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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 23:21

Audiolib 2017 -  11 h 03 - lu par Lila Tamazit

La narratrice, d'origine iranienne, patiente dans la salle d'attente d'un hôpital parisien. Pour tromper l'ennui mais aussi parce que les circonstances s'y prêtent (nous comprendrons pourquoi par la suite), Kimiâ laisse s'envoler ses pensées vers l'Iran, son pays de naissance. Elle songe à ses ancêtres, des personnages haut en couleur et revisite son enfance dorée avant que les circonstances politiques ne contraigne sa famille à s'exiler en France.

Ce roman revêt la forme d'un conte quand la narratrice parle de ses ancêtres. C'est aussi un roman historique qui nous plonge dans l'histoire de l'Iran depuis un siècle. J'y ai vu également un roman d'apprentissage. La jeune exilée, un peu rebelle, doit trouver sa place dans une société dont la culture est aux antipodes de celle de son pays d'origine. D'autres thèmes sont abordés, que je tairai pour préserver le suspense. 

Il faut s'accrocher, au début du roman, car les personnages sont nombreux : des oncles, des tantes, des voisins et voisines... Les noms ne sont pas simples à retenir, surtout en audio mais heureusement, une liste nous est proposée à l'intérieur de la pochette du CD. C'est la première fois que je vois cela, c'est une heureuse initiative. Habituellement, je fais moi-même une liste, quand les personnages sont nombreux et (ou) à consonance étrangère.

Comme souvent chez Audiolib, un entretien fort intéressant nous est proposé en fin de CD. L'auteure nous éclaire sur sa démarche d'écriture ainsi que sur les aspects autobiographiques (partiels) du roman. Comme Kimiâ, Négar Djavadi a fui l'iran pour la France en traversant à cheval, avec sa mère et sa soeur, les montagnes du Kurdistan.

Sans être tout à fait un coup de coeur, c'est une lecture que j'ai beaucoup appréciée. Le talent de l'auteure est de parvenir à faire cohabiter harmonieusement les nombreux sujets abordés tout en soignant la forme, très originale. Ce n'est pas pour rien qu'elle a obtenu "le prix du style"

Ce roman sera certainement bien placé dans mon classement pour le prix audiolib.

 

 

Une lecture commune avec Valérie et Enna pour "Ecoutons un livre"

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 23:21

2016 - Gallimard - 553 pages

"Le nouveau nom" est le deuxième tome de la quadrilogie d'Elena Ferrante "L'amie prodigieuse". 

Nous retrouvons les deux amies après le mariage qui clôture le premier tome. Comme on peut s'y attendre (la journée de mariage a été désastreuse), l'union entre Lila et Stephano ne commence pas sur de bonnes bases. Stephano, très macho, veut dompter son épouse rebelle mais, bien entendu, cette dernière ne se laisse pas faire. 

L'été qui suivra le mariage sera l'occasion, pour les amies, de se retrouver pendant deux mois dans une station balnéaire, sans le mari de Lila. Sans scrupules, la jeune mariée se permettra de flirter avec un garçon, Nino, sur lequel Elena avait secrètement des vues. A la fin de l'été, Lila n'hésitera pas à faire voler en éclat son mariage pour s'installer avec Nino.

Elena continue ses études, alternant les périodes ou elle voit Lina et celles ou elle s'en éloigne. Elle suit avec détermination la route qu'elle s'est tracée. Comme dans le précédent tome, les relations entre les deux amies sont faites d'attirance mutuelle et de rejet. Elles semblent se nourrir l'une de l'autre alors que leurs parcours sont aux antipodes. Si Lila nous ensorcelle par sa forte personnalité, j'ai un penchant pour Elena qui tente de se détacher de son amie "prodigieuse" pour trouver sa propre voie. 

Le "nouveau nom" fait partie de ces romans que j'avais hâte de retrouver chaque soir et dont les personnages m'accompagnaient en journée. Dans ce deuxième opus, les sentiments et émotions des deux amies sont décrits avec tant de réalisme et de finesse que j'avais l'impression, en refermant l'ouvrage, de les connaître intimement. 

Je vous parlerai du troisième tome (mon préféré jusqu'ici) avant la fin du mois de mai.

Lu dans le cadre du Mois italien organisé par Martine

Le nouveau nom - Elena Ferrante
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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 23:14

Audiolib 2017 (Sarbacane 2015) - Lu par Rachel Arditi - 6 h 15

Je lis très peu de littérature jeunesse mais je n'ai rien contre la lecture d'un roman ado de temps en temps, surtout si c'est une pépite. Ce livre s'est présenté à moi par l'intermédiaire d'Audiolib, qui lance sa collection de livres audio pour la jeunesse.

