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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 00:37

1968 - Pierre Tisseyre - 2 h 38 lu par Renaud Paradis 

Hervé, au chômage et en recherche d'un emploi, avant tout alimentaire, accepte un travail de commis de librairie dans le petit village puritain de Saint-Joachim.  Hervé n'est pas un passionné de littérature. Il vend des livres comme il vendrait des poireaux, s'arrangeant pour y consacrer le moins de temps possible. Il prend toutefois garde à ce que le patron ne s'en aperçoive pas.  Durant ses loisirs, il boit plus que de raison au bar du village et entretient une relation (tout sauf passionnée) avec sa logeuse. Le dimanche, il écrit ses aventures de la semaine, sous forme de journal), histoire de s'occuper.

Au bout de quelques semaines, pensant pouvoir lui faire confiance,  son employeur lui révèle l'existence du "capharnaüm", un réduit contenant des livres censurés. La consigne est de ne vendre ces ouvrages qu'à un public trié sur le volet (autrement dit adulte et ouvert d'esprit).  Hervé n'écoute pas la recommandation et refourgue un de ces livres à un collégien. Mais voilà, monsieur le curé vient à l'apprendre... 

Hervé est un homme blasé et un brin cynique mais au final assez attachant. J'ai beaucoup aimé la façon assez jubilatoire dont il va se tirer du pétrin dans lequel il s'est fourré. J'ai souri (et même ri) plusieurs fois au court de ma lecture. J'ai choisi d'écouter cet ouvrage, paru en 1968, dans la cadre du mois québécois. C'est une lecture très accessible et distrayante qui offre une critique de la société de l'époque, sous influence du clergé. D'après ce que j'ai lu, "le libraire" est un classique souvent étudié à l'école.

A découvrir en version audio, de préférence, pour profiter de l'accent québécois.

Voilà un court roman avec lequel j'ai passé un très bon moment !

Vous pouvez télécharger ce livre audio gratuitement sur le site de radio canada (ici).

Lu dans le cadre de Québec en novembre, chez Karine et Yueyin
Écoutons un livre... Récapitulatif sur mon blog tous les mois (le 28)

 

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 00:16

Grasset - Aout 2018 - 398 pages

Shirin a neuf ans quand elle quitte Téhéran avec ses parents pour rejoindre à Paris le clan familial. Tous ont fui la révolution iranienne, laissant derrière eux une vie fastueuse pour se tasser dans de petits appartements situés dans le même immeuble. Nous ne tarderons pas à constater que les tantes de Shirin (les sœurs de sa mère) leur pourrissent pas mal la vie, notamment l’aînée d'entre elles. 

Entre un père effacé et une mère débrouillarde (mais sous l'emprise de ses sœurs), Shirin grandit et s'approprie la culture française. A l'adolescence, elle tombe amoureuse, prend ses distances avec sa famille, se teint en blonde patine et met en valeur son corps, qui ressemble si peu à celui de ses tantes.

"Les exilés meurent aussi d'amour" est un roman à la fois riche et déstabilisant. Nous découvrons une famille dysfonctionnelle composée (entre autres) d'une tante toxique, d'un grand-père incestueux et d'un petit frère aux talents surnaturels. Shirin tente de tirer son épingle du jeu, de prendre de la distance, de fuir la violence psychologique qui règne dans sa drôle de famille. La jeune iranienne tente de faire cohabiter les deux cultures qui l'entourent : « Et puis je n'avais pas la gueule de l'emploi : ni celle de ma famille, ni celle de la France. Trop occidentale pour l'Iran, pas assez typée pour la France. Et pourtant. Il y avait quelque chose de métèque en moi qui persistait et que je ne voulais pas effacer. Quelque chose me disait que la boue où j'avais grandi était la bonne matière à travailler pour trouver mon vrai visage. »

Il y a dans ce livre, très bien écrit, de beaux passages sur l'exil, sur l'apprentissage d'une nouvelle culture, d'une nouvelle langue. Entre le conte et le roman, cet ouvrage a une ambiance très orientale. Après un petit moment d'adaptation, je me suis laissé porter par l'écriture et j'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de cette jeune exilée et de sa famille rocambolesque.

