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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 23:16

Actes Sud 2014 - 402 pages - traduit de l'anglais (américain) par Christine Le Boeuf


"Toutes les entreprises intellectuelles et artistiques, plaisanteries, ironies et parodies comprises, reçoivent un meilleur accueil dans l'esprit de la foule lorsque la foule sait qu'elle peut, derrière l'œuvre ou le canular grandioses, distinguer quelque part une queue et une paire de couilles".

En 2003, j'ai découvert cette phrase provocatrice dans une lettre à la rédaction parue dans le premier numéro de The Open Eye, une revue interdisciplinaire que je lisais fidèlement depuis plusieurs années. L'auteur de la lettre, Richard Brickman, n'était pas celui de la phrase. Il citait une artiste dont je n'avais encore jamais vu le nom dans la presse : Harriet Burden.

L'ouvrage commence par un avant propos (extrait ci-dessus) signé I.V. Hess, une universitaire intriguée par les propos d'une plasticienne nommée Harriet Burden. Curieuse d'en savoir plus sur cette artiste, elle fait des recherches et découvre qu'Harriet est décédée depuis deux ans. Grâce à ses enfants, l'universitaire accède aux carnets tenus par l'artiste et découvre une femme d'une culture et d'une vie intérieure très riche. Avec l'accord de la fratrie, elle regroupe, dans un ouvrage, les écrits d'Harriet, en y ajoutant des interviews et témoignages de proches de l'artiste. L'ensemble constitue "un monde flamboyant".

Siri Hustvedt

Le thème central de l'ouvrage de Siri Hustvedt tourne autour de la place des femmes dans le monde artistique. Regarde-t-on de la même façon une oeuvre quand on connait le sexe de l'auteur ? Plus généralement, n'est-on pas influencé par les différents critères que constituent l'âge, le sexe et la race de l'artiste ? Harriet Burden, qui n'a pas le succès qu'elle pense mériter, en est persuadée. Elle décide de mener une expérience pour en avoir le cœur net. Elle compose une série d’œuvres qu'elle nomme "masquages" en s'associant secrètement avec des hommes qui lui serviront de "masques". Harriet sera en contact avec eux durant la création pour s'imprégner de leur personnalité et se mettre d'une certaine façon "dans leur peau". Les œuvres seront signées du nom de ces "masques". Ils en feront la promotion. 

Au fil des différents témoignages et carnets, nous assistons à la création des œuvres, à leur promotion ainsi qu'aux réflexions d'Harriet sur son processus de création. Avec un peu d'imagination, nous pouvons visualiser ces œuvres fictives, tant elles sont bien décrites. De façon plus générale, l'artiste évoque l'art et le milieu artistique dans lequel elle a baigné au travers de son mari galeriste. La plasticienne évoque aussi sa vie privée (son mari puis son compagnon, ses enfants, les artistes qu'elle héberge...). Elle confie ses complexes (concernant notamment sa grande taille), ses difficultés à s'accepter en tant que femme vieillissante... Nous partageons ses joies, ses doutes mais aussi, à la fin du roman, sa maladie et sa fin de vie.

Ce n'est pas une lecture facile dans le sens où de nombreuses références philosophiques et psychanalytiques viennent étayer le roman (avec notamment des notes de bas de page). J'avoue qu'à la fin du roman, je faisais l'impasse sur ces notes. Si l'ouvrage est parfois ardu, il est d'une grande richesse de par la réflexion qu'il suscite. Sa construction, sous forme d'enquête, en fait un véritable "thriller littéraire", comme souligne Babelio dans sa présentation du livre. 

Je recommande cette lecture aux personnes que le sujet intéresse. Je pense notamment aux artistes femmes comme mon amie Gwenaëlle. Cette dernière, sans que l'on ait échangé sur l'ouvrage et sans l'avoir lu, vient tout juste de partager sa réflexion sur le sujet dans un article de blog intitulé "femme et artiste". 

Si vous entreprenez la lecture de ce roman, j'ai deux conseils à vous donner : arrangez-vous pour avoir du temps devant vous et prenez quelques notes de "qui est qui", afin faire le lien, plus aisément, entre les différents protagonistes. 