Le début de l'histoire est cruel. Trois jeunes adolescentes sont élues "boudins du collège", lors d'une élection organisée sur les réseaux sociaux. Mireille, qui faisait déjà partie des "gagnantes" l'an passé, a cessé de se rendre malade pour son physique. Elle décide d'entraîner ses deux malheureuses co-boudins (et le grand-frère de l'une d'entre elles) dans un road-trip à vélo, jusqu'à Paris. Les trois filles ont l'idée, pour subventionner leur voyage, de vendre des boudins sur le bord de la route. Les médias s'intéressent à leur projet et elles deviennent populaires. Le but ultime de ce voyage est de participer à la Garden-party de L'Elysée (cette participation motive les quatre voyageurs, pour des raisons différentes).

J'ai pris beaucoup de plaisir à écouter ce texte qui, en dépit d'un sujet qui ne prête pas à rire, ne manque pas d'humour. Mireille, la meneuse du groupe, est très marrante et bourrée de peps. Pas revancharde pour deux sous, elle va pourtant donner une bonne leçon (mais de courage et d'intelligence) à son copain de maternelle qui a organisé le concours. 

La lectrice module sa voix en fonction de la personnalité de chacune des jeunes filles. Son interprétation est très vivante. Une petite musique entraînante sépare les chapitres. Ce roman s'adresse à des adolescents mais je ne me suis pas ennuyée une seconde. La couverture est très girly, espérons que cela ne dissuade pas trop les garçons de le lire.

Un très bon roman ado !

 

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 23:14

Audiolib 2016 (Albin Michel) - 6 h 21 - Lu par Philippe Torreton

Le romancier nous entraîne dans un petit village de province entouré de forêts, où tout le monde se connait. Quand le petit Rémi, six ans, disparaît une heure ou deux, ses parents imaginent dans un premier temps qu'il joue avec un camarade. Ils finissent toutefois par s'inquiéter et interrogent le voisinage. Mais personne n'a vu Rémi sauf le jeune Antoine, qui ne s'en vante pas. En tant que lecteur, nous savons qu'il a une bonne raison de se taire. Antoine a en effet tué le garçonnet, pas tout à fait par accident. Cette scène se produit dès le début du roman. Il n'y a donc pas de suspens concernant le meurtrier. Pourtant, l'auteur parvient à nous garder sous pression jusqu'au bout.

Ce qui fait l'intérêt de ce roman, outre le suspens qui nous tient en haleine, c'est qu'il nous place dans la peau d'un jeune meurtrier rongé par la culpabilité, qui attend dans l'angoisse que les policiers trouvent l'indice qui le démasquera (ou pas). J'ai bien aimé également l'étude des mœurs assez féroce de ce village de province.

Je pensais me contenter d'extraits de la version audio pour le Prix audiolib, car j'avais déjà lu le roman en version papier, mais j'ai été embarquée par l'interprétation de Philippe Torreton. J'ai écouté l'intégralité du CD avec beaucoup d'intérêt. Il faut dire que je ne me souvenais plus précisément des détails de l'histoire. J'ai pris beaucoup de plaisir à les redécouvrir. Au final, je me demande si je n'ai pas encore plus apprécié la version audio que la version papier.

Un bonus très appréciable nous est offert à la fin du CD. Il s'agit d'une conversion entre Pierre Lemaitre et le comédien.

J'attends maintenant le prochain roman de Pierre Lemaitre (et surtout la suite de "Au revoir là haut").

Les avis de : Enna - Sandrine - Estelle - Pascal - Meuraie - Angélique - Claire

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2017

Lu dans le cadre de "Ecoutons un livre"

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 23:37

Septembre 2016

Ce roman graphique fait partie d'une série d'ouvrages que l'auteur Emmanuel Guibert a consacré à son ami américain, Alan Cope. Je n'ai pas lu la première série en trois tomes "La guerre d'Alan" mais j'ai beaucoup aimé "L'enfance d'Alan", qui raconte l'enfance de cet ami américain, né en Californie en 1925. Outre l'histoire personnelle d'Alan, le contexte historique m'avait intéressée. 

Dans "Martha et Alan", nous restons dans l'enfance de l'américain, au travers de l'évocation d'une amitié qui a beaucoup compté pour lui, celle qui le liait avec Martha, une camarade de classe. A l'âge de 12 ans ils se perdront de vue mais il parviendra à obtenir de ses nouvelles quelques années plus tard. Vers l'âge de 60 ans,  il retrouvera de nouveau sa trace et commencera avec elle une relation épistolaire qui durera plusieurs années.

