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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 12:53

Audiolib 2016 (belfond - août 2016)

Voici venir les rêveurs raconte l'immigration d'une famille camerounaise à New York en 2007, au moment de la crise des subprimes. Le père de famille, Jende, est arrivé le premier aux Etats-Unis et dès possible, il a fait venir sa femme Neni et leur petit garçon. Jende est un clandestin parmi d'autres alors que Neni a une autorisation de séjour en raison de son statut d'étudiante (elle veut être pharmacienne). C'est grâce à une connaissance que Jende parviendra à trouver un travail de chauffeur pour un riche banquier de Lehman Brothers. Au début du roman, la famille trouve ses marques aux USA  et grâce au travail bien rémunéré de Jende, elle vit plutôt bien. 

Parallèlement à la vie des camerounais, nous suivons celle du couple de banquiers pour lequel travaille Jende. Neni aura l'occasion de travailler également pour le couple, ce qui lui permettra de se rendre compte de l'opulence dans laquelle ils vivent. Le contraste entre les deux familles est saisissant, ce qui ne les empêchent pas de respecter mutuellement. Si pour les camerounais tout va plutôt bien au niveau familial, ce n'est pas le cas chez leurs employeurs. Cindy, la femme du banquier, est malheureuse pour diverses raisons et l'équilibre de la famille finira par se détériorer, ce qui ne sera pas sans conséquences (indirectes) pour Neni et Jende. Commencera alors pour eux une période très difficile.

"Voici venir les rêveurs" est un roman qui montre, de façon assez originale, la face cachée du rêve américain. Certes, tout est possible en apparence dans ce grand pays mais il faut avoir de la chance et une grande endurance. Je ne vous dirai pas comment se termine le roman mais je ne m'y attendais pas vraiment. 

C'est un très bon roman, plein d'humour et très vivant. J'ai bien aimé retrouver l'ambiance de Harlem, que j'ai eu la chance de visiter lors de mon voyage à New York. Cerise sur le gâteau, ce livre audio est un vrai plaisir d'écoute. Le lecteur, excellent, imite à merveille l'accent africain. Je ne sais pas si j'aurais autant apprécié le roman en version papier. Je n'en suis pas certaine.

Un très bon roman et... 

un coup de coeur pour l'interprétation.

Les avis de Sandrine et Enna

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2017

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 23:19

Zai zai zai zai - Fabcaro (BD)

C'est l'histoire d'un auteur de BD qui, à la caisse d'un magasin, s'aperçoit qu'il a oublié sa carte de fidélité. Ce n'est pas grave me direz-vous ? Et bien si. Dans cette histoire, c'est même un grave délit. La seule solution pour ce client d'échapper à une condamnation certaine est de prendre la fuite. Le voilà donc en cavale, poursuivi par la police.

Après un périple en voiture, notre homme se retrouve en Lozère (ou l'on parle le Lozérien, comme chacun sait). Va t'il être rattrapé par la police ? Gros suspens, que je ne vais pas vous dévoiler, bien entendu. Quant au mystérieux titre, vous le comprendrez à la fin du roman.

Cette histoire, aussi ubuesque qu'hilarante, m'a fait pouffer de rire du début jusqu'à la fin. N'ayant aucune envie de reposer l'album une fois fini, je l'ai relu aussi sec et j'ai ri autant la deuxième fois (agaçant mon mari qui tentait de se concentrer sur une lecture plus sérieuse).

C'est une vaste farce, certes, mais qui donne à réfléchir. Mine de rien, l'auteur se moque de la société de consommation, du pouvoir des médias, de la récupération par les politiques du moindre fait divers et du péquin lambda qui a un avis sur tout. Tout le monde en prend pour son grade et c'est très bien vu !

Un exemple de raccourci :

Les dessins sont efficaces. Je ne suis pas fan de la couleur kaki, en revanche, mais cela n'a pas gâché mon plaisir de lecture.

Un coup de coeur !  (conseillé par ma copine Fransoaz et partagé par les membres de ma famille) !

