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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 13:12

Lu par Pascale Montpetit - 8h 48 minutes

Avant de résumer l'histoire, il me faut vous présenter Bondrée, qui est un lieu mais aussi, sans nul doute, le personnage principal du livre. On appelle Bondrée, dans ce roman, la région de Boundary Park, au Québec. Il s'agit d'une zone forestière située à la frontière avec les Etats unis et dans laquelle se trouve un lac. A l'époque où se situe l'histoire, en 1967, Bondrée est fréquenté par des vacanciers qui possèdent, pour la plupart, un chalet dans lequel ils mènent des vacances simples et proches de la nature.

La narratrice passait ses vacances à Bondrée quand elle était enfant. Le dernier été où elle a séjourné dans le chalet familial, avec ses parents, un terrible drame est survenu. Ce drame qui a secoué le village entier a commencé par la mort, dans des circonstances troubles, de Zaza Mulligan, une très belle jeune fille. Zaza a été retrouvée morte dans la forêt, une jambe prise dans un piège à ours. Sa meilleure amie, Sissy Morgan, va mourir peu de temps après dans les mêmes circonstances, plongeant les vacanciers dans une psychose que l'on comprend aisément. Les deux jeunes filles n'étaient pas très appréciées dans le village : trop belles, trop court vêtues et  trop maquillées au goût de beaucoup mais on ne tue pas pour cela. Alors que s'est-il passé ?

Nous suivons l'évolution de l'enquête, menée un policier américain particulièrement humain et traumatisé par une affaire similaire non résolue. Sceptique dès le départ sur le fait qu'un accident soit à l'origine du décès de Zaza, il n'a plus de doute quand Sissy meurt à son tour. La narratrice nous raconte la façon dont elle a vécu les faits à hauteur d'enfant, décrivant l'atmosphère qui règne chez les vacanciers après le drame et la réaction des amis et voisins autour d'elle.

"Bondrée" est un très bon roman d'ambiance avec une intrigue bien menée. J'ai beaucoup aimé le style du roman et cette écriture qui mêle français, anglais et expressions québécoises. L'interprétation est parfaite et tout à fait en adéquation avec le roman. 

Une très belle découverte pour ce roman qui a obtenu en France le Prix du Polar SNCF 2019 et plusieurs prix au Québec.

Une lecture commune avec Enna - Valentine (et BlueGrey ?)

J'ai téléchargé ce livre audio (gratuitement) sur le site de Radio-Canada

En novembre, c'est le mois québécois sur les blogs, animé par Yueyin et Karine.

 

challenge "Écoutons un livre"

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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 00:31

Editions "Le cheval d'août" - Lu par Emmanuelle Lussier-Martinez et Karelle Tremblay - 2 h20

Nous suivons, l'espace d'un été et le début de l'automne, deux jeunes filles qui ont décidé de passer leurs vacances dans un chalet familial isolé au milieu de la forêt. Toutes deux ont des blessures à l'âme. Chloé sort d'une clinique dans laquelle elle était soignée pour anorexie et Clara vit un chagrin d'amour. Dans le chalet, les filles coulent des jours tranquilles et se rapprochent l'une de l'autre. Vers le milieu du séjour, pour tromper un peu leur solitude, elles invitent des amis, le temps d'un week-end. Leur équilibre, tout juste retrouvé, se met à vaciller de nouveau dangereusement. La fin de l'été arrive et les blessures ne sont pas refermées...

"Les filles bleues de l'été" est un roman à deux voix sur les troubles de l'adolescence. J'aurais aimé vous dire que j'ai été touchée par Chloé et Clara mais ce n'est malheureusement pas le cas. Je ne me suis pas attachée à ces jeunes filles et je me suis ennuyée en leur compagnie. Pourtant, le roman est trop court pour souffrir de longueurs et le thème était susceptible de m'intéresser.

J'ai trouvé l'interprétation assez quelconque pour ne pas dire monotone. Je pourrais même dire qu'elle est en accord avec l'ambiance du roman, assez plombante. Par ailleurs, j'ai eu du mal à distinguer, tout au long de l'écoute, laquelle des deux jeunes filles s'exprimait. Je pense que la version papier est plus claire à ce niveau. Comme vous pouvez le constater, je n'arrive pas à vous donner un élément positif concernant cette écoute, Peut-être aurais-je davantage aimé la version papier ?

 

Une déception...

Enna, en revanche, a apprécié cette lecture audio (lecture commune). 

