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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 23:40

Gallimard 2016 - 227 pages - août 2016

L'histoire commence par le meurtre de deux enfants par leur nounou. Une scène assez horrible, que j'appréhendais. Elle ne dure heureusement pas trop longtemps. Puis, nous remontons le temps pour comprendre ce qui a bien pu se passer pour que la nounou en arrive là. Nous assistons tout d'abord aux recherches de la perle rare. Elle se présente sous les traits d'une jeune femme blonde qui a de bonnes références et paraît bien sous tous rapports. Très vite, les parents se félicitent de leur choix. Leur nounou, véritable Mary Poppins, est parfaite et suscite l'envie de leurs amis. Il faudra attendre quelques mois avant qu'un malaise ne s'installe et aille crescendo.

Si le rapport employeur-employé est intéressant à analyser dans ce contexte particulier de la garde d'enfant à domicile, j'ai trouvé que l'auteur allait trop loin dans le sensationnel pour que l'histoire soit crédible. Pour tuer deux enfants et se donner la mort ensuite, il faut avoir avoir basculé dans une forme de folie. S'il est très important de ne pas se tromper en choisissant une nounou, je pense pas que le risque le plus important soit d'embaucher une déséquilibrée mentale (surtout quand elle a des références, comme c'est le cas ici). En revanche, il existe un risque de tomber sur une personne qui néglige ou maltraite les enfants parce qu'elle n'est pas faite pour cela. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure dans ce roman.

J'ai vu dans cette histoire une démonstration visant à prouver que les parents ont une responsabilité dans ce qui arrive, parce qu'ils n'ont pas voulu voir que la nounou n'allait pas bien. Il est vrai que la relation n'était pas saine et qu'ils auraient dû se méfier davantage mais quand on a le nez dans le guidon, fatigué et stressé, il est parfois difficile de prendre du recul pour analyser une situation. Les enfants étaient attachés à leur nounou et recruter quelqu'un d'autre, c'était peut-être prendre le risque de tomber sur pire (on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne). Ils ne pouvaient pas, bien entendu, imaginer une telle tragédie. J'ai du mal à leur jeter la pierre et notamment à cette mère qui essaye de mener de front sa carrière professionnelle et la maternité. 

Il y a un autre aspect du roman qui m'a dérangée. L'auteur sous-entend que les parents auraient dû s'intéresser aux conditions de vie de leur employée de maison. Mais quid du respect de la vie privée ? On ne peut pas à la fois leur reprocher d'avoir été trop proche de la nounou et pas assez. Par ailleurs, lorsque l'on a les moyens d'embaucher une nounou à domicile, cette personne a bien souvent un statut social moins élevé que le sien. Une jalousie peut naître de cette situation mais les parents n'y peuvent pas grand chose sauf s'ils ne paient pas leur employée au tarif en vigueur. Je n'ai pas eu l'impression que c'était le cas ici. L'employée faisait largement plus que ce qui lui était demandé mais de sa propre initiative.

C'est un livre prenant, bien construit, très fluide dans la narration. Je lui reconnais beaucoup de qualités littéraires (il n'a pas eu le Goncourt pour rien) mais vous l'avez compris, il m'a dérangée et interpellée. Si je me suis mise dans la peau de ces parents, c'est peut-être parce que je sais à quel point il est difficile de concilier vie familiale et professionnelle quand on a un travail prenant. Je ne considère pas que ces parents soient fautifs mais plutôt qu'ils ont été manipulés et victimes d'une grande malchance. 

Plutôt que de culpabiliser les parents, j'aurais préféré que l'auteure mette en cause notre société qui n'est pas capable d'organiser des modes de gardes adaptés aux cadres et sûrs (de type crèches). Je pense également que les entreprises françaises ne tiennent pas suffisamment compte de la vie de famille de leurs salariés, notamment des cadres. Les scandinaves sont beaucoup mieux organisés que nous, par exemple.

Mon billet est très long, mais le sujet me tient à coeur.

Un roman dérangeant, sans nul doute, mais pas pour les raisons que j'imaginais avant de l'ouvrir. 

Ce roman vient d'obtenir le Prix Goncourt 2016. Bravo à Leila Slimani.

