de vie est passionnant. J'espère qu'elle racontera un jour l'après-maison blanche... 

J'aurais préféré lire (ou écouter) l'ouvrage en anglais mais je ne suis pas assez douée dans cette langue pour le faire aisément. La version audio en français m'a convenu malgré tout. La voix et l'intonation de la lectrice sont en phase avec le personnage de Michelle Obama.

challenge 50 livres 50 états (ici Illinois)

 

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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 23:17

Je ne suis pas en avance pour vous parler de mon mois de mars qui a été très chargé !

Côté vacances :

J'ai pris une semaine de congés pour m'occuper de mon petit-fils. Je ne vous dirai pas que je me suis reposée (un enfant de 18 mois, il faut beaucoup s'en occuper, sinon il fait des bêtises) mais j'ai passé de très chouettes moments avec lui. Parmi les activités de la semaine, balades et histoires sont les heureuses gagnantes.

Je lui ai appris le mot "Mer"...

Côté spectacle :

J'ai vu au théâtre "Carmen Flamenco",  une adaptation de l’œuvre de Bizet et de Mérimée, mêlant chant lyrique, théâtre et danse.

Un bon moment de détente dont voici un aperçu :

Les escales de Binic 

Comme chaque année depuis 7 ans (dont 6 avec Gambadou), je me suis rendue au salon du livre organisé par une équipe très motivée de bénévoles de Binic (côtes d'Armor). Cette année, Fransoaz (que l'on peut croiser sur Babelio) m'accompagnait. Nous avons retrouvé Gambadou sur place.

Nous avons raté l'interview de Eric Fottorino (qui était l'invité d'honneur) car nous avons traîné à l'inauguration, en compagnie de Fabienne Juhel, un verre à la main, qui nous a nous raconté son aventure  (pittoresque) de la veille au soir. Un vrai spectacle à elle toute seule !

Je n'ai pas pris beaucoup de photos. Voici celle d'une table ronde sur le thème de l'amour ("le poids du monde est amour") à laquelle nous avons assistée avec : Karine Reysset (la seule dont je connaissais le nom), Philippe Annocque et David Thomas. Les deux hommes nous ont bien fait rire. L'intervention de Karine Reysset était plus fade. 

Autre moment très sympa, l'échange que nous avons eu, Fransoaz et moi, avec François Ravard, illustrateur de la BD "Didier, la cinquième roue du tracteur". Le dessinateur a pris le temps de me faire un superbe dessin en dédicace. Pendant ce temps, il nous a raconté sa rencontre avec le scénariste de la BD, le célèbre Rabaté.

Côté lecture : 

De chouettes lectures ce mois de mars. La dernière en date : "l'autre qu'on adorait" de Catherine Cusset. Billet à suivre...

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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 23:14

Dargaud 2018 - 59 pages

J'ai lu le premier tome de cette série en 2007.  Dans mon billet de l'époque, je me promettais de lire les opus suivants mais il m'aura fallu douze ans et quelques rides pour renouer avec ce chat un peu particulier puisqu'il est doté de la parole. J'ai retrouvé avec plaisir la langue bien pendue du félin et son impertinence bien ciblée quand il s'agit de se moquer les humains. La religion (juive) est le domaine dans lequel il déploie le mieux son art. L'histoire n'est au fond qu'un prétexte pour pointer du doigt l'absurdité des relations entre l'homme et la religion, quelle qu'elle soit.

La fille du rabbin a pour mission d'éduquer une jeune catholique qui doit se marier avec un juif. La fiancée met du cœur à l'ouvrage pour s'approprier les rites de son futur mari mais mais elle n'est pas soutenue par grand monde (pas même par son fiancé).  Le chat va mettre les pieds dans le plat et dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Le félin va également semer la zizanie en s'arrangeant pour que l'intérêt que porte le fiancé à une autre jeune femme soit connu de tous (notamment de la fiancée).

Le dessin est plus efficace qu'esthétique. Il ne s'agit pas de faire joli mais de croquer au mieux les personnages en mettant en évidence leurs traits de de caractère. Les dialogues sont assez drôles et l'ouvrage se parcourt avec plaisir, même si l'écriture demande un petit effort de déchiffrage. 

