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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 14:15

Editions Héloise D'ormesson - fevrier 2021 -  269 pages

Théophraste Sentiero vit avec sa femme, ses enfants et son horrible belle-mère dans l'appartement de cette dernière. L'homme s'ennuie dans ce foyer dans lequel il se sent, d'une certaine façon, "le maillon faible". Un 25 décembre, ses jambes se mettent à bouger sans qu'il ne parvienne à les maîtriser. La maladie qu'on lui diagnostique quelques jours plus tard lui donne l'occasion de rompre la monotonie de son quotidien. En effet, seule la marche lui rend la maîtrise de ses membres inférieurs. Il se met à arpenter son quartier puis s'aventure de plus en plus loin. Ses déambulations lui permettent de faire la connaissance de quelques marginaux mais aussi d'un libraire qui le prend sous son aile.

Quand Babelio m'a proposé cette lecture dans le cadre d'un "Masse critique" privilégié, j'ai accepté sans trop d'hésitations, ayant lu et aimé plusieurs ouvrages de Jean-Paul Delfino (Zumbi et Samba triste notamment). J'ai eu un petit doute en lisant le résumé, l'histoire paraissant assez éloignée de ce qu'écrit habituellement Delfino, mais je suis passé outre ma légère inquiétude. J'aurais dû écouter ma petite voix intérieure car j'ai eu du mal à finir ce roman, qui ne m'a pas vraiment passionnée.

L'Idée de départ est intéressante mais le personnage de Théophraste ne m'a pas séduite. Je ne l'ai pas senti prendre son destin en main, même après la découverte de sa maladie.  Il continue à se laisser porter par les circonstances de la vie. Quant aux balades dans Paris, elles ne sont pas vraiment détaillées. J'aurais aimé sentir davantage l'ambiance des quartiers traversés. Quelques jours après avoir fini ce roman, je dois faire un effort pour souvenir de ce que contiennent les 270 pages, que j'ai parcourues sans déplaisir mais sans enthousiasme non plus. J'attendais qu'un évènement se produise, rendant la lecture plus addictive mais non, le rythme ne s'accélère pas. J'ai quitté Théophraste sans regret, presque soulagée de me glisser dans une autre histoire.

Un roman qui n'était sans doute pas fait pour moi.

Sur Babelio, vous trouverez d'autres avis, plus enthousiastes que le mien (Ici).

Lu dans le cadre d'une opération Masse critique de Babelio

 

 

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 23:11

Audiolib 2021 (Grasset) - lu par Guila Clara Kessous - 3 h 53

"Très souvent, dans les cas d’abus sexuel ou d’abus de faiblesse, on retrouve un même déni de réalité : le refus de se considérer comme une victime. Et, en effet, comment admettre qu’on a été abusé, quand on ne peut nier avoir été consentant ? "

Vanessa Springora nous raconte la liaison qu'elle a eue, durant toute son adolescence, avec un écrivain de 50 ans qui l'a séduite alors qu'elle n'avait que treize ans. L'auteur, qui jouissait d'une certaine notoriété, était reçu sur les plateaux de télévision pour y présenter ses romans, dont certains faisaient l'apologie de la pédophilie. Dans ces années 70-80, l'opinion publique n'était pas encore sensibilisée aux abus subis par les mineurs. Une telle complaisance des médias vis à vis d'un écrivain serait aujourd'hui inimaginable.

Ce qui est intéressant, dans le récit de Vanessa Springora, c'est "comment" l'emprise s'est mise en place. Elle décrit l'approche du prédateur, qui a agi "au nez et à la barbe" de la mère de l'autrice. La technique de séduction, inscrite dans le temps, avait mis en confiance la jeune fille et sa mère.  Il faut dire que le "terreau" était fertile. La toute jeune fille était délaissée par son père et élevée par une mère qui vivait, à trente ans, la jeunesse qu'elle n'avait pas eue. L'univers dans lequel évoluaient la mère et la fille était un milieu intellectuel qui se voulait libéré et sans tabou.

