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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 00:06

 

Grand angle - mai 2016 - 66 pages

Tout commence par un tremblement de terre au Pérou qui fait de nombreuses victimes. Puis nous assistons à l'arrivée en France d'une petite fille nommée Qinaya. Elle est accueillie par une famille adoptive qui l'attend à l'aéroport, les bras ouverts. Après des années de traitements infructueux, ce couple va enfin devenir parents. 

Les nouveaux grands-parents de la petite, Lynette et Gabriel, sont sollicités pour garder, de temps à autre, leur nouvelle petite fille. Si Lynette est très heureuse de son nouveau rôle de mamie et le fait savoir, Gabriel joue au vieux ronchon blasé. Pourtant, peu à peu la petite va faire craquer son papi et tous deux finiront par devenir les meilleurs amis du monde.

Cette BD se lit le sourire aux lèvres et ne présente pas de grande originalité durant une grande partie de l'histoire. Tout bascule à la fin, véritable douche froide. Les auteurs nous conduisent à reconsidérer l'histoire d'une toute autre façon. Je suis impatiente de lire le second volet de ce diptyque pour découvrir ce que les auteurs ont imaginé comme suite. J'ai ma petite idée...

Le dessin est en parfaite harmonie avec le texte. J'ai particulièrement aimé les représentations de la petite péruvienne, tout à fait craquante avec sa tête de poupée et ses yeux ronds. 

Vivement la suite ! 

Les avis de : Violette - Stephie - Canel - Noukette - Jérôme - Saxaoul

La BD de la semaine, c'est chez Mo

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 00:37

Babel 2011 (Léméac 1978) - 180 pages

Une fois n'est pas coutume, je vous livre la quatrième de couverture :

"Tu commences une histoire au bord du fleuve à Cap-Rouge autour d'un feu scientifique et tu gagnes le large tranquillement comme le marquis de Carabas qui s'avance de plus en plus loin dans la rivière et ton bateau se promène un bout de temps entre Québec et Lévis et à cause d'une grande barge noire avec des lumières aux deux bouts il se met à dériver jusqu'à l'île d'Orléans et plus loin jusqu'à la Côte Nord et la Gaspésie où le fleuve est assez large pour les grosses tempêtes qui donnent le mal de mer et où il y en a qui peuvent se noyer comme le marquis de Carabas qui perd pied tandis que le Chat botté court comme un fou vers le carrosse du roi et tu ne sais plus très bien où ton bateau en est rendu..."

Ce que j'en ai pensé :

A l'occasion de du challenge "Québec en novembre", j'ai sorti ce roman de ma pile à lire, certaine de passer un bon moment, comme toujours avec Jacques Poulin. Hélas, je n'ai pas compris grand chose à cette histoire, que l'on suit au travers des yeux d'un enfant. Il est question d'un petit garçon qui habite une maison sur pilotis près d'un lac. Il raconte ses relations avec ses parents, les voisins et des amis imaginaires. C'est à peu près tout ce que je peux en dire.
 
Il est difficile de distinguer, dans le récit, ce qui est réel de ce qui relève de l'affabulation. La quatrième de couverture donne le ton, j'aurais du me méfier. Comme le livre est court, je me suis accrochée jusqu'à la moitié puis j'ai déclaré forfait, lassée des divagations de Jimmy.
 
Je vais m'empresser de d'oublier ce roman de Jacques Poulin (qui compte parmi ses tous premiers).
 
Si vous souhaitez découvrir l'auteur, je vous conseille plutôt :
La tournée d'automne ou Volkswagen Blues (ou d'autres titres. Jusqu'ici, j'avais tout aimé).

Lecture dans le cadre de Québec en novembre, organisé par Karine etYueyin

Je participe aussi, avec ce titre, au challenge objectif PAL chez Antigone et Anne.

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 00:22

La fabrication de l'aube - Jean-François Beauchemin - lu par l'auteur

Lu en version audio (téléchargé sur le site Ici Canada) - 3 heures 26 d'écoute

Les premières lignes du roman donnent le ton : "Un jour, je suis mort. C'était vers le milieu de l'été, le ciel était d'un bleu immaculé". 

Après avoir vu la mort de très près, l'auteur nous raconte la période d'hospitalisation durant laquelle il a oscillé entre la vie et la mort. Cette expérience très particulière a changé son regard sur le monde et lui a donné un nouvel élan.