Les avis de mimi - Keisha - Clara - Valerie

Challenge rentrée 2016 11/18

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 23:28

Ecoutez lire (Gallimard) Lu par Dominique Reymond - 3 h 38 

"Ni soumission ni consentement, seulement l’effarement du réel qui fait tout juste se dire « qu’est-ce qui m’arrive » ou « c’est à moi que ça arrive » sauf qu’il n’y a plus de moi en cette circonstance, ou ce n’est plus le même déjà. Il n’y a plus que l’Autre, maître de la situation, des gestes, du moment qui suit, qu’il est seul à connaître".

L'été 58, Annie Ernaux (à l'époque Annie Duchêsne) a 18 ans. Elle débarque de sa province dans le village de S pour être monitrice dans une colonie de vacances. Forte de son statut de brillante élève, elle se sent sûre d'elle-même et ne doute pas de s'intégrer.

Très peu de temps après son arrivée, elle se fait remarquer en cédant aux avances du chef mono. Ils passent la nuit en ensemble et le garçon se comporte de façon ignoble. Elle ne se formalise pas, pensant que les choses doivent se passer ainsi la première fois. Dès le lendemain, le chef mono se détourne d'elle mais curieusement, elle s'accroche, refusant de croire qu'il a n'a aucun sentiment pour elle. Elle finit par jouer la brave en se consolant avec d'autres garçons. Les moniteurs (garçons et filles) la montent du doigt et l'humilient. Elle n'en fait pas cas.

L'auteure raconte fort bien le piège dans lequel est tombée la jeune Annie par naïveté, aveuglée par ce qu'elle croyait être l'Amour. Elle explique fort bien le contraste entre le romantisme des filles (surtout à l'époque) et la brutalité de certains garçons qui ne se gênaient pas pour assouvir leurs pulsions en toute impunité, encouragés par les mentalités de l'époque. La coupable, c'était obligatoirement la fille qui s'était laissée entraîner.

Si  Annie ne parait pas être touchée par ce qui lui arrive sur le moment, elle le paiera pourtant très cher. Il lui faudra deux ans pour se remettre de l'humiliation subie et mettre à distance la "putain sur les bords" de la colonie (c'est ainsi qu'on la nommait).

Annie Ernaux nous explique que cette année 58 faisait partie de ses projets d'écriture depuis longtemps mais qu'elle repoussait le moment de s'y mettre, ne sachant pas sous quel angle l'aborder. Elle a même tenté d'oublier la fille de 58 afin de ne pas avoir à y revenir. On peut la comprendre tant le sujet est intime mais il est heureux qu'elle y soit parvenue car ce récit est désormais une pièce maîtresse de l'oeuvre de l'écrivaine.

Je suis loin d'avoir fait le tour de l'oeuvre de Annie Ernaux et je m'en réjouis. Cette introspection par l'écriture me fascine et je suis très intéressée par la dimension sociologique que l'auteure donne à ses récits.

La version audio est très réussie. La lectrice qui a été choisie a trouvé le ton adéquat pour ce type d'ouvrage.

Un récit très marquant à conseiller à toutes les femmes et peut-être plus encore aux jeunes filles.

Jérôme indique en commentaire qu'il est aussi à conseiller aux hommes. Il a mille fois raison ! Son avis sur ce roman

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 09:00

Octobre a été un mois studieux mais j'ai tout de même réussi à me dégager un peu de temps libre.

Début octobre, j'étais à Paris pour ma formation et j'ai passé la soirée avec Mior qui s'est jointe à moi pour assister à une rencontre avec Laurent Mauvigner, à la Librairie de paris. L'auteur présentait son dernier roman "Continuer".

L'idée de ce livre lui est venue en lisant, dans un journal, un article qui relatait l'histoire d'un homme qui a fait un break dans sa vie pour partir en voyage dans le Kirghizistan avec son fils qui menaçait de s'enfoncer dans la délinquance.

Mauvignier n'est pas allé au Kirghizistan mais il a tenté d'imaginer comment pouvait se passer un voyage dans ce pays. Il a écrit son roman dans une sorte d'euphorie. Il avait le début et la fin. Il lui fallait imaginer le cheminement des personnages, qu'il a accompagnés avec passion jusqu'au dénouement de l'histoire.