Je vous laisse avec ce très beau passage sur l'apprentissage de la langue :

"Comme tous les exilés, j'apprenais le français avec acharnement. Je cherchais les mots dans le dictionnaire, je fouillais les phrases à la recherche d'une familiarité et rien ne me faisait davantage plaisir que de reconnaître au moins un mot dans une obscure définition. C'est la raison pour laquelle la majorité des exilés parlent un français anachronique. Ils tentent si fort de comprendre ce qui se dit dans le nouveau pays, ils sont tellement à l'affût de précision et d'outils pour se faire entendre, qu'ils prennent les mots pour argent comptant, ils les accumulent, ceux qui servent et ceux que tout le monde a oubliés, les mots qui disent les métiers d'antan comme ceux qui décrivent un point de couture. Ils se rendent compte beaucoup plus tard que leur français impeccable, leurs mots justes, leur grammaire précise, ne sont qu'un signe supplémentaire de leur exil. Les exilés vivent à contretemps : la langue qu'ils parlent est une langue apprise, une langue domptée, une langue morte. Ils ne parlent pas le français d'aujourd'hui mais celui d'avant-hier."

Une belle découverte. Je conseille !

12/12

Les avis de Eimelle - Leiloona

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20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 23:16

Calmann Levy - 216 pages - août 2018

"Apprendre le français, ce n'est pas seulement apprendre des mots inconnus et une façon mystérieuse de les ordonner. Apprendre le français, c'est faire table rase. C'est l'ultime effort de renaissance après avoir dépensé toutes ses forces pour survivre à la guerre, à une décennie d'exode, au malheur sans fond d'avoir perdu toute trace de sa famille".

Un hiver, Emilie de Turckheim propose à ses enfants et à son conjoint d'héberger un migrant dans leur appartement. Tous acceptent sans hésiter. C'est ainsi que Reza (qui choisira de se faire appeler Daniel) débarque chez eux. Il occupe la chambre gentiment laissé par les enfants, qui partagent désormais le même espace. Reza est un jeune réfugié Afghan qui a dû fuir son pays en catastrophe. Il a perdu toute trace de sa famille. 

Le jeune homme est l'hôte idéal : discret, serviable, respectueux de la famille qui l'héberge. Si parfois la cohabitation crée de petits "couacs" ou malentendus, c'est toujours dans la bonne humeur que l'incident se termine. Pour les enfants, c'est une formidable ouverture sur le monde et sur sa diversité. Pour tous, l'aventure humaine est d'une grande richesse.

Le récit prend la forme d'un journal, que la romancière alimente, au fil des jours. Durant ma lecture, j'avais hâte, le soir, de retrouver la petite famille et leur hôte si attachant. J'ai souri plusieurs fois, certains quiproquos sont vraiment irrésistibles. Mais j'ai eu aussi, plus d'une fois, le cœur serré. Avec toute la bonne volonté du monde, il n'est pas simple pour un migrant de trouver sa place en France.

C'est d'abord le titre assez mystérieux qui m'a donné envie de lire cet ouvrage, puis quelques billets assez élogieux. Je n'ai pas regretté mon choix. Bien-entendu, l'expérience vécue par cette famille est assez idyllique. Recevoir quelqu'un chez soi se révèle compliqué mais plus encore quand cette personne ne partage pas la même culture et possède, pour tout bagage, un passé douloureux. Il faut une grande tolérance et ouverture d'esprit pour tenter l'aventure. Peu de personnes en sont capables. Bravo à celles et ceux qui ouvrent leur porte.

Une parenthèse enchantée qui réchauffe le cœur, l'espace de quelques heures.

