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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 00:59

Audiolib 2017 - Albin Michel - Lu par Aissa Maiga - 10 h 45

J'ai repéré "Underground Railroad" parmi les sorties de la rentrée de septembre dernier. Le thème m'intéresse et le Prix Pulitzer est pour moi un gage de qualité. Quand j'ai vu que l'ouvrage figurait parmi les titres retenus par Audiolib son prix 2018, je me suis donc réjouie d'avoir l'occasion de le découvrir.

L'histoire commence en Géorgie, avant la guerre de sécession, dans une plantation de coton qui traite de façon particulièrement inhumaine et sadique les esclaves qu'elle exploite Les premiers chapitres sont très éprouvants pour le lecteur. Mais ce n'est rien bien entendu en comparaison de ce que ces pauvres esclaves ont vécu. Je suis toujours effarée par la capacité de l'homme à réduire à néant son prochain .

La jeune Cora a été abandonnée par sa mère, qui a réussi à fuir la plantation, au péril de sa vie. Le plus grand risque n'était pas de mourir mais d'endurer les tortures réservées au fuyards qui se faisaient prendre, ce qui ne sera pas le cas de la mère de Cora. Quand l'occasion se présentera à la jeune fille de faire comme sa mère, elle n'hésitera pas longtemps, nous entraînant dans une suite d'aventures plus périlleuses les unes que les autres. A ses trousses, pour toucher la récompense promise par le planteur, le terrible chasseur d'esclaves, Rigeway. 

Quelques mots sur le titre, qui mérite une explication. L'underground railroad était un réseau clandestin d’abolitionnistes. L'auteur a imaginé qu'un tel réseau avait existé physiquement, dans le plus grand secret, et sous la forme d'un chemin de fer souterrain. C'est ce moyen de transport qu'utilise Cora pour fuir.

Roman d'aventures mais surtout historico-politique, Underground Railroad est une oeuvre éclairante sur ce qu'a été l'esclavagisme en Amérique. Le roman aborde la lutte des noirs pour gagner leur liberté, aidés dans leur cheminement par quelques blancs progressistes (ouf, il y en avait tout de même quelques uns). Nous voyageons dans plusieurs états : la Géorgie, La Caroline du Sud et du Nord, Le Tennessee. Partout, même quand l’esclavagisme est moins répandu, "la couleur du désespoir est aussi le noir" (comme le dit Pierre Perret dans sa chanson "Lily").

Je suis sortie de cette lecture accablée par la cruauté des hommes mais soulagée que l'humanité ait tout de même progressé. Il n'en reste pas moins qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en matière de racisme et d'exploitation de l'homme par l'homme. Un livre comme "Underground railroad" nous le remet en mémoire.

Rien à redire sur la version audio. La lectrice est tout à fait à la hauteur du texte. J'ai trouvé que le roman s’essoufflait un peu vers la fin mais peut-être est-ce parce que je manquais de temps et que je morcelais trop mon écoute.

Une oeuvre puissante.

Sandrine et Hélène ne sont pas aussi enthousiastes que moi.

L'avis de Jérôme et Kathel qui ont beaucoup aimé ce roman

 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2018
Ce livre a vraiment toute sa place dans le challenge d'Enna
L'histoire commence en Géorgie..

 

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 00:58

Grasset 2018 - 176 pages 

"Sa fille est partie d'elle. Sans que Maria sache pourquoi ni depuis combien de temps, elles se tiennent à des kilomètres l'une de l'autre. A des kilomètres et à des années. De quoi les mères sont-elles donc coupables ?"

Je me plonge dans chaque nouveau livre d'Angélique Villeneuve avec joie et impatience, renouant immédiatement avec l'écriture très personnelle de l'auteure, comme si le nouveau roman était d'une certaine façon le prolongement du précédent. Nulle ressemblance de prime abord entre "Nuit de septembre" et "Maria", mais en réfléchissant bien, il y en a une tout de même. Dans les deux cas, une mère doit faire face au choix de son enfant et l'accepter.