Laurent Mauvignier n'est pas quelqu'un qui cherche à tout prix à séduire son lecteur. Je ne peux d'ailleurs pas dire que je l'ai trouvé particulièrement sympathique. En revanche, il m'a semblé sincère dans sa démarche d'écriture et c'est l'essentiel pour la lectrice que je suis.

Il accepte volontiers les critiques (y compris les négatives) quand elles sont sincères et construites, nous a t'il dit en aparté. Il s'en sert d'ailleurs parfois pour progresser. 

Après le verre offert par le libraire, je suis allée dîner avec Mior et nous avons parlé de nos lectures, de nos blogs, de nos vies. C'était la première fois que nous nous rencontrions et nous n'avons pas vu la soirée passer...

J'ai profité de ces quelques jours dans la capitale pour faire un peu de tourisme, le soir. Mes pieds  m'ont conduite au Sacré-Coeur mais le retour a été un peu douloureux car je n'avais pas les chaussures adaptées (la prochaine fois je mettrai des baskets dans la valise). 

 

Autre moment très agréable de mon mois, l'exposition Chagall à Landerneau. La guide était passionnante et j'étais en très bonne compagnie (merci les copines). 

Marc Chagall est un personnage fascinant qui donne, au travers de ses oeuvres, un message d'espoir et de foi en l'homme. L'artiste était d'un optimisme remarquable pour un juif qui a traversé le siècle dernier. Son oeuvre, très colorée et onirique nous fait voyager et rêver. J'ai été très impressionnée par son imagination débordante et j'ai beaucoup aimé le côté ludique de ses toiles.

La guide nous a donné quelques clés de compréhension de l'oeuvre de Chagall. L'artiste a été marqué par sa jeunesse en Russie, par l'exil et la fuite plusieurs fois dans sa vie et bien-sûr par la terrible histoire de son peuple. Sa vision de la religion est très étonnante pour un juif. Pour preuve, il a peint des scènes inspirées par le nouveau testament.

Sur l'affiche de l'exposition, on le voit avec sa femme Bella, l'amour de sa vie. Vous remarquerez les couleurs de son pays d'adoption, la France, qu'il adorait.

 

Côté livres, octobre a été un mois vraiment très riche avec notamment deux coups de coeur : "Un paquebot dans les arbres" de Valentine Goby et "Fils du feu" de Guy Boley.  Je finis le mois en lisant "Petit pays" de Gaël Faye et il se pourrait bien que ce soit aussi un coup de coeur...

Pour finir, un week-end de Toussaint qui ressemble à l'été indien...

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 22:59

Philippe Rey - Août 2016 - 200 pages

"Je vais reprendre le fil générationnel que la mort a trouvé marrant de couper entre ses dents, telle une couturière capricieuse et impatiente, et je vais raccommoder les trous, faufiler des pièces aux coudes et genoux de ce grand squelette prématurément décharné. Je vais les coudre ensemble".

L'an passé, Sophie Daull faisait de sa fille disparue, "Un être de papier". Elle nous revient en 2016, avec un roman dans lequel elle évoque, cette fois, sa mère décédée. Sophie Daull a éprouvé le besoin, après la mort de sa fille, de remonter le temps pour faire se rencontrer, l'espace d'un roman, la grand-mère et sa petite fille.

Pour écrire "La suture", l'auteure a réuni le peu de documents dont elle disposait et s'est rendue sur les différents lieux où sa mère avait vécu, pour y mener une sorte d'enquête. Le roman relate les recherches, qui seules ne permettront pas de dresser un portrait qui se tienne. Sophie Daull devra donc faire appel a son imagination pour combler les blancs et reconstituer le portrait de cette femme qui se taisait sur ses origines pour ne pas révéler un secret de famille.

Son périple à travers la France lui permet de dresser un portrait des villages de province où l'on ne trouve âme qui vive dans les rues, passé 19 heures. Elle nous fait également voyager dans le temps, des années d'après-guerre aux années 80. Les renseignements récoltés sont bien maigres mais Sophie Daull s'en accommode et le lecteur doit faire de même.