Une lecture exigeante mais, avec du recul, passionnante.

Allons voir si Laure, du blog Micmélo, est d'accord avec moi. Nous devions, depuis longtemps, entreprendre cette lecture commune, voilà qui est fait. Nous continuerons l'aventure un de ces jours avec un autre titre de l'auteure : "Eligie pour un américain".

J'ai lu cet ouvrage (sorti de ma PAL) dans le cadre du mois américain (qui est terminé, je suis en retard).

Le challenge "objectif PAL", c'est chez Antigone !

 

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 23:39

Ecoutez lire (Gallimard 2015) - 8 h 30 - lu par Benjamin Jugers et Sarah Stern

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Anouk Neuhoff

J'ai découvert la plume de Tracy Chevalier avec deux très beaux portraits de femme : "La jeune fille à la perle", son roman le plus connu puis "Prodigieuses créatures", qui m'a enchantée. Avec "la dernière fugitive", c'est de nouveau un portrait de femme que nous propose Tracy Chevalier. Cette fois, nous voyageons au fin fond de l'Ohio, en 1850, aux côtés d'Honor, une jeune quaker d'origine anglaise, fraîchement débarquée en Amérique après un long voyage particulièrement éprouvant, puisqu'elle perdra sa sœur quelques jours avant d'arriver à destination. Cette dernière devait épouser un membre de leur communauté. 

Honor est accueillie très froidement par l'homme qui devait épouser sa sœur. Pour sortir de cette maison où elle n'est pas la bienvenue, la jeune fille ne voit pas d'autre solution que de se marier et choisit l'homme qui semble correspondre le mieux à ses valeurs. Son mari ne la déçoit pas mais elle ne s'entend pas avec sa belle-famille. Honor ne comprend pas que cette dernière refuse d'aider les esclaves fugitifs alors même que leur communauté rejette l'esclavage. La jeune femme porte bien son prénom. Elle est droite, honnête et en accord avec ses valeurs. Elle se met donc à agir comme elle le sent, désobéissant à sa belle-famille. 

C'est le troisième ouvrage que je lis de Tracy Chevalier et chaque fois je me passionne pour l'univers qu'elle me propose.  J'ai découvert avec beaucoup d'intérêt les us et coutumes de la communauté quaker et notamment l'art du quilt (sorte de patchwork) que pratiquent les femmes. Honor est très douée pour la couture et s'évade en créant de superbes ouvrages.

un exemple de quilt

On ne peut pas qualifier "la dernière fugitive" de roman historique mais l'ouvrage permet de se faire une idée des dernières années de l’esclavagisme en Ohio. On découvre une population divisée en trois catégories : ceux qui osaient aider les fugitifs, ceux qui, bien qu'étant contre l’esclavagisme, avaient peur de s'opposer à la loi et enfin ceux qui, parce qu'ils cautionnaient le système ou y trouvaient un intérêt personnel, dénonçaient les fugitifs.

Un roman à découvrir, si ce n'est déjà fait.

Précision : la version audio est une version abrégée mais cela n'a pas perturbé ma lecture. Je ne m'en suis aperçue qu'après avoir rédigé mon billet. Je préfère toutefois écouter une version intégrale car je l'aime pas l'idée de coupes dans un texte, même si c'est avec l'accord de l'auteur. 

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

 

Le mois américain, c'est chez Titine
challenge 50 états - 50 romans : l'Ohio

 

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 23:37

Delcourt - 258 pages - août 2019 - Traduit de l'anglais ( USA ) par Lisa Rosenbaum

William Melvin Kelley

"Aucun d'eux n'avait le moindre repère auquel il aurait pu rattacher la notion d'un monde dépourvu de Noirs".

Nous sommes plongés à la fin des années 50 dans un état imaginaire du sud des Etats Unis où les blancs et les noirs cohabitent dans un climat de ségrégation raciale. Dans la ville Sutton, un événement inimaginable survient : la population noire quitte la ville en masse, sans la moindre explication. Le premier à quitter les lieux s’appelle Tucker Caliban. Il n'est pas n'importe qui, comme nous le découvrirons plus tard. Il descend en effet de la première lignée d'esclaves à avoir mis les pieds dans la ville. Turcker quitte sa ferme de façon subite et spectaculaire. Il brûle sa maison, abat sa vache et son cheval et étend du sel sur ses terres. Les autres noirs, ni une ni deux, font leur valise et abandonnent leur maison sans un mot.