Les avis de Leiloona - Géraldine  - Enna

 

La Bd de la semaine, aujourd'hui, c'es chez Noukette

Zai zai zai zai - Fabcaro (BD)
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 23:34

Audiolib -  traduit de l'anglais (australie) par Béatrice Taupeau. Lu par Danièle Douet - 15 h 32 -

Elles s'appellent Céleste, Madeline et Jane et leur point commun est d'avoir leurs enfants dans la même école, celle de Pirriwee, à Sidney. Une école publique qui prône la non-violence mais qui est loin d'exemplaire comme nous allons pouvoir le constater.  Dès le début, savons qu'un drame s'est produit lors d'une soirée organisée par l'école mais nous sommes loin d'imaginer ce dont il s'agit. 

C'est le harcèlement d'un enfant par un autre qui met le feu au poudre. Les parents s'en mêlent et ce sont eux qui vont finir par se disputer. Parallèlement, nous suivons quelques familles dans leur intimité et découvrons les "petits secrets et grands mensonges" de chacun. Certains secrets sont plus lourds que d'autres. Je fais le choix de vous laisser les découvrir par vous-même.

Le microcosme des parents d'élèves est bien rendu et m'a rappelé quelques souvenirs. Il est question par exemple du gang des "serre-têtes", ces mères d'élèves zélées et omniprésentes qui donnent des complexes aux autres et dépassent parfois leurs prérogatives. 

Ce roman a dépassé mes espérances. J'imaginais un livre assez léger, qui allait me faire passer un bon moment. Les ingrédients pour un livre distrayant sont effectivement présents mais il ne se résume pas à cela. L'auteure ne se contente pas d'une esquisse des protagonistes du drame. Elle s'attache à décrire de façon approfondie la personnalité de chacun. On ne s'ennuie pas une seconde. On sourit, on frémit, on jubile même, parfois.

La version audio tient largement ses promesses. La lectrice incarne les différents personnages en modulant sa voix, sans que cela paraisse artificiel. J'ai pris quelques notes au départ pour m'y retrouver parmi les nombreux personnages mais bien vite, j'ai pu les lâcher.

Une écoute réjouissante que je vous conseille sans hésitation.

Merci à Audiolib 

Lu dans le cadre de "Ecoutons un livre"

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 23:30

Grasset 2016 - août 2016 - 215 pages . 

Gabriel est un jeune garçon d'une dizaine d'années qui coulait une enfance heureuse au Burundi avant que la situation politique de son pays ne se dégrade. Nous sommes dans les années 90. Né d'un père français et d'une mère d'origine rwandaise, Gabriel habite dans l'impasse d'un quartier résidentiel. Avec ses copains, il joue dans l'impasse quand il ne vole pas des mangues dans les jardins des voisins. La vie est douce pour le petit métis. Quand ses parents se séparent, c'est un premier choc mais le grand choc de son enfance sera la guerre civile au Rwanda puis au Burundi. Il apprendra alors qu'il est tutsi. Jusque-là, il ne connaissait même pas ce mot.

Ce roman, écrit dans une langue chaude et colorée, ma enchantée. La description des paysages, des odeurs, des couleurs de l'Afrique est particulièrement réussie. Avec une plume truculente et rythmée, Gael Faye nous raconte ses aventures de petit métis. On peut faire le rapprochement avec Le petit Nicolas mais également avec l'enfance de Dany Laferrière. J'ai plusieurs fois éclaté de rire (une histoire rocambolesque de vélo volé est à mourir de rire). J'ai bien aimé, également, le rapport aux livres du jeune garçon. Quand ses parents se se séparent et que la vie a perd de sa saveur, il se console dans la lecture d'ouvrages que lui prête une de ses voisines. 