Les deux ouvrages forment désormais un diptyque. Ils se complètent et se répondent. Dans les deux récits, l'auteure dialogue avec ses mortes avec une grande douceur. Elle nous offre un texte poétique et non dénué d'humour. S'ils sont de la même veine, "La suture" est moins prenant que "Camille, mon envolée", et heureusement moins triste. De l'eau a coulé sous les ponts depuis la mort tragique de cette mère, assassinée dans des circonstances qui restent mystérieuses, dans les années 80. 

Bien qu'il n'ait pas la force du premier, j'ai de nouveau été séduite par la plume désormais reconnaissable de Sophie Daull et par son sens de la métaphore. Dans "la suture" nous sommes à mi-chemin entre le récit autobiographique et le roman. Peut-être s’attellera t'elle à la fiction, pour un troisième roman ? 

Sophie Daull confirme, avec ce roman, son talent d'écrivain.

Les avis de : Antigone - Eva

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 22:10

Grasset - Août 2016 - 157 pages

"Il faut bien que toutes les horreurs du monde enfantent des printemps si nous voulons durer au-delà du chagrin".

Le narrateur est encore un enfant quand son petit frère perd la vie subitement. Le temps qui passe aurait dû atténuer un peu le chagrin de tous mais la mère refuse de prendre acte de la disparition de son fils et s'installe dans le déni. Le père, forgeron, prend de la distance vis-à-vis du foyer tout comme la sœur aînée qui choisit de partir pour ne pas sombrer. S'instaure alors, aux confins de la folie, une relation à trois : la mère, le narrateur et le fantôme du petit frère. 

Avant le drame, la famille vivait heureuse, au rythme de la forge. Quand il ne regardait pas sa grand-mère écorcher des grenouilles, le narrateur aimait s’asseoir dans l'atelier pour admirer le travail de son père et de l'ouvrier à moto, le beau Jacky. La beauté flamboyante de la forge, lieu magique pour l'enfant, n'est sans doute pas étrangère au goût qu'il développera plus tard pour la création artistique. Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette histoire, merveilleusement racontée à la façon d'un conte, mais peut-être vaut-il mieux se laisser porter par les mots de l'auteur, sans savoir dès le départ où il va nous mener.

L' écriture, poétique, peut poser quelques difficultés au début du roman. Il faut être patient et laisser l'auteur planter le décor et présenter ses personnages. L'écrivain donne ici ou là quelques indices qui plus tard éclaireront l'histoire. La seconde partie se lit dans un souffle, le style s'efface au profit de histoire. Une fois l'ouvrage terminé, j'ai éprouvé le besoin de le relire dans la foulée. J'avais la sensation de ne pas avoir suffisamment savouré ce texte, d'une beauté époustouflante.

Plutôt qu'une phrase de conclusion, voici un exemple du style remarquable de l'auteur :

"Souvent il arrivait que papa et Jacky martèlent de concert. Pas un mot, pas un cri, juste des souffles mêlés comme font les amants. De lourds coups sur l’acier, de petits sur l’enclume, en rythme cadencé, sorte de concerto pour enclume et marteaux où la basse continue n’était autre que celle de leurs respirations. Et puis ces escarbilles, toujours ces escarbilles, petites étoiles filantes que chacun d’eux apprivoisait pour qu’elles n’aillent pas, comme des baisers voraces, mordre le corps de l’autre". 

C'est Laure qui m'a donné envie de découvrir ce très beau texte.

Leiloona est également conquise.

Lu dans le cadre de Masse critique de Babelio

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 22:53

Actes Sud août 2016 - 267 pages

Actes Sud août 2016 - 267 pages

Nous sommes dans les années 50, dans un village rural pas très loin de Paris. La famille Blanc tient "Le Balto"(le bistrot de la bourgade). Le père, Paulo, a fait de son café un lieu très vivant. Sa femme le seconde ainsi que leur fille aînée. La cadette, Mathilde, voudrait bien passer plus de temps au café mais elle est encore trop jeune. Véritable garçon manqué, elle fait les quatre cent coups pour épater son père qui rêvait d'un garçon. Le garçon finira par arriver, bien après ses deux sœurs. La famille avait tout pour être heureuse quand le malheur la frappe. Paulo attrape la tuberculose, suivi de sa femme Odile.