 

10/12

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 23:29

Collection Verticales - Gallimard août 2018 - 288 pages

Paula Karst est une jeune fille assez quelconque avant d'intégrer, sans vocation mais avec une réelle motivation, l'institut supérieur de peinture décorative de la rue du métal, à Bruxelles. L'école forme des peintres spécialisés dans l'art du trompe-l'oeil. Après une période de doute, tétanisée par la peur de ne pas être à la hauteur, Paula prend de l'assurance et se montre suffisamment douée pour ne pas avoir à rougir devant ses camarades. Les premiers temps, elle ne sort pas beaucoup et ne noue pas de relations avec les autres élèves. Puis, elle se lie d'amitié avec son co-locataire et une autre jeune fille. Le trio, soudé, travaille d'arrache pied pour obtenir le diplôme. 

l'institut supérieur de peinture décorative de la rue du métal, à Bruxelles

Dans la seconde partie du roman, nous retrouvons Paula dans les débuts de sa carrière professionnelle. C'est un métier qui demande une grande mobilité si l'on veut travailler de façon continue. Nous suivons Paula dans ses différents chantiers, en France et à l'étranger. Au fil des expériences, elles gagne en professionnalisme. Elle acquiert une petite notoriété lui offrant des chantiers de plus en plus intéressants. Son métier la passionne, elle en fait le centre de sa vie et en oublie le reste : " Certes, elle rencontre des gens, oui, beaucoup, la liste de ses contacts s’allonge dans son smartphone, son réseau s’épaissit, mais prise dans un rapport économique où elle est sommée de satisfaire une commande contre un salaire d’une part, engagée sur des chantiers à durée limitée d’autre part, elle ne crée pas de relations qui durent, accumule les coups de coeur de forte intensité qui flambent comme des feux de paille sans laisser de trace, désagrégés en quelques semaines, chaleur et poussière."

Quand Maylis de Kerangal s'empare d'un domaine, elle en étudie toutes ses facettes et s'approprie le lexique technique, qu'elle utilise pour décrire avec précision l'univers qu'elle décrit. Cette fois encore, la langue est riche, précise, imagée. Du point de vue de l'écriture, on peut faire le parallèle avec "Réparer les vivants". La comparaison s'arrête-là. Le sujets est différent, les émotions ressenties à la lecture le sont aussi.

Je n'irai pas jusqu'au coup de coeur mais j'ai beaucoup apprécié ce roman d'apprentissage. J'ai aimé suivre l'évolution de la jeune Paula Karst, son quotidien d'élève puis de peintre en décors. Je ne connaissais pas du tout cet univers, assez particulier. J'ai trouvé très intéressante la réflexion sur ce qu'est l'artisanat (ou l'art ?) du trompe-l’œil. Est-on un artiste quand on copie les œuvres des autres ? 

Si vous aimez l'écriture de Kerangal vous devriez pas être déçu par ce roman (sauf si vous le comparez à "Réparer les vivants", inégalable).

Un très bon roman 

L'avis de Valérie

, 8/12

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 23:39

Thélème -  lu par Claude Lesko - 5 h 06

En cette période de rentrée littéraire, je présente une majorité d'ouvrages qui viennent de sortir, celui-ci fait très nettement exception puisqu'il date de 1987. "La cité de verre" est en effet l'oeuvre qui a fait connaître le (devenu) célèbre auteur américain. Cet ouvrage constitue le premier tome de "La trilogie new-yorkaise". 

Quinn, modeste écrivain de polars, reçoit l'appel d'un homme qui pense être chez Paul Auster, détective privé. Quinn lui signale qu'il fait erreur mais quand l'homme rappelle le lendemain, l'écrivain de polars, par curiosité, ne le détrompe pas et accepte un rendez-vous. Quinn usurpe donc, en quelque sorte, l'identité de Paul Auster. Il se rend chez son interlocuteur, Monsieur Stillman. Ce dernier est persuadé que son père, dont il n'a plus de nouvelles, veut le tuer. Quinn le croit sur paroles et accepte de mener l'enquête. Il se met donc à la recherche de Stillman père...

Commence alors une traque assez surréaliste qui va mener le faux Auster aux confins de la folie. Mais avant cela, il aura rencontré le vrai Auster et pisté le faux Stillman (à moins que ce soit le vrai ?). Bref, vous l'avez compris, il faut suivre ! Je me suis laissé prendre au jeu et en dehors de la confession du jeune Stillman (un peu longue), j'ai beaucoup aimé me perdre dans cette histoire très étrange et déambuler, par la même occasion, dans les rues de New York.