J'ai téléchargé ce livre audio (gratuitement) sur le site de Radio-Canada

En novembre, c'est le mois québécois sur les blogs, animé par Yueyin et Karine.

 

challenge "Écoutons un livre"

 

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 20:41

 

Comme chaque année, je participe au mois québécois organisé par Karine et Yueyin.

Cette fois-ci, comme j'ai anticipé, je suis capable de vous donner les titres que j'ai prévu de présenter. Je ne m'interdis pas d'en ajouter.

 

- le 4/11 : Les filles bleues de l'été de Mikella Nicol, sur le thème : "du Québec dans nos oreilles" /Lecture commune avec Enna

 

- le 10/11 : Bondrée de Andrée A. Michaud  pour le thème : "un polar" / LC avec Enna - le cri du lézard - Valentine

 

- le 16/11 : Nikolski de Nicolas Dickner sur le thème "autour de N Dickner" /  LC avec Enna et Isabelle

 

- le 19/11 : Conversations avec un enfant curieux de Michel Tremblay pour le thème "autour de M. Tremblay"

 

- 24/11 : la petite poule d'eau de Gabrielle Royune lecture commune avec Enna

 

- le 28/11 : Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois pour le thème : "regard d'ailleurs"

Vive le

!

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 00:57

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 10:41

Editions La table ronde (quai Voltaire) - 329 pages - août 2019 

traduit de l'anglais (irlande) par Cécile Arnaud

"C'était l'époque, se justifient les gens, mais moi je dis que l'époque est faite par ceux qui la vivent. Parce que je ne suis pas prête à pardonner, pas même après tout ce temps".

Dans ce roman polyphonique, Paula Mc Grath nous transporte en Irlande en 1982 et en 2012. A la fin du roman, nous reviendrons dans les années 60, quand commence l'histoire qui relie les femmes de ce roman. Avant d'arriver à ce moment crucial du roman, nous faisons la connaissance, en 2012, d'une gynécologue qui rend visite à sa mère dans une maison de retraite. Le chapitre suivant, toujours en 2012, c'est une jeune fille que nous suivons. Elle vient de perdre sa mère et se voit confiée à des grands parents qu'elle ne connait pas. Le personnage d'après, celui que nous suivrons le plus longtemps, est une autre jeune fille. Elle se prénomme Jasmine et vient de quitter le domicile de sa mère alcoolique, qu'elle ne supporte plus. Après un passage à Londres, qui ne lui réussit pas, elle rejoint Dublin où le hasard des rencontres la mène dans un club de boxe. Ce sport deviendra vite sa passion et lui permettra de trouver une motivation pour avancer dans la vie.

Sans évoquer précisément ce qui relie ces personnages féminins très attachants, je peux vous dire qu'elles seront toutes, à un moment de leur vie, voire plusieurs, confrontées à la violence ou à la discrimination en raison de leur sexe. Le fait que l'histoire se passe en Irlande n'est pas sans importance quand on connait la forte pression de la religion sur l'évolution des mœurs et le retard pris par ce pays dans l'émancipation des femmes. "La fuite en héritage" est aussi un roman sur la transmission entre mère et fille. Que transmet-on à nos filles, consciemment ou inconsciemment ? Quel est l'impact des non-dits de nos mères dans nos vies ?

Cet ouvrage de l'irlandaise Paula Mc Grath est très agréable à lire. J'avais hâte, chaque soir de retrouver les personnages, notamment Jasmine, en 1982, à Dublin. La dernière partie, très addictive, se lit d'une traite. La construction est intéressante. L'alternance entre les personnages et époques n'est pas linéaire, ce qui donne un rythme original au roman.

A découvrir !

Lu dans le cadre d'une opération MASSE CRITIQUE organisée par BABELIO

 

7/12

 

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 23:27

Audiolib 2019 ( Sabine Wespieser ) - lu par l'autrice et par Jacques Chaussepied - 3 h 14

Léonor de Recondo nous propose, au travers de cet ouvrage, de revivre les dernières heures de son père Félix. Accompagnée par sa mère, elle se rend en pleine nuit au chevet de son père mourant. Toutes deux attendent de longues heures avant qu'il ne rende son dernière souffle. Léonor se remémore la vie de Félix, marquée par la mort de trois de ses enfants. Par alternance avec le récit de cette nuit, nous sommes conviés à écouter le dialogue imaginaire entre l'écrivain Ernesto Hemingway et Félix, le père de l’autrice. Tous deux sont espagnols. Ils ont aimé la vie et les femmes. La guerre d’Espagne les a fortement marqués.

