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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 23:02
Cher pays de notre enfance (Enquête sur les années de plomb de la Vème république )- E. Davodeau / B. Collombat (BD)

Ce sont le titre et la photo de cette BD qui m'ont attirée. De Gaulle fut en effet le président de ma petite enfance (hum, cela ne me rajeunit pas). Je ne savais pas au juste à quoi m'attendre, sinon qu'il s'agissait d'un reportage sur la Vème république, mais j'étais confiante. Davodeau est une valeur sûre.

Des affaires dont il est question dans cette enquête, je connaissais en gros les grandes lignes. Je me souviens notamment d'images en noir et blanc relatant l'affaire du ministre Boulin ou celle du juge Renaud. En revanche, je ne savais pas grand chose du le SAC (service d'action civique), qui est au cœur de l'enquête.

Benoit Collombat et d'Etienne Davodeau nous démontrent que de 1960 à 1981 (année de dissolution du SAC), la démocratie était bien souvent bafouée au profit d'actions réalisées en sous marin par ce fameux SAC : pressions diverses, couvertures d'affaires....Cette milice du parti gaulliste avait également pour consigne, entre autre, de donner un coup de main aux grandes entreprises pour contrer les syndicats. Les moyens utilisés étaient peu glorieux (intimidation, harcèlement...).

Nous suivons les deux auteurs dans leur périple à travers la France. Au contact des témoins de l'époque, ils tentent d'en savoir plus sur les affaires qui n'ont jamais été élucidées. Les témoins s'expriment sans trop de difficultés mais certaines vérités ne sont dites qu'à demi-mots.

Aurais-je lu un documentaire de format classique sur ce sujet ? Certainement pas. Je ne suis pas assez férue d'histoire politique pour cela. En revanche, le format BD m'a tout à fait satisfaite Une BD est vite lue et les illustrations donnent un côté ludique à la lecture. Par ailleurs, le dessin permet de mieux visualiser les scènes de crime et de retranscrire les expressions des visages. Ces expressions en disent parfois plus long que les paroles quand les témoins s'expriment à mots couverts.

Une BD passionnante sur un sujet plutôt original.

Ma note : 17/20

Cher pays de notre enfance (Enquête sur les années de plomb de la Vème république )- E. Davodeau / B. Collombat (BD)

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Cher pays de notre enfance (Enquête sur les années de plomb de la Vème république )- E. Davodeau / B. Collombat (BD)

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Cher pays de notre enfance (Enquête sur les années de plomb de la Vème république )- E. Davodeau / B. Collombat (BD)

Lu dans le cadre de "La BD fait son Festival" organisé par Price Minster

#1Blog1BD

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 06:19
Actes Sud 2016 - 432 pages - traduit de l'anglais (Australie) par : France CAMUS-PICHON
Actes Sud 2016 - 432 pages - traduit de l'anglais (Australie) par : France CAMUS-PICHON

En se fiant à la couverture de ce livre, on pourrait imaginer une tout autre histoire que celle que nous propose Richard Flanagan. Certes, une très belle femme joue un rôle important dans l’existence du personnage central mais ce n'est pas pas sur leur histoire d'amour qu'est centré le roman.

Au début du livre, nous faisons la connaissance de Dorrigan Evans, jeune médecin militaire plein d'avenir. Dorrigan fréquente une jeune fille de bonne éducation mais n'est pas réellement amoureux. Avant d'être fait prisonnier par les japonais, le jeune médecin s'éprend de la jeune épouse de son oncle, la sublime Amy. Il a désormais deux femmes dans sa vie (il épousera l'une d'entre elles après la guerre, je ne vous dirai pas laquelle).

Changement d'ambiance, nous retrouvons Dorrigan dans l'enfer d'un camp de prisonniers australiens. Les hommes dont il a la charge sont traités comme des esclaves pour ne pas dire des bêtes de somme. Dorrigan se montre juste et généreux. Il tente au mieux de préserver la santé et la dignité des soldats, ce qui se révèle de plus en plus compliqué. Les japonais sont composés d'une minorité de sadiques et d'une majorité de "suiveurs" qui obéissent aux ordres de l'empereur avec dévouement et fidélité. Ils estiment de pas avoir la possibilité d'agir autrement puisque l'ordre leur a été donné de construire une ligne de chemin de fer, coûte que coûte. L'absurdité de ce camp est révoltant, les conditions de vie des soldats inimaginables.