Si vous aimez les ambiances austeriennes, vous ne pourrez qu'apprécier  une immersion dans "la Cité de Verre".

Ecoutons un livre - septembre

 

Chez Titine

 

challenge 50 romans - 50 états / New York
Chez Antigone

 

 

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15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 23:48

Seuil 2018 - 492 pages

LAURÉAT DU PRIX RELAY 2018

Ce livre, très dense, raconte l'histoire de trois frères natifs de l’île de Nantucket (Massachusets), qui choisiront de quitter leur activité de chasseurs de baleines pour tenter la grande aventure de l'époque, celle de la ruée vers l'or... 

La première partie raconte leur vie d'avant, quand ils étaient de fils de baleiniers. Un métier rude et exaltant qu'a tenté de leur transmettre leur père, propriétaire du Freedom. C'est avec la baleinière qu'il quitteront Nantucket pour la Californie, au terme d'un périple extrêmement dangereux qui laissera des traces dans l'unité de la fratrie. 

"Séquoias" est tout d'abord un roman d'aventures foisonnant. Il faut du temps devant soi pour l'apprécier à sa juste valeur. L'écriture est très visuelle et laisse une grande place à l'action au détriment peut-être de l'émotion mais cela ne m'a pas dérangée dans le cadre d'un roman de ce type.

Certains passages à bord du Freedom (et notamment l'épisode de la traversée du Cap Horn) m'ont fait penser au roman de Stephen Zweig "Magellan", que j'avais dévoré. J'adore être au fond de mon lit, en sécurité, tout en affrontant virtuellement les mers déchaînées. J'ai beaucoup aimé également la description des spectaculaires chasses à la baleine, que l'auteur parvient à rendre (presque) aussi vivantes que si on y était.

La dimension historique du roman est intéressante. L'auteur s'attache à décrire avec panache la naissance de la ville de San Francisco. Il nous montre que l'or qu'on y pouvait dénicher n'était pas forcément celui auquel on pense. 

Une belle aventure et un roman idéal pour les vacances.

Je l'ai lu il y a près de trois mois. Mon billet était resté en souffrance... Cela tombe bien, c'est le mois américain !

Le mois américain, c'est chez Titine

Ce livre entre aussi dans mon Challenge "50 livres, 50 états"

Etat : Massachusets

 

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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 23:11

Editions Hervé Chopin - 30 août 2018 - 222 pages

Jacques est un sexagénaire qui peine à trouver un sens à a vie. Il n'assume pas son âge et ne sait que faire de son statut de retraité. Seule, la relation privilégiée qu'il entretient avec sa jeune nièce Adèle lui donne envie de se lever le matin :  "Adèle avait la trentaine hédoniste, la paresse inventive et le même goût que tonton pour la musique de son adolescence à lui".

Mais attention, il ne faudrait pas croire que Jacques se laisse aller ! Il tente vraiment de sortir de son train-train. Par exemple, il a l'idée farfelue (et très amusante pour le lecteur) de séduire Christine Angot, qu'il a croisée plusieurs fois dans son quartier. Il ne la trouve pas spécialement attirante mais bon, c'est une sorte de défi. Et comme il se lance lui-même dans l'écriture (enfin il essaye !), Angot est, en quelque sorte, une future collègue.

La première partie du roman est vraiment très amusante. Jacques a un grand sens de l'autodérision et n'est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. J'ai beaucoup souri et même éclaté de rire à plusieurs reprises. Le ton devient moins joyeux quand la nièce préférée de Jacques assiste au concert des Eagles Of Death Metal le 13 novembre 2015. L'humour se teinte de noir, mais il subsiste, bien dosé.

Dans la seconde partie du roman, "Une si brève arrière saison" apporte un éclairage intéressant sur le statut de victime. Il est question notamment des personnes qui n'ont pas été blessées dans leur chair durant les attentats mais dont les blessures, d'ordre psychologique, empêchent de vivre normalement : "Dans les conversations avec ses amis... se dessinait une hiérarchie inattendue des rescapés du Bataclan". Ceux qui étaient parvenus à s'enfuir le plus tôt...devenaient des victimes de deuxième ordre, comme si la durée de l'exposition au péril de mort relevait d'une quelconque vertu".