Maria est une mère mais aussi une jeune grand-mère. Elle s'épanouit dans son nouveau rôle, qu'elle prend très au sérieux, désireuse d'apporter à son petit-fils Marius le meilleur de ce qu'elle peut lui donner. Ensemble ils observent les oiseaux et cultivent cette passion commune. Les chosent se gâtent quand Marius se met à s'habiller en fille. Maria est prête à accepter la situation mais son mari absolument pas. Je ne vous en dirai pas plus sur ce qui va se passer mais Maria ne sera pas au bout de ses peines puisque sa fille, de nouveau enceinte, décidera de de ne pas divulguer, à la naissance, le sexe du bébé. Maria va donc se trouver dans la situation d'être la grand-mère d'un enfant dont on lui cache le sexe

Je me suis très facilement identifiée à Maria. J'ai à peu près le même âge et tout comme elle je suis la grand-mère d'un petit garçon. Je ne sais pas quelle serait ma réaction face à une telle situation mais je suppose que comme Maria, je ferais le dos rond pour ne pas perdre le contact avec mes enfants et petits enfants. Je pense toutefois que je serais perturbée par l'audace des parents. Faire preuve d'ouverture d'esprit est une très bonne chose mais il faut penser à l'intégration de l'enfant dans la société et mesurer les risques quand on s'éloigne des sentiers battus.

Vous l'avez compris, Maria est un roman qui bouscule. Angélique Villeneuve aborde le thème de la théorie du genre mais aussi la place des grands-parents dans vie de l'enfant. Ces questions sont traitées avec une grande délicatesse et sans parti pris. Je n'ai qu'un reproche à faire au roman, son dénouement un peu rapide. Je n'avais pas envie de quitter Maria et sa petite famille sans savoir comment allaient évoluer Pomme et Noun au fil du temps.

Angélique Villeneuve nous offre un roman qui questionne et mérite débat. Je vais m'empresser de le prêter pour avoir d'autres avis. Je sens qu'il va faire l'objet de discussions passionnées dans le comité de lecture auquel je participe.

Un roman original et déstabilisant (mais c'est pour la bonne cause !). 

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 21:59

Buvard - Babel (Rouergue 2014) - 214 pages

Comment vous parler de ce roman étonnant qui m'a happée dès les premières pages pour ne plus me lâcher ?

Je me lance... 

Nous assistons au huis-clos surprenant entre une romancière qui s'est retirée du monde et un jeune journaliste qu'elle a accepté de recevoir chez elle, on ne sait trop pour quelle raison. Peut-être a t'elle a ressenti chez lui une faille similaire à la sienne ? La romancière, plus vraie que nature, est née de l'imagination de l'auteure. Elle s'appelle Caroline N.Spack et nous découvrons, au fil du roman, son étonnante existance.

Carrière et vie privée sont si intimement liées, chez Caroline N.Spack, que les deux se nourrissent mutuellement pour le meilleur et pour le pire. La découverte de cette alchimie bouscule le journaliste-reporter tout autant que le lecteur. Caroline brouille les pistes et ne se livre que partiellement mais le jeune journaliste, perspicace, finira par reconstituer le surprenant puzzle. Je n'en dirai pas plus pour ménager le suspens mais sachez que ce qui fait l'intérêt du roman, c'est plus encore sa construction que l'histoire en elle-même.

J'ai pensé, pendant ma lecture, au roman de Delphine De Vigan "D'après une histoire vraie". Les deux histoires sont très différentes mais les thèmes abordés sont au final assez proches. Il est question du mystère de la création littéraire, de l'autofiction, du rapport entre l'écrivain et son lecteur. Des sujets absolument passionnants pour la lectrice que je suis. 

Buvard est le premier roman de l'auteure. Je découvrirai avec grand intérêt les deux suivants, dont j'ai lu le plus grand bien : "Le dernier amour d'Attila Kiss" et "Une activité respectable".

Une auteure à découvrir si ce n'est déjà fait.

Ce livre est une heureuse pioche de ma PAL... ce qui me permet de contribuer au challenge d'Antigone, qui nous incite à diminuer cette pile exponentielle.