Ce roman graphique se lit rapidement. Il est moins complet que "l'enfance d'Alan" mais les deux ouvrages se complètent bien. S'il ne se passe pas grand chose d'exceptionnel au niveau de l'histoire, les dessins sont vraiment très agréables à regarder.  On ressent toute la nostalgie de l'enfance et l'importance pour Alan de cette amitié semi-amoureuse qui s'apparente à un premier amour.

Cliquez sur le dessin pour l'agrandir

Cliquez sur le dessin pour l'agrandir

L'auteur explique, dans la vidéo ci-dessous, le choix qu'il a fait de s'affranchir des codes de la BD. Comme nous le voyons dans le dessin ci-dessus, par exemple, certains dessins occupent une double page. Emmanuel Guibert a voulu rester dans la continuité de "l'enfance d'Alan" tout en offrant à son lecteur un dessin différent (dans l'enfance d'Alan, il avait utilisé le noir et blanc et le sépia alors qu'ici toutes les planches sont en couleur). J'ai lu par ailleurs dans une autre interview que l'auteur s'était inspiré d'un peintre chinois découvert lors d'un voyage en Asie. 

Un très joli roman graphique.

Il faut lire en complément (avant ou après) "l'enfance d'Alan".

Lu dans le cadre de La BD fait son Festival 2017

 (note : 16/20)

Lien vers la page BD du site Priceminister

Aujourd'hui, la BD de la semaine, c'est chez Noukette !

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 00:03

Dargaud - 2014 -56 pages

Que faire un dimanche après-midi de tempête, en guettant l'éclaircie qui permettra de mettre le nez dehors ? Se plonger dans une bonne BD et râler quand l'accalmie attendue arrivera plus vite que prévue.

Cela faisait un petit moment que j'avais cette BD sous le nez, je ne sais pas pourquoi j'ai tant attendu pour m'y plonger. J'avais pourtant beaucoup aimé le premier opus, sympathisant immédiatement avec ces p'tits vieux rigolos et un peu voyous, qui osent vivre leur vieillesse comme ils l'entendent.

Dans ce deuxième opus, nous retrouvons Antoine, Mimile, Pierrot et Juliette (sans oublier le bébé). Quand l'ex-amoureuse de Pierrot ressuscitera, suite à un malentendu, Juliette devra trouver une astuce pour "gérer" le Pierrot, complètement chamboulé. Pour arriver à ses fins, Juliette n'hésitera pas à utiliser les grands moyens. Le groupe des meuniers en fera les frais. Bien fait pour eux ! Ils n'avaient pas qu'à embrouiller les consommateurs avec leur stratégie de diversification de la baguette de pain.

Ah ah, si juste... (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Ah ah, si juste... (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Le dessin est aussi amusant que le texte. J'adore les visages des petits vieux, très expressifs et plus vrais que nature.

Une série qui connait un franc succès et c'est bien mérité !

Aujourd'hui, la BD de la semaine, c'est chez Mo

Les avis de Noukette - Jérôme

Antigone nous incite à baisser nos PAL (Piles à lire)

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 00:47

Audiolib (Grasset 2016) - 11 h 44

Nous commençons par la rencontre assez explosive entre un jeune architecte fauché à l'avenir prometteur et une jeune dessinatrice issue d'une famille richissime de New York. L'ambiance est légère, tout est possible ou presque dans le Manhattan de ces années là. 

Changement d'ambiance, nous sommes sous les bombes, à Dresde, en 1945. Une jeune femme très grièvement blessée met au monde un enfant avant de mourir. L'Allemagne est à feu et à sang et l'enfant, prénommé Verner, sera miraculeusement sauvé au terme d'un périlleux voyage.

Comme vous pouvez l'imaginer les deux histoires vont finir par se rejoindre.

"Le dernier des nôtres" est un roman foisonnant aux multiples facettes : roman d'amour et d'aventure, avec un fond historique qui pèse dans l'histoire. Il est question de l'héritage porté par les enfants de ceux et celles qui ont vécu la seconde guerre mondiale, dans un camp ou dans un autre. Pour Verner, qui n'a pas connu les siens, la confrontation avec ce passé est particulièrement  violente.

L'oeuvre est très romanesque, peut-être un peu trop à mon goût. J'ai pensé à "La femme de nos vies" de Didier Van Cauwelaert, roman qui m'avait procuré cette même impression "d'un peu trop romanesque" compte tenu du sujet traité. Je crois qu'avec certains faits historiques, comme la shoah, je préfère une certaine sobriété ou les témoignages.

