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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 23:54

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 23:39

Ecoutez lire (Gallimard 2015) - 8 h 30 - lu par Benjamin Jugers et Sarah Stern

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Anouk Neuhoff

J'ai découvert la plume de Tracy Chevalier avec deux très beaux portraits de femme : "La jeune fille à la perle", son roman le plus connu puis "Prodigieuses créatures", qui m'a enchantée. Avec "la dernière fugitive", c'est de nouveau un portrait de femme que nous propose Tracy Chevalier. Cette fois, nous voyageons au fin fond de l'Ohio, en 1850, aux côtés d'Honor, une jeune quaker d'origine anglaise, fraîchement débarquée en Amérique après un long voyage particulièrement éprouvant, puisqu'elle perdra sa sœur quelques jours avant d'arriver à destination. Cette dernière devait épouser un membre de leur communauté. 

Honor est accueillie très froidement par l'homme qui devait épouser sa sœur. Pour sortir de cette maison où elle n'est pas la bienvenue, la jeune fille ne voit pas d'autre solution que de se marier et choisit l'homme qui semble correspondre le mieux à ses valeurs. Son mari ne la déçoit pas mais elle ne s'entend pas avec sa belle-famille. Honor ne comprend pas que cette dernière refuse d'aider les esclaves fugitifs alors même que leur communauté rejette l'esclavage. La jeune femme porte bien son prénom. Elle est droite, honnête et en accord avec ses valeurs. Elle se met donc à agir comme elle le sent, désobéissant à sa belle-famille. 

C'est le troisième ouvrage que je lis de Tracy Chevalier et chaque fois je me passionne pour l'univers qu'elle me propose.  J'ai découvert avec beaucoup d'intérêt les us et coutumes de la communauté quaker et notamment l'art du quilt (sorte de patchwork) que pratiquent les femmes. Honor est très douée pour la couture et s'évade en créant de superbes ouvrages.

un exemple de quilt

On ne peut pas qualifier "la dernière fugitive" de roman historique mais l'ouvrage permet de se faire une idée des dernières années de l’esclavagisme en Ohio. On découvre une population divisée en trois catégories : ceux qui osaient aider les fugitifs, ceux qui, bien qu'étant contre l’esclavagisme, avaient peur de s'opposer à la loi et enfin ceux qui, parce qu'ils cautionnaient le système ou y trouvaient un intérêt personnel, dénonçaient les fugitifs.

Un roman à découvrir, si ce n'est déjà fait.

Précision : la version audio est une version abrégée mais cela n'a pas perturbé ma lecture. Je ne m'en suis aperçue qu'après avoir rédigé mon billet. Je préfère toutefois écouter une version intégrale car je l'aime pas l'idée de coupes dans un texte, même si c'est avec l'accord de l'auteur. 

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

 

Le mois américain, c'est chez Titine
challenge 50 états - 50 romans : l'Ohio

 

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 23:30

Lizzie (Presse de la cité) - 8 h 58 - Lu par Taric Mehani

Dans un quartier plutôt chic, un jeune couple sans histoires (du moins en apparence) va se trouve plongé dans un terrible cauchemar. Leur bébé va disparaître de son lit alors qu'ils passent la soirée chez leurs voisins mitoyens. Les soupçons se portent assez vite sur les parents, déjà accablés par le fait d'avoir été quelque peu "légers" la veille au soir. Certes, il y avait un baby-phone et ils passaient voir le bébé toutes les demi-heures mais le couple a tout de même laissé le bébé seul, Anne a trop bu et Marco s'est intéressé d'un peu trop près aux courbes de la voisine. 

Abattus et rongés par la culpabilité, Anne et Marco restent tout de même solidaires. L'un et l'autre sont des coupables potentiels aux yeux des enquêteurs mais ils ne se s'accusent pas mutuellement. Il nous faudra attendre la toute fin pour connaitre la vérité sur l'affaire. Avant cela, plusieurs pistes seront explorées, certaines menant vers des impasses, comme il se doit dans ce genre de romans.