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 07:17

Audiolib (éditions de minuit 2008) - 3 heures d'écoute - Lu par l'auteur

Jean-Echenoz nous propose un portrait du champion de course Emil Zatopek. Pour me faire une idée du personnage, que je ne connaissais vaguement que de nom, j'ai visionné quelques vidéos (ce qui a intrigué mon mari car la course à pied, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé). J'ai découvert un grand gaillard blond, souriant au repos et qui grimace à l'effort. Puis, j'ai écouté la biographie d'Echenoz et j'ai appris qui il était...

Emile Zatopk sort de l'adolescence quand la seconde guerre mondiale démarre. Il travaille dans une usine de chaussures (bata) comme ouvrier. Il participe un jour à contre coeur à un cross organisé par son usine et découvre qu'il aime courir. C'est le début d'une carrière incroyable, que nous raconte Echenoz avec le talent qu'on lui connait.

Cette biographie s'inscrit dans le contexte géo-politique de l'époque, ce qui la rend captivante. On peut faire le rapprochement avec "la petite communiste qui ne souriait jamais" de Lola Lafon, mis à part le style, très différent. L'écriture d'Echenoz est plus épurée. Il va droit au but, choisissant les adjectifs qui font mouche. Il parvient à relever, avec une certaine ironie, l'absurdité du système soviétique qui a largement compliqué l'évolution de Zatopek dans sa carrière mondiale. Pour finir, parce qu'il conteste la répression des russes suite au printemps de Prague, le coureur est lourdement sanctionné et condamné à n'occuper désormais que des postes manuels (éboueur par exemple). 

J'ai vraiment beaucoup aimé ce portrait, lu par l'auteur lui-même. J'ai d'ailleurs préféré l'interprétation de "courir" à celle de "14", qui m'avait un peu déçue. Son interprétation m'a semblé cette fois tout à fait en accord avec le texte.

Une très belle surprise (ce n'était pas gagné vu le thème).

Voici un extrait de "courir" qui donne une idée du style d'Echenoz:

 

"Émil, on dirait qu'il creuse ou qu'il se creuse, comme en transe ou comme un terrassier. Loin des canons académiques et de tout souci d'élégance, Émile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse, langue tirée par intermittence, comme avec un scorpion logé dans chaque chaussure. Il a l'air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là, sauf qu'il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinqueballe et ballotte de droite à gauche."

Lu dans le cadre de "Écoutons un livre"

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 00:02

Héloïse D'Ormesson - août 2017 - 543 pages

Gaelle Nohant nous offre une biographie romancée mais très documentée du poète Robert Desnos. Comme beaucoup d'entre vous je suppose, j'associais jusqu'ici Robert Desnos à la poésie enfantine. Je me souviens notamment du poème qui commence par «Une fourmi de dix-huit mètres, avec un chapeau sur la tête/ Ça n’existe pas/ Ça n’existe pas.» appris à l'école par mes enfants (ou par moi-même, ou peut-être les deux ?). Ce que je ne savais pas, en revanche, c'est que la poésie enfantine de Desnos avais un sens caché que nous découvrons dans cette biographie, parmi tant d'autres informations sur l'auteur (qui n'a pas écrit que pour les enfants, loin s'en faut).

La première partie, la plus ardue, replace Desnos dans la vie intellectuelle d'avant-guerre. Le poète faisait partie du clan des surréalistes dirigé (de façon autoritaire) par André Breton. Desnos prendra vite ses distances avec ce groupe en raison de sa proximité avec le parti communiste, que Desnos n'appréciait guère. Ma lecture de cette partie a été un peu fastidieuse en raison des nombreuses personnalités citées, que je ne connaissais pas toutes. J'ai nettement mieux apprécié la suite du roman, qui évoque l'époque de la guerre, période où le poète, très engagé, mène de front son travail de journaliste et homme de radio avec des missions pour la résistance. Courageux, déterminé, Desnos n'a pas peur d'exprimer haut et fort ses réticences vis à vis de l'occupant. Ce courage lui coûtera cher.

Nous découvrons également, au fil du roman, sa vie sentimentale et notamment sa liaison avec Youki, la dernière femme de sa vie. Cette dernière, très libre pour ne pas dire volage, lui donne du fil à retordre mais le comble de bonheur malgré tout. C'est la voix de Youki que nous entendons dans la dernière partie du roman. Robert a été dénoncé et arrêté puis déporté à Auschwitz. Cette partie du roman est éprouvante.