Quoi qu'il en soit, j'ai passé un bon moment avec ce roman qui ne manque pas de rythme. J'ai bien aimé suivre les personnages dans leurs quêtes respectives. L'alternance des lieux et des époques est bien rendue par la version audio (notamment à Dresde, où le bruit des bombes marque le début des chapitres). Le livre audio se termine par un entretien avec l'auteur, bonus très appréciable.

Voilà un texte que j'ai pris plaisir à écouter (en dépit de mon bémol).

Un coup de coeur pour Sandrine - Lili a beaucoup aimé également - Valérie un peu moins.

 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2017

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 06:00

Editions POL février 2016 - 546 pages

Depuis "Un roman russe" (ma première rencontre avec l'auteur), je lis systématiquement les ouvrages publiés par Emmanuel Carrère. Je suis fascinée par la plume de l'écrivain-journaliste, autant que par les thèmes qu'il évoque. Je me suis régalée à la lecture de "Il est avantageux d'avoir où aller", dans lequel il nous fait partager ses thèmes de prédilection.

Il ne s'agit pas d'un roman (l'auteur a abandonné ce genre littéraire) mais d'un recueil d'articles de journaux parus entre 1990 et 2015. Ces articles se suivent mais ne se ressemblent pas. Le contraste est d'ailleurs parfois saisissant.  Un exemple : neuf chroniques érotiques pour un magasine italien sont suivies d'un article sur la mort d'enfants au Skri Lanka, lors du Tsunami de 2004. Tout un registre d'émotions nous traverse lors de la lecture de ce recueil. J'ai préféré étaler la lecture sur un mois, un lisant au maximum trois articles chaque jour.

Plusieurs billets sont en lien avec la Russie post-communiste. Il faut savoir que l'auteur a des racines russes et que sa mère, historienne, est une éminente spécialiste de l'URSS. Parmi  les articles "russes" on trouve un billet sur Limonov, personnage emblématique auquel l'auteur a consacré un roman. J'ai bien aimé également la note d'intention d'un projet de film russe, qui n'est pas allé jusqu'au bout, mais dont l'idée était intéressante. Dans le registre russe, il est également question d'un ancien prisonnier roumain de la seconde guerre mondiale qu'on a retrouvé dans un hospice russe, 50 ans après la fin de la guerre.

L'article qui m'a le plus marqué est celui consacré aux relations entre une photographe professionnelle et une jeune "paumée". La photographe a suivi la jeune femme dénommée Julie,  pendant de nombreuses années. Elle réalisait des clichés de Julie, qu'elle exposait. Emmanuel Carrère raconte la triste vie de la jeune femme et sa déchéance progressive. La photographe lui vient parfois en aide mais leur relation reste professionnelle. L'auteur fait ressortir ce que cette relation a de dérangeant. Il nous fait réfléchir à la question suivante : faut-il photographier la misère ?

Dans plusieurs articles, l'auteur évoque ses livres de chevets ou les auteurs qu'il admire. Parmi ces billets, j'ai adoré celui consacré à "L'homme Dé". Emmanuel Carrère a mené une enquête sur l'auteur de ce livre culte, enquête qui l'a conduit jusqu'au Etats-Unis. 

Vers la fin du roman, dans un article intitulé "Ressemblance" l'auteur nous éclaire sur son choix d'être "présent" dans ses récits. Partant du principe qu'il est impossible pour un auteur de non-fiction de de faire preuve d'une totale neutralité,  il trouve plus honnête de faire entendre sa voix et de livrer le "making off" du récit. Personnellement, j'apprécie cette démarche chez Emmanuel Carrère. Il parvient à créer avec le lecteur une sorte d'intimité très singulière. 

Je ne vais pas vous résumer chacun des articles de ce livre, il y en a 33...

Je suis triste d'avoir fini ce recueil mais impatiente de découvrir le prochain livre d'Emmanuel Carrère (dans quelle aventure va t'il nous embarquer ?)

Lu dans le cadre du blogoclub consacré à Emmanuel Carrère

Les billets des autres blogoparticipants :

D'autres vies que la mienne - Gambadou

La classe de neige  - Amandine

Limonov : Florence

Un roman russe : Praline

Ce livre est dans ma PAL depuis juin 2016, ce qui me pemet de participer au challenge d'Antigone.

 

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 20:48

Editions Don Quichotte - janvier 2017 - 285 pages

Tout commence par une fusillade à la terrasse d'un café parisien. Il s'agit d'un attentat dans lequel Karim perdra sa jeune femme et leur futur enfant. Le terroriste n'est autre qu'un garçon qui a fréquenté les mêmes bancs d'école que lui il y a tout juste quelques années.