"Des rangées de prisonniers gisaient tels des insectes mourants tombés d’un étrange essaim, non pas alignés mais dans un curieux désordre, autant de cigales dont le thorax se soulevait à intervalles réguliers sur les lattes de bambou, avec leurs énormes yeux vides et sans éclats, et pour tout signe extérieur de vie cette cage thoracique décharnée qui se soulevait et retombait".

Le style de Flanagan est flamboyant. Certaines scènes sont insoutenables et pourtant, grâce à l'écriture, d'une incroyable beauté. L'histoire se met en place assez lentement mais, une fois les cinquante premières pages passées, on ne peut plus lâcher le roman. Avec intelligence et sans manichéisme, Richard Flanagan nous raconte la vie d'un homme, confronté au meilleur et au pire de l'être humain. Nous le découvrons dans tous les aspects de sa vie, publique et privée.

Pour écrire cette histoire (qui l'a occupé dix ans de sa vie), l'auteur s'est inspiré de la vie de son père, qui a travaillé dans ce camp de prisonnier.

Je conclurai par ce passage qui résume ce que je retiendrai de ce roman :

"Le monde ne changeait pas, la violence avait toujours existé et ne serait jamais éradiquée, les hommes mourraient sous la botte, victimes de la poigne et des atrocités d'autres hommes jusqu'à la fin des temps, et toute l'histoire humaine était celle de la violence".

L'avis de Leiloona - Culturelle

La route étroite vers le nord lointain - Richard Flanagan

Lu dans le cadre du Prix Relay Des voyageurs

Le site Facebook : https://www.facebook.com/prixrelay

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 14:04
Le Prix Relay des voyageurs 2016

Vous connaissez tous les échoppes "Relay" que l'on trouve dans les gares et aéroports ?

Pour la deuxième année consécutive, j'ai la chance de pouvoir lire les quatre ouvrages de la sélection du prix qu'ils organisent : le "Prix Relay des voyageurs".

L'an passé, j'avais fait, grâce à ce prix, de très belles découvertes et beaucoup aimé le lauréat : "Le voyant" de Jérôme Garcin.

Le premier livre de la sélection m'a d'ores et déjà emballée. Il s'agit de "La route étroite vers le Nord lointain" de Richard Flanagan. Je vous en parle très bientôt.

J'ai reçu cette semaine le second titre de la sélection, très différent. Il s'agit de "Quoi qu'il arrive" de Laura Barnett. Ce titre correspond moins à mes goûts littéraires mais qui sait, peut-être aurai-je une agréable surprise ?

Je suis impatiente de découvrir les titres suivants. La sélection est dévoilée petit à petit.

Pour en savoir plus sur le prix (clic)

Le site Facebook : https://www.facebook.com/prixrelay

Leiloona et Laure font partie de l'aventure également.

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 09:12
Janvier 2016 - 96 pages
Janvier 2016 - 96 pages

Un soir d'hiver à Venise, devant la basilique de la Place Saint Marc, la romancière se trouve face à un tas de chiffons qui gêne l'entrée. L'effroi la gagne quand elle réalise qu'il s'agit d'un être humain. "A moins de vingt mètres de votre main, on protège les mosaïques avec des tapis, pendant que vous restez à même le sol par moins cinq degrés".

Ce genre d’effroi, nous l'avons tous eu. Notre conscience nous a titillés un moment mais nous avons continué notre chemin, impuissants et honteux. Au mieux, nous avons donné quelques pièces avant de tourner la tête dans une autre direction.

Je ne vis pas dans un lieu ou je suis confrontée au quotidien à cette misère. Mes enfants n'ont pas côtoyé des "pauvres" en allant à l'école chaque matin. La narratrice, en revanche, doit passer devant des mendiants chaque jour. Elle tremble à l'idée que bientôt, il s'habituera comme nous tous à ce triste spectacle.

"Le chemin de l'école redevient une cour des miracles que pas un enfant ne devrait traverser. Pour grandir, il lui faudra d'abord regarder le malheur dans les yeux. Tout comme ses parents, il s'y habituera vite, et arrivera le moment où la misère le dépassera.

Elle est où l'humanité ?"

