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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 21:24

Audiolib 2018 (Albin Michel) - Lu par Florine Orphelin - 5 h 35

"Marie et Bronia" est le deuxième ouvrage que je lis sur la vie de Marie Curie. Le premier "Marie Curie prend un amant" racontait un épisode de la vie d'adulte de la célèbre scientifique. Dans "Marie et Bronia", Natacha Henry se penche sur la jeunesse de Marie Curie.  Cette biographie romancée, écrite pour la jeunesse, nous raconte comment Marie, grâce au pacte conclu avec sa sœur, est parvenue à quitter Varsovie pour étudier à Paris. La Pologne, alors occupée par les Russes, n'acceptait pas de filles à l'université. Tout comme sa sœur Bronia, Marie était très brillante et rêvait de suivre des études. C'est elle qui a trouvé la solution : elle financerait les études de sa sœur en trouvant un travail puis Bronia ferait de même. Le plan a fonctionné. L'une est devenue gynécologue l'autre physicienne et chimiste.

Marie et Bronia ont perdu leur maman jeune et ont dû (surtout Bronia) épauler leur père pour élever les plus jeunes de la fratrie. La détermination des deux soeurs est remarquable. Si j'avais des filles adolescentes, je leur ferais lire ce roman qui offre un bel exemple de réussite féminine dans un milieu très masculin et un contexte familial compliqué. D'un point de vue historique, l'ouvrage est intéressant. Je ne connaissais pas grand chose de la Pologne de l'époque  et j'ignorais les raisons pour lesquelles Marie Curie avait étudié en France. J'ai apprécié ce voyage dans le temps.

La version audio est très réussie grâce à la lectrice qui offre une très belle interprétation de ce texte.

A découvrir !

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 23:58

Calmann Levy - août 2021 - 283 pages

"Et toujours elle se raccrochait à l’idée qu’elle n’était pas seule, que les autres aussi faisaient semblant, pris dans le tourbillon des buts à atteindre, des missions à accomplir, des engagements à respecter, des délais à tenir, les autres aussi supportaient l’insupportable. Car qui aurait pu se satisfaire de cette vie de cases à cocher ?"

Emma gagne sa vie en traduisant les livres des autres. Elle rêve de publier son propre roman mais ne parvient pas à dégager du temps pour cela. Pour gagner à peine de quoi élever son fils Quentin, elle consacre de longues heures à traduire les ouvrages qu'on lui confie. Sans doute manque t'elle aussi de punch de sortir de cette situation qui lui pèse. Le jour où les impôts lui réclament plus d'argent qu'elle n'est capable de gagner dans le délai qui lui est imposé, elle décide d'accepter une mission qui change de son quotidien. Elle intègre un groupe de travail missionné par le géant du Web "Kiwi", qui réfléchit à  la création d'un logiciel de traduction automatique qui saisirait toutes les subtilités d'une langue afin d'offrir une traduction intelligente. Là voilà donc contrainte de réfléchir à la façon de scier la branche sur laquelle elle est assise. Dans le même temps, son fils, rêveur d'un autre genre, vit son existence au travers de jeux vidéos. Très doué pour l'informatique, il est contacté par "le dark web" pour une mission qui va l'entrainer sur les platebandes de sa mère.

Nous suivons tantôt Emma, tantôt son fils, sachant que leurs parcours respectifs vont finir par se rejoindre. Un troisième personnage nous est présenté. Il s'agit de la mère d'Emma, une femme "terre à terre" qui remet régulièrement les pendules à l'heure chez sa fille. Elle m'a bien plu cette femme toute simple et bien dans ses baskets. J'ai beaucoup aimé également le personnage plus torturé qu'est Emma. Je pense que nous pouvons nous retrouver facilement en elle. Qui ne perd pas son temps, parfois, à rêver sa vie plutôt que de la vivre pleinement ? 

