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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 00:15

                                                                                      Arléa - Janvier 2012 - 280 pages

Comme dans le précédent Roman de Marie Sizun « Plage » quelques jours de solitude vont permettre à une femme de réfléchir à sa vie et d’y voir plus clair. La narratrice est d’origine française. Elle a quitté la France pour se marier à un américain. Elle vit à New-York une vie tranquille et plutôt heureuse. Un héritage lui donne l’occasion de revenir en France pour quelques jours.  Dans l’avion, une sensation étrange l’envahit soudain, une sorte d’absence,  « un léger déplacement ». Ce léger malaise s’estompe mais elle se sent différente...

Le retour sur  les lieux de son enfance lui fait prendre conscience du chemin parcouru mais aussi du temps qui lui reste à vivre. A soixante ans, elle n’a pas de temps à perdre! L’envie  d’éclaircir les zones d’ombres de son passé s’impose à elle peu à peu. Elle prendra le temps qu’il faut pour cela. Elle se laisse envahir par l’atmosphère des lieux et se promène dans le quartier qu’elle fréquentait autrefois. En tête à tête avec Hélène pendant ces quelques jours, nous la suivons  dans ses questionnements.  Nous découvrons son passé au rythme des souvenirs qui remontent à la surface et que, parfois, elle choisit de chasser momentanément parce qu’ils sont trop douloureux.

C’est un roman le thème de la maturité, sur  le temps qu’il reste à vivre. Le pèlerinage d’Hélène sur les lieux de son passé va lui permettre de comprendre ce qu’elle a longtemps occulté et de prendre des décisions qui la mettront en paix avec elle-même. Ceux qui ont déjà lu Marie Sizun retrouveront  sa plume avec grand plaisir! Les autres ont l’embarras du choix. Les six romans sont à découvrir, avec un incontournable : «La femme de l’allemand ».

Un voyage dans l’univers de Marie Sizun que j’ai beaucoup apprécié, cette fois encore !

Le billet de Clara

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 00:26

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                                                             Traduit de l'anglais (Irlande) par Jacqueline Odin (avril 2011)

  

Extrait : « Pour ma mère, le travail est sans fin : nous, la fabrication du beurre, les repas, la vaisselle, nous lever et nous préparer pour la messe et l'école, sevrer les veaux, engager les ouvriers pour labourer et herser les champs, faire durer l'argent et régler le réveil. Mais cette maison est différente. Ici, il y a la possibilité, et le temps de réfléchir. Il y a peut-être même de l'argent à dépenser »

L’histoire se passe aux fins fonds de la campagne irlandaise. Une fillette d’origine modeste et issue d’une famille nombreuse se trouve confiée pour quelques mois  à son oncle et sa tante, un couple sans enfant qui se fait une joie de la recevoir. Le contraste entre les deux foyers nous est dévoilé aux travers des yeux de la petite. Dans un premier temps, on la sent peu désorientée par les attentions des deux adultes mais aussi par le calme qui règne dans la maison. Mais bien vite, l’enfant  y trouve son compte… et l’été file trop vite.

Les difficultés des deux foyers sont abordées avec beaucoup de délicatesse : la misère financière pour l’un, le manque d’enfant pour l’autre. Des non-dits sont perçus par l’enfant. Nous les devinons au travers des petits détails que l’enfant remarque, sans forcément les interpréter tous. J’ai beaucoup aimé la subtilité et la délicatesse de cette narration.  J’aurais juste un reproche à formuler. Le texte ne fait que cent pages…

 Un joli petit roman à découvrir, si ce n’est déjà fait !

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 00:30

 

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Et voilà, c'est reparti ! Comme chaque année, je participerai de nouveau cette année au Prix Cézam en tant que lectrice, en essayant d'être plus assidue que l'an passé : je n'avais lu que la moitié des titres de la sélection. Pour voter, il n'est pas indispensable de tout lire mais je trouve préférable d'en lire un maximum.

J'en ai parlé longuement les autres années, je ne vais donc pas vous ré-expliquer comment ce prix s'organise (pour en savoir plus, c'est ICI). 

Une spécificité à souligner cette année : à l'occasion du 15ème anniversaire du prix, cinq des auteurs en lice en 2012 ont déjà été sélectionnés dans le passé (il s'agit des auteurs français de la sélection).  

Voici les titres en lice : 

- Antoine CHOPLIN ’Le héron de Guernica’, le Rouergue
- Philippe DELEPIERRE ’le cabaret des oubliès’, Liana Levi
- Jean Paul DELFINO ’Pour tout l’or du Brésil’, Le Passage
- Susana FORTES ’En attendant Robert Capa’, Héloise D’Ormesson (déjà lu et chroniqué :ici)
- Claire KEEGAN ’Les trois lumières’, Sabine Wespieser
- Virginie OLLAGNIER ’Rouge argile’, Liana Levi
- Véronique OVALDE ’Des vies d’oiseaux’, L’olivier
- Heinrich STEINFEST ’Requins d’eau douce’, Carnetsnord
- Alain Claude SULZER ’Une autre époque’, Jacqueline Chambon
- Dan WADDELL ’Code 1879’, Rouergue noir

 

Il y a de fortes chances  que je rencontre quelques uns de ces auteurs dans les mois qui viennent () A suivre...