Pour la dame de Venise, pour son enfant, pour nous tous, Isabelle Desesquelle a rédigé ce petit texte poétique, comme une bouteille à la mer. Cette bouteille je l'ai ouverte mais que vais-je faire du message que j'y ai trouvé ? Le faire suivre, le cœur lourd, en vous encourageant à faire de même. Ce n'est que par une prise de conscience collective qu'un jour, peut-être, les choses bougeront.

Une centaine de pages qui en disent long sur l'inhumanité de notre monde. Un récit lucide mais non moralisateur, à mettre dans toutes les mains.

D'autres messagers : Le petit carré jaune - Mirontaine - Valérie

Merci aux Editions Belfond

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 05:47

Je ne vais pas être très originale en vous disant qu'un coucher de soleil, c'est magique. Et pourtant...

Samedi dernier, je rentrais sous une pluie battante du salon du livre de Binic. Le soleil ne s'était pas montré de la journée (ce qui ne m'a pas empêchée de passer une excellente journée d'ailleurs). A quelques kilomètres de chez moi, j'ai remarqué que le ciel s’éclaircissait. Je me suis dirigée vers la mer et je suis arrivée juste à temps pour voir ceci :

Cliquez sur la photo pour l'agrandir
Cliquez sur la photo pour l'agrandir

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Magie - Atelier "Âme graphique"

C'était ma petite contribution à l'atelier "Âme graphique" du "Petit carré jaune".

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 23:53

Ce mois-ci, on peut dire que j'ai fait fort, côté salons du livre : Rennes, Quintin et Binic.

J'ai aimé les trois, sachant que celui de Rennes est un peu à part puisqu'il était l'occasion d'une rencontre entre blogueurs.

Rue des livres à Rennes :

Mars 2016, des salons, des livres...

Cela fait plusieurs années que je retrouve avec bonheur, à l'occasion de ce salon, les blogueurs "de l'Ouest". Cette année, j'ai consacré la plus grande partie de la journée à papoter avec les uns et les autres, délaissant un peu les auteurs présents. J'ai toutefois assisté à la présentation par Sorj Chalandon de son dernier roman "Profession du père". Ce roman m'attire moins que les précédents mais j'ai trouvé intéressant d'écouter l'écrivain-journaliste nous parler de son enfance et notamment de ce père si singulier, qui a été le sien.

Une partie de l'équipe (tout le monde n'est pas sur la photo)
Une partie de l'équipe (tout le monde n'est pas sur la photo)

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Mars 2016, des salons, des livres...

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Voici les blogueurs qui ont participé à la rencontre : Gambadou - Enna - Antigone - Geraldine -Yvon (et son épouse), Canel (et son mari), Sandrine, Aproposdelivres, Yaneck, Il avait aussi Antigone, que je voyais pour la première fois mais que je connais depuis près de 10 ans via nos blogs respectifs (un vrai bonheur de la rencontrer !).

Nous avons salué rapidement Aymeline et Xian Morarty qui sont bénévoles sur le salon et donc très occupées.

Mon deuxième salon a été le tout nouveau "Salon du livre de caractère", à Quintin.

Fransoaz (ex-blogueuse mais que l'on croise encore sur Babelio) m'accompagnait.

Mars 2016, des salons, des livres...

Ce salon était organisé par la pétillante Fabienne Juhel et je dois dire que cette première édition à été à la hauteur de mes espérances (Bravo Fabienne) : un salon chaleureux et à taille humaine, comme je les aime. Parmi la vingtaine d'auteurs invités, j'ai retrouvé avec grand plaisir : Angélique Villeneuve, Ahmed Kalouaz, Isabelle Bondel-Hamon, Marie Sizun, Erwan Larher.

Fabienne Juhel ne faisait pas la promotion de ses livres mais échangeait avec les uns et les autres.

Angélique Villeneuve a obtenu le Prix du Salon pour "Les fleurs d'hiver" et c'est avec grand plaisir que je l'ai écoutée nous parler de la genèse de son roman, des recherches historiques qu'elle a entreprises au préalable...

J'ai assisté à deux tables rondes : "L'écriture a t'elle un genre : masculin, féminin" (avec Alexis Gloagen, Raphaelle Riol et Angélique Villeneuve) et "Mémoires, transmission et patrimoine" (avec Ahmed Kalouaz, Marie Sizun et Sigolène Vinson). Le moment fort de ces tables rondes à été, en ce qui me concerne, la présentation par Angélique Villeneuve de son nouveau roman "Nuit de septembre" que je venais de finir. Mon émotion était à fleur de peau et je n'étais pas la seule dans ce cas.