La famille se trouve face à de grandes difficultés. le statut de commerçant ne leur permet pas de bénéficier de la sécurité sociale et dans le village ils sont considérés comme des parias. Paulo, plus touché que sa femme va devoir rejoindre le sanatorium le plus proche, celui d'Aincourt. Odile le suivra quelques mois plus tard, ce qui se traduira par un éclatement de la famille. Mathilde va prendre les choses en main malgré son jeune âge. C'est sur elle que va désormais reposer la cohésion de la famille.

C'est un très beau personnage, cette jeune Mathilde. D'une énergie et d'une abnégation qui forcent l'admiration. Nous suivons les hauts et les bas de la famille et le combat quotidien de Mathilde pour sauver ce qui peut l'être. Je n'imaginais pas que dans les années cinquante certaines personnes pouvaient se trouver dépourvues de sécurité sociale. C'était le cas des commerçants s'ils ne cotisaient pas de leur côté. Les Blancs, peu prévoyants ne s'en étaient pas soucié. Plusieurs fois au cours de l'histoire, je les ai d'ailleurs trouvé défaillants, ces parents. Bien que très aimants, ils sont parfois à la limite de la désinvolture. La maladie n'excuse pas tout. 

Roman après roman, Valentine Goby se renouvelle et s'empare de thèmes plus passionnants les uns que les autres. Comme précédemment avec " Kinderzimmer", "Un paquebot dans les arbres" est né de la rencontre avec une femme qui a vécu une expérience très proche de celle de Mathilde. En dehors de l'histoire et des personnages, j'ai trouvé le côté "médico-historique" et bien documenté : la tuberculose, la vie dans les sanatoriums...

Un beau roman, que je vous recommande.

Ce roman fait partie des trois livres que j'ai proposés pour l'opération des matchs littéraires de la rentrée organisée par PriceMinister.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 22:43

Audiolib (Viviane Hamy) - 7 h 52 - lu par Phlippe Allard

Audiolib 2016 - lu par Philippe Allard - 7 h 32

Ce polar commence de façon étrange par la découverte, près d'un banc, d'un bout d'os humain dans une crotte de chien. Un dénommé Kehlweiler, dit "l'allemand", se met en quête de trouver le propriétaire du cabot. L'homme est un ancien "haut placé" de la préfecture qui s'est fait virer pour une raison obscure. Défenseur de la veuve et de l'orphelin, il n'aime ni l'injustice ni les crimes impunis. Ses recherches le mènent dans un petit village breton, près de Quimper. 

Aidé par par un assistant aussi original que lui, Kehlweiler s'incruste dans le village. Les deux pseudo-détectives ne s'attirent pas franchement la sympathie du maire, qui voit d'un mauvais œil qu'on mette le nez dans les affaires de sa commune. Assez rapidement, l'enquête prend tournure. On sait à qui appartient l'os, les suspects ne manquent pas mais le mobile est plus compliqué à trouver. Kehlweiler, qui a a plus d'un tour dans son sac, parviendra à démasquer le coupable.

Ce polar, un brin désuet, est totalement rocambolesque et c'est ce qui en fait tout son charme. On sourit beaucoup des trouvailles de Fred Vargas, qui a fait tourner son imagination à cent à l'heure. Les personnages sont totalement déjantés mais suffisamment crédibles pour qu'on se captive pour l'enquête. J'ai retrouvé avec plaisir la voix de Philippe Allard qui m'avait emportée dans "Mille chevaux vapeurs". Il restitue parfaitement bien l'humour sous-jacent de ce curieux polar.

Un bon moment de détente !

Je remercie Audiolib pour ce partenariat

Le billet de Valérie, qui m'a donné envie de découvrir ce titre.

Lu dans le cadre de "Écoutons" un livre (le thème : un polar).