En dehors de l'histoire, qui se laisse lire avec plaisir, Camille de Peretti apporte une réflexion intéressante sur différents sujets de société : les jeunes et les jeux vidéos, "l'amour" et les réseaux sociaux, le monde du travail et son évolution... J'ai bien aimé également que l'on m'incite réfléchir sur l''avenir de la traduction. L'avènement de logiciels de plus en plus sophistiqués ne va t'il pas remplacer les traducteurs "humains" ?  C'est un sujet sur lequel je ne m'étais jamais vraiment penchée mais qui m'a interpellée.

Les rêveurs définitifs est ma première lecture pour cette rentrée littéraire d'août 2021. Un titre prometteur, une jolie couverture et un résumé alléchant : tout ce qu'il fallait pour me mettre l'eau à la bouche et n'ai pas été déçue. Sans être un coup de cœur, c'est un roman que j'avais plaisir à retrouver chaque soir et que je conseille aux personnes intéressées par les sujets traités.

Un bon roman de cette rentrée.

 

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 12:39

L'iconoclaste - 258 pages - avril 2021

Le fil conducteur des histoires qui composent cet ouvrage est la station service dans laquelle se croisent les témoins d'un "drame" (je ne sais pas si le mot est bien choisi) :

 "23 h 12. Ils sont quinze à se croiser, si on compte le cheval et le cadavre planqué à l'arrière d'un gros Hummer noir"

Avant cela, nous remontons le temps et retrouvons chaque témoin dans son quotidien. Les personnages sont très différents les uns des autres et les univers dans lesquels ils évoluent le sont tout autant. Certains parcours sont crédibles, d'autres totalement improbables mais peu importe, nous sommes "à fond dedans", et tout de suite.

"Kérozène" est assez éloigné de mes lectures habituelles. Je ne suis pas une adepte des histoires loufoques, qui, en général, me lassent vite. Cela n'a pas été le cas avec cet ouvrage, que j'ai lu avec une certaine jubilation. Adeline Dieudonné a une imagination débordante et le sens de l'humour. 

Je m'attendais à lire un roman, il s'agit plutôt d'un recueil de nouvelles. J'ai pris le temps d'apprécier chaque histoire sans chercher à les enchainer. Après en avoir lu une ou deux, je posais l'ouvrage pour le retrouver avec joie le lendemain. Plutôt que de vous résumer les différentes histoires, je préfère vous livrer deux extraits qui donnent le ton :

"Roger pétait. Dans son pantalon en toile beige qu’il portait haut, la ceinture juste sous les côtes. Marie et Olivier faisaient mine de ne pas le remarquer mais il pétait, avec le naturel et la décontraction d’un enfant de deux ans. Merde. Ces choses là peuvent arriver mais on s’excuse. On rougit un peu, on se tortille, on invoque des problèmes intestinaux, je sais pas. Et la complicité des deux autres. Ce silence. J’avais fini par penser que c’était une conspiration contre moi. Une forme de coalition compacte entre père, mère et fils."

Autre, extrait, autre histoire :

"Sébastien pris Mauricio par la manche et l'emmena dans le salon, qui donnait sur la rue. Une grande truie rose et glabre se prélassait sur toute la longueur du canapé. 

Juliette dit : Elle s'appelle Estelle. Tu peux la caresser.

La truie regarda Mauricio avec curiosité, elle remua son groin humide dans sa direction et le laissa toucher sa tête."

Je n'ai pas lu le premier roman de l'autrice "la vraie vie" mais j'y compte bien. Je me suis bien amusée avec celui-ci et je vous le conseille si vous n'êtes pas totalement hermétique aux univers déjantés.

Une parenthèse agréable dans mes lectures habituelles.

Je participe avec le mois belge d'Anne et Mina dans la catégorie "Les Impressions nouvelles" : Un roman édité depuis le dernier mois belge.