Je conseille de lire au moins un opus car ce chat philosophe et moqueur est un personnage qu'il serait dommage de ne pas connaitre. Pour autant, je ne me précipiterai pas sur un autre tome immédiatement car il me semble que tous les opus se ressemblent plus ou moins.

Une série à connaître (même si on se limite à un ou deux tomes).

La BD de la semaine - chez Noukette

Lu grâce une opération organisée par Rakuten "La BD fait son festival"

 

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31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 17:58

Le quartanier - 576 pages

Le narrateur est un jeune homme intelligent, bosseur et attachant mais il a un gros problème, une addiction aux machines à sous. Sa maladie détruit peu à peu sa vie et nous assistons, impuissants à son naufrage. Fort heureusement, il trouve sur son chemin des anges gardiens qui vont l'aider à sortir la tête de l'eau. Le jeune étudiant va pouvoir compter sur un cousin mais aussi sur un collègue du restaurant dans lequel il travaille, comme plongeur, pour tenter d'éponger ses dettes. Il a abandonné ses études de graphisme.

Les passages que j'ai préférés sont ceux qui se passent dans l'arrière-cuisine du restaurant. L'auteur nous décrit de façon spectaculaire "l'envers du décor", tout ce que l'on ne voit pas en tant que client.  Nous voilà dans la peau du plongeur à frotter, décrasser, ranger, aider à gauche et à droite sans répit.

"'Au bout de dix minutes de frottage et de décrassage, j'étais presque aussi trempé que si on m'avait enfermé dans un lave-auto en marche. Mes mains se ratatinaient déjà dans la gibelotte du dish pit, le bout de mes doigts était éraflé par la laine d'acier, mes bras s'enlisaient jusqu'aux coudes dans l'eau brune et graisseuse. La vapeur d'eau faisait coller sur mon visage les miettes de nourriture et les éclats d'aliments calcinés qui revolaient sous le jet du gun à plonge".

Le phénomène de l'addiction est également très bien illustré. L'auteur prend le temps de décortiquer le mécanisme de la maladie et nous montre pourquoi il n'est pas possible de s'en sortir sans aide.

L'histoire se passe à Montréal et les dialogues sont savoureux. Après un petit moment d'adaptation, je me suis habituée à l'argot québécois et je me suis régalée.  Voilà ce que cela peut donner :

- "Perds pas le beat, sinon t'es faite. Si ça rushe et que c'est pas assez propre, checke les savons pis le filtre."

- "Pas pire pantoute pour un premier shift."

-" Faut que tu clanches ça en moins de vingt minutes si tu veux pas que ta vaisselle s’accumule trop. "

Il n'est pas toujours facile de sortir de sa zone de confort, surtout quand l'ouvrage fait plus de 500 pages et que l'on manque de temps pour lire. Mais quel bonheur quand l'expérience est réussie, comme c'est le cas avec ce livre. S'embarquer dans ce roman, c'est partir pour une aventure hors du commun. Ce n'est pas le Montréal des cartes postales qui nous est décrit mais celui des quartiers qui craignent un peu la nuit, celui des étudiants qui zonent, des travailleurs de l'ombre. 

Un très bon premier roman !

Lu grâce au Picabo River Book Club

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 00:29
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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 21:21

Editions France Loisirs (Gallimard 2016)

J'ai trouvé ce livre l'an passé dans une boite à livres. Je n'avais jamais lu d'ouvrage de Camille Laurens mais j'avais vu l'auteure présenter ce titre lors d'une émission de télévision. Une adaptation cinématographique vient de voir le jour, ce qui m'a donné envie de mettre ce livre sur le haut de ma pile.

Claire, une femme proche de la cinquantaine, se crée un pseudo sur Facebook (avec la photo de profil d'une femme qui a la moité de son âge), afin épier son amant sans se faire remarquer.  Elle entre en contact avec un ami de son amant prénommé Chris. Ce dernier tombe sous le charme de la  (fausse) jeune femme au physique avantageux. Claire, qui doute de sa capacité à pouvoir encore séduire, s'amuse et profite de la situation. Je n'en dirai pas plus pour préserver le suspens. Dans la deuxième partie, le psychiatre de Claire prend la parole, puis c'est au tour de Camille, l'écrivain.