Vanessa Springora revient sur l'impact très important de cette liaison sur son adolescence mais aussi sur sa vie de femme. Un rapport compliqué avec le corps, la difficulté d'avoir adulte une sexualité épanouie mais aussi l'énorme difficulté à construire sa propre identité, tant l'influence de l'écrivain était prégnante. Il lui a fallu des années pour se décider à mettre cette histoire sur la place publique. Ne cautionnant pas le déballage de la vie privée en littérature, elle a pris le temps de réfléchir à la portée de son projet.  Son approche, factuelle et non-voyeuriste, m'a convaincue, tout comme l'interprétation audio de Guila Clara Kessous, sobre et efficace. Je suis sortie de cette écoute avec l'impression d'avoir progressé dans ma compréhension du phénomène de l'emprise, notamment dans le rapport enfant-adulte.

Un récit autobiographique percutant. 

Ce roman est en lice pour le Prix Audiolib 2021

Challenge écoutons un livre

 

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 00:04

 

Voici le récapitulatif du challenge "écoutons un livre" du mois de mars 2021

Enna :

Là où elle repose : Kimberly McCreight

Et toujours les forêts - Sandrine Collette

La Sentence - John Grisham

La mauvaise rencontre - Philippe Grimbert

Betty - Tiffany McDaniel

La soustraction des possibles - Joseph Incardoda

 

Sylire :

Betty - Tiffany McDaniel

 

Rendez-vous le 28 avril pour les lectures d'avril.

Si vous souhaitez participer,  vous pouvez déposez vos liens au fil du mois : ici.  

 

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26 mars 2021 5 26 /03 /mars /2021 22:47

Les éditions de minuit - 2017 - 176 pages

Martial Kermeur est interrogé par un juge, après avoir jeté un homme par dessus bord, lors d'une partie de pêche. Les faits se sont déroulés sur une presqu'île du Finistère nord, pas très loin de Brest. Par la voix de Martial, nous découvrons l'enchainement des faits qui l'ont conduit à commettre ce meurtre. L'homme balancé à l'eau, s'appelle Antoine Lazennec. Il s'agit d'un promoteur immobilier qui a mis des étoiles dans les yeux d'une partie des habitants du village, en commençant par son maire. Dans ce paisible village de bord de mer, se trouvait un château inhabité, avec une vue imprenable sur la rade. Lazennec a débarqué avec l'idée de transformer les lieux en résidence de luxe. Il a bien su vendre son projet.

"Article 353 du code pénal" est une histoire d'escroquerie et de vengeance mais le roman comporte une autre dimension. En face de Martial Kermeur se tient un homme de loi qui va devoir se prononcer sur la culpabilité d'un accusé, en son âme et conscience. Au fil de l'histoire, nous nous forgeons une opinion sur l'affaire. Le juge, après avoir écouté attentivement le récit de Kermeur, va nous livrer la sienne.

Ce livre m'a été offert par une ancienne blogueuse (merci Sandrine) qui ne l'avait pas aimé. A l'inverse j'ai tout aimé dans ce roman : sa construction, qui tient en haleine, l'ambiance de ce village côtier du Finistère mais aussi la dimension judiciaire du roman. Je ne sais pas si la fin est plausible mais ce dénouement a le mérite de nous faire réfléchir sur l'article du code pénal sur lequel s'appuie le juge.

Si vous avez pour projet de lire ce roman, n'essayez pas d'en savoir plus sur l'article 353 avant de vous plonger dans l'histoire. Ecoutez Martial, mettez-vous dans la peau des différents protagonistes et vous comprendrez la position du juge.

Un roman subtil et prenant que je vous conseille chaudement ! (mais beaucoup l'ont déjà lu, je crois).

J'ai mis du temps à sortir ce livre de ma Pile à Lire mais je ne le regrette pas car je l'ai lu avec un œil neuf, en ayant oublié les avis des uns et des autres. 

Chez Antigone

 

 

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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 10:05

Audiolib 2021 (Gallmeister 2020) - 16 h 56 - lu par Audrey d'Hustère - traduit par François Happe

"Les seuls nombres que Landon Carpenter a en tête, c'est le nombre d'étoiles qu'il y avait dans le ciel la nuit où ses enfants sont nés. je ne sais pas ce que tu en penses, mais moi je dirais qu'un homme qui a dans la tête des cieux remplis des étoiles de ses enfants est un homme qui mérite leur amour."

Appelée par son père "la petite indienne", Betty Carpenter est née dans les années 50 d'une mère blanche et d'un père Cherokee. Nous la voyons grandir au sein d'une famille pauvre et dysfonctionnelle mais malgré tout aimante. Le pilier du foyer est Landon qui se révèle être un merveilleux papa, capable de magnifier le quotidien d'un coup de baguette magique. La mère de Betty a été brisée dans l'enfance et ne s'en est jamais remise. Incapable de prendre soin de ses enfants de manière constante, elle leur fait subir des accès de quasi-démence. 