 

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 23:11

Audiolib 2021 (Grasset) - lu par Guila Clara Kessous - 3 h 53

"Très souvent, dans les cas d’abus sexuel ou d’abus de faiblesse, on retrouve un même déni de réalité : le refus de se considérer comme une victime. Et, en effet, comment admettre qu’on a été abusé, quand on ne peut nier avoir été consentant ? "

Vanessa Springora nous raconte la liaison qu'elle a eue, durant toute son adolescence, avec un écrivain de 50 ans qui l'a séduite alors qu'elle n'avait que treize ans. L'auteur, qui jouissait d'une certaine notoriété, était reçu sur les plateaux de télévision pour y présenter ses romans, dont certains faisaient l'apologie de la pédophilie. Dans ces années 70-80, l'opinion publique n'était pas encore sensibilisée aux abus subis par les mineurs. Une telle complaisance des médias vis à vis d'un écrivain serait aujourd'hui inimaginable.

Ce qui est intéressant, dans le récit de Vanessa Springora, c'est "comment" l'emprise s'est mise en place. Elle décrit l'approche du prédateur, qui a agi "au nez et à la barbe" de la mère de l'autrice. La technique de séduction, inscrite dans le temps, avait mis en confiance la jeune fille et sa mère.  Il faut dire que le "terreau" était fertile. La toute jeune fille était délaissée par son père et élevée par une mère qui vivait, à trente ans, la jeunesse qu'elle n'avait pas eue. L'univers dans lequel évoluaient la mère et la fille était un milieu intellectuel qui se voulait libéré et sans tabou.

Vanessa Springora revient sur l'impact très important de cette liaison sur son adolescence mais aussi sur sa vie de femme. Un rapport compliqué avec le corps, la difficulté d'avoir adulte une sexualité épanouie mais aussi l'énorme difficulté à construire sa propre identité, tant l'influence de l'écrivain était prégnante. Il lui a fallu des années pour se décider à mettre cette histoire sur la place publique. Ne cautionnant pas le déballage de la vie privée en littérature, elle a pris le temps de réfléchir à la portée de son projet.  Son approche, factuelle et non-voyeuriste, m'a convaincue, tout comme l'interprétation audio de Guila Clara Kessous, sobre et efficace. Je suis sortie de cette écoute avec l'impression d'avoir progressé dans ma compréhension du phénomène de l'emprise, notamment dans le rapport enfant-adulte.

Un récit autobiographique percutant. 

Ce roman est en lice pour le Prix Audiolib 2021

Challenge écoutons un livre

 

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 00:38

Mars 2021 - Finitude - 254 pages

Le résumé figurant sur la quatrième de couverture est très succinct mais décrit fort bien la situation : "Ma mère s'emmerdait, elle m'a transformée en poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s'est vengée".

La fille unique du couple Vern est particulièrement jolie, ce qui donne l'idée à sa mère de l'inscrire aux concours de "Mini-miss" organisés dans la région. Nous sommes en Floride (en France, ce type de concours est interdit). Madame Vern vise pour sa fille la première marche du podium mais Elisabeth doit se contenter de la seconde. En dépit d'une préparation digne d'un marathon, Il y a toujours une petite fille plus belle qu'elle.

En plus de sa propre déception, la fillette doit subir celle de sa mère, qui lui fait payer ses échecs. Au fil du temps, les dimanches deviennent un véritable calvaire pour la petite fille qui se met à détester sa mère au point d'avoir l'idée de se venger. La narratrice, qui n'est autre qu'Elisabeth, raconte son histoire avec un cynisme qui fait froid dans le dos. 

"Florida" est un roman qui m'a happée dès les premières pages. Olivier Bourdeaut a une écriture particulièrement addictive. Un certain suspens plane sur le devenir d'Elisabeth, dont la vengeance va crescendo. Parallèlement, sa descente aux enfers est vertigineuse mais pourtant jubilatoire grâce au sens de l'humour (noir) d'Elisabeth. 

J'ai été à la fois subjuguée et dérangée par ce roman qui ne fait pas plus de cadeau à sa narratrice qu'au lecteur. J'avais été fortement impressionnée par la qualité du premier roman de l'auteur "En attendant Bojangles", je l'ai été tout autant par Florida qui est un roman très original et déstabilisant. 

Un roman "coup de poing" à découvrir !

Ce roman paraît aujourd'hui même aux Editions Finitude.