J'ai lu plusieurs ouvrages de Léonor de Recondo. Chaque fois, elle parvient à m'embarquer, quel que soit le thème abordé. Avec ce récit, toutefois, je suis restée en un peu en retrait. Je n'ai pas vraiment adhéré au dialogue imaginaire, il ne m'a pas captivée. J'ai été plus sensible au récit, tristement réaliste, de la nuit à l'hôpital. Avec beaucoup de pudeur, Léonor de Recondo rend un bel hommage à ce père qui lui manque déjà, alors qu'il respire encore.

"Ma bouche contre ton oreille, je te dis des mots qui ne s'écrivent pas. Des mots qui exigent la voix. Des mots de toi à moi, les derniers prononcés qui traversent ta peau devenue froide, qui parcourent tes oreilles, ton cerveau, tes veines et tout ton squelette pour rejoindre ton souffle, si ténu soit-il. Des mots d'amour, de gratitude, alors que déjà se profile l'incertitude de ne pouvoir jamais vivre sans toi".

Les voix de ce récit sont celles de Léonor de Recondo (pour la narration intimiste) et celle de Jacques Chaussepied (pour le dialogue entre Félix et Ernesto). Je n'ai rien à reprocher au lecteur mais comme je n'ai pas adhéré au dialogue, la voix a fini par m'agacer. En revanche, j'ai aimé l'interprétation par l'autrice de son texte ainsi l'interview qu'elle donne à la fin du CD.

Comme vous avez pu le constater, mon avis est partagé.

Vous pouvez écouter un extrait : ici

Allons voir ce qu'en pense Enna (avec qui j'ai entrepris cette lecture commune).

http://www.sylire.com/2018/08/recapitulatif-ecoutons-un-livre.html
Lu dans le cadre du challenge "Écoutons un livre"

 

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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 23:43

Misma 2015 

J'ai sorti de ma Pal cette BD (gagnée dans un concours) que je boude depuis 2016, peu attirée par le graphisme. Et pourtant, lecture faite (d'une traite), j'avais tort ! Delphine Panique traite en effet de façon très originale son sujet : les femmes en temps de guerre.

Parlons tout d'abord du graphisme. Les personnages sont affublés d'un toit de maison sur la tête et d'une petite queue en bas du dos. Passé l'effet de surprise, on s'y fait très bien. Les visages sont minimalistes mais on y lit aisément les émotions des personnages. 

On suit plus particulièrement la famille Bobi. Le cas du père est vite réglé, il meurt 3 jours après la guerre. Mais Madame Bobi ne le sait pas. Elle passera donc la guerre à attendre celui qu'elle appelle son fainéant de mari. Elle est désormais seule pour élever sa fille handicapée moteur, prénommée Bobbie (ils ne se sont pas cassés pour lui trouver un prénom).

 

Bobbie a une forme un peu "curieuse" et deux roues accrochées en bas du corps.

Madame Bobi et Bobbie trouvent un emploi dans l'usine d'armement, comme toutes les autres femmes du village. Bobbie va nous prouver qu'elle a plus d'un tour dans son sac.

 

Quand les femmes ne sont pas à l'usine, elles tentent de se distraire entre elles, ce qui donne lieu  à quelques scènes cocasses. Nous constatons qu'elles se débrouillent sans les hommes à tous niveaux.

Un jour les hommes reviennent (enfin pas tous) et ceux qui s'en sont sortis sont estropiés. On reconnait bien les gueules cassées de 14-18.

Tout est rentré dans l'ordre... ou presque comme le montre la saynète ci-dessous :

 

Voilà un roman graphique qui vaut vraiment le détour ! J'ai beaucoup aimé l'humour avec lequel l'auteur traite le sujet.

Je serais curieuse d'avoir un avis masculin (les hommes n'ont vraiment pas le beau rôle !).

 

Cette semaine, c'est chez NOUKETTE !

 

 

Challenge organisé par ANTIGONE

 

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 23:18

431 pages - Calmann Levy août 2019

L'histoire est celle d'un jeune garçon né à Tunis, dont le destin bascule le jour où son père se fait lyncher sous ses yeux, victime d'une émeute visant la communauté juive dont il fait partie. Le jeune Darius, traumatisé, gardera comme séquelles une boiterie et un mutisme dont il ne guérira jamais. Sa mère, s'investissant corps et âme dans l'éducation de son fils, vise pour lui une destinée hors du commun alors que le jeune garçon ne semble jouir d'aucun talent particulier, du moins jusqu'à ce qu'il découvre la musique. Sa passion pour le jazz sera le fil rouge de sa vie.