Il est impossible de résumer ce pavé sans faire de larges impasses. Je vous encourage à découvrir par vous même cette passionnante biographie, un peu ardue au démarrage mais vraiment passionnante. Robert Desnos est un homme attachant et talentueux que j'ai pris grand plaisir à découvrir. Gaëlle Nohant a fait un travail de recherche très fouillé et si parfois je me suis un peu égarée, je reconnais que c'est un ouvrage de grande qualité. Le contexte historique est passionnant, la montée du fascisme, l'occupation... tout cela dans un Paris aux multiples facettes.

Une belle biographie.

Les avis de Hélène - Valérie - Mimi (moins enthousiaste)

Desnos

 

Youki et Desnos

 

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 00:22

Audiolib 2017 (Flammarion) - 11 h 54 - lu par Thierry Janssen

Comme toujours, c'est une enquête improbable que nous propose Fred Vargas et cette fois encore, cela fonctionne. Je me suis laissée embarquer pour mon plus grand plaisir dans une histoire d'araignées vénéneuses qui s'attaquent à d'inoffensifs (du moins en apparence) petits vieux. Sachant que le venin d'une araignée-recluse ne tue pas, comment se fait-il que plusieurs personnes aient pu trouver la mort ?

C'est ce que nous allons découvrir en détricotant la toile de la recluse, en compagnie du commissaire et de ses sbires. Nous côtoyons également une certaine Irène, rencontrée par Adamsberg chez un entomologiste pour les besoins de l'enquête. Cette femme d'un certain âge va sympathiser avec le commissaire et lui donner quelques tuyaux. J'ai beaucoup aimé ce personnage haut en couleur qui a plus d'un tour dans son sac et quelques surprises à nous offrir.

Voilà un polar érudit, drôle, inventif et très bien écrit. Le lecteur module sa voix tout au long du récit en fonction des différents personnages et nous offre une lecture vivante et pleine d'humour, à l'image du roman.

Une réussite !

Merci aux éditions Audiolib pour cette écoute réjouissante.

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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 00:47

Globe - sept 2017 - 283 pages

Pour comprendre le sens de ce titre, j'ai commencé par chercher ce que voulait dire Hillbilly. Voici la définition de wikipédia, "Hillbilly est un stéréotype sociologique appliqué originellement à certains habitants américains des Appalaches. Le sens de ce terme a toutefois été élargi pour désigner toute population ou tout citoyen fortement inculte et grossièrement attaché à ses pénates, vivant le plus souvent dans des contrées rurales. C'est à peu près l'équivalent du français « péquenaud ». 

L'auteur nous raconte, dans un récit autobiographique, son enfance parmi les Hillbillies et la façon dont il a réussi à s'extraire de son milieu pour devenir avocat. J.D Vance est né dans les Appalaches d'une famille d'ouvriers qui a quitté le Kentucky pour les mines de l'Ohio. Si les grands-parents ont bien vécu, la génération suivante a subi la fermeture des mines et le déclin du monde ouvrier. Sans travail, vivant des aides sociales, la population s'est mise à consommer à outrance alcool et drogues. Le jeune J.D. a eu la chance d'avoir des grands-parents "sains" qui lui ont donné un peu de stabilité. En effet, sa mère s'est trouvée très vite seule et incapable d'élever correctement ses enfants, sombrant dans l'alcool et dans la drogue.

A travers son témoignage, l'auteur nous permet de comprendre comment et pourquoi l'Amérique profonde a fait basculer les élections du côté de Donald Trump. Au cours du récit, nous découvrons des villes fantômes où les commerces, autrefois florissants, sont désormais fermés. Des vitrines cassées, des bandes de voyous qui traînent dans les rues, c'est le spectacle de désolation que l'on trouve en parcourant les centres-villes. Les habitants, désœuvrés, rendent les plus riches responsables de leurs malheurs et ne trouvent pas l'énergie de se prendre en main. La valeur travail n'existe plus. L'auteur nous montre à quel point il est difficile de réussir sa scolarité quand on a la malchance de naître dans une famille où il est impossible de s'isoler pour faire ses devoirs, où les parents se droguent et s'alcoolisent du matin au soir.