Cet ouvrage ne me laissera pas un souvenir impérissable. L'intrigue, alambiquée, n'est pas très crédible et les multiples rebondissements ont fini par me lasser. Du côté de l'interprétation, je n'ai aucun reproche à formuler.

Un livre audio qui s'écoute sans effort et s'oublie très vite...

Une lecture commune avec Enna. Allons voir son avis !

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

challenge "Écoutons un livre"

 

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 23:37

Delcourt - 258 pages - août 2019 - Traduit de l'anglais ( USA ) par Lisa Rosenbaum

William Melvin Kelley

"Aucun d'eux n'avait le moindre repère auquel il aurait pu rattacher la notion d'un monde dépourvu de Noirs".

Nous sommes plongés à la fin des années 50 dans un état imaginaire du sud des Etats Unis où les blancs et les noirs cohabitent dans un climat de ségrégation raciale. Dans la ville Sutton, un événement inimaginable survient : la population noire quitte la ville en masse, sans la moindre explication. Le premier à quitter les lieux s’appelle Tucker Caliban. Il n'est pas n'importe qui, comme nous le découvrirons plus tard. Il descend en effet de la première lignée d'esclaves à avoir mis les pieds dans la ville. Turcker quitte sa ferme de façon subite et spectaculaire. Il brûle sa maison, abat sa vache et son cheval et étend du sel sur ses terres. Les autres noirs, ni une ni deux, font leur valise et abandonnent leur maison sans un mot.

 

Ce livre, publié en 1962 aux USA, m'a fait immédiatement penser à "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", bien que les deux histoires soient très différentes. On y trouve le même climat de défiance entre les noirs et les blancs, une ségrégation pas toujours assumée mais bien réelle et parfois terriblement violente.  Ce roman comporte une part de surnaturel et se lit comme un conte. Mais il ne faut pas que cet aspect vous effraie si vous n'aimez pas ce genre littéraire. L'histoire est ancrée dans une réalité historique et aborde le thème de la discrimination raciale de façon originale mais réaliste. L'ouvrage peut se lire d'une traite tant nous sommes pris par l’enchaînement des faits et des témoignages. Ce sont les blancs qui relatent les faits, des blancs qui ne s'imaginent pas vivre sans les noirs, tant ils font partie de leur quotidien. Les témoignages se succèdent, nous offrant plusieurs facettes d'une même histoire. La fin peut déconcerter. J'avoue qu'il m'a fallu "rembobiner" l'histoire et relire l'ouvrage en diagonale pour (je l'espère) en saisir toute la portée.

On peut remercier les Editions Delcourt d'avoir publié ce roman en France, plus de 50 ans après sa parution aux Etats Unis. J'ai appris qu'un autre roman de l'auteur serait publié prochainement par la maison d'édition. Espérons qu'il soit du même niveau !

Un premier roman assez époustouflant, surtout quand on sait que son auteur n'avait que 23 ans quand il l'a écrit.

Un grand merci au Picabo River Book Club ainsi qu'aux Editions Delcourt pour ce partenariat.

 

5/6

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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 11:29

Sous titre : les carnets de May Dodd

Pocket - 502 pages - traduit de l'anglais (américain) par Jean-Luc Piningre

Plusieurs fois, j'ai entendu : "comment ? Tu n'as pas lu "Mille femmes blanches" ? Mais c'est un roman absolument incontournable ! ". J'avais donc ce titre dans ma liste d'ouvrages à lire prioritairement.  Il a un an, je l'ai trouvé dans une boite à livres mais il a attendu la perspective du mois américain pour que je me décide à l'ouvrir.

Jim Fergus nous plonge en 1874, à Washington. Un chef indien dénommé Little Worf propose au président des Etats Unis de lui fournir mille femmes blanches contre des chevaux et des bisons. Le président, aussi hallucinante que paraisse la proposition, accepte ! Un appel à candidatures est lancé auprès de femmes qui peuvent avoir un intérêt à accepter la proposition (femmes incarcérées ou enfermées dans des asiles, prostituées...). L'objectif annoncé de la mission est de favoriser les relations entre Blancs et Indiens.