Pour finir, un petit détail qui a son importance, Quintin est un petit village "de caractère" qui a beaucoup de charme et sous le soleil, c'était vraiment très agréable de le découvrir.

Une journée parfaite à tous niveaux ! Fransoaz était aussi ravie que moi.

Mars 2016, des salons, des livres...

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Troisième salon (et dernier du mois) "Les escales de Binic".

Mars 2016, des salons, des livres...

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Comme l'an passé, c'est avec Gambadou que j'ai partagé cette journée. Nous sommes arrivées à 11 h 30 alors que le salon ne commençait qu'à 14 heures (oups !) mais nous n'avons pas regretté cette petite erreur de timing. Allez faire un tout chez Gambadou et vous comprendrez pourquoi.

"Les Escales de Binic" est comme le salon de Quintin, à taille humaine.

Voici les auteurs avec lesquels j'ai échangé (et sans file d'attente) : Valentine Goby, Brigitte Giraud, Michèle Lesbre, Angélique Villeneuve, Fabienne Juhel, Alexandre Seurat, Alice Zeniter.

La "vedette" du salon était David Foenkinos mais il y avait trop de monde autour de lui à mon goût. Je ne suis donc pas allée le voir. Dommage, j'aurais aimé lui parler de "Charlotte".

Côté tables rondes, nous avons assisté à celle qui réunissait Alexandre Seurat, Valentine Goby et Angélique Villeneuve sur le thème suivant "L'écriture, un témoignage salvateur". Sur les trois romans évoqués, j'en ai déjà lu deux ("Baume" de Valentine Goby et "Nuit de septembre" d'Angélique Villeneuve). Il me reste "La maladroite" d'Alexandre Seurat, que j'ai bien l'intention de lire car il fait partie du Prix Cézam.

Nous avons aussi écouté Fabienne Juhel évoquer ses livres et parler de son écriture dans un nouveau rendez-vous du salon appelé "les singulières".

Le billet de Gambadou est très complet. Je vous engage à le lire pour en savoir plus sur le salon, nos échanges avec les auteurs... Elle explique aussi comment nous nous sommes un peu "tapé l'incruste" à l'inauguration officielle du salon.

Valentine Goby (et à sa droite Michèle Lesbre)
Valentine Goby (et à sa droite Michèle Lesbre)

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Angélique Villeneuve
Angélique Villeneuve

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Mars 2016, des salons, des livres...

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Alexandre Seurat
Alexandre Seurat

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Fabienne Juhel
Fabienne Juhel

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Une plage de Binic (sous la grisaille cette année)
Une plage de Binic (sous la grisaille cette année)

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Des salons et quoi d'autre, en mars ?

Côté lecture, deux lectures m'ont particulièrement marquée :

"Nuit de septembre" d'Angélique Villeneuve et "La route étroite vers le nord lointain" de Richard Flanagan (billet à suivre).

En dehors des salons et de la lecture, qu'ai-je fais durant mes loisirs ?

J'ai assisté à la comédie "Flashdance" avec ma plus jeune fille. Un moment sympa entre mère et fille et un retour pour moi dans les années 80...

Et comme toujours des balades...

Mars 2016, des salons, des livres...

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 00:52
2016 - 288 pages - Albin Michel
2016 - 288 pages - Albin Michel

Axel et Emma s'apprêtent à franchir une étape supplémentaire dans leur vie de jumeaux. Ils ont décidé de se marier. Ce mariage sera à l'image de leur complicité de toujours puisqu'ils ont décidé de se marier le même jour, dans un lieu commun. Ce lieu, qui n'est autre qu'un château, est la demeure des parents de la future épouse d'Axel, la jolie Philippine. Nous assistons à l'organisation du mariage, il faut mettre trois familles d'accord. Ces familles se rencontrent et des liens inattendus se nouent.

J'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à lire cette saga familiale habilement construite. Nous suivons tour à tour chacun des protagonistes et découvrons leur façon de voir ce mariage et de vivre la période qui le précède. L'attachement aux traditions religieuses pimente les préparatifs. Les concessions des uns et des autres font l'objet de quelques tractations, sans trop de tensions. L'une des mariées choisit de se convertir au judaïsme, par amour et pour mettre toutes les chances de son côté.