Il raconte la douleur physique contre laquelle il a dû lutter, les hallucinations et rêves qui occupaient ses jours mais aussi les moments de lucidité pendant lesquels il revisitait son passé et pensait à ses proches.

C'est un récit touchant, l'écriture est poétique, mais j'ai trouvé que ce long monologue manquait de piment. Je me suis un peu ennuyée pendant cette écoute, qui met toutefois dans l'ambiance québécoise grâce à l'accent du lecteur (l'auteur lui-même).

 

 

Chanson française - Sophie Létourneau (2013) - Lu par Catherine Trudeau

Lu en version audio (téléchargé sur le site Ici Canada)

Chanson française n'a strictement rien à voir avec le roman précédent, sinon que l'histoire se passe aussi (mais en partie seulement) au Québec. L'autre partie se déroule en France.

Béatrice est une jeune femme très attachante qui peine à construire sa vie. Elle rêve du grand amour mais part en courant quand il se présente. Nous la suivons de Québec à Paris, avec ses doutes et ses errances. Il est amusant de découvrir son regard sur notre belle capitale.

J'ai écouté cette histoire avec plaisir, bercée par la charmante voix de l'interprète et son irrésistible accent québécois. J'aurais sans doute trouvé l'histoire un peu banale en version papier.

Dans sommes ici dans le registre des lectures "feel good".

Jane, le renard et moi -  F. Britt et I. Arsenault - Lu par Emilie Bibeau - 23 minutes

Lu en version audio (téléchargé sur le site Ici Canada)

Ce court roman pour enfants raconte l'histoire d'Hélène, une fille d'une dizaine d'années rejetée par ses camarades parce qu'elles la trouvent trop grosse. Hélène trouve du réconfort dans la lecture de "Jane Eyre", personnage auquel elle s'identifie. Si Jane Eyre parvient à surmonter toutes les épreuves qui se mettent au travers de son chemin, pourquoi pas Hélène  ?

Ce court roman, raconté avec un fort accent québécois, illustre la cruauté des enfants entre eux. Hélène est confrontée a bien des humiliations mais la lecture n'est pas plombante grâce à l'humour dont elle fait preuve. Cerise sur le gâteau, l'histoire se termine bien !

Voilà trois histoires très différentes, qui mettent dans l'ambiance du mois québécois.

 Lu dans le cadre de "Ecoutons un livre  

et de "Québec en novembre", organisé paKarine et Yueyin

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 18:13

Ce mois-ci, le thème proposé est : "un ouvrage d'un auteur francophone".

Les participants sont :

Dans le thème :

Kupessipan - Naomi Fontaine : Emeille

Renaud le petit renard - K Maurey et V Boisjoly : Eimelle

La fabrication de l'aube - Jean-François Beauchemin : Sylire

Chanson française - Sophie Létourneau : sylire  / Enna

Jane, le renard et moi - Fanny Britt et Isabelle Arsenault : Sylire

Jeanne Moreau a le sourire à l'envers - Simon Boulerice : Enna

Hors thème 

Daisy Sister - H. Mankell : Sandrine

Chien de printemps - P. Modiano - Manika      

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Pour le 16 décembre, je vous propose comme thème "les pays nordiques" ce qui nous permettra de participer au challenge "Décembre nordique" organisé par Cryssilda Collins

 

 

 

 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 00:29

Lu en version audio par Bruno Marcil et Catherine trudeau - 5 h 56

Ce livre, inspiré d'une histoire vraie, raconte l'expédition de deux navires britanniques vers l'Arctique en 1845. Le commandant de l'expédition, John Francklin, est épaulé par un adjoint, Francis Crozier. L'auteur nous livre des extraits du journal de bord des deux hommes. Régulièrement, nous revenons à terre pour vivre, l'espace de quelques jours, aux côtés de Lady Jane (l'épouse de Francklin) et de Sophia (la femme dont Crozier est amoureux). L'alternance terre/mer donne un certain rythme au roman.

En mer, les mois s'enchaînent et l'ambiance est au beau fixe. Hélas, les navires se retrouvent assez vite prisonniers des glaces. L'euphorie de l'équipage se maintient durant la première année car ils sont tous persuadés que la glace va fondre. Mais la glace ne fond pas et les provisions s'épuisent.