 

Ce livre, publié en 1962 aux USA, m'a fait immédiatement penser à "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", bien que les deux histoires soient très différentes. On y trouve le même climat de défiance entre les noirs et les blancs, une ségrégation pas toujours assumée mais bien réelle et parfois terriblement violente.  Ce roman comporte une part de surnaturel et se lit comme un conte. Mais il ne faut pas que cet aspect vous effraie si vous n'aimez pas ce genre littéraire. L'histoire est ancrée dans une réalité historique et aborde le thème de la discrimination raciale de façon originale mais réaliste. L'ouvrage peut se lire d'une traite tant nous sommes pris par l’enchaînement des faits et des témoignages. Ce sont les blancs qui relatent les faits, des blancs qui ne s'imaginent pas vivre sans les noirs, tant ils font partie de leur quotidien. Les témoignages se succèdent, nous offrant plusieurs facettes d'une même histoire. La fin peut déconcerter. J'avoue qu'il m'a fallu "rembobiner" l'histoire et relire l'ouvrage en diagonale pour (je l'espère) en saisir toute la portée.

On peut remercier les Editions Delcourt d'avoir publié ce roman en France, plus de 50 ans après sa parution aux Etats Unis. J'ai appris qu'un autre roman de l'auteur serait publié prochainement par la maison d'édition. Espérons qu'il soit du même niveau !

Un premier roman assez époustouflant, surtout quand on sait que son auteur n'avait que 23 ans quand il l'a écrit.

Un grand merci au Picabo River Book Club ainsi qu'aux Editions Delcourt pour ce partenariat.

 

5/6

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 20:03

Folio 704 pages - Trad. de l'anglais (Nigeria) par Anne Damour

"Cher Noir non Américain, quand tu fais le choix de venir en Amérique, tu deviens noir. Cesse de discuter. Cesse de dire je suis jamaïcain ou je suis ghanéen. L'Amérique s'en fiche". 

Imefelu réalise qu'elle est noire en mettant les pieds à Philadelphie pour y faire ses études.  Comme tous les nigérians arrivant aux USA, la jeune femme a des rêves plein la tête et beaucoup d'ambition. Mais dès son arrivée, elle réalise que tout est difficile pour un noir : trouver un job, dénicher un logement décent...  La jeune fille galère beaucoup, surtout au début. Peu à peu, elle sort la tête de l'eau, grâce à sa détermination et son caractère de battante. Le blog qu'elle a créé pour évoquer ses difficultés acquiert une certaine notoriété. Elle y dénonce la discrimination raciale. 

La première scène se déroule chez le coiffeur. Imefelu vit depuis quinze ans aux USA. Elle a pris la décision de rentrer chez elle, au Nigéria. Pendant qu'on la coiffe (les tresses nécessitent beaucoup de temps), Imefelu laisse son esprit vagabonder et se remémore  son arrivée, ses galères, ses joies. Elle évoque aussi son fiancé nigérian, qu'elle n'a jamais oublié. Il a vécu à Londres avant de revenir au pays et de s'y marier. En rentrant, elle compte bien le revoir.

La dernière partie du roman se passe au Nigeria. Imefeu a désormais le statut "d'Américanah". On lui fait bien comprendre qu'elle n'est plus la même. Effectivement, elle est décalée. La jeune femme fait des efforts pour trouver sa place, ce qui ne l'empêche pas de se montrer critique envers son pays. Elle fustige notamment  la corruption qui gangrène l'économie. Critique, elle l'était aussi avec les américains quand elle était aux USA. 

Avant de lire Américanah, je n'étais pas sensibilisée à la spécificité des problèmes rencontrés aux Etats Unis par les noirs non-américains. Ces derniers cumulent les difficultés. Ils ne possèdent ni les codes ni la culture des américains. De surcroît, tout comme les afro-américains, ils sont confrontés au racisme et à discrimination raciale..