Personnellement, ce sont les parents des mariés qui m'ont le plus touchée et en particulier les mères (ce qui n'est pas étonnant...). J'ai aimé les suivre dans ce virage de la cinquantaine qui n'est pas toujours simple à aborder. C'est l'heure des bilans, questionnements, renoncements voire des virages à 180 degrés..

Une lecture très agréable.

L'avis de Keisha

Merci aux Editions Albin Michel

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 20:41
Mars 2016 - 152 pages
Mars 2016 - 152 pages

"Une nuit, il a choisi de se donner la mort, au premier étage de votre maison". Au matin, à huit heures avec ton père tu l'as trouvé".

J'ai ouvert "Nuit de septembre" un soir, avec l'idée d'en lire quelques pages pour apprivoiser le sujet et je l'ai lu d'une traite, oubliant la télévision allumée et le monde autour de moi. Je n'ai pas écrit mon billet immédiatement, tétanisée par la crainte de pas y arriver. Je ne vous cache pas que j'ai craint également de vous effrayer à la seule évocation du sujet..

De l'avant et du pourquoi nous ne saurons rien. Ce n'est pas vers le passé que se tourne Angélique, elle tente de vivre le moment présent. Comment continuer à vivre après un choc aussi violent, une perte aussi cruelle ? C'est ce qu'elle nous raconte dans ce très beau récit, tout sauf morbide. C'est vers la vie qu'elle nous entraîne, sans aigreur ni colère. Elle n'en veut à personne et cherche le réconfort auprès de tous : "Tu ne veux pas du silence, du secret. C'est d'abord un refus. Tu veux du mot. Et puis encore une fois, tu veux qu'on t'aide à porter. A tes épaules, d'autres épaules, à tes mains, d'autres mains prolongées d'autres bras. Qu'on t'accompagne. Qu'on soit plusieurs, c'est ça. Une troupe. Une mer."

Les jours passent et la vie s'impose timidement. L'aide et le réconfort viennent bien-sûr des humains, même s'il arrive qu'ils se montrent maladroits. Il est difficile de consoler celui a perdu un proche, qui plus est un enfant. Parfois, c'est la nature qui vient à la rescousse. Dans le cas d'Angélique, les arbres jouent un rôle important : les regarder, les toucher, les humer. Il y a aussi les objets du quotidien, ceux qui rassurent par leur présence immuable ou encore la musique, qui fait couler les larmes qui soulagent. Il y a eu aussi le bon vieux chat qui a offert avec sa mort, les gestes empêchés.

Ceux qui connaissent l'écriture d'Angélique Villeneuve retrouveront avec bonheur la délicatesse de son écriture, la précision et la justesse de ses mots. Elle aurait pu dire "je", elle dit "tu". J'imagine que ce "tu" lui a permis de mettre un peu à distance la mère chavirée pour laisser de la place à l'écrivain. Ce livre est triste bien-entendu, comment pourrait-il en être autrement ? Pourtant, ceux qui l'ont lu s'accordent à dire qu'ils sont sortis de cette lecture apaisés. Le lecteur et l'auteur se consolent mutuellement de cette mort qui fait partie de nos vies à tous.

"Depuis, à voix basse, tu lui parles. Tu lui demandes s’il se souvient.
La mer étale à huit heures du soir, les talus hérissés d’iris, les pierres de la cour tièdes sous la peau du pied, les filles dont les yeux sourient, toutes les choses belles et la lande silencieuse.
Tu espères tant qu’il est parti gonflé d’elles. Mais comme tu n’es pas sûre qu’en aide, en ailes, ces choses lui soient venues cette nuit-là, tu les lui donnes par la pensée, la
respiration, le murmure".

Merci Angélique.

Les avis de Clara - Cathulu - Gwenaelle

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 00:37
Audiolib 2016 - 1 h 27 - lu par Grégory Gadeboix
Audiolib 2016 - 1 h 27 - lu par Grégory Gadeboix

"Je me demande ce qui est le pire : ne pas savoir qui on est et être heureux, ou devenir qui l'on a toujours voulu être et se sentir seul".