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 22:32

Le thème (suggéré - non imposé) du mois est : "écoutons un polar". Les participants sont : Dans le thème :

Sylire : Un peu plus loin sur la droite - Fred Vargas

Sandrine : Concerto à la mémoire - Eric Emmanuel Schmitt

Laure : Le lagon noir - Arnaldur Indridasson

Enna : Un vent de centre - Sandrine Colette

Enna : Madame Ti mène l'enquête - Frédéric Lenormand

Manika : Le temps est assassin - Michel Bussi

Hors thème :

Pour le mois de novembre, je vous propose d'écouter un livre écrit par un auteur francophone. Ce thème permettra à ceux qui le souhaitent d'écouter un livre québécois pour "Québec en novembre". Si vous êtes intéressé, je vous conseille d'aller faire un tour ici (livres audio québécois gratuits).

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 22:16
Fayard - Août 2016 - 315 pages - traduit de l'anglais (américain) par Olivier Todd
Fayard - Août 2016 - 315 pages - traduit de l'anglais (américain) par Olivier Todd

L'histoire commence en 1991, à Zagreb. Ana, dix ans, vit paisiblement avec ses parents et sa petite sœur Rahela quand éclate la guerre avec les croates. Les raids aériens s'intensifient de même que l'afflux de réfugiés. Le danger est omniprésent mais les parents d'Ana sont contraints de partir quelques jours en Bosnie avec leurs enfants. La famille doit se résoudre à confier la petite Rahela à une association. Gravement malade, elle doit se faire soigner aux Etats-Unis. Le voyage aller se passe sans encombres mais au retour Ana et ses parents sont pris en embuscade. Ana demeure la seule survivante. Commence alors une lutte pour la survie qui obligera la fillette à prendre les armes.

Le temps a passé. Jeune adulte désormais et vivant aux Etats-Unis dans une famille adoptive, Anna éprouve le besoin, quand survient le 11 septembre, de revenir sur son passé.

Sara Novic a construit son roman en traitant le présent et le passé dans des parties distinctes. Elle ne livre qu'une partie de l'histoire dans la première partie, ce qui maintient un certain suspens sur le devenir de la fillette et de sa petite soeur. Certains épisodes de l'histoire d'Ana, terribles, expliquent le besoin de reconstruction de la fillette. L'auteur montre bien le décalage entre les survivants d'un traumatisme et ceux qui assistent, impuissants, au travail de résilience. C'est un difficile parcours qui nécessite souvent un retour douloureux dans le passé.

Je n'ai pas lu beaucoup de romans sur les guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie. J'ai trouvé le sujet bien traité et l'histoire captivante. Je mettrai juste un petit bémol sur le style. Il m'a semblé déceler quelques maladresses dans l'écriture (ou dans la traduction).

Un premier roman intéressant et prometteur.

Merci aux éditions Fayard pour l'envoi.

challenge de la rentrée (7/18)
challenge de la rentrée (7/18)

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 22:47
Stock - août 2015 - 198 pages
Stock - août 2015 - 198 pages

J'aime garder une trace de mes lectures mais je ne parviens pas toujours à rédiger un billet immédiatement après ma lecture. Celle-ci date d'avant l'été et je me suis tout de même décidée à rédiger ce petit article avant de ranger le livre dans ma bibliothèque.

Nous sommes dans les années 70. Le jeune Olivio et sa mère ont fui la dictature de Salazar après l'assassinat du père du jeune garçon, qui s'opposait au régime en place. Le cœur lourd, la jeune femme fait de gros efforts pour s'intégrer en France, où des amis l'hébergent avec son fils. La solitude lui pesant, elle se lie avec Max, un rapatrié d'Algérie.

Olivio ne trouve pas son compte avec ce beau-père qui ne fait aucun effort pour le mettre à l'aise et qui de surcroît se montre raciste et obtus. Par réaction, Olivio se lie avec Ahmed, un immigré algérien de son âge qui porte en lui une violence qui fascine Olivio tout en lui faisant peur.

Roman d'apprentissage avant tout, ce roman traite également de la difficulté de s'intégrer quand on porte en soi les stigmates de l'exil. Je n'avais jamais lu de romans évoquant la dictature de Salazar, j'ai donc particulièrement apprécié la partie se déroulant au Portugal.

Ce n'est pas mon roman préféré de l'auteure mais "Nous serons des héros" ne m'a pas déçue.

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