Attention (petit) spoiler :  

A partir de ce fait historique, Jim Fergus imagine les carnets d'une de ces femmes, May Dodd. On ne sait pas, en débutant ce roman que les carnets sont imaginaires mais à l'heure d'internet, quand on lit un roman qui se base sur les faits historiques, on est amené rapidement à vérifier ce qui relève de la fiction et ce qui relève de la réalité, ce que je me suis empressée de faire.

May Dodd est l'une des jeunes femmes qui a fait le choix de rejoindre les indiens. May voit dans ce projet, l'opportunité de quitter l'hôpital psychiatrique dans lequel ses parents l'ont placée de force pour "déviance sexuelle". En réalité, la jeune femme est tombée amoureuse d'un employé de son père et s'est installée avec lui contre l'avis de sa famille. Le couple a eu deux enfants, qu'on lui a retirés.

May Dodd est une femme de caractère, aventurière et particulièrement jolie. Il n'est donc pas étonnant qu'elle ait "tapé à l'oeil" du chef "Little Worf" dont elle va devenir l'épouse. May s'adapte plutôt bien à la vie avec les cheyennes, acceptant de laisser derrière elle le confort matériel et d'adopter les us et coutumes de cette population. Pour autant, elle ne veut pas "perdre son âme". Elle parvient donc à négocier avec son époux, ouvert et tolérant, quelques entorses aux pratiques de la communauté.

L'existence de ces femmes blanches parmi les cheyennes n'est pas idyllique. Tous les maris ne sont pas aussi parfaits que celui de May et toutes les femmes n'ont pas la capacité d'adaptation de cette dernière. La vie est rude pour (même pour May) et toutes sont confrontées à des actes de barbarie, à l'alcoolisme et à l'insécurité provenant des rivalités entre tribus. Elles vont prendre conscience de l'injustice que vivent ces peuples, arrachés de leur terre par des hommes blancs, cupides et condescendants.

C'est un roman original, intéressant d'un point de vue historique et ethnologique. Jim Fergus a fait des recherches pour retranscrire au plus près la vie de la population cheyenne. Cela dit, il n'est pas facile de distinguer le réel et la fiction (les recherches sur le net ne m'ont pas satisfaites complètement). Ce sera mon petit bémol.

Une belle et intéressante lecture.

Comment cela, vous ne l'avez pas encore lu ?

Lu dans le cadre du mois américain - Chez Titine
Un livre de moins dans ma PAL (challenge organisé par Antigone).

 

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 20:03

Folio 704 pages - Trad. de l'anglais (Nigeria) par Anne Damour

"Cher Noir non Américain, quand tu fais le choix de venir en Amérique, tu deviens noir. Cesse de discuter. Cesse de dire je suis jamaïcain ou je suis ghanéen. L'Amérique s'en fiche". 

Imefelu réalise qu'elle est noire en mettant les pieds à Philadelphie pour y faire ses études.  Comme tous les nigérians arrivant aux USA, la jeune femme a des rêves plein la tête et beaucoup d'ambition. Mais dès son arrivée, elle réalise que tout est difficile pour un noir : trouver un job, dénicher un logement décent...  La jeune fille galère beaucoup, surtout au début. Peu à peu, elle sort la tête de l'eau, grâce à sa détermination et son caractère de battante. Le blog qu'elle a créé pour évoquer ses difficultés acquiert une certaine notoriété. Elle y dénonce la discrimination raciale. 

La première scène se déroule chez le coiffeur. Imefelu vit depuis quinze ans aux USA. Elle a pris la décision de rentrer chez elle, au Nigéria. Pendant qu'on la coiffe (les tresses nécessitent beaucoup de temps), Imefelu laisse son esprit vagabonder et se remémore  son arrivée, ses galères, ses joies. Elle évoque aussi son fiancé nigérian, qu'elle n'a jamais oublié. Il a vécu à Londres avant de revenir au pays et de s'y marier. En rentrant, elle compte bien le revoir.