"Ma mère était l'une de ces petites filles malheureuses, et elle a enduré le genre d'enfance que vous fuyez le plus possible. Sauf si vous n'avez nulle part où fuir."

Les enfants de la famille sont tous très différents les uns des autres. Certains sont attachants, d'autres beaucoup moins. Chacun a son histoire et sa personnalité. Les liens entre les membres de la fratrie sont complexes. Sous le même toit, la violence cohabite avec la complicité et l'entraide. Tous sont marqués par les malheurs qui s'enchainent dans le foyer. La nature est une grande consolation pour les enfants qui, grâce à leur père, en apprennent les secrets. Landon leur transmet ses connaissances en botanique et plus largement sur le monde qui les entoure.

"La nature nous parle. Nous devons simplement nous souvenir de l'écouter."

"Betty" est le second roman de Tiffany Daniel, qui s'est emparée de la vie de sa mère pour en faire un formidable roman. Bien que cette histoire soit empreinte de réalisme, l'écriture est poétique avec des touches d'onirisme et de fantastique. Le récit est chronologique mais certains faits ne sont pas révélés. Il nous faut attendre la fin pour avoir une vision d'ensemble de cette histoire familiale à la fois belle et dramatique. Le contexte historique et sociologique est intéressant. Nous découvrons l'Amérique rurale et pauvre des années 50/60. Dans ce village imaginaire de l'Ohio, les indiens (ou métisses) sont victimes de racisme. Betty, qui ressemble à son père, a du mal à se faire des amies à l'école alors que ces sœurs, à la peau claire comme leur mère, n'ont pas ce problème.

"Les cheveux de mon père étaient noirs. Sa peau était brune comme le beau lit de terre des rivières dans lesquelles il nageait. Des ombres se nichaient dans ses joues anguleuses. Ses yeux avaient la couleur de la poudre qu’il faisait avec les coquilles de noix. Il m’a donné ces caractéristiques. La terre a posé son sceau sur mon âme. Sur ma peau. Sur mes cheveux. Sur mes yeux. C’est lui qui m’a donné toutes ces choses.
- Parce que tu es une Cherokee, m’a dit Papa quand j’avais quatre ans et que j’étais assez grande pour demander pourquoi les gens m’appelaient moricaude."

Le récit audio est très vivant grâce à l'interprétation de la lectrice qui module sa voix en fonction du sexe, de l'âge et de la personnalité des différents personnages. Parmi les six enfants vivants du foyer (deux sont morts dans la petite enfance), j'ai eu un coup de cœur pour Betty mais aussi pour Lind et Trustin, les petits frères si attachants. Je n'oublierai pas la sage et douce Fraya qui a eu la malchance de naitre après l'affreux Leland. Je ne peux pas non plus passer sous silence Flossie, superficielle et autocentrée, pas la plus chouette des trois filles mais que Betty aimait malgré tout. Après plus de seize heures d'écoute, j'ai laissé à regret la famille Carpenter, triste de ne pas suivre Betty dans sa nouvelle vie mais heureuse de la sentir émancipée, fière de ses origines et bien dans la peau de jeune femme adulte.

"Nous avons trop d'ennemis dans la vie pour en faire nous-mêmes partie. Aussi, lorsque j'ai eu dix-sept ans, un âge qui vous autorise à allumer la flamme de passions nouvelles, j'ai décidé de refuser l'ambition de la haine."

Un gros coup de coeur !

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2021 (et peut-être mon number one ?)

L' avis de Enna

Ecoutons un livre

 

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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 00:54

Editions POL - 1995 - 172 pages

"Plus tard, longtemps, jusqu'à maintenant, Nicolas essaya de se rappeler les dernières paroles que lui avait adressées son père."

Le jeune Nicolas arrive en classe de neige dans la voiture de son père, qui craint l'accident de car. Le séjour démarre mal pour l'enfant qui a oublié sa valise dans le coffre de la voiture.  Nicolas attend désespérément que son père lui rapporte sa valise et se met à imaginer le pire, voyant qu'il ne donne pas signe de vie (le téléphone portable n'existe pas à la période où se passe l'histoire).