"Des fleurs pour Algernon" a été écrit en 1959 par Daniel Keyes (1927-2014). La nouvelle a été publiée dans le monde entier mais j'avoue que je n'en avais pas entendu parler avant de la découvrir dans la sélection Prix Audiolib 2016. En lisant le résumé, j'ai douté que ce livre audio puisse me plaire, sans parler de sa couverture, peu engageante à mes yeux (j'ai la phobie des souris). C'est pour en être débarrassée que j'ai commencé la sélection par cette lecture. La surprise a été totale car j'ai dévoré cette histoire à laquelle je ne ferai qu'un seul reproche, elle est trop courte

Le héros de cette nouvelle s'appelle Charlie Gordon. Il est un peu simple d'esprit mais très volontaire. Son rêve est de devenir intelligent et rien ne lui fait peur pour y parvenir. C'est ainsi qu'il accepte d'être le cobaye d'une expérience menée par deux scientifiques. Une souris nommée Algernon a subi l'expérience juste avant lui. La métamorphose tant espérée se produit pour Charlie mais va t'elle le rendre heureux ? Vous le saurez en lisant cette nouvelle.

Cette histoire nous fait réfléchir au lien qui existe (ou pas) entre bonheur et Intelligence. Charlie est très attachant et c'est le cœur serré qu'on le voit subir la méchanceté humaine. Si l'histoire est intéressante, l'interprétation l'est plus encore. N'ayons pas peur des mots, elle est même magistrale. La voix et l’intonation de l'acteur suivent l'évolution de Charlie et c'est assez stupéfiant. Il convient de signaler que Grégory Gadebois a obtenu le prix du meilleur comédien en 2014 pour l'adaptation théâtrale de ce texte.

Une belle surprise !

Les avis des copines qui participent au prix : Saxaoul - Meuraie - A propos de livres - Enna - Sandrine

Des fleurs pour Algernon - Daniel Keyes (audio)

Lu dans le cadre du Prix Audiolib

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 00:43
Traduit de l'américain par Isabelle Stoianov - lu par Cachou Kirsch - 11 h 35
Traduit de l'américain par Isabelle Stoianov - lu par Cachou Kirsch - 11 h 35

D'après une enquête réalisée aux Etats-Unis en 1990 sur les livres qui ont changé la vie de leurs lecteurs, "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" arriverait en seconde position après la bible. Il a été publié en 1960 au cœur de la lutte pour les droits civiques des noirs américains.

Scout nous raconte trois années de son enfance dans une petite ville d'Alabama, au sud des Etats-Unis. A l'époque du récit, elle vit avec son père, Atticus Finch, et son frère Jem, un peu plus âgé qu'elle. Leur mère est décédée. Atticus, homme intègre et d'une grande tolérance, tente d'enseigner à ses enfants les valeurs auxquelles il croit, dans une ville où les habitants sont bourrés de préjugés. L'exercice de son métier l'amène à être nommé commis d'office pour défendre un noir accusé d'avoir violé une blanche. Les mentalités et le racisme sont tels dans la ville, que Scout et son frère sont montrés du doigt dans tout le village comme étant les enfants de « l'ami des nègres ».

Dans la première partie, l'histoire se met en place. Le temps s'écoule doucement, peut-être un peu trop pour les lecteurs. Cela dit, le récit de la jeune Scout ne manque pas de piment et nous fait passer le temps très agréablement. La deuxième partie, plus dynamique, est consacrée principalement à la période du procès. Nous vivons au rythme de l’événement qui déchaîne les passions dans la ville de Maycomb. Atticus Finch n'exclue pas ses enfants du procès, ce serait de toute façon impossible vu son retentissement dans la ville. Propulsés prématurément dans le monde des adultes, la vie des enfants bascule.

Ce livre est pour moi une relecture. Je me souvenais bien des deux premières parties mais j'avais plus ou moins oublié le dénouement, qui relie adroitement les deux parties. Les enfants reçoivent une ultime leçon de tolérance et d'humilité.

Le contexte culturel et historique de cette histoire est passionnant mais ce qui a surtout retenu mon attention à la relecture, c'est l'éducation des enfants. Quel père merveilleux, cet Atticus Finch et quel homme exemplaire.

La version audio est réussie. Cachou Kirsch (dont j'avais apprécié la lecture du "goût des pépins de pommes") a un timbre de voix qui colle bien avec la jeunesse de la narratrice. Elle utilise l'accent des noirs américains quand ces derniers s'expriment, rendant plus vivant encore le récit.

Une belle interprétation audio du roman culte d'Harper Lee.

Une lecture commune avec Enna (Je crois qu'elle a aimé...)

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur - Harper Lee (audio)

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2016

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