La dernière partie du roman se passe au Nigeria. Imefeu a désormais le statut "d'Américanah". On lui fait bien comprendre qu'elle n'est plus la même. Effectivement, elle est décalée. La jeune femme fait des efforts pour trouver sa place, ce qui ne l'empêche pas de se montrer critique envers son pays. Elle fustige notamment  la corruption qui gangrène l'économie. Critique, elle l'était aussi avec les américains quand elle était aux USA. 

Avant de lire Américanah, je n'étais pas sensibilisée à la spécificité des problèmes rencontrés aux Etats Unis par les noirs non-américains. Ces derniers cumulent les difficultés. Ils ne possèdent ni les codes ni la culture des américains. De surcroît, tout comme les afro-américains, ils sont confrontés au racisme et à discrimination raciale..

Il n'est pas simple de trouver sa place quand on vit dans un monde de blancs, fait pour les blancs. Imefelu cite l'exemple des magazines féminins qui ne proposent que des coiffures et maquillages adaptés aux blanches. Cela peut paraître futile mais on peut comprendre la frustration des femmes noires quand elle ouvrent un magazine.

"Américanah", c'est aussi une histoire d'amour mais ce n'est pas l'aspect du roman qui m'a le plus intéressée. L'originalité du roman vient de son ton, limite provocateur. Par l'intermédiaire de la narratrice, l'auteure se moque des clichés, met le doigt sur les contradictions de tous bord, sans s'inquiéter du politiquement correct. L'autre aspect original du roman est sa construction, avec l'insertion d'articles du blog d'Imefelu, au fil du roman.

J'ai beaucoup aimé ce roman, lu pendant mes vacances et gardé au chaud pour le mois américain !

 

 

 

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 23:10

Lizzie (sonatine 2018) - 12 h 09 - lu par Micky Sébastian

"Souviens-toi, avait dit Mia, parfois, il faut tout brûler et recommencer. Après avoir brûlé, le sol est plus riche, et la végétation peut repousser. Les gens sont pareils. Ils repartent de zéro. Ils trouvent un moyen."

J'étais curieuse et enthousiaste à l'idée de renouer avec la plume de Céleste Ng que j'avais découverte avec "tout ce qu'on ne s'est jamais dit", un roman psychologique original et finement construit. "La saison des feux" possède les mêmes qualités.

Nous sommes les observateurs de deux familles très différentes, à l'image des deux mères. Mia et Héléna ont choisi des trajectoires de vie très différentes. La première est bien vite sortie des sentiers battus (nous verrons qu'elle n'a pas a eu le choix) alors que la seconde s'est inscrite dans un schéma très classique, sans doute par manque d'audace. Tout oppose les deux femmes : le style de vie, la façon d'éduquer les enfants, la conception d'une existence réussie... Alors que Mia Warren est libre, bohème et artiste, Hélèna Jefferson est rigide, soucieuse du regard d'autrui et matérialiste.

Quand Mia cherche un logement pas cher, sa route croise celle d'Hélèna, qui en loue un à un prix défiant toute concurrence, par charité chrétienne, pourrait-on dire. Assez vitre, Mia et sa fille Pearl font la connaissance du mari d'Héléna et de leurs quatre enfants. Subjuguée par l'opulence de la famille, la fille de Mia s'incruste, fascinée, dans le foyer d'Héléna. L'une des filles Jefferson, de son côté, est très attirée par Mia et son côté artiste.

Le roman n'est pas simple à résumer car il y a plusieurs histoires qui s'enchevêtrent, et différentes clés d'entrée. On ne peut pas dire pour autant que l'histoire soit complexe car tout coule de source. Céleste Ng manie avec brio les flash-black et les différentes temporalités de l'histoire. La construction est remarquablement bien maîtrisée. Sans dévoiler l'intrigue, je dirai que c'est un roman social qui aborde des thèmes comme la maternité, les mères porteuses, l'avortement... Céleste Ng, comme dans son précédent roman, se penche sur le danger des secrets de famille et des non-dits. Elle illustre par ailleurs fort bien, dans ce roman, les dégâts des frustrations refoulées.