L'enfant ne s'intègre pas dans la vie du groupe et fugue pendant la nuit. On le retrouve frigorifié dans une voiture. L'équipe encadrante l'installe dans une pièce à part pour qu'il reprenne des forces. Dans le même temps, un enfant du village disparait et l'évènement crée, on s'en doute, beaucoup d'émoi au centre de vacances. Nicolas  prend l'histoire un peu plus à cœur que les autres, pourquoi ?

Emmanuel Carrère nous fait vivre les évènements tels que ressentis par Nicolas. Au fil du séjour, l'enfant se montre de plus en plus perturbé. Il pressent inconsciemment que sa vie est en train de basculer. L'ambiance de la classe de neige est de plus en plus oppressante. La fin, que je n'avais pas devinée, est glaçante. En y réfléchissant, quelques indices peuvent mettre la puce à l'oreille. Je n'ai sans doute pas voulu les voir parce qu'un tel dénouement dépasse l'entendement quand on se place à hauteur d'enfant.

J'ai bien aimé "la classe de neige" mais je n'ai pas retrouvé l'écriture addictive que j'aime chez Emmanuel Carrère. Je me suis même un peu ennuyée dans la première partie du roman. Je reconnais toutefois que le roman décrit fort bien façon dont les enfants peuvent ressentir et interpréter certains évènements quand ils n'ont pas les clés pour les comprendre. C'est par ailleurs un roman qui traite des répercussions de l'environnement familial sur la capacité d'un enfant à s'intégrer dans une collectivité.

Emmanuel Carrère est un auteur que je suis depuis plusieurs années et dont j'achète systématiquement les publications à leur sortie. La classe de neige n'est pas une œuvre récente. Elle a été publiée en 1995 et je ne lisais pas encore l'écrivain. Depuis, il a abandonné le roman pour le genre non-fictionnel. 

J'ai aimé mais pas autant que je l'imaginais.

Ce livre était dans ma PAL depuis quelques années. Il entre dans le cadre du challenge "Objectif Pal" organisé par Antigone.

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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 21:07

Arléa - janvier 2021 - 256 pages

Claire, la quarantaine sans conjoint ni enfants, se rend dans la maison de vacances familiale dont elle a hérité, avec la ferme intention de la vendre. En arrivant sur les lieux, une macabre surprise l'attend. Cette évènement inattendu fait remonter à la surface un tas de souvenirs enfouis. La vente de la maison passe au second plan. Il faut d'abord répondre aux questions de la police...

Plus que l'intrigue policière, c'est le cheminement de Claire qui est au centre de l'histoire. Cette femme, enkystée dans le passé, est sans projet pour l'avenir. Elle vit seule à Paris, exerce un métier alimentaire et ne semble pas avoir d'amis. Elle n'a pas tourné la page d'une histoire familiale comme il en existe tant, avec ses secrets et ses non-dits.

Très honnêtement, j'ai préféré à Claire l'autre personnage de l'histoire, la maison. Je l'ai imaginée avec sa vue sur mer et son charme suranné, attendant que sa propriétaire réalise à quel point elle avait de la chance de posséder un tel lieu (même si les villas d'à côté en jettent davantage). Je n'ai pas trouvé Claire très attachante. Au fil de l'histoire, nous la sentons toutefois évoluer et aller un peu plus vers les autres. Elle ouvre enfin les yeux.

"Et je comprenais qu'une maison, ce n'était pas seulement des murs, un toit et des souvenirs de famille, doux ou cruels, mais aussi le pays où elle a été plantée. La maison de Bretagne, c'était la Bretagne, sa lumière, ses couleurs, ses parfums ! Et ses gens, surtout ses gens, qui en sont l'âme vive, avec leur gentillesse, leur simplicité, leur énergie. Sans eux, elle n'existerait pas, ma maison ! "

Marie Sizun a beaucoup de talent pour décrire les lieux et les ambiances. Son écriture est très cinématographie. "La maison de Bretagne" n'est pas mon roman préféré de l'auteur mais j'ai toutefois passé un agréable moment de lecture, un peu hors du temps.

Un roman au charme suranné.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 00:38

Mars 2021 - Finitude - 254 pages

Le résumé figurant sur la quatrième de couverture est très succinct mais décrit fort bien la situation : "Ma mère s'emmerdait, elle m'a transformée en poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s'est vengée".