Ce qui est intéressant dans ce roman, outre son aspect historique, c'est la confrontation des points de vue de Francklin et de Crozier tout au long du voyage. On s'attache à bien plus au second qu'au premier, qui se prend pour un héros et se construit un personnage pour la postérité. Plus discret que son chef, Crozier est aussi plus réfléchi. 

La version audio apporte un réel plus à l'histoire. En effet, les lecteurs modulent leur voix en fonction de la personnalité de chacun des personnages. Le ton est nettement plus enjoué en Angleterre avec Sophia et Lady Jane que lorsque nous sommes bloqués dans les glaces de l'Arctique avec l'équipage des deux bateaux. A noter que les lecteurs n'ont pas l'accent québécois.

Quelques longueurs, mais une histoire intéressante.

Dominique Fortier est une écrivaine québécoise né à Québec en 1972

J'ai téléchargé cette lecture audio sur le site de Radio-Canada

Lu dans le cadre de Québec en novembre, organisé par Karine et Yueyin

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 00:40

Gallimard 2016 - 227 pages - août 2016

L'histoire commence par le meurtre de deux enfants par leur nounou. Une scène assez horrible, que j'appréhendais. Elle ne dure heureusement pas trop longtemps. Puis, nous remontons le temps pour comprendre ce qui a bien pu se passer pour que la nounou en arrive là. Nous assistons tout d'abord aux recherches de la perle rare. Elle se présente sous les traits d'une jeune femme blonde qui a de bonnes références et paraît bien sous tous rapports. Très vite, les parents se félicitent de leur choix. Leur nounou, véritable Mary Poppins, est parfaite et suscite l'envie de leurs amis. Il faudra attendre quelques mois avant qu'un malaise ne s'installe et aille crescendo.

Si le rapport employeur-employé est intéressant à analyser dans ce contexte particulier de la garde d'enfant à domicile, j'ai trouvé que l'auteur allait trop loin dans le sensationnel pour que l'histoire soit crédible. Pour tuer deux enfants et se donner la mort ensuite, il faut avoir avoir basculé dans une forme de folie. S'il est très important de ne pas se tromper en choisissant une nounou, je pense pas que le risque le plus important soit d'embaucher une déséquilibrée mentale (surtout quand elle a des références, comme c'est le cas ici). En revanche, il existe un risque de tomber sur une personne qui néglige ou maltraite les enfants parce qu'elle n'est pas faite pour cela. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure dans ce roman.

J'ai vu dans cette histoire une démonstration visant à prouver que les parents ont une responsabilité dans ce qui arrive, parce qu'ils n'ont pas voulu voir que la nounou n'allait pas bien. Il est vrai que la relation n'était pas saine et qu'ils auraient dû se méfier davantage mais quand on a le nez dans le guidon, fatigué et stressé, il est parfois difficile de prendre du recul pour analyser une situation. Les enfants étaient attachés à leur nounou et recruter quelqu'un d'autre, c'était peut-être prendre le risque de tomber sur pire (on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne). Ils ne pouvaient pas, bien entendu, imaginer une telle tragédie. J'ai du mal à leur jeter la pierre et notamment à cette mère qui essaye de mener de front sa carrière professionnelle et la maternité. 

Il y a un autre aspect du roman qui m'a dérangée. L'auteur sous-entend que les parents auraient dû s'intéresser aux conditions de vie de leur employée de maison. Mais quid du respect de la vie privée ? On ne peut pas à la fois leur reprocher d'avoir été trop proche de la nounou et pas assez. Par ailleurs, lorsque l'on a les moyens d'embaucher une nounou à domicile, cette personne a bien souvent un statut social moins élevé que le sien. Une jalousie peut naître de cette situation mais les parents n'y peuvent pas grand chose sauf s'ils ne paient pas leur employée au tarif en vigueur. Je n'ai pas eu l'impression que c'était le cas ici. L'employée faisait largement plus que ce qui lui était demandé mais de sa propre initiative.