J'ai passé un très bon moment en compagnie de ce roman à la fois drôle, tragique et intelligent (ce n'est pas si simple de faire cohabiter tout cela dans un roman). Je ne suis pas certaine qu'il soit très médiatisé. Ce serait pourtant dommage que ce titre passe inaperçu car c'est un roman qui vaut plus que le détour.

A découvrir !

6 / 6

Voilà, j'ai lu 1 % de la rentrée littéraire. En route pour les 2 %

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 21:02

Globe - août 2018 - 332 pages - traduit de l'anglais par Karine Reignier-Guerre

Amy Liptrot

Amy est une jeune écossaise née dans une île de l'archipel des Orcades (au nord de l'Ecosse). Ses parents, éleveurs de moutons, vivent un peu en dehors du monde. La jeune fille, bien que très attachée à la nature environnante, s'ennuie et manque de divertissements. Son père est bipolaire, l'ambiance familiale s'en ressent. Amy rêve de quitter la ferme. En attendant, elle s'échappe dès qu'elle le peut pour faire la fête avec les jeunes de son village et abuse de l'alcool.

Quand l'âge de quitter l'île pour étudier arrive enfin, elle s'envole vers Londres. Dans ce nouvel environnement, qui contraste de façon radicale avec son île, la jeune fille fait la fête et s'enivre plus que de raison. L'addiction qui a pris racine dans les Orcades va crescendo. Amy se détache peu à peu de ses amis et fréquente des gens et des lieux peu recommandables. Après avoir touché le fond, elle se décide à suivre une cure de désintoxication puis rentre dans son île avec l'idée de repartir sur de bonnes bases. Le challenge est de taille; Va t'elle le gagner ?

Durant près d'une année, Amy va apprendre à vivre sans l'alcool. C'est un combat de chaque jour et rien n'est acquis. Les longues promenades qu'elle s'octroie sont propices à l'introspection. Elle tente de comprendre les causes de son mal-être et se penche sur l'engrenage dans lequel elle est tombée. Ses bains de mer dans une eau presque glacée la purifient. Elle sillonne l'archipel, se passionne pour son histoire, sa géologie, ses habitants. Pendant quelques mois, elle travaille pour la Société Protectrice des oiseaux, un emploi qui lui va comme un gant.

"L'écart" est un témoignage d'une puissance et d'une beauté remarquable. Ode à la nature et cri d'amour pour l'archipel qui l'a vue naître, le récit est également celui d'une descente aux enfers et d'une fragile reconstruction. Je l'ai lu en apnée, captivée par le récit de la jeune Amy qui m'a ramenée, l'espace de quelques heures, dans la période tourmentée de l'adolescence.

N'hésitez pas à vous laisser embarquer vers les Orcades, vous ferez un voyage inoubliable avec une jeune femme aussi intéressante qu'attachante.

 

Un coup de cœur pour ce récit hors du commun et superbement écrit.

Une idée du style :

"Ce soir de mai, tandis que les marguerites referment leurs pétales pour la nuit, tandis que les guillemots et les mouettes tridactyles ramènent des lançons à leurs petits nichés sur les hauteurs des falaises, tandis que les brebis se blottissent contre les murets de pierre sèche pour se protéger du vent, mon histoire commence". 

Pour ce premier roman, Amy Liptrot a obtenu en Grande Bretagne le PEN Ackerley Prize 2017 et le Wainwright Prize 2016.