Par un concours de circonstances inespéré, J.D. Vance a pu s'extraire de son milieu. Son témoignage est précieux parce qu'il a le recul nécessaire pour analyser ce qu'il a vécu et les mots pour l'exprimer. Rares sont ceux qui ont le même parcours. L'auteur ne se place pas en donneur de leçons. Il ne verse pas pour autant dans la complaisance vis à vis des siens. C'est en cela que son témoignage est remarquable. En refermant l'ouvrage, j'ai eu l'impression d'avoir fait un grand pas dans la compréhension de ce qu'est l'Amérique profonde.

Un récit précieux.

 

10/?

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 00:55

Stock - Aout 2018 - 148 pages

 

Jeanne Hébuterne est une artiste peintre du siècle dernier, morte très jeune. Si son nom est passé à la postérité, c'est principalement en raison de la relation amoureuse qu'elle entretenait avec le peintre Amadéo Modigliani.

 A l'âge de 19 ans, Jeanne Hébuterne quitte sa famille pour s'installer (très pauvrement) avec Modigliani. Elle met au monde une petite fille, que l'artiste ne reconnaîtra jamais. Rejetée par sa famille, subissant sa maternité et n'ayant aucune envie de s'occuper de l'enfant, Jeanne vit sa passion sans se soucier du "qu'en dira t'on". Elle peint, soutient Modigliani, lui sert de modèle et lui pardonne ses manquements. Son frère et son père se montrent très durs envers la jeune femme. Seule sa mère la soutient et semble la comprendre. Grâce à elle, Jeanne ne meurt pas de faim et de froid. Elle mourra toutefois très jeune, de façon tragique.

Le roman est écrit à la première personne. Jeanne nous raconte la vie qu'elle mène, une vie qu'elle sacrifie à un artiste qui se volatilise régulièrement, la laissant seule. Modigliani n'a pas le beau rôle dans ce roman. A sa décharge (mais cela n'excuse pas tout), il souffre d'un manque de reconnaissance de ses contemporains et d'une santé qui se dégrade. Jeanne est victime du sort réservé aux femmes de l'époque. Vouées à la maternité, sans aucun contrôle de leur fécondité, les femmes-artistes n'ont aucune légitimité et pas d'autre choix que de vivre dans l'ombre d'un homme. 

Ce court roman est avant tout un hommage à une femme en avance son temps, qui a eu la malchance de vivre à une époque où les femmes ne pouvaient pas s'accomplir en dehors du cadre familial. Nous ressentons au travers de la plume délicate de l'auteure le mélange de force et de vulnérabilité de la jeune femme. Jeanne a préféré une vie courte mais intense à une vie conventionnelle qui l'emprisonnait. Nous découvrons aussi dans cet ouvrage ce qu'était une vie d'artiste non reconnu : la misère, la faim, le froid. Après cette lecture, je regarde autrement l'oeuvre de Modigliani et je suis ravie d'avoir découvert celle de Jeanne. 

C'est un livre intéressant, bien écrit. J'aurais juste aimé quelques dizaines de pages supplémentaires.

 

Autoportrait - 1916

9/?

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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 22:13

Lu par Rachel Arditi -  Grégory Baquet - Stéphane Boucher - Cloé Lambert

J'avais aimé, il y a plusieurs années, d'Anna Gavalda "Ensemble c'est tout" mais aussi le recueil de nouvelles "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part". Puis j'ai j'ai arrêté de lire l'auteure car pour être honnête, les critiques ne me donnaient pas envie de découvrir un autre de ses titres. Quand le masque et la plume a défendu "Fendre l'armure", je me suis dit "Tiens, pourquoi pas".

La version audio m'a tendu les bras et je m'en réjouis car j'ai beaucoup apprécié mon écoute. L'aurais-je autant aimé en version papier ? Je ne suis pas certaine. Les quatre lecteurs sont excellents. Ils apportent beaucoup au texte en donnant, par leur interprétation, un supplément d'âme aux personnages.