C'est un livre prenant, bien construit, très fluide dans la narration. Je lui reconnais beaucoup de qualités littéraires (il n'a pas eu le Goncourt pour rien) mais vous l'avez compris, il m'a dérangée et interpellée. Si je me suis mise dans la peau de ces parents, c'est peut-être parce que je sais à quel point il est difficile de concilier vie familiale et professionnelle quand on a un travail prenant. Je ne considère pas que ces parents soient fautifs mais plutôt qu'ils ont été manipulés et victimes d'une grande malchance. 

Plutôt que de culpabiliser les parents, j'aurais préféré que l'auteure mette en cause notre société qui n'est pas capable d'organiser des modes de gardes adaptés aux cadres et sûrs (de type crèches). Je pense également que les entreprises françaises ne tiennent pas suffisamment compte de la vie de famille de leurs salariés, notamment des cadres. Les scandinaves sont beaucoup mieux organisés que nous, par exemple.

Mon billet est très long, mais le sujet me tient à coeur.

Un roman dérangeant, sans nul doute, mais pas pour les raisons que j'imaginais avant de l'ouvrir. 

Ce roman vient d'obtenir le Prix Goncourt 2016. Bravo à Leila Slimani.

Les avis de mimi - Keisha - Clara - Valerie

Challenge rentrée 2016 11/18

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 00:28

Ecoutez lire (Gallimard) Lu par Dominique Reymond - 3 h 38 

"Ni soumission ni consentement, seulement l’effarement du réel qui fait tout juste se dire « qu’est-ce qui m’arrive » ou « c’est à moi que ça arrive » sauf qu’il n’y a plus de moi en cette circonstance, ou ce n’est plus le même déjà. Il n’y a plus que l’Autre, maître de la situation, des gestes, du moment qui suit, qu’il est seul à connaître".

L'été 58, Annie Ernaux (à l'époque Annie Duchêsne) a 18 ans. Elle débarque de sa province dans le village de S pour être monitrice dans une colonie de vacances. Forte de son statut de brillante élève, elle se sent sûre d'elle-même et ne doute pas de s'intégrer.

Très peu de temps après son arrivée, elle se fait remarquer en cédant aux avances du chef mono. Ils passent la nuit en ensemble et le garçon se comporte de façon ignoble. Elle ne se formalise pas, pensant que les choses doivent se passer ainsi la première fois. Dès le lendemain, le chef mono se détourne d'elle mais curieusement, elle s'accroche, refusant de croire qu'il a n'a aucun sentiment pour elle. Elle finit par jouer la brave en se consolant avec d'autres garçons. Les moniteurs (garçons et filles) la montent du doigt et l'humilient. Elle n'en fait pas cas.

L'auteure raconte fort bien le piège dans lequel est tombée la jeune Annie par naïveté, aveuglée par ce qu'elle croyait être l'Amour. Elle explique fort bien le contraste entre le romantisme des filles (surtout à l'époque) et la brutalité de certains garçons qui ne se gênaient pas pour assouvir leurs pulsions en toute impunité, encouragés par les mentalités de l'époque. La coupable, c'était obligatoirement la fille qui s'était laissée entraîner.

Si  Annie ne parait pas être touchée par ce qui lui arrive sur le moment, elle le paiera pourtant très cher. Il lui faudra deux ans pour se remettre de l'humiliation subie et mettre à distance la "putain sur les bords" de la colonie (c'est ainsi qu'on la nommait).

Annie Ernaux nous explique que cette année 58 faisait partie de ses projets d'écriture depuis longtemps mais qu'elle repoussait le moment de s'y mettre, ne sachant pas sous quel angle l'aborder. Elle a même tenté d'oublier la fille de 58 afin de ne pas avoir à y revenir. On peut la comprendre tant le sujet est intime mais il est heureux qu'elle y soit parvenue car ce récit est désormais une pièce maîtresse de l'oeuvre de l'écrivaine.

Je suis loin d'avoir fait le tour de l'oeuvre de Annie Ernaux et je m'en réjouis. Cette introspection par l'écriture me fascine et je suis très intéressée par la dimension sociologique que l'auteure donne à ses récits.

La version audio est très réussie. La lectrice qui a été choisie a trouvé le ton adéquat pour ce type d'ouvrage.

Un récit très marquant à conseiller à toutes les femmes et peut-être plus encore aux jeunes filles.

Jérôme indique en commentaire qu'il est aussi à conseiller aux hommes. Il a mille fois raison ! Son avis sur ce roman

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 10:00

Octobre a été un mois studieux mais j'ai tout de même réussi à me dégager un peu de temps libre.