Il n'est pas simple de trouver sa place quand on vit dans un monde de blancs, fait pour les blancs. Imefelu cite l'exemple des magazines féminins qui ne proposent que des coiffures et maquillages adaptés aux blanches. Cela peut paraître futile mais on peut comprendre la frustration des femmes noires quand elle ouvrent un magazine.

"Américanah", c'est aussi une histoire d'amour mais ce n'est pas l'aspect du roman qui m'a le plus intéressée. L'originalité du roman vient de son ton, limite provocateur. Par l'intermédiaire de la narratrice, l'auteure se moque des clichés, met le doigt sur les contradictions de tous bord, sans s'inquiéter du politiquement correct. L'autre aspect original du roman est sa construction, avec l'insertion d'articles du blog d'Imefelu, au fil du roman.

J'ai beaucoup aimé ce roman, lu pendant mes vacances et gardé au chaud pour le mois américain !

 

 

 

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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 23:05

Belfond - août 2019 - 221 pages

"C'est tellement facile de blesser un enfant. Un petit, on peut le bousiller, juste pour voir, et en être impuni."

Isabelle Desesquelles est une autrice que je suis depuis quelques années. Les thèmes qu'elle aborde sont tristes, graves et dérangeants. Étonnamment, ses romans sont toutefois lumineux grâce à une écriture sublime et la petite lueur d'espoir qui anime ses personnages au terme d'une épreuve apportée par la vie.

UnPur n'est pas une lecture facile, je le pressentais avant d'en lire la première phrase. L'épreuve dont il est question ici est l'enlèvement d'un enfant par un pédophile, un sujet scabreux et difficile à traiter. Pour résumer cette histoire, sans trahir le ton et les ellipses voulues par la romancière, il me faudrait le style et le talent qui sont les siens. Ne possédant pas ces qualités littéraires, je me contenterai d'un résumé très succinct.

Les jumeaux Benjamin et Julien, huit ans, forment avec leur maman un trio fusionnel. Quand un inconnu enlève l'un des garçons, c'est le chaos. Quarante ans plus tard, nous retrouvons, sur le banc des accusés, le jumeau disparu. Comment est-il passé de victime à accusé ? Quel a été son calvaire et comment a t'il vécu sa vie d'adulte ? Nous découvrons les réponses à ces questions au fil de l'ouvrage. Isabelle Desesquelles, sans épargner le lecteur, lui offre une expérience de lecture originale et éprouvante.. 

"Je suis le fantôme d'un pauvre enfant. Quelle sorte d'homme cela fait ?"

Oscillant entre fiction et réel, le récit offre plusieurs possibles. L'enfant devenu adulte devra lutter contre les pulsions pédophiles qui le saisissent. Passera t'il à l'acte ou convoquera t'il ses fantasmes sans aller plus loin ? De l’Italie, lieu de son rapt, l'enfant devenu adolescent nous conduira au Mexique où il tentera de vivre avec ses démons, découvrant la beauté du monde.

"Je découvre les couchants qui sont une crête rousse aux vagues, lorsque sur la plage l’eau se retire, mon reflet à être mordoré me paraît moins noir.

Aucun jour ne se ressemble, c’est affaire de lumière, tenter d’en pénétrer le secret vous occupe un homme."

Il faut être patient quand on commence cette lecture car les réponses aux questions que l'on se pose n'arrivent que tard dans le roman. Il subsiste quelques doutes, que l'imagination de chacun peut combler.

"La vérité, on en fait ce que l’on veut, ce que l’on peut. On fait avec. Elle est une guimauve que l’on étire. On la tord, et elle prend toutes les formes, revêt l’apparence qu’on lui donne."

Un sujet délicat, très bien traité. Le jeu de mots contenu dans le titre donne le ton.

Une lecture commune avec ma complice Antigone, allons voir son avis.