Une lecture commune avec Antigone, qui en a fait un coup de cœur (je n'en suis pas loin). 

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 19:44
Finitude - Octobre 2020 - 220 pages

Pierre vient de perdre un poste haut placé dans un grand groupe d'édition, après avoir refusé de faire un "rapport" sur une personne accusée de malversations et qu'il croit innocente. Désormais au chômage, Pierre accepte un poste de VRP qui lui fait parcourir la France pour faire la promotion de livres et d'encyclopédies. Il visite essentiellement les libraires et les bibliothèques. Ce poste est moins passionnant que le précédent mais lui fait voir du pays et rencontrer des gens. Le temps passé en voiture lui permet de réfléchir à l'évolution du monde du livre avec la disparition des petites maisons d'éditions, avalées peu à peu (à son grand regret) par des grands groupes.

Pierre Lombard est un personnage attachant. Il ne manque pas d'humour, se lie facilement et pratique l'autodérision. J'ai pris plaisir à le suivre le long des routes de France, partageant ses réflexions. Je n'ai pas réussi à replacer le roman dans le temps. Il me semble que cela fait belle lurette qu'on ne vend plus d'encyclopédies papier.

La description du monde du livre est assez pessimiste et désabusée. Aux côtés de quelques passionnés de littérature, nous découvrons des gestionnaires peu soucieux de la qualité des ouvrages qu'ils proposent.  Plus généralement, il est question du rapport de l'homme au travail. J'ai trouvé certaines réflexions très justes, comme celle-ci, par exemple, qui peut s'appliquer à n'importe quel métier :

"Patience devant les clients énervés, Patience devant les responsables de rayons surmenés. Patience devant les décontenancés, patience devant les pleutres, les séducteurs, les indifférents, les vulgaires, les arrogants. S'il se laisse à les mépriser, il méprisera sa relation à la vente. S'il méprise son travail, il se méprisera. Se méprisant, il vivra tout cela avec dégoût. Alors, il ne lui restera que ses yeux pour pleurer".

On peut lire, sur la quatrième de couverture, que Christian Estèbe a été libraire puis représentant en librairie et qu'il est aujourd'hui bouquiniste à Marseille. Son personnage principal, Pierre Lombard, a un parcours assez proche. L'auteur semble bien connaitre son sujet. Amoureux des livres et des mots il partage avec nous sa passion.

"Passer de l'écrit vain, à l'écrit vrai, lever le voile des mots d'usage, des mots d'usure. Comment gratter les mots. Ecrire pour retrouver en soi ce qui parle à soi, donc à tous. Etroite est la passerelle, et il faut être un peu funambule pour tirer l'or de cette vieille matière corrompue que sont les mots." 

Voilà un roman intelligent, à l'écriture soignée et non dénué d'humour. Bien qu'il n'y ait pas de réelle intrigue (juste un petit rebondissement à la fin), l'histoire est assez prenante.

Une belle découverte !

 

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 10:44

Audiolib 2020 (Stock) - 5 h 51 - lu par l'autrice

Je ne connaissais pas grand chose de Frida Kahlo quand j'ai commencé cette écoute. Je savais qu'elle était mexicaine et peintre, je visualisais quelques uns de ses tableaux mais je n'avais jamais eu la curiosité de me documenter à son sujet. C'est donc avec beaucoup d'intérêt que j'ai écouté cette biographie, lue avec un  talent de conteuse par l'autrice. Claire Berest met en avant, d'après ce que j'ai retenu du livre, deux aspects de la vie de Frida : le combat contre la douleur d'un corps brisé et une passion dévorante pour le peintre Diego Riviera. 

A l'âge de six ans, Frida contracte la poliomyélite, qui lui laisse comme séquelle une jambe atrophiée. Comme si cela ne suffisait pas, elle est victime d'un grave accident d'autobus à l'âge de dix-huit ans. Polytraumatisée, elle reste de longs mois à l'hôpital et garde de nombreuses séquelles physiques. Une blessure à l'abdomen est la cause de plusieurs fausses couches. Elle ne parvient pas à mener une grossesse à terme, ce qui constitue un des drames de sa vie. De ses souffrances, Frida fait des tableaux, parfois allongée sur son lit d'hôpital. Elle a subi de multiples opérations.