J'ai rédigé mon billet plus d'un mois après avoir lu le roman, sans me souvenir de l'interprétation du comédien, ce qui n'est pas un mauvais signe. Un très bon texte peut être massacré par l'interprétation audio et dans ce cas-là, on s'en souvient !

Une parfaite réussite !

Une lecture commune avec Enna. Allons voir son avis.

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

 

 

Challenge "Écoutons un livre"

 

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11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 05:15

Editions Stéphane Marsan - 214 pages - traduit du russe par Raphaëlle Pache

J'ai découvert les Editions Stéphane Marsan l'an passé avec L'oiseau captif", un très beau roman qui n'a pas fait beaucoup de bruit mais a enchanté ceux qui l'ont lu. Quand l'occasion s'est présentée de lire un autre roman de cette maison d'édition, je n'ai pas hésité et je m'en félicite (bien que, cette fois, je ne sois pas allée jusqu'au coup de cœur).  

Avec "F20", nous sommes plongés dans la vie quotidienne d'une famille moscovite. La narratrice a été reconnue schizophrène par le corps médical après que sa sœur aînée ait reçu le même diagnostic quelques temps auparavant. Rapidement, nous constatons que cette famille est atypique et dysfonctionnelle. La mère de famille est immature et névrosée. Le père, aux abonnés absents, à laissé la place à un beau-père marginal et alcoolique. Les deux sœurs schizophrènes ne bénéficient pas d'un contexte idéal pour la prise en charge de leur maladie. Elles multiplient les expériences scabreuses, s'auto-médicamentent et tentent de grandir dans un univers alcoolisé et malsain.

La lecture aurait pu être pesante, vu le contexte, mais il n'en est rien.  F 20 se lit aisément et le ton est assez léger. Youlia, la narratrice, est une jeune fille intelligente et lucide (sauf durant les crises délirantes). C'est la seule personne vraiment censée de la famille. En dépit de sa maladie, elle a les pieds sur terre. Attachante et drôle, elle pratique à merveille l'autodérision. Elle parvient à dédramatiser sa maladie bien que ce soit une vraie galère d'être diagnostiqué "F20" en Russie.

« Je n’ai pas d’avenir. Tout ce que la schizophrénie a à me proposer, je le connais déjà.
Je ne rencontrerai jamais d’homme, je n’aimerai personne, je n’aurai pas d’enfants.
Dans le meilleur des cas, j’adopterai un doberman. Puis mon doberman crèvera.
Voilà ce qui m’attend.
»

Un roman intéressant, qui permet d'aller à la rencontre de la littérature russe contemporaine et de porter un regard différent sur la maladie mentale.

A noter que ce roman a obtenu le National Bestseller Prize 2017 en Russie.

4/6

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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 23:47

 

Lizzie (Editions R-Jeune adultes) - 2018 - 4 heures - Lu par Alice de Lencquesaing - 4 h

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu Olivier Adam et, cet été, j'ai eu envie de découvrir, en version audio, ce roman publié à l'origine dans une collection pour "jeunes adultes". 

Comme souvent chez Olivier Adam, nous entrons dans l'intimité d'un foyer. Celui-ci vit un cauchemar depuis la disparition de Léa, qui s'est volatilisée alors qu'elle assistait à un festival. Nous remontons le temps et revivons l'arrivée en Bretagne d'une famille parisienne qui a tout plaqué pour s'installer dans une maison de type "vacances". Les parents, lassés d'une vie citadine éreintante, ont entraîné leurs enfants adolescents dans ce changement de vie auquel ils n'adhérent pas. La famille, déjà fragilisée, éclate quand Léa disparaît.

C'est par les yeux du frère de Léa, Antoine, que nous découvrons cette histoire. Olivier Adam parvient à restituer l'état d'esprit de l'adolescent, confronté à un véritable cauchemar. Quand Léa refait surface, miraculeusement, le soulagement est immense mais les difficultés ne sont pas terminées, bien loin de là. Il faut faire face aux médias, qui se montrent irrespectueux envers la famille. Il faut aussi aider Léa à retrouver sa place dans la famille après une longue absence et une expérience traumatisante dont elle ne veut pas parler. 