La dernière partie du roman est une véritable douche froide. Le contraste entre l'innocence de l'enfance et l'horreur de la guerre civile est saisissant. L'enfant est confronté brutalement à une extrême violence. Gabriel avait bien remarqué que son petit monde était en pleine évolution mais comment aurait-il pu imaginer que ce havre de paix deviendrait un enfer et que ses jeunes amis se transformeraient en meurtriers ? Toute l'absurdité des guerre ethniques nous apparaît au travers des yeux de cet enfant.

Un premier roman particulièrement réussi.

 

 

 Gaël Faye est aussi l'auteur et l'interprète de la chanson "Petit pays", écrite avant le roman.

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 23:28

Ecoutez lire (Gallimard) Lu par Dominique Reymond - 3 h 38 

"Ni soumission ni consentement, seulement l’effarement du réel qui fait tout juste se dire « qu’est-ce qui m’arrive » ou « c’est à moi que ça arrive » sauf qu’il n’y a plus de moi en cette circonstance, ou ce n’est plus le même déjà. Il n’y a plus que l’Autre, maître de la situation, des gestes, du moment qui suit, qu’il est seul à connaître".

L'été 58, Annie Ernaux (à l'époque Annie Duchêsne) a 18 ans. Elle débarque de sa province dans le village de S pour être monitrice dans une colonie de vacances. Forte de son statut de brillante élève, elle se sent sûre d'elle-même et ne doute pas de s'intégrer.

Très peu de temps après son arrivée, elle se fait remarquer en cédant aux avances du chef mono. Ils passent la nuit en ensemble et le garçon se comporte de façon ignoble. Elle ne se formalise pas, pensant que les choses doivent se passer ainsi la première fois. Dès le lendemain, le chef mono se détourne d'elle mais curieusement, elle s'accroche, refusant de croire qu'il a n'a aucun sentiment pour elle. Elle finit par jouer la brave en se consolant avec d'autres garçons. Les moniteurs (garçons et filles) la montent du doigt et l'humilient. Elle n'en fait pas cas.

L'auteure raconte fort bien le piège dans lequel est tombée la jeune Annie par naïveté, aveuglée par ce qu'elle croyait être l'Amour. Elle explique fort bien le contraste entre le romantisme des filles (surtout à l'époque) et la brutalité de certains garçons qui ne se gênaient pas pour assouvir leurs pulsions en toute impunité, encouragés par les mentalités de l'époque. La coupable, c'était obligatoirement la fille qui s'était laissée entraîner.

Si  Annie ne parait pas être touchée par ce qui lui arrive sur le moment, elle le paiera pourtant très cher. Il lui faudra deux ans pour se remettre de l'humiliation subie et mettre à distance la "putain sur les bords" de la colonie (c'est ainsi qu'on la nommait).

Annie Ernaux nous explique que cette année 58 faisait partie de ses projets d'écriture depuis longtemps mais qu'elle repoussait le moment de s'y mettre, ne sachant pas sous quel angle l'aborder. Elle a même tenté d'oublier la fille de 58 afin de ne pas avoir à y revenir. On peut la comprendre tant le sujet est intime mais il est heureux qu'elle y soit parvenue car ce récit est désormais une pièce maîtresse de l'oeuvre de l'écrivaine.

Je suis loin d'avoir fait le tour de l'oeuvre de Annie Ernaux et je m'en réjouis. Cette introspection par l'écriture me fascine et je suis très intéressée par la dimension sociologique que l'auteure donne à ses récits.

La version audio est très réussie. La lectrice qui a été choisie a trouvé le ton adéquat pour ce type d'ouvrage.

Un récit très marquant à conseiller à toutes les femmes et peut-être plus encore aux jeunes filles.

Jérôme indique en commentaire qu'il est aussi à conseiller aux hommes. Il a mille fois raison ! Son avis sur ce roman

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 22:10

Grasset - Août 2016 - 157 pages

"Il faut bien que toutes les horreurs du monde enfantent des printemps si nous voulons durer au-delà du chagrin".