2/6

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 18:50

Par amour - Valérie Tong Cuong - 9 h - JC Lattes 2017

Dans ce roman choral, nous suivons une famille élargie durant la guerre 39-45, au Havre. Tour à tour, chacun des membres relate le déroulement des faits, de l'évacuation de la ville en 1940 aux ultimes bombardements, en 1944. Entre les deux dates, nous vivons la maladie d'une jeune mère de famille, touchée par la tuberculose mais aussi le départ de ses enfants vers l'Algérie, le temps de sa guérison. Nous suivons le parcours d'un résistant de l'ombre, d'une jeune femme meurtrie par les épreuves de la guerre, d'enfants dont la vie quotidienne est totalement chamboulée...

Je savais que le Havre avait été particulièrement touché pendant la guerre mais je ne savais pas que la ville avait été doublement bombardée, par les par les allemands mais aussi par les alliés, en raison de sa position stratégique. Je ne savais pas non plus que des enfants avaient trouvé refuge en Algérie.

L'auteure, originaire du de la ville, a fait des recherches pour comprendre ce qu'avait pu être la vie de sa famille, durant cette époque noire de la France. C'est un roman bien documenté que nous propose Valérie Tong Cuong, sans pour autant que la petite histoire ne se trouve au second plan. J'ai bien aimé accompagner chaque personnage, enfant ou adulte, dans cet épisode marquant de l'histoire du Havre. L'auteure a su retranscrire l'époque de façon assez saisissante.

Quatre lecteurs se relayent pour nous conter cette histoire, la rendant particulièrement vivante. Je recommande donc la version audio.

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

Une réussite !

challenge "Écoutons un livre"

 

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11 juin 2019 2 11 /06 /juin /2019 23:01

Allary Editions - 2016 - 54 pages

Esther est la fille d'amis de Riad Sattouf. Il échange régulièrement avec la fillette et s'intéresse à sa vie quotidienne. L'idée lui est venu de mettre sa vie en bulles. 

Esther est une petite fille comme beaucoup d'autres. Son univers tourne autour de la famille, les copines et l'école. Les garçons sont tous bêtes à ses yeux (surtout son frère). Elle adore son papa, aime plus que tout la nourriture et rêve d'avoir un iphone 6. Elle ne saisit pas forcément tout ce qui touche au monde des adultes mais s'en fait une idée malgré tout.  Avec beaucoup d'humour, au travers de 50 petites histoires illustrées, Riad Sattouf nous présente Esther et bien vite on l'adore et on en redemande.

Riad Sattouf parvient à restituer la candeur de la fillette et son univers. J'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir l'album et j'ai parfois retrouvé ma plus jeune fille au même âge (notamment dans la case ci-dessous).  

 

 

Dans le rapport d'Esther son  avec frère, c'est plutôt mes 10 ans que j'ai retrouvés...  (nous étions comme chien et chat, mon frère et moi).

 

 

Ce qui frappe chez Esther et les enfants de cet âge, c'est la cruauté qu'ils peuvent manifester les uns avec les autres (notamment dans la cour d'école). On rit jaune...

 

 

Que ce soit dans l'Arabe du futur ou dans les cahiers d'Esther, Riad Sattouf réussit le pari de se mettre dans la peau d'un enfant et de décrire le monde à travers ses yeux.  Les dessins sont parfaitement en phase avec le texte. On retrouve tout à fait le style de l'arabe du futur.

Une BD à découvrir si ce n'est déjà fait. Quant à moi, j'ai très envie suivre Esther dans les tomes suivants. L'auteur en est au quatrième tome et son intention est de suivre Esther jusqu'à ses 18 ans. Quelle belle idée ! 

 

La BD de la semaine, c'est chez Stephie

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7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 23:44

Le tripode - avril 2019 - 96 pages

Cet ouvrage n'est pas vraiment une BD mais plutôt un recueil illustré de saynètes de la vie ordinaire (couple, famille, travail...). Il est aussi question de sujets de société (écologie, réseaux sociaux...). L'ouvrage peut se parcourir en une petite heure, ce que j'ai fait. On peut aussi picorer quelques planches de temps à autre.

Grâce à un humour caustique, Germain Huby nous fait sourire (parfois rire) plutôt "jaune". En effet, les situations décrites sont à la fois drôles et cruelles, parfois absurdes. Le regard décalé sur notre société m'a beaucoup plu, me faisant penser à celui de Fabcaro. Je ne connaissais par du tout Germain Huby, artiste plasticien français et touche à tout (vidéo, photo, dessin, texte). Son oeuvre la plus connue est paraît-il la série "Germain fait la télé", que je ne connais pas (je suis totalement ignare en matière de séries).