La quatrième de couverture évoque "un vertigineux jeu de miroirs entre réel et virtuel". C'est assez juste mais dans le même style, j'ai préféré "D'après une histoire vraie" de Delphine de Vigan, plus addictif et plus surprenant. Je trouve que Camille Laurens aurait pu faire plus simple au niveau de la construction, que je trouve exagérément sophistiquée.

On a beaucoup parlé de la capacité de séduction des femmes de cinquante ans dans les médias, les temps derniers. Je ne vous dirai pas que Camille Laurens apporte un réconfort aux femmes de cet âge-là mais elle a le mérite d'aborder la question sous un angle original.

Il me reste à voir l'adaptation cinématographique (avec Juliette Binoche dans le rôle principal), qui reçoit de bonnes critiques de la part du public.

Une lecture agréable mais pas époustouflante.

Chez Antigone

 

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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 00:43

Juliard 2019 - 192 pages

"Mon bébé ne réclame jamais. Mon bébé ne dit rien. Mon bébé dort toute la journée, épuisé par ce monde trop grand pour lui, trop sonore, trop tranchant. Jamais il ne pleure, même pas besoin de tétine, n’est-il pas parfait ce bébé-là ?"

Quand j'ai trouvé ce roman dans un vide-grenier, je n'ai pas hésité. Il me semblait me rappeler que les avis était bons et la couverture me donnait vraiment envie de m'y plonger. Je me demande si je n'aurais pas dû en choisir un autre...

L'histoire est celle d'un couple confronté à la naissance prématurée de leur premier enfant. Le choc est grand pour ces jeunes parents qui n'avaient pas imaginé un tel scénario et se trouvent pris au dépourvu. Ils n'avaient même pas choisi de prénoms. Dans leur chemin de croix (c'est ainsi que j'ai ressenti leur parcours), ils sont bien seuls, incompris de tous. La maman, qui ne parvient pas d'emblée à éprouver de sentiments pour son enfant, est démunie. Dépourvue d'instinct maternel, du moins pendant les premiers mois, elle sombre peu à peu dans une sorte de dépression.

J'ai compris l'inquiétude et la déception de ce ces parents mais curieusement (j'en suis un peu honteuse), je n'ai pas réussi à éprouver d'empathie pour eux. J'ai eu du mal à partager leur détresse et je suis restée au bord du récit, en dehors de leur malheur. Le récit est froid et assez clinique, surtout dans la première partie. Peut-être est-ce pour cela qu'il n'a pas réussi à me toucher autant que je l'aurais imaginé ?

Le livre parlera peut-être plus à des parents qui ont vécu une situation similaire ou à des mères qui d'emblée n'ont pas ressenti d'amour pour leur bébé et se retrouveront dans le personnage de la maman.

Un avis mitigé.

D'autres avis :

Leiloona a beaucoup aimé ce livre -

Laure se rapproche plus de mon ressenti

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 00:53

Dargaud - 2000 - Tome 1

Tous les personnages de cet album sont anthropomorphes mais tous ne rendent pas hommage à l'espèce humaine... Dès la première page, nous découvrons une scène de crime. Une jeune femme a été assassinée dans son lit. Blacksad (un détective privé à l'apparence de chat) est sur les lieux ainsi que le commissaire chargé de l'affaire. La jeune femme, une actrice de cinéma, est l'une de ses anciennes conquêtes.  Blacksad est prié de ne pas s'occuper de l'enquête mais, bien-entendu, il va s'empresser de faire le contraire en se jetant à corps perdu à la recherche du coupable. 