De Tunis à New York en passant par la Sicile, Darius mise tout sur sa passion. Il a tourné le dos aux études et à la possibilité d’exercer un des métiers auxquels sa mère songeait pour lui.  Arrivé à New York où il s'imagine vivre de sa musique, la déception est de taille pour le jeune homme. Sa peau blanche est un obstacle pour trouver une place dans un orchestre de jazz. On sait pourtant qu'il y parviendra car la première scène du livre s'ouvre sur son dernier concert. 

Voilà quelques semaines que j'ai lu ce roman, sans trouver l'envie de rédiger mon billet. "Ou bat le coeur du monde" jouit de très bonnes critiques. J'ai même lu que certains lui trouvaient un petit air de "la promesse de l'aube", le chef-d'oeuvre de Romain Gary. Je pensais le dévorer mais cela n'a pas été le cas, d'où ma déception. Si le  premier quart m'a paru très prometteur, j'ai trouvé le temps long par la suite, ne parvenant plus à me passionner pour le destin de Darius et de sa mère, peu crédibles à mes yeux. Quand la mère de Darius entre dans une banque comme femme de ménage et accède au poste de directrice au bout de quelques années,  j'ai du mal à y croire. J'ai trouvé par ailleurs que la période des Etats Unis était assez artificielle. Tous ces grands musiciens qui surgissent dans l'histoire comme par magie : Charlie Parker, Billie Holiday, Miles Davis... Surprenant ! Je dois dire pour finir que le jazz n'est pas un genre musical auquel je suis sensible, ce qui ne m'a pas aidée à relever les points positifs du roman qui en a pourtant, objectivement. Le contexte historique est intéressant et l'ouvrage très documenté sur le volet musical .

Je suis suis malheureusement restée en retrait de cette fresque romanesque. A conseiller plutôt aux amateurs de jazz.

L'avis de Jostein, plus enthousiaste que moi

6/6

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 23:45

Audiolib - 3h30 (grasset) - lu par Axelle Lafont

"Chacun veut la loi pour les autres et la liberté pour soi, pas vrai ?"

Je fais partie des personnes qui ne comprennent pas que l'on s'attaque aux policiers (comment ferait-on sans eux ?). Comme partout, on trouve dans la police des personnes qui ne rendent pas honneur à leur corporation mais c'est tellement injuste de généraliser, quand on sait à quel point ces hommes et femmes exercent un métier difficile et dangereux. Des états d'âmes ils en ont, comme nous tous, même si, parfois, ils doivent mettre leur mouchoir dessus pour pouvoir dormir la nuit. 

Les trois gardiens de la paix que nous suivons, l'espace de cette lecture, vont nous démontrer qu'ils ne sont pas dénués de conscience. Pour tenter de sauver un réfugié clandestin, ils vont mettre en péril leur carrière. Leur mission, inhabituelle, consiste à accompagner un réfugié à l'aéroport en vue d'une d'expulsion. Le transfert se fait de nuit. Virginie, la seule femme du trio est fragilisée par un événement personnel. C'est probablement la raison pour laquelle elle s'intéresse, plus que ne l'exige sa mission, au sort du clandestin. Les deux autres ne la comprennent pas dans un premier temps, puis, contre toute attente, acceptent de suivre leur collègue féminine pour tenter de sauver l'homme d'une destinée injuste.

"Mais ce soir c'est trop pour elle. Cette nuit, dans ce véhicule à hauteur de Nogent-sur-Marne, la situation n'est pas franche. La mort s'est assise entre eux dans cette voiture".

J'ai aimé passer cette nuit aux côtés des policiers et partager une tranche de leur vie professionnelle. C'est un métier que je n'aurais pas aimé faire, qui ne me correspond pas. Quelle chance de pouvoir vivre l'espace de quelques heures, d'autres vies que la mienne grâce à la littérature ! Cette nuit avec eux, on ne l'a voit pas passer. Le rythme est soutenu, les dialogues nerveux. La tension est palpable même si parfois, l'humour est au rendez-vous.

La version audio, qui ne dure que 3 h 30, n'offre pas de difficultés. C'est un bon choix pour ceux qui ne sont pas coutumiers de la lecture audio.

A lire ou à écouter, vous avez le choix.