Anéanti et désespéré, Karim a perdu le goût de vivre. Foutu pour foutu, il décide de se rendre en Syrie pour retrouver le commanditaire de l'attentat et venger sa femme. Il commence par "traîner" sur Facebook en se faisant passer pour un candidat au Djihad. Il ne met pas longtemps à se faire enrôler. Commence alors pour lui et quelques compagnons d'infortune, un voyage au bout de l'enfer.

Pascal Manoukian nous conduits dans une ville sans cesse bombardée, dans les camps d'entrainement des combattants de Daech puis, comble de l'horreur, au coeur d'un monstrueux film de propagande. Cette partie du roman est extrêmement éprouvante.

Aux côté de Karim,  j'ai tremblé et blêmi, le coeur au bord des lèvres. Submergée par l'horreur et la tristesse, je ne parvenais pas à lire plus d'un à deux chapitres par soir et j'ai dû alterner cette lecture avec une autre, pour reprendre un peu de souffle.

Pascal Manoukian connaît son sujet, il est reporter de guerre. Cette lecture a été une épreuve mais je ne la regrette pas. Elle m'a permis de mieux comprendre cette machine infernale et inhumaine qu'est Daesh et l'absolue nécessité pour la population de fuir la Syrie.

A lire, même si ce n'est pas une partie de plaisir.

Les avis de Noukette - Stephie - Leilonna

 

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 00:14

Grasset - janvier 2017 - 175 pages

Vie de ma voisine est une oeuvre littéraire originale qui situe entre la biographie et le roman. Ce projet littéraire est venue à l'esprit de Geneviève Brisac après avoir échangé longuement avec sa nouvelle voisine, désormais amie, Jenny Plocki.  Au tout début de leur rencontre, c'est d'une autre femme qu'elles ont parlé : l'écrivaine Charlotte Delbo qui n'est plus de ce monde. Charlotte et Jenny étaient amies. Elles avaient entre autres comme point commun d'avoir subi, directement pour la première et indirectement pour la seconde, le traumatisme de la déportation des juifs durant la seconde guerre mondiale.

Née en 1925 de parents juifs polonais immigrés en France avant sa naissance, Jenny Plocky a perdu ses parents lors de la rafle du Vel'd'Hiv.  Se retrouvant seule à dix-sept ans avec son jeune frère, elle a dû faire face à la terrible absence de ses parents puis se résoudre à leur disparition définitive, quand elle a compris qu'ils ne reviendraient pas. Toute sa vie, elle a cherché à reconstituer ce qui s'est passé entre le moment où ses parents ont quitté le Vel'd'Hiv et celui où ils sont morts, ce qui ne l'a pas empêchée d'aller de l'avant.

Geneviève Brisac relate assez longuement l'enfance de Jenny. Une enfance pauvre mais heureuse. Entourée par un père très cultivé et une mère au grand sens pratique, Jenny a grandi dans un foyer uni qui tout fait  pour s'intégrer en France. Elle travaillait très bien à l'école et faisait la fierté de ses parents. Leur sérénité sera anéantie par la montée du nazisme. En 42, après la déportation de ces derniers, Jenny continuera à aller à l'école, soutenue par son amie de toujours et les parents de cette dernière. Elle deviendra institutrice. 

Sans le drame qui l'a touchée alors qu'elle était adolescente, Jenny aurait peut-être été une personne différente, moins engagée. Elle a milité toute sa vie contre les injustices et espéré un monde meilleur. Combative, elle n'a jamais baissé les bras. C'est une grande partie du siècle que nous balayons avec ce récit. Si la shoah occupe une grande place, il est question également de l'évolution des idées (mai 68, la place des femmes dans la société...).

La vie de Jenny Plocky méritait plus que le détour et Geneviève Brisac l'a couchée sur le papier avec originalité, mêlant ses propres réflexions à celles de sa nouvelle amie. Toutes deux ont en commun l'amour des livres et de la culture et cette complicité transparaît au travers des lignes de l'ouvrage. 

En faisant des recherches sur Jenny Plocky, j'ai trouvé un témoignage vidéo passionnant et bouleversant qui complète ce que l'on apprend dans le roman (ici). 

Une lecture émouvante et enrichissante.

L' avis de Eva (qui m'a donné envie de découvrir ce roman). Celui de Aifelle

 

 

 

 

 

 

Lu dans le cadre d'une opération "Masse critique" de Babelio

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