On ne sait pas quel est le passé du détective mais visiblement, il n'est plus l'homme qu'il était jadis :

Quand il s'agit de venger son ex et que l'enquête le mène dans les plus hautes sphères de la société, Blacksad est à son affaire. Il ne prive pas de rabattre le caquet de celui qui se croit tout permis sous prétexte qu'il a le pouvoir et l'argent. Et comme il finit par avoir la bénédiction du commissaire (qui ne peut pas agir par lui-même vu le contexte), le détective n'hésite pas à jouer les justiciers.

 

Cette BD, dont je vous présente aujourd'hui le premier tome, est une série culte que j'ai croisée plusieurs fois sur les blogs et que j'avais très envie de découvrir. Voilà chose faite et c'est vrai un coup de coeur. J'ai autant aimé le graphisme que le scénario, digne d'un bon polar. A peine terminé, j'ai relu l'ouvrage dans la foulée, m'arrêtant cette fois plus attentivement sur l'expression des visages (je n'ai pas envie de dire les gueules) mais aussi sur les décors, très soignés. L'histoire se passe dans une ville des Etat-Unis (New-York je suppose).

Sans nul doute, j'irai à la découverte les opus suivants. Il me tarde de retrouver le séduisant détective et ce chouette commissaire à la tête de chien. L'un comme l'autre possèdent ce qui fait la différence entre l'homme et l'animal, une conscience.

Un coup de coeur !

Lu grâce une opération organisée par Rakuten "La BD fait son festival"

Aujourd'hui c'est

La BD de la semaine, c'est chez Stephie

 

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 00:01

Audiolib 2019 (Stock) - 6 h 32 - lu par l'auteure

J'aime beaucoup Olivia de Lamberterie. Nous avons des vies très différentes et des origines sociales qui le sont tout autant mais  sommes de la même génération et partageons la même passion, celle de la lecture et de tout ce qui gravite autour. J'ai passé les sept heures d'écoute avec l'impression d'être plongée dans ses pensées autant que dans les miennes, de partager sa vie tout en songeant à la mienne. 

Il s'agit du premier livre écrit par Olivia de Lamberterie, un livre qui n'aurait pas existé si son frère Alex ne s'était pas suicidé en octobre 2016, la plongeant dans un tel désarroi qu'elle a éprouvé le besoin de prendre la plume pour continuer à faire vivre Alex.

J'ai imaginé aisément ce frère qu'elle décrit si bien : un être drôle, plein de fantaisie, "flamboyant" mais gangrené par une mélancolie qui l'empêchait de vivre pleinement. Les médecins avaient fini par mettre un mot sur ce mal-être :  la "dysthymie" mais malheureusement trop tard pour qu'il soit possible le sauver. Après plusieurs tentatives de suicide, il est parvenu à ses fins en se jetant d'un pont à Montréal. 

L'auteure nous raconte la vie du temps de son frère et la vie d'après. Elle refuse de "faire son deuil", ne veut pas qu'on lui vole son chagrin. Elle veut garder son frère auprès d'elle grâce aux souvenirs et s'efforce de continuer à vivre avec optimisme et enthousiasme même si la vie n'a plus tout à fait la même saveur.

"Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire".

Le récit n'est pas linéaire et suit le fil de ses pensées. La construction est maîtrisée et le style soigné. La tristesse n'est pas omniprésente, loin de là. L'auteur distille des touches d'humour tout au long du texte et nous offre également de très belles réflexions sur la lecture.

"Lire répare les vivants et réveille les morts. Lire permet, non de fuir la réalité, comme beaucoup le pensent, mais d’y puiser une vérité.  L’essentiel pour moi est qu’un texte sonne juste, que je puisse y discerner une voix, une folie ; je n’aime pas les histoires pour les histoires, encore moins les gens qui s’en racontent".

Le texte est (très bien) lu par Olivia de Lamberterie. C'est un choix très judicieux de la part d'Audiolib car la chroniqueuse littéraire a une très agréable diction. Elle fait ressortir à la fois l'émotion et l'optimisme de son texte grâce à l'interprétation.

Un très beau texte, qui a obtenu le Prix Renaudot de l'essai 2018

LU DANS LE CADRE DU PRIX AUDIOLIB 2019
CHALLENGE "ECOUTONS UN LIVRE"

 

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