Dans le recueil, le texte prend plus de place que le dessin, qui vient en appui aux dialogues. L'objet-livre est très soigné. Le grain de papier est agréable à l’œil et au toucher. Les bulles sont bien lisibles et le choix des couleurs harmonieux. ll faut dire que j'adore le turquoise, qui prédomine dans l'ouvrage.

C'est un recueil à laisser sur la table du salon pour en faire profiter les amis et la famille (ce que je vais m'empresser de faire).

Voici une des planches :

A découvrir !

La BD de la semaine, c'est chez Moka

 

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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 23:52

Dupuis 2016 - 116 pages

En 1958, en pleine guerre d'Algérie, douze membres de l'équipe de France de Football quittent clandestinement la France pour rejoindre le FLN. Ils ont dans l'idée de créer une équipe de foot algérienne et de faire le tour de monde pour défendre l'indépendance de leur pays. 

Je n'aime pas le foot et en dehors de la finale de la coupe du monde je ne regarde jamais un match. Alors pourquoi ai-je aimé cette BD ? Parce qu'il est question avant tout d'une aventure humaine. Si compétition il y a, c'est dans le but faire avancer un idéal. Et quand un ballon rond remplace les armes, je dis bravo !

Rey, Gallic et Kris nous relatent une page d'histoire passionnante que je ne connaissais absolument pas. Nous voyageons à travers le monde tout en suivant les joies et les peines de ces jeunes gens. Ils ont su se serrer les coudes pour un idéal commun, mettant entre parenthèses une brillante carrière pour aller vers l'inconnu. Nous découvrons que l'épopée n'est pas un long fleuve tranquille, loin des familles et d'un avenir tout tracé.

Je connaissais déjà le dessin de Javi Rey (découvert dans Intempérie). J'ai retrouvé dans "un maillot pour l'Algérie" la même justesse dans la représentation des visages, très expressifs. 

A découvrir, même si vous n'êtes pas pas un fan de foot !

La BD de la semaine, c'est chez Stephie

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 23:21

Futuropolis - 79 pages - 2018

Si vous avez besoin d'une brassée de bonne humeur, montez sur le tracteur de Didier et vous m'en direz des nouvelles.  L'histoire se passe à la campagne et serait intemporelle sans le rôle joué par "Meetic.fr". En effet, le site de rencontre vient perturber quelque peu la vie bien huilée de Didier et de sa sœur Soazic.  Didier est un rêveur, bon vivant et d'une gentillesse sans limites (ou presque). Pas trop courageux, il se repose sur sa frangine qui a de l'énergie à revendre et dirige la ferme d'une main de maître. Je n'ai pas envie d'en dire plus car il faut vraiment se laisser surprendre. Voici ce qui met le feu aux poudres :

J'ai lu la première page (juste pour voir) avant de me coucher et j'ai été happée par l'histoire sans m'en rendre compte. Ce n'est qu'une fois arrivée à la fin, que je me suis rappelée que je ne voulais lire que le début (et zut pour les cernes du lendemain) !

Voici une petite idée de l'allure de Didier et de sa sœur (le type sur la roue du tracteur n'est pas mal non plus, dans son genre) . Ils sont craquants, non ? 

 

Sur un ton gentiment moqueur et décalé, cette BD nous offre une version drôle et poétique de l'amour à la campagne (pour ne pas dire dans le pré). Le texte et les dessins s'accordent si bien qu'on a peine à croire que deux personnes ont travaillé sur l'album. 

J'ai eu la chance de rencontrer le dessinateur, François Ravard, à salon du livre de Binic et j'ai été conquise par sa gentillesse et sa bonne humeur (à l'image de ses personnages). J'espère bien qu'ils continueront, Rabaté et lui, à travailler en duo sur d'autres albums. Celui-ci est une vraie réussite.

Je me suis bien amusée avec Didier et compagnie. Une belle parenthèse humoristique !

 

La BD de la semaine, c'est chez Stephie

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