La colonne brisée - 1940

" Son dos, son cou, ses orteils, un pied, une jambe, son sexe. Tout a mal. Tout crie. Chaque morceau d’elle réclame d’être considéré en priorité dans la souffrance, comme une portée d’enfants égocentriques piaille à qui mieux mieux pour voler l’attention de la mère." 

Il ne faudrait pas réduire Frida à sa douleur. C'est une femme passionnée qui aime la fête et se montre joyeuse. Elle se donne corps et âme à l'homme qu'elle aime. Leur relation n'est pas exclusive. Chacun a des aventures. Frieda en souffre mais Diego a été clair dès le départ. Leur relation est chaotique, Frieda est trop amoureuse pour accepter les frasques de son homme. Le peintre sait toutefois la soutenir quand elle en a besoin. Ce n'est pas un amour à sens unique même si Frieda attend de Diego plus qu'il n'a envie de donner.

"Tu sais pourquoi je pleure ? Parce que j'ai été victime de deux horribles accidents dans ma vie, Diego, le premier c'est le tramway. L'autre c'est quand je t'ai rencontré".

 

C'est un curieux couple quand on les regarde :

"Parce qu'il est laid, Diego, d'une laideur franche et amusée d'elle-même. Une laideur gustative qui ouvre l'appétit ; on a envie de mordre ce gros ventre, d'en avoir la gorge pleine, les dents sales, de lécher les doigts puissants, de passer la langue sur ses yeux trop prononcés, trop éloignés, sans couleur claire."

Les femmes ont beaucoup de mal à se faire une place dans le milieu artistique de l'époque mais Frieda ne souffre pas que son époux soit mis en avant. Son admiration pour lui n'a pas de limite. Tous deux voyagent à l'étranger, elle est "Madame Riviera". Ce n'est que plus tard dans sa vie qu'elle sera reconnue à sa juste valeur en tant que peintre.

"Elle ne peint pas pour être aimée. Elle est transparente, c'est-à-dire qu'elle ouvre grand la fenêtre vers l'intérieur".

Frieda a une personnalité très forte. Elle est dotée d'une grande originalité. Ses vêtements et bijoux reflètent son exubérance. Elle cultive son côté androgyne comme le montrent certains autoportraits, qui accentuent cette particularité. Frida est très coquette tout en ne s'épilant pas, par exemple.

Autoportrait au Collier d’Épines et Colibri, 1940

Découvrant Frida Kahlo, je ne saurai vous dire si cette biographie est fidèle et complète mais j'ai beaucoup aimé découvrir l'artiste et la femme, au travers de la plume de Claire Berest. J'ai trouvé de nombreux points communs entre "Rien n'est noir" et "Gabriële", que Claire Berest a écrit avec sa soeur Anne. Les deux ouvrages constituent de très beaux portraits de femme, dans un contexte artistique et historique fort bien reconstitué. 

La plume sensuelle et colorée de Claire Berest a su me séduire et me donner envie de lire d'autres ouvrages sur l'artiste.

Ecoutons un livre

 

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 13:22

POL - 392 pages - août 2020

 

C’est utile quand la vie vous sourit de savoir qu’elle va vous passer à tabac et quand on tâtonne dans les ténèbres, que la lumière va revenir. Ça donne de la prudence, ça donne de la confiance. Ça aide à relativiser ses états d’âme. Du moins ça devrait.

Tout commence par un stage de Yoga, auquel participe Emmanuel Carrère avec l'idée d'écrire "un petit livre subtil et souriant sur le Yoga". Le résultat n'est pas à la hauteur de l'objectif même si, au début du roman, on pourrait le croire. 