Début octobre, j'étais à Paris pour ma formation et j'ai passé la soirée avec Mior qui s'est jointe à moi pour assister à une rencontre avec Laurent Mauvigner, à la Librairie de paris. L'auteur présentait son dernier roman "Continuer".

L'idée de ce livre lui est venue en lisant, dans un journal, un article qui relatait l'histoire d'un homme qui a fait un break dans sa vie pour partir en voyage dans le Kirghizistan avec son fils qui menaçait de s'enfoncer dans la délinquance.

Mauvignier n'est pas allé au Kirghizistan mais il a tenté d'imaginer comment pouvait se passer un voyage dans ce pays. Il a écrit son roman dans une sorte d'euphorie. Il avait le début et la fin. Il lui fallait imaginer le cheminement des personnages, qu'il a accompagnés avec passion jusqu'au dénouement de l'histoire.

Laurent Mauvignier n'est pas quelqu'un qui cherche à tout prix à séduire son lecteur. Je ne peux d'ailleurs pas dire que je l'ai trouvé particulièrement sympathique. En revanche, il m'a semblé sincère dans sa démarche d'écriture et c'est l'essentiel pour la lectrice que je suis.

Il accepte volontiers les critiques (y compris les négatives) quand elles sont sincères et construites, nous a t'il dit en aparté. Il s'en sert d'ailleurs parfois pour progresser. 

Après le verre offert par le libraire, je suis allée dîner avec Mior et nous avons parlé de nos lectures, de nos blogs, de nos vies. C'était la première fois que nous nous rencontrions et nous n'avons pas vu la soirée passer...

J'ai profité de ces quelques jours dans la capitale pour faire un peu de tourisme, le soir. Mes pieds  m'ont conduite au Sacré-Coeur mais le retour a été un peu douloureux car je n'avais pas les chaussures adaptées (la prochaine fois je mettrai des baskets dans la valise). 

 

Autre moment très agréable de mon mois, l'exposition Chagall à Landerneau. La guide était passionnante et j'étais en très bonne compagnie (merci les copines). 

Marc Chagall est un personnage fascinant qui donne, au travers de ses oeuvres, un message d'espoir et de foi en l'homme. L'artiste était d'un optimisme remarquable pour un juif qui a traversé le siècle dernier. Son oeuvre, très colorée et onirique nous fait voyager et rêver. J'ai été très impressionnée par son imagination débordante et j'ai beaucoup aimé le côté ludique de ses toiles.

La guide nous a donné quelques clés de compréhension de l'oeuvre de Chagall. L'artiste a été marqué par sa jeunesse en Russie, par l'exil et la fuite plusieurs fois dans sa vie et bien-sûr par la terrible histoire de son peuple. Sa vision de la religion est très étonnante pour un juif. Pour preuve, il a peint des scènes inspirées par le nouveau testament.

Sur l'affiche de l'exposition, on le voit avec sa femme Bella, l'amour de sa vie. Vous remarquerez les couleurs de son pays d'adoption, la France, qu'il adorait.

 

Côté livres, octobre a été un mois vraiment très riche avec notamment deux coups de coeur : "Un paquebot dans les arbres" de Valentine Goby et "Fils du feu" de Guy Boley.  Je finis le mois en lisant "Petit pays" de Gaël Faye et il se pourrait bien que ce soit aussi un coup de coeur...

Pour finir, un week-end de Toussaint qui ressemble à l'été indien...

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 23:59

Philippe Rey - Août 2016 - 200 pages

"Je vais reprendre le fil générationnel que la mort a trouvé marrant de couper entre ses dents, telle une couturière capricieuse et impatiente, et je vais raccommoder les trous, faufiler des pièces aux coudes et genoux de ce grand squelette prématurément décharné. Je vais les coudre ensemble".

L'an passé, Sophie Daull faisait de sa fille disparue, "Un être de papier". Elle nous revient en 2016, avec un roman dans lequel elle évoque, cette fois, sa mère décédée. Sophie Daull a éprouvé le besoin, après la mort de sa fille, de remonter le temps pour faire se rencontrer, l'espace d'un roman, la grand-mère et sa petite fille.