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 00:50

Extrait : "Alors elle s'aperçut qu'elle n'avait plus rien à faire, plus jamais rien à faire. Toute sa jeunesse au couvent avait été préoccupée de l'avenir, affairée de songeries. La continuelle agitation de ses espérances emplissait, en ce temps-là, ses heures sans qu'elle les sentît passer. Puis, à peine sortie des murs austères où ses illusions étaient écloses, son attente d'amour se trouvait tout de suite accomplie. L'homme espéré, rencontré, aimé, épousé en quelques semaines, comme on épouse en ces brusques déterminations, l'emportait dans ses bras sans la laisser réfléchir à rien. Mais voilà que la douce réalité des premiers jours allait devenir la réalité quotidienne qui fermait la porte aux espoirs indéfinis, aux charmantes inquiétudes de l'inconnu. Oui, c'était fini d'attendre. Alors plus rien à faire, aujourd'hui, ni demain ni jamais. Elle sentait tout cela vaguement à une certaine désillusion, à un affaissement de ses rêves."

 Grâce à la lecture audio, je relis des classiques. Ce sont parfois des découvertes, d’autres fois des relectures. C'est le cas d' "une vie", lu une première fois il y a bien longtemps, au lycée je crois. Je n'ai plus aucun souvenir de mon ressenti de l’époque. J’imagine qu'avec le recul de ma propre vie, il est différent aujourd'hui.

Il est question de la désillusion d’une jeune femme romantique et sans expérience qui épouse un homme séduisant au premier abord, mais qui très vite se montre sous un tout autre jour : avare, égoïste et infidèle. Troublée dès les premiers jours par les défauts de son mari, Jeanne trouve un peu de réconfort dans la présence auprès d’elle de ses parents. Fille unique, adulée et surprotégée, elle ne sait pas et ne saura jamais faire face à l’adversité.  Nous sommes au 19ème siècle, l'ignorance des jeunes filles sur ce qui les attend est affligeante (la description de la nuit de noce de Jeanne est terrifiante). La maternité la regonflera d’espoir mais là encore la déception est au rendez-vous. La vie de Jeanne n’est donc qu’une suite d’illusions anéanties qui s'enchainent pour son malheur. Une lueur d’espoir arrive à la toute fin du livre mais Jeanne sera t'elle capable cette fois de saisir le bonheur qui se présente à elle ?

Le décalage entre le rêve et la réalité est parfois cruel. Ce qui frappe ici, c'est l'aveuglement de la jeune fille et son incapacité à réagir. Le conditionnement lié à l'éducation et un amour propre très développé sont sans doute les principales raisons de cette sorte d'inertie qui la paralyse. "Une vie" » est le premier roman de Maupassant. On pourrait croire qu’il est le fruit de l’expérience d’une vie, tant le récit parait juste. A noter les très belles descriptions du village de Yport (Haute Normandie), où se promène Jeanne. Des promenades qui la réconfortent un peu.

C'est une lecture qui m'a emportée comme un tourbillon, celui d'une vie qui file à toute vitesse et qu'il faut prendre en main sous peine de la subir. C'était vrai au 19ème siècle, c'est encore vrai aujourd'hui, d'une certaine façon...

nullMerci à Romy, lectrice bénévole de "Audiolivres". Pour écouter ce livre, c'est ici.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 00:56

 

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                                                                       Flammarion  - Aout 2011 - 500 pages

Ce roman nous présente alternativement deux femmes d’origine iranienne, l’une en France, l’autre en Iran. La première s’est installée à Paris et tente de se reconstruire. On comprend qu’elle a fui son pays. A paris, elle vivote et dépense le peu qu’elle gagne dans une psychanalyse qui semble s’enliser…

Le second récit est celui d’une jeune étudiante iranienne qui vit dans son pays d’origine.  Révoltée par la condition des femmes en Iran, elle n’hésite pas à  se mettre en danger pour voler la liberté qu’on ne lui octroie pas, payant parfois très cher sa liberté et son audace.  

La quatrième de couverture dévoile le lien entre les deux femmes mais je ne trouve pas utile de le savoir d’emblée.

 Le livre fait plus de 500 pages,  je pense qu’il aurait gagné à en faire 100 de moins. Je n’ai pas trop compris l’intérêt de la description détaillée de la psychanalyse, lassante pour le lecteur (du moins pour moi !). Le point fort du livre est d’apporter un éclairage intéressant sur la condition féminine en Iran. J’ai beaucoup aimé ce personnage d’étudiante révoltée qui brave les dangers pour défendre sa liberté. On comprend dans la postface du livre que ce roman s’inspire pour partie de l’expérience personnelle de l’auteure. 

Un livre passionnant sur certains aspects  mais qui souffre à mon sens de longueurs.