Le narrateur est encore un enfant quand son petit frère perd la vie subitement. Le temps qui passe aurait dû atténuer un peu le chagrin de tous mais la mère refuse de prendre acte de la disparition de son fils et s'installe dans le déni. Le père, forgeron, prend de la distance vis-à-vis du foyer tout comme la sœur aînée qui choisit de partir pour ne pas sombrer. S'instaure alors, aux confins de la folie, une relation à trois : la mère, le narrateur et le fantôme du petit frère. 

Avant le drame, la famille vivait heureuse, au rythme de la forge. Quand il ne regardait pas sa grand-mère écorcher des grenouilles, le narrateur aimait s’asseoir dans l'atelier pour admirer le travail de son père et de l'ouvrier à moto, le beau Jacky. La beauté flamboyante de la forge, lieu magique pour l'enfant, n'est sans doute pas étrangère au goût qu'il développera plus tard pour la création artistique. Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette histoire, merveilleusement racontée à la façon d'un conte, mais peut-être vaut-il mieux se laisser porter par les mots de l'auteur, sans savoir dès le départ où il va nous mener.

L' écriture, poétique, peut poser quelques difficultés au début du roman. Il faut être patient et laisser l'auteur planter le décor et présenter ses personnages. L'écrivain donne ici ou là quelques indices qui plus tard éclaireront l'histoire. La seconde partie se lit dans un souffle, le style s'efface au profit de histoire. Une fois l'ouvrage terminé, j'ai éprouvé le besoin de le relire dans la foulée. J'avais la sensation de ne pas avoir suffisamment savouré ce texte, d'une beauté époustouflante.

Plutôt qu'une phrase de conclusion, voici un exemple du style remarquable de l'auteur :

"Souvent il arrivait que papa et Jacky martèlent de concert. Pas un mot, pas un cri, juste des souffles mêlés comme font les amants. De lourds coups sur l’acier, de petits sur l’enclume, en rythme cadencé, sorte de concerto pour enclume et marteaux où la basse continue n’était autre que celle de leurs respirations. Et puis ces escarbilles, toujours ces escarbilles, petites étoiles filantes que chacun d’eux apprivoisait pour qu’elles n’aillent pas, comme des baisers voraces, mordre le corps de l’autre". 

C'est Laure qui m'a donné envie de découvrir ce très beau texte.

Leiloona est également conquise.

Lu dans le cadre de Masse critique de Babelio

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 22:14
Editions de minuit - 239 pages - août 2016
Editions de minuit - 239 pages - août 2016

Ce roman fait partie des trois que j'ai proposés pour l'opération des matchs littéraires de la rentrée organisée par PriceMinister. Je l'ai déniché la veille de rendre ma copie.

Roman d'initiation et d'aventure, "Continuer" transporte le lecteur jusqu'aux montagnes du Kirghizistan aux côtés d'une mère et de son fils pour un voyage initiatique particulièrement périlleux. Il est d'ailleurs si risqué, ce périple, qu'on en veut presque à Sybille d'avoir entraîné son fils dans une pareille virée. C'est sans doute l'aspect du roman qui m'a le plus bousculée, étant moi-même assez mère-poule. Mais face à un adolescent qui dérive dangereusement, avec les risques que l'on connaît, on peut comprendre que cette mère ait tenté le tout pour le tout. Il faut préciser par ailleurs, pour mieux appréhender cette décision, que Sybille végétait dans sa vie suite à un traumatisme vécu dans sa jeunesse.

Les avis sur ce roman sont très partagés. J'ai eu la chance de le lire avant d'être influencée dans mon ressenti et c'est tant mieux. Si j'ai "tiqué" sur le danger que cette mère fait courir à son fils, j'ai vraiment beaucoup aimé tout le reste et notamment la relation qui s'instaure entre ces deux êtres. Parfois maladroite, la mère déborde d'énergie et ne lâche sur rien. Au cours de ce voyage, elle a dans l'idée de prouver à son fils l'absurdité du rejet de "l'autre", de celui qui est différent dont on a peur. Elle rêve de transformer son fils et elle y parviendra, même si la fin de l'aventure ne sera pas celle qu'elle imagine.