Qui sont ses personnages ? Il s'agit de personnes ordinaires, qui toutes vont faire une rencontre qui va "fendre leur armure". On rencontre une jeune veuve alcoolique qui va inviter chez elle une femme rencontrée dans un café, un homme qui va perdre son chien et retrouver sa femme, un autre qui va perdre ses certitudes sur le comportement à adopter face au handicap d'un enfant...

Les sept nouvelles m'ont accompagnée plusieurs soirs, avant de m'endormir. Je n'avais pas l'énergie de lire autre chose et les personnages me tenaient compagnie dans un demi-sommeil ou au milieu de la nuit quand je me réveillais et que je ne voulais pas laisser mon esprit vagabonder. Ces histoires se déroulant pour la plupart la nuit, je me sentais encore plus en osmose avec les personnages. 

Une écoute qui est tombée à pic et que je vous conseille sans hésiter en version audio.

Pour les récalcitrants à la lecture audio, j'ai des amies qui ont beaucoup aimé la version papier.

Merci à Audiolib pour ce partenariat.

Lu dans le cadre de "Écoutons un livre"

 

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 23:45

Audiolib 2013 (éditeur d'origine : Albin Michel)

Lu par François Montagut (36 heures d'écoute) - traduit de l'américain par Nadine Gassie

Quelle aventure mais q'elle aventure  !  J'ai passé trente six heures en compagnie d'un homme dont la mission ultime est d'empêcher l'assassinat de Kennedy, en 1963 (année toute particulière pour moi).

Ce livre est présenté comme une oeuvre de science-fiction voire fantastique mais une fois le postulat de départ accepté, à s'avoir qu'un homme parvient à se glisser dans une fissure spacio-temporelle, tout est crédible. Il n'est donc pas difficile de se laisser embarquer dans cette histoire aussi incroyable que passionnante. Nous remontons le temps pour nous retrouver à la fin des années 50, en compagnie de Jack Eppins, notre nouveau compagnon route pour plusieurs jours (3 semaines pour moi avec la version audio).

Jack est un professeur d'anglais on ne peut plus ordinaire jusqu'à ce  qu'un restaurateur nommé Al, le choisit pour prendre à son compte le projet fou qu'il a concocté : empêcher l'assassinat de Kennedy. Al est sur le point de mourir d'un cancer quand il confie à Jack qu'il a trouvé par hasard le moyen de remonter le temps. Il en a fait l'expérience pendant plusieurs années mais il a dû renoncer à aller au bout de son projet, compte tenu de sa maladie. 

Je ne peux pas évoquer les multiples rebondissements de l'histoire, ce serait trop loing, mais sachez que Jack va passer cinq ans dans le passé à préparer son projet. Il va tomber amoureux d'une jeune femme, Sadie, ce qui va lui compliquer sacrément la tâche. 

Entre l'histoire d'amour de Jack et sa filature de Lee Harvey Oswald (l'assassin de Kennedy), on ne voit pas le temps passer. Je dois toutefois vous avouer que j'ai eu un petit coup de mou au milieu du roman mais si petit qu'il n'a pas entaché mon plaisir de lecture. Un grand vide m'a envahi quand j'ai fini le roman. Je me suis demandée comment j'allais vivre sans Jack, dont j'étais peut-être tombée un peu amoureuse... La voix du lecteur (qui dans mon esprit est celle de Jack) a contribué pour beaucoup à mon plaisir de lecture. L'interprétation est irréprochable.

C'est un roman sur le thème de l'effet papillon. Chaque être humain a un rôle à jouer sur terre, comme le démontre l'auteur. Changer une trajectoire de vie a des incidences que nul n'imagine (sauf Stephen King).

Pour concocter cette histoire, l'auteur a dû faire travail un de recherche très important. La documentation sur les années 50 et sur le contexte de l'assassinat de Kennedy sont impressionnantes.

Un très bon Stephen King !

Lecture pour "Écoutons un livre" du mois de septembre

Ce sera mon pavé le l'été (qui me permet de participer la tête haute au pavé de l'été organisé par Brize avec mes 35 d'heures d'écoute (ce qui correspond à 1056 pages) !

C'est le mois Américain, chez Titine

Le livre était dans ma Pile à écouter depuis un bon moment. Il rentre donc dans le challenge d'Antigone.

 

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