L'auteur pratique la méditation régulièrement mais pas de façon soutenue. Avec un stage intensif d'une dizaine de jours, il se fixe un petit challenge personnel à relever. S'adonner à la méditation, assis pendant plusieurs heures sur un petit coussin, n'est pas donné à tout le monde (à titre personnel, je l'imagine pas tant j'ai besoin d'être "productive"). 

"Il s'agit de s'asseoir en silence, de porter l'attention sur son souffle, d'être présent à tout ce qui traverse le champ de la conscience, de l'observer sans le juger, de ne rien attendre, de laisser faire, de lâcher prise."

Le stage commence sur de bonnes bases mais l'attentat de Charlie Hebdo vient tout chambouler. L'auteur, qui connait personnellement Bernard Maris, est appelé à Paris pour participer à ses obsèques. A la page 148 (sur 390) nous quittons le stage de Yoga pour suivre l'écrivain à son domicile, où il est ramené brutalement à la "vraie vie". Il est fortement déconseillé d'interrompre un stage de méditation avant la fin. L'auteur va l'apprendre à ses dépens. La partie suivante s'appelle "Histoire de ma folie". L'auteur bascule, pour une raison qui n'est pas dite mais que l'on peut deviner en lisant la presse, dans une très profonde dépression. Hospitalisé en psychiatrie, il est diagnostiqué bipolaire.

"On est deux dans le même homme, et ces deux là sont des ennemis".

Il touche le fond et passe, dans un état second, quatre mois cauchemardesques. Puis il sort de l'hôpital et, peu de temps après, part pour Léros, une île de la mer Egée où l'attend une mission humanitaire. Dans une partie intitulée "les garçons", il parle d'autres vies que la sienne, sans s'oublier.

"Tu n'es pas juste venu prendre notre malheur, tu as raconté aussi le tien."

La publication d'un livre d'Emmanuel Carrère est pour moi un évènement. L'auteur laisse passer plusieurs années entre deux publications et choisit toujours des thèmes très originaux. Chaque livre est une aventure dans laquelle je me plonge "corps et âme". Yoga n'a pas fait exception même si, je l'avoue, j'ai trouvé cet opus moins abouti que les précédents, plus décousu. Le fil conducteur est "la méditation" mais l'enchainement des différentes séquences de l'ouvrage m'a semblé artificiel. 

Quoi qu'il en soit, c'est un livre que aimé parcourir (pour ne pas dire dévorer). L'écriture d'Emmanuel Carrère est d'une grande fluidité. La partie concernant le Yoga est traitée avec beaucoup d'humour. Celle intitulée "Histoire de ma folie" contraste avec la précédente, bien que l'auteur sache pratiquer l'autodérision en toutes circonstances. Nous plongeons avec l'écrivain dans le monde de la folie.

Emmanuel Carrère est un personnage admiré par les uns, détesté par les autres. A titre personnel, j'essaye de faire la part des choses entre l'écrivain et la personnalité médiatique, même si les deux cohabitent fortement chez Carrère, comme le montre l'extrait ci-dessous :

"J'écris pour devenir un meilleur être humain, c'est vrai, j'écris parce que j'aime écrire, j'écris par goût du travail bien fait, j'écris parce que c'est ma façon de connaître la réalité. J'écris aussi pour être célèbre et admiré, ce qui n'est certainement pas le meilleur moyen de devenir un meilleur être humain. Mon travail est le bastion de mon ego."

Lire ou ne pas lire Yoga ? A vous de voir !

L'avis de Papillon - celui de Keisha

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 23:16

Editions verticales 2012 - 127 pages

En 2010, dans le cadre de l'année France-Russie, Maylis de Kerangal a voyagé dans le Transsibérien. De ce voyage est né une fiction radiophonique publiée il y a 10 ans sur France culture. Cette fiction a inspiré à l'écrivaine un texte qu'elle a appelé "tangente vers l'est". 