4/6

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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 23:20

Calmann Levy - août 2018 - 465 pages - Traduit de l'anglais (E-U) par Nathalie Bru

Le roman commence par un mariage, celui d'Hadia. Nous comprenons que la famille de la jeune femme a subi une fêlure il y a quelques années quand Amar, le jeune fils, a quitté la maison en claquant la porte. Le mariage serait l'occasion d'une réconciliation mais est-ce encore possible ? Il nous faudra attendre la fin du roman pour le savoir. Auparavant, nous entrerons dans l'intimité de la famille et apprendrons à la connaître. Les parents, Layla et Rafiq sont nés en Inde. Ils ont émigré aux Etats Unis en emportant dans leurs bagages des traditions chiites un peu encombrantes, du moins pour leur enfants. Si les deux filles du couple naviguent sans trop de difficultés entre la culture américaine et celle de leurs parents, il n'en est pas de même pour Amar, bien trop entier pour s’accommoder de compromis.

L'auteur prend le temps de poser les fondations de son histoire avant de la dérouler. Les personnages du cercle familial et amical nous sont présentés minutieusement. Peu à peu, l'enfance de la fratrie se dessine. La première partie du roman s'attache aux faits. Dans la seconde partie l'auteur analyse finement les relations entre les uns et les autres. La perception de l'histoire familiale est différente selon la sensibilité de chacun, ses croyances, sa personnalité. L'auteur décortique l'éducation donnée par les parents, faisant ressortir les erreurs et faux pas de chacun. L'analyse psychologique va très loin.

Indépendamment de l'aspect culturel du roman, absolument passionnant (je pense notamment à la présentation de la mentalité et des traditions chiites), c'est un formidable roman sur l'éducation et sur les relations parents-enfants. L'auteur excelle a décrire les petites lâchetés de chacun, la pudeur qui nuit à l'expression des sentiments mais aussi les chocs culturels et inter-générationnels. Tout le monde peut s'identifier à cette famille, notamment ceux qui ont vécu dans un foyer ou le diktat des traditions ou celui de la religion conditionnait chaque fait et geste. 

Un très beau premier roman !

 

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2018

2/6

Ce livre me permet de contribuer au challenge 1 % rentrée littéraire 2018

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 23:30

Audiolib 2018 - lu par Samuel Labarthe - 8 h 07

Extrait de la quatrième de couverture :

"Quand il découvre un éléphant rose et luminescent qui brille au fond de la grotte où il passe ses nuits, Schoch, un sans-domicile-fixe porté sur l’alcool, croit d’abord à une hallucination, puis à une plaisanterie. Mais le petit animal qui lui fait face bouge, bat des oreilles et lève la trompe...". 

La situation de départ est complètement loufoque mais bien vite l’histoire devient plausible. Un petit éléphant rose est le résultat d'une manipulation génétique. L'animal est né dans un cirque, le directeur ayant accepté de louer le ventre d'une femelle éléphant à une équipe de scientifiques. Un employé du cirque s'oppose à cette expérience et s'arrange pour subtiliser l'éléphanteau. Je ne vous expliquerai pas comment l'animal finit par se trouver dans la grotte où s'abrite Schoch, un sans-domicile fixe. Celui-ci s'attache au petit animal et le prend sous sa coupe.

Schoch ne va pas tarder à avoir à ses trousses tous ceux qui ont intérêt à ce que l'éléphanteau refasse surface. Heureusement, il peut compter sur l'aide d'une vétérinaire dont il va se rapprocher dans tous les sens du terme. La construction du roman, parfaitement maîtrisée, nous propose en alternance différentes époques. Parmi les différents personnages que nous côtoyons, certains font partie des "gentils" d'autres des "méchants". Les "copains" de l'éléphant sont très attachants.

Voilà une histoire vraiment sympathique, qui nous fait réfléchir au passage sur les dangers de la manipulation génétique. En toile de fond, l'univers du cirque et celui des sans-abri donnent à ce roman une certaine originalité. C'est une histoire qui ne ressemble pas à celles que je peux lire habituellement mais j'y ai trouvé mon compte en cette période estivale, propice à des lectures plus légères. Martin Suter est un auteur que je ne connaissais pas mais que je relirai très certainement. 

Audiolib a bien fait de mettre ce titre à son catalogue et de choisir comme interprète un acteur franco-suisse dont le léger accent rappelle les origines de l'auteur.

Un bonne surprise !

Valérie est de mon avis

Lu dans le cadre de Ecoutons un livre - août 2018

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