Pour écrire "La suture", l'auteure a réuni le peu de documents dont elle disposait et s'est rendue sur les différents lieux où sa mère avait vécu, pour y mener une sorte d'enquête. Le roman relate les recherches, qui seules ne permettront pas de dresser un portrait qui se tienne. Sophie Daull devra donc faire appel a son imagination pour combler les blancs et reconstituer le portrait de cette femme qui se taisait sur ses origines pour ne pas révéler un secret de famille.

Son périple à travers la France lui permet de dresser un portrait des villages de province où l'on ne trouve âme qui vive dans les rues, passé 19 heures. Elle nous fait également voyager dans le temps, des années d'après-guerre aux années 80. Les renseignements récoltés sont bien maigres mais Sophie Daull s'en accommode et le lecteur doit faire de même.

Les deux ouvrages forment désormais un diptyque. Ils se complètent et se répondent. Dans les deux récits, l'auteure dialogue avec ses mortes avec une grande douceur. Elle nous offre un texte poétique et non dénué d'humour. S'ils sont de la même veine, "La suture" est moins prenant que "Camille, mon envolée", et heureusement moins triste. De l'eau a coulé sous les ponts depuis la mort tragique de cette mère, assassinée dans des circonstances qui restent mystérieuses, dans les années 80. 

Bien qu'il n'ait pas la force du premier, j'ai de nouveau été séduite par la plume désormais reconnaissable de Sophie Daull et par son sens de la métaphore. Dans "la suture" nous sommes à mi-chemin entre le récit autobiographique et le roman. Peut-être s’attellera t'elle à la fiction, pour un troisième roman ? 

Sophie Daull confirme, avec ce roman, son talent d'écrivain.

Les avis de : Antigone - Eva

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 23:10

Grasset - Août 2016 - 157 pages

"Il faut bien que toutes les horreurs du monde enfantent des printemps si nous voulons durer au-delà du chagrin".

Le narrateur est encore un enfant quand son petit frère perd la vie subitement. Le temps qui passe aurait dû atténuer un peu le chagrin de tous mais la mère refuse de prendre acte de la disparition de son fils et s'installe dans le déni. Le père, forgeron, prend de la distance vis-à-vis du foyer tout comme la sœur aînée qui choisit de partir pour ne pas sombrer. S'instaure alors, aux confins de la folie, une relation à trois : la mère, le narrateur et le fantôme du petit frère. 

Avant le drame, la famille vivait heureuse, au rythme de la forge. Quand il ne regardait pas sa grand-mère écorcher des grenouilles, le narrateur aimait s’asseoir dans l'atelier pour admirer le travail de son père et de l'ouvrier à moto, le beau Jacky. La beauté flamboyante de la forge, lieu magique pour l'enfant, n'est sans doute pas étrangère au goût qu'il développera plus tard pour la création artistique. Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette histoire, merveilleusement racontée à la façon d'un conte, mais peut-être vaut-il mieux se laisser porter par les mots de l'auteur, sans savoir dès le départ où il va nous mener.

L' écriture, poétique, peut poser quelques difficultés au début du roman. Il faut être patient et laisser l'auteur planter le décor et présenter ses personnages. L'écrivain donne ici ou là quelques indices qui plus tard éclaireront l'histoire. La seconde partie se lit dans un souffle, le style s'efface au profit de histoire. Une fois l'ouvrage terminé, j'ai éprouvé le besoin de le relire dans la foulée. J'avais la sensation de ne pas avoir suffisamment savouré ce texte, d'une beauté époustouflante.

Plutôt qu'une phrase de conclusion, voici un exemple du style remarquable de l'auteur :

"Souvent il arrivait que papa et Jacky martèlent de concert. Pas un mot, pas un cri, juste des souffles mêlés comme font les amants. De lourds coups sur l’acier, de petits sur l’enclume, en rythme cadencé, sorte de concerto pour enclume et marteaux où la basse continue n’était autre que celle de leurs respirations. Et puis ces escarbilles, toujours ces escarbilles, petites étoiles filantes que chacun d’eux apprivoisait pour qu’elles n’aillent pas, comme des baisers voraces, mordre le corps de l’autre". 

C'est Laure qui m'a donné envie de découvrir ce très beau texte.

Leiloona est également conquise.

Lu dans le cadre de Masse critique de Babelio

 

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