Maylis de Kerangal lors de son voyage dans le transsibérien

De Moscou à Vladivostok, le transsibérien transporte des voyageurs de tous horizons. Hélène, la jeune compagne d'un expatrié, a décidé de fuir une vie qu'elle n'apprécie guère. Elle prend le train à Krasnoïarsk en direction de l'est, sans idée vraiment précise de ce qu'elle va faire ensuite. Dès le début du voyage, elle remarque un jeune appelé nommé Aliocha. Ce dernier observe la jeune femme également. Ils ne parlent pas la même langue, ce qui rend d'autant plus étrange ce qui va se passer.

Nous sommes tantôt dans la tête d'Hélène, tantôt dans celle d'Aliocha. On ne sait pas grand chose de leur passé. Tous deux sont concentrés sur le moment présent. L'un songe à s'échapper, l'autre se laisse aller à la rêverie. Le paysage est monotone, une forêt interminable défile sous leurs yeux. Les haltes sont attendues avec impatience. Par la fenêtre ils observent les voyageurs déambuler sur les quais. Au fil du voyage, la relation entre Hélène et Aliocha s'intensifie et ils deviennent complices. Pour le meilleur ou pour le pire ?

"La seule chose qu'il sait, c'est qu'à l'instant où les deux femmes ont frappé à la porte, elle est passée dans son camp, à la seconde où elle a ouvert pour leur faire vérifier qu'elle était bien seule, à cette seconde-là, elle est devenue sa complice. Elle ne sait peut-être même pas pourquoi elle a fait ça, peut-être par jeu, pour jouer le jeu. Mais elle n'a pas agi sous la menace, il en est certain : elle, c'est une autre histoire, il ne sait pas laquelle mais c'est autre chose".

J'ai bien aimé ce roman d'ambiance servi par l'écriture précise et tendue qui caractérise Maylis de Kerangal. 

Maylis de Kerangal dans le transsibérien. J'y vois aussi Hélène...

Ce livre était dans ma PAL depuis quelques années. Je suis ravie de l'avoir découvert. J'aime vraiment beaucoup l'écriture de Maylis de Kerangal.

Objectif Pal chez Antigone

 

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 17:49

Audiolib (Belfond 2009) - lu par Isabelle Miller - 19h00 - Traduit parBernard Cohen

J'ai lu (ou plus exactement écouté) ce pavé, au début de l'été. Quand je pense à cette écoute, je me revois le long des sentiers côtiers, faisant corps avec l'héroïne, partageant ses réflexions et ses malheurs. La grande qualité de Douglas Kennedy est de prendre le temps d'installer son histoire et de décortiquer minutieusement la psychologie des personnages. 

Jane a grandi dans une famille dysfonctionnelle. Sa mère, obnubilée par ses problèmes de couple, ne s'intéresse guère à sa fille. Son père, égoïste et immature, ne lui cause que des tracas. Jane, jolie et intelligente, ne parvient pas à faire les bons choix, professionnels ou personnels. Après avoir gâché la brillante carrière d'universitaire qui s'offre à elle, elle enchaine les erreurs. Un drame personnel lui portera le coup de grâce. Elle fera alors le choix de "quitter le monde". Sa reconstruction passera par la solitude et l'introspection. Douglas Kennedy nous laisse le temps d'accompagner la jeune femme dans son travail de reconstruction et, si certains ont déploré des longueurs, ce n'est pas mon cas.

Comment peut-on se planter constamment et faire systématiquement les mauvais choix ? J'ai parfois été agacée par les erreurs à répétition de Jane mais j'ai surtout éprouvé de l'empathie pour elle. J'ai aimé voyager à ses côtés, notamment dans l'Ouest du Canada, où elle débarque sous la neige et s'installe dans une maison de bord de mer. Nous la retrouvons plus tard, bibliothécaire, dans une ville où elle renoue progressivement avec une vie sociale. La dernière partie du roman, assez addictive, constitue "un roman dans le roman". Jane est amenée à se passionner pour une enquête qui fait suite à la disparition d'une fillette. Ce fait divers va lui permettre de faire prendre à sa vie une nouvelle direction...

J'ai bien aimé cette écoute et j'ai quitté Jane a regret.

Enna beaucoup moins.

Challenge "Ecoutons un livre"


 

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Le mois américain - Chez Titine

 

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