Challenge : Écoutons un livre

 

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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 23:16

Actes Sud 2014 - 402 pages - traduit de l'anglais (américain) par Christine Le Boeuf


"Toutes les entreprises intellectuelles et artistiques, plaisanteries, ironies et parodies comprises, reçoivent un meilleur accueil dans l'esprit de la foule lorsque la foule sait qu'elle peut, derrière l'œuvre ou le canular grandioses, distinguer quelque part une queue et une paire de couilles".

En 2003, j'ai découvert cette phrase provocatrice dans une lettre à la rédaction parue dans le premier numéro de The Open Eye, une revue interdisciplinaire que je lisais fidèlement depuis plusieurs années. L'auteur de la lettre, Richard Brickman, n'était pas celui de la phrase. Il citait une artiste dont je n'avais encore jamais vu le nom dans la presse : Harriet Burden.

L'ouvrage commence par un avant propos (extrait ci-dessus) signé I.V. Hess, une universitaire intriguée par les propos d'une plasticienne nommée Harriet Burden. Curieuse d'en savoir plus sur cette artiste, elle fait des recherches et découvre qu'Harriet est décédée depuis deux ans. Grâce à ses enfants, l'universitaire accède aux carnets tenus par l'artiste et découvre une femme d'une culture et d'une vie intérieure très riche. Avec l'accord de la fratrie, elle regroupe, dans un ouvrage, les écrits d'Harriet, en y ajoutant des interviews et témoignages de proches de l'artiste. L'ensemble constitue "un monde flamboyant".

Siri Hustvedt

Le thème central de l'ouvrage de Siri Hustvedt tourne autour de la place des femmes dans le monde artistique. Regarde-t-on de la même façon une oeuvre quand on connait le sexe de l'auteur ? Plus généralement, n'est-on pas influencé par les différents critères que constituent l'âge, le sexe et la race de l'artiste ? Harriet Burden, qui n'a pas le succès qu'elle pense mériter, en est persuadée. Elle décide de mener une expérience pour en avoir le cœur net. Elle compose une série d’œuvres qu'elle nomme "masquages" en s'associant secrètement avec des hommes qui lui serviront de "masques". Harriet sera en contact avec eux durant la création pour s'imprégner de leur personnalité et se mettre d'une certaine façon "dans leur peau". Les œuvres seront signées du nom de ces "masques". Ils en feront la promotion. 

Au fil des différents témoignages et carnets, nous assistons à la création des œuvres, à leur promotion ainsi qu'aux réflexions d'Harriet sur son processus de création. Avec un peu d'imagination, nous pouvons visualiser ces œuvres fictives, tant elles sont bien décrites. De façon plus générale, l'artiste évoque l'art et le milieu artistique dans lequel elle a baigné au travers de son mari galeriste. La plasticienne évoque aussi sa vie privée (son mari puis son compagnon, ses enfants, les artistes qu'elle héberge...). Elle confie ses complexes (concernant notamment sa grande taille), ses difficultés à s'accepter en tant que femme vieillissante... Nous partageons ses joies, ses doutes mais aussi, à la fin du roman, sa maladie et sa fin de vie.

Ce n'est pas une lecture facile dans le sens où de nombreuses références philosophiques et psychanalytiques viennent étayer le roman (avec notamment des notes de bas de page). J'avoue qu'à la fin du roman, je faisais l'impasse sur ces notes. Si l'ouvrage est parfois ardu, il est d'une grande richesse de par la réflexion qu'il suscite. Sa construction, sous forme d'enquête, en fait un véritable "thriller littéraire", comme souligne Babelio dans sa présentation du livre. 

Je recommande cette lecture aux personnes que le sujet intéresse. Je pense notamment aux artistes femmes comme mon amie Gwenaëlle. Cette dernière, sans que l'on ait échangé sur l'ouvrage et sans l'avoir lu, vient tout juste de partager sa réflexion sur le sujet dans un article de blog intitulé "femme et artiste". 

Si vous entreprenez la lecture de ce roman, j'ai deux conseils à vous donner : arrangez-vous pour avoir du temps devant vous et prenez quelques notes de "qui est qui", afin faire le lien, plus aisément, entre les différents protagonistes. 

Une lecture exigeante mais, avec du recul, passionnante.

Allons voir si Laure, du blog Micmélo, est d'accord avec moi. Nous devions, depuis longtemps, entreprendre cette lecture commune, voilà qui est fait. Nous continuerons l'aventure un de ces jours avec un autre titre de l'auteure : "Eligie pour un américain".

J'ai lu cet ouvrage (sorti de ma PAL) dans le cadre du mois américain (qui est terminé, je suis en retard).

Le challenge "objectif PAL", c'est chez Antigone !

 

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