      Les avis de : Antigone et Leiloona (partagées) et de Géraldine (très enthousiaste)

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                                                                                                       9/14

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 00:28

Cette année, j’ai lu 65 livres ce qui est assez peu si je compare avec les « scores » de camarades blogueurs. 

Une nouveauté pour moi, les livres audio (j’en ai lu 8). Une découverte géniale, j'ai adhéré tout de suite (ou presque car le premier m'a demandé un petit effort de concentration). Pour l'instant je vise plutot les classiques (via des sites proposant des lectures gratuites) mais j'aimerais diversifier un peu plus à l'avenir.

La littérature française s’impose dans mes choix, plus encore cette année que les précédentes (84 % !). Je m'étais pourtant promise, l'an passé, de lire plus de littérature étrangère à l'avenir. On verra ce que donnera 2012. A vrai dire, je n'ai pas envie de calculer. Je lis ce qui me tente sur le moment.

Le roman est de loin mon genre de prédilection. J’ai tout de même réussi à lire 4 BD ! (bon, pas de quoi se vanter, je vous l'accorde...).

Mes coups de coeur de l'année :

(pour acceder à mes billets, cliquez sur les couvertures)

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Autres coups de coeur :

La fiancée des corbeaux de René Fregni (un auteur dont j'aime particulièrement la plume)

Laure Crandelain de Claude Mouflard (un premier roman étonnant, lu d'une traite)

Fleurs de tempête de Philippe Le Guillou (un témoignage d'amitié particulièrement fort)

Des classiques en livre audio :

David Copperfield - Charles Dickens

Le journal d'une femme de chambre - Octave Mirbeau

 

2011 fut une belle année livresque en ce qui me concerne !

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 00:01
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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 00:16

Depuis, beaucoup de blogs se sont créés, d’autres se sont arrêtés.  Je ne vous cacherai pas que je regrette un peu la blogosphère du début, plus intime. Aujourd’hui, on se sent un peu noyé dans la masse. D’un autre coté, je ne peux que me réjouir que tant de personnes prennent plaisir à échanger sur leurs lectures !

Je n’ai pas envie d’arrêter l’aventure, j’y prends encore beaucoup de plaisir même si l’euphorie du début s’est calmée. J’essaye d’être régulière dans mes publications mais il est probable que je réduise un peu le nombre de mes billets en 2012. Des projets personnels (la construction d’une maison en bord de mer pour le week-end et les vacances) et un travail très prenant me conduisent à devoir faire des arbitrages. Je préfère freiner que caler…

Je remercie chaleureusement les fidèles de ce blog, blogueurs et non blogueurs mais aussi ceux qui, de temps à autre, me rendent une petite visite.

En route pour une sixième année, avec vous tous je l’espère !

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 00:12

 La semaine qui s'annonce va être très chargée à tous niveaux. Je préfère donc dès aujourd'hui mettre mon blog en mode "Pause" pour ne pas me faire cannibaliser par la blogosphère .

En fin de semaine, je quitte la Bretagne pour passer Noël en famille, dans le Loiret. Je vous retrouve donc dans une bonne dizaine de jours.

Je vous souhaite à toutes et à tous de passer un...

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 12:40

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J'ai commencé la semaine en poésie, j'aborde la fin de semaine de la même façon ...

Voici un extrait de Solo, poignant poème de Xavier Grall, écrit alors qu'il était très malade, en fin de vie. Il est mort à 51 ans.

Ce sont les dernières lignes du poème, les plus émouvantes peut-être.

Ci-dessus : une oeuvre de Matthieu Dorval, artiste peintre breton inspiré par "Solo".  Si l'artiste passe par ici, j'espère qu'il ne m'en voudra pas de lui avoir emprunté une de ses oeuvres...

A noter qu'à l’occasion du 30ème anniversaire de la mort de Xavier Grall se tiendra à la Maison du lac, à Huelgoat, un hommage au poète breton au travers d'une mise en miroir de ses oeuvres et de celles de Matthieu Dorval (17 au 31 décembre).

Pour en savoir plus sur cette expo : Ici

 

       ......

Seigneur Dieu
à mes frères et amis
aux femmes que j’ai aimées
à tous ceux que mon cœur à croisés
avant que d’entrer dans les ténèbres
transmettez je vous prie
mon espérance testamentaire
nul chant nul solo
nulle symphonie nul concerto
qui porte nostalgie d’amour
et soif et faim de tendresse
ne sera perdu dans la détresse de la mer
voilà et puis encore ceci
par la dernière larme
par l’ultime halètement
par le dernier frémissement
par le moineau qui s’envole
par le geai sur la branche
par la dernière chanson
par la joie dans la grange
par le vent qui se lève
par le matin qui vient
tout simplement
je vous rends grâce
d’avoir été dans le bondissement
incroyable
de votre création
un pauvre hère mortel divin
et misérable
oui
tout simplement
un être humain
parmi les milliards
et les milliards de vos créatures
à présent que les feuilles
et les mains
de douce nature
me closent les yeux !
Mais Seigneur Dieu
comme la vie était jolie
en ma Bretagne bleue.

 

          Pour en savoir plus sur Xavier Grall, rendez-vous chez Yvon

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