L'histoire est originale et nous fait voyager. Les descriptions des paysages sont magnifiques. Comme toujours chez Mauvignier, la langue est précise et travaillée. Certains lecteurs ont fait le reproche à l'auteur de mettre en avant trop de bons sentiments. Il y a effectivement des "bons sentiments" mais le côté dérangeant des risques que fait prendre cette mère à son fils compense l'angélisme du projet. Par ailleurs, cela fait du bien de temps en temps de lire un roman qui cultive l'optimisme. Non ?

Continuer - Laurent Mauvigner (rentrée 08-2016)

Un très beau roman que j'ai envie de défendre.

Des avis totalement divergents :

Un gros coup de coeur pour Clara/Une grande déception pour Cuné

Continuer - Laurent Mauvigner (rentrée 08-2016)

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Ce livre a été inspiré à Laurent Mauvignier par un article du Monde d'août 2014 qui relatait le périple d'un père et de son fils au Kirghizistan.

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Un récit de ce voyage "Dans les pas du fils" est sorti en mai, co-écrit par le père et son fils (Tom et Renaud François) et l'écrivain Denis Labayle. J'ai envie maintenant de lire ce récit...

challenge de la rentrée (6/18)
challenge de la rentrée (6/18)

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 22:04
Belfond août 2016 - 576 pages - traduit de l'américain par Nathalie Peronny
Belfond août 2016 - 576 pages - traduit de l'américain par Nathalie Peronny

Pete Snow est un assistant social qui intervient dans la "Yaak Valley", une vallée sauvage du Montana. L'homme tente de sauver des familles alors que la sienne part à vau-l’eau. Le frère de Pete est recherché par la police, son ex-femme est alcoolique et sa fille traverse une mauvaise passe. Pete a du mal à faire face à sa désastreuse situation familiale et se réfugie un peu trop souvent dans l'alcool. Mais quand sa fille disparaît subitement, Pete met tout en oeuvre pour la rechercher, sans lâcher le suivi des familles dont il s'occupe.

Une de ces familles va l'entraîner dans une aventure sociale et humaine hors du commun. Le père, Jérémiah Pearl, est un fondamentaliste chrétien qui vit en marge de la société. Un jour, affamé et en guenilles, le fils de Pearl fait irruption à l'école du village. Appelé à la rescousse, Pete tente d'apprivoiser l'enfant, qui finit par le conduire jusqu'à son père. Avec une infinie patience et beaucoup de psychologie, l'assistant social parvient à établir le contact avec Jérémiah Pearl. Il s'agira ensuite de raisonner l'homme, ce qui n'est pas une mince affaire.

"Yaak Valley, Montana" est un bon gros pavé américain qui ne manque ni d'originalité ni de souffle. L'auteur pointe du doigt une Amérique qui tourne le dos sans vergogne aux plus défavorisés. Les instances locales sont corrompues et les habitants plus ou moins résignés. Le travail de Pete est d'autant plus remarquable qu'il doit se battre sans appui.

Le contexte est assez glauque mais il se dégage de ce roman beaucoup d'humanité. Les descriptions de la nature environnante, d'une beauté à couper le souffle, apportent au lecteur de belles bouffées d'oxygène. L'écriture est poétique et la traduction sans fausse note. J'ai été littéralement emportée par l'histoire.

Yaak Valley, Montana - Smith Henderson (rentrée littéraire 08/16)

Sorte de "Western social" intelligent et addictif, ce premier roman est assez époustouflant.

Clara est moins enthousiaste que moi mais Léa tout autant (sinon plus !).