L'analyse psychologique des personnages, notamment des adolescents, est intéressante. L'histoire est prenante et bien menée mais je mettrai un gros bémol sur la fin, peu crédible Du roman psychologique, nous basculons vers le roman noir et c'est vraiment "too much". J'aurais préféré une fin plus sobre, plus en adéquation avec le reste de l'histoire.

Une lecture agréable avec un bémol pour la fin.

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre audio. 

Lu dans le cadre du challenge mensuel "Écoutons un livre"

 

 

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5 septembre 2019 4 05 /09 /septembre /2019 06:22

Le diable Vauvert - 398 pages - août 2019

Il y a quelques jours, je déjeunais avec des amies et j'ai failli arriver en retard à cause de "Feel good", que je ne pouvais pas lâcher. Et pourtant, ce n'était pas gagné. Ce bouquin est arrivé sans crier gare dans ma boite aux lettres et ne m'a pas attirée d'emblée. La quatrième de couverture parlait de braquage sans violence, de rapt d'enfant et d'économie de la chaussure... pas vraiment de quoi me mettre l'eau à la bouche. 

Sans en dire de trop (surtout pas) sur l'histoire, je peux vous présenter brièvement les personnages : Alice a une bonne quarantaine d'années et galère dans la vie, en dépit des efforts qu'elle fournit pour tenter de s'en sortir. Tom est un écrivain qui ne vit pas de sa plume mais continue à espérer, qu'un jour, il publiera LE roman qui fera connaître au monde entier le talent qu'il pense avoir. Ces deux-là vont se croiser dans des circonstances pour le moins rocambolesques et cette rencontre bouleversera leur vie. 

Raconté comme cela, on pourrait penser que ce livre est un vrai feel good. En réalité, ce n'est pas si simple. Sachez qu'une mise en abyme habile et surprenante nous conduits dans le monde de l'édition et de la critique (professionnelle et non professionnelle) et qu'il est question de création littéraire.

Ce livre est aussi, et avant, tout une satire sociale. Sans misérabilisme, l'auteur illustre ce peut être la précarité pour une femme qui élève seule des enfants et pour un "presque-quinqua" qui vivote de sa plume. Si nos personnages manquent (cruellement) d'argent, ils ne manquent pas (du tout) de fantaisie et leur créateur non plus. On s'amuse donc beaucoup. Je peux vous dire par exemple, que la scène de sexe est hilarante et loin des clichés habituels. C'est l'un des arguments que j'ai utilisés pour inciter mes amies à lire le roman. Et je crois que j'y suis parvenue.

Ce cactus roman ne manque pas de piquants, j'espère vous avoir convaincus de le lire !

Si ce n'est pas le cas, allez rendre visite à Antigone, avec qui je partage cette lecture.

Vous pouvez aussi jeter un œil aux extraits ci-dessous :

"Les gens comme ça, les gens qui ont des vies de riches ou bien des vies où tout va presque toujours bien, ils veulent qu’on leur raconte des histoires qui confirment l’état du monde, pas des histoires qui remettent en cause l’état du monde. Parce que le monde leur convient comme il est".

"Finalement, l'usage régulier du vibromasseur qu'elle gardait dans le tiroir de sa table de nuit lui allait aussi bien. Lui, au moins, il ne fallait pas l'écouter se lamenter sur sa vie pendant des soirées entières."

"Être pauvre dans un monde de riches, c'est encore pire que d'être pauvre dans un monde de pauvres".

« Voler ne lui posait aucun problème moral. Elle voulait qu’Achille ait ses fruits et ses légumes et sa viande. Elle ne voulait pas qu’il souffre de carences dans les « nutriments essentiels » dont parlaient beaucoup d’articles qu’elle lisait sur Facebook concernant l’alimentation des enfants. elle voulait qu’il grandisse et qu’il devienne un homme solide et en bonne santé. (…) Alors elle volait. »

3/6

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