La fille unique du couple Vern est particulièrement jolie, ce qui donne l'idée à sa mère de l'inscrire aux concours de "Mini-miss" organisés dans la région. Nous sommes en Floride (en France, ce type de concours est interdit). Madame Vern vise pour sa fille la première marche du podium mais Elisabeth doit se contenter de la seconde. En dépit d'une préparation digne d'un marathon, Il y a toujours une petite fille plus belle qu'elle.

En plus de sa propre déception, la fillette doit subir celle de sa mère, qui lui fait payer ses échecs. Au fil du temps, les dimanches deviennent un véritable calvaire pour la petite fille qui se met à détester sa mère au point d'avoir l'idée de se venger. La narratrice, qui n'est autre qu'Elisabeth, raconte son histoire avec un cynisme qui fait froid dans le dos. 

"Florida" est un roman qui m'a happée dès les premières pages. Olivier Bourdeaut a une écriture particulièrement addictive. Un certain suspens plane sur le devenir d'Elisabeth, dont la vengeance va crescendo. Parallèlement, sa descente aux enfers est vertigineuse mais pourtant jubilatoire grâce au sens de l'humour (noir) d'Elisabeth. 

J'ai été à la fois subjuguée et dérangée par ce roman qui ne fait pas plus de cadeau à sa narratrice qu'au lecteur. J'avais été fortement impressionnée par la qualité du premier roman de l'auteur "En attendant Bojangles", je l'ai été tout autant par Florida qui est un roman très original et déstabilisant. 

Un roman "coup de poing" à découvrir !

Ce roman paraît aujourd'hui même aux Editions Finitude.

Une lecture commune avec Antigone, qui en a fait un coup de cœur (je n'en suis pas loin). 

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 18:56

Voici le récapitulatif du challenge "écoutons un livre" du mois de février 2021

Enna :

Un mariage américain - Tayari Jones

Nickel Boys - Colson Whitehead 

Sylire :

Un mariage américain

Géraldine :

Un traitre à notre goût - John Le Carré

Les choses humaines - Karine Tuil

François portrait d'un absent -  Michaël Ferrier

 

Rendez-vous le 28 mars pour les lectures de mars.

Si vous souhaitez participer,  déposez vos liens au fil du mois : ici.  

Je publie un récapitulatif chaque fin de mois.

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 00:08

Lizzie 2020 (plon 2019) - traduit de l'anglais par Karine Lalechère - 10 heures

Lu par Michelangelo Marchese - Sophie Frison - Maxime Van Santfoort

"– Je n’ai pas fait ce dont on m’a accusé.

– Je le sais. Personne ici ne pense que tu es coupable. Tu était juste le type de la mauvaise couleur au mauvais endroit au mauvais moment. On ne peut pas faire confiance à la police. C’est pour ça qu’il y a tant des nôtres derrière les barreaux."

Un mariage américain est un roman choral à trois voix. Nous suivons sur plusieurs années un couple noir, Celestrial et Roy. Alors que Roy est incarcéré injustement pour viol, son épouse Célestrial se rapproche d'André, son ami d'enfance. Leurs sentiments évoluent et quand Roy sort de prison, après avoir obtenu un non-lieu, la situation est particulièrement délicate pour tout le monde.

La situation de Roy inspire beaucoup de sympathie. L'injustice qui le frappe fait de lui une victime. Pour autant, ce statut ne lui donne pas tous les droits en sortant de prison. Pendant son absence, le monde a continué à tourner. Il va en faire l'amer constat.

La condition noire aux états unis est au centre de l'histoire mais le tour de force de l'auteur est de ne pas réduire les personnages à leur couleur de peau.  C'est un livre qui traite du mariage, de ce qu'il représente en termes d'engagement sur la durée. Et que l'on soit noir ou blanc, les problématiques sont les mêmes. 

Tout m'a plu dans ce roman  : sa construction, sa subtilité mais aussi la fin que je n'aurais pas imaginée autre. C'est une fin qui, sans être mièvre, rend leur dignité à tous les personnages. Ce livre a été décrit par Barack Obama comme "bouleversant", c'est dire si j'avais une forte attente en le lisant ! Je n'ai pas été déçue bien au contraire.

La version audio est très réussie.

Un très bon roman !

Le billet d'Enna

Lu dans le cadre de l'African-American History Month

organisé par Enna

 

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