Lu grâce à une opération "Masse critique" de Babelio
Lu grâce à une opération "Masse critique" de Babelio

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Challenge de la rentrée (3/18 - catégorie "Touche à tout")
Challenge de la rentrée (3/18 - catégorie "Touche à tout")

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Et je fais progresser mon challenge" 50 romans, 50 états"
Et je fais progresser mon challenge" 50 romans, 50 états"

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 22:12
Sabine Wespieser - 276 pages - 2015
Sabine Wespieser - 276 pages - 2015

"L'amour est là, où il ne devrait pas être, au deuxième étage de cette maison cossue, protégé par la pierre de tuffeau et ses ardoises trop bien alignées, protégé par cette pensée bourgeoise qui jusque là les contraignaient, et qui, maintenant, leur offre un écrin".

Nous sommes au début du 20ème siècle, dans un petit village de province, chez un couple de notables, Monsieur et Madame Boisvaillant. L'épouse, Victoire, ne trouve pas son compte dans les étreintes conjugales et de surcroît ne parvient pas à avoir d'enfants. Elle finit par repousser son époux, qui, par dépit, va se "soulager" avec Céleste, la petite bonne. La toute jeune fille n'a d'autre solution que de se laisser faire, le droit de cuissage étant tacitement de mise dans la maison. Un beau jour, fatalement, Céleste tombe enceinte.

Je n'irai pas plus loin dans le résumé car je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de découvrir par vous même ce se passe ensuite dans cette maison. Je vous dirai simplement que Victoire et Céleste vont se rapprocher au delà des conventions de l'époque.

J'ai lu ce livre il y a trois mois. Je ne me souviens pas de tous les détails le concernant mais je tenais à vous en dire quelques mots car il est d'une telle beauté que j'en ai fait un coup de coeur.

Amours - Léonor De Récondo

Un petit bijou de délicatesse et de sensualité.

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 22:23
Sonatine 2016  - 276 pages - traduite de l'anglais (américain) par Fabrice Poiteau
Sonatine 2016 - 276 pages - traduite de l'anglais (américain) par Fabrice Poiteau

"Lydia est morte. Mais ils ne le savent pas encore".

"Ils", ce sont les membres de la famille de cette adolescente de seize ans. Le matin de sa disparition, la mère de Lydia trouve son lit vide. Elle cherche une raison qui justifierait l'absence de sa fille mais peu à peu il faut se rendre à l'évidence, la disparition n'est pas normale. La police est alertée, les recherches commencent. L'hypothèse de la fugue est retenue dans un premier temps, avant que le corps de l'adolescente ne soit découvert dans le lac proche de la maison. Que s'est-il donc pas passé :meurtre, accident, suicide ?

Ce roman est présenté comme un thriller, je le vois davantage comme un roman psychologique. Il y a certes une énigme, la police mène une enquête, mais ce n'est pas le travail de la police que nous suivons. L'auteur nous place en observateur au cœur de la famille et bien vite, nous comprenons que la réponse à l’énigme se trouve dans la cellule familiale. Mais à quel niveau ?

Nous découvrons alternativement les membres de la famille. Leur histoire nous est dévoilée, notamment celle du père, d'origine chinoise. Nous prenons connaissance de leurs frustrations mais aussi des secrets des uns et des autres. Nous comprenons les interactions qui existent entre eux et les non-dits qui polluent les relations. Ces gens ne sont pas très ouverts sur l'extérieur, nous comprenons peu à peu pourquoi. Au fil des pages nous apparaissent donc les failles de la famille Lee, des failles qui nous éclairent sur la personnalité de celle qui figure en creux mais qui est omniprésente, Lydia.

"Un jour,il y avait si longtemps,assise exactement à cet endroit sur le ponton,elle avait déjà commencé à sentir à quel point il serait difficile d'hériter des rêves de leurs parents. A quel point leur amour serait étouffant".

Un premier roman passionnant, du début à la fin.

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit - Celeste NG

Lu dans le cadre du Prix Relay des voyageurs lecteurs.

Le site Facebook : https://www.facebook.com/prixrel

ce roman se passe dans l'Ohio
ce roman se passe dans l'Ohio

Contribue à mon challenge 50 romans 50 états (j'avais déjà un roman classé dans l'OHIO, je garde les deux).

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