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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 23:00
                                              
                                                                               
Editions Gaia (traduit du suédois)
 
 
L'histoire :
Désirée, bibliothécaire et citadine convaincue, a perdu son mari brutalement il y a quelque temps. Elle n'est pas vraiment abattue car sa vie de couple était insipide sans flamme. Pour se donner bonne conscience, elle vient chaque jour au cimetière s'asseoir sur un banc, en face de la tombe de son mari.
 Le mec de la tombe d'à côté, c'est Benny, un agriculteur qu'elle trouve plutôt "blaireau" avec sa casquette de forestier. De son côté, Benny l'a trouve complètement fadasse car lui, ce qu'il aime, ce sont les femmes qui portent des vêtements moulants et des bijoux clinquants.
Un sourire suffit pourtant à déclencher un véritable coup de foudre entre-eux. Leurs premières rencontres sont assez cocasses tant leurs univers sont différents. Benny n'est pas à l'aise dans l'appartement aseptisé de la bibliothécaire. De son côté, Désirée rencontre quelques difficultés à s'habituer aux chiures de mouches qui ornent les murs de la cuisine du fermier. Mais l'amour qu'ils éprouvent l'un pour l'autre les motive à faire chacun un effort.
Peu à peu, pourtant, leur relation se dégrade car leurs modes de vie sont difficilement compatibles. Benny rêve de la voir adopter ses vingt-quatre vaches laitières et Désirée voudrait lui faire aimer l'opéra et la littérature. Est-il possible de demander à l'autre de faire autant d'efforts, même par amour ?
Mon avis :
Ce livre suscite l'enthousiasme des membres de mon comité de lecture. Il passe de l'une à l'autre depuis un certain temps et m'a filé sous le nez plusieurs fois, j'étais donc impatiente de le lire.
Je dois dire que j'ai passé un bon moment avec ces deux-là ! Les mésaventures de ce couple mal assorti m'ont amusée. J'ai bien aimé la façon dont ils arrivent à se sortir des situations les plus scabreuses, grâce l'humour et l'autodérision.
L'histoire est un peu caricaturale, mais des questions fondamentales sont soulevées, mine de rien : Peut-on vivre en harmonie quand on vient de milieux sociaux opposés ? Un couple doit-il obligatoirement avoir des centres d'intérêts communs ? Faut-il privilégier la raison à la passion ?
Des questions importantes, mais abordées sans prise de tête et de temps en temps c'est reposant !
Ce livre, écrit par une journaliste suédoise, a rencontré un vif succès en Suède.
A plus petite échelle, il fait également partie des livres font le tour des blogs.
L'ont déjà lu :  Lilly  Cuné  Gambadou  Tamara et d'autres...   
*
Une histoire tendre et drôle pour un bon moment de détente .
*
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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 00:01
Editions Joëlle Losfeld
.
Une nouvelle fois, la magie a opéré…
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L'histoire :
   « C’ est une cité de petite ville, trois immeubles gris à la lisière d’un quartier de pavillons dont la peinture s’écaille et dont les jardins ne contiennent que des buissons de roses chétives ». Dans ce lieu, qui serait d’une banalité désolante sans le talent de la conteuse, vit Julide et sa famille. Son milieu d’origine la destine à un mariage sans amour, auquel elle se résigne ne trouvant pas d’issue pour échapper à son destin. Pourtant, une histoire d’amitié un peu particulière va bouleverser le cours de sa vie.
Avant de quitter la ville précipitamment, la tante de Julide lui a confié Mado, une vieille amie : « elle aura besoin de toi… Elle est comme un verre qui se vide, tu comprends ? Par une brèche minuscule, une toute petite fêlure, et si tu ne prends pas soin de la remplir elle disparaîtra tout à fait ».
C’est une bien lourde tâche qui lui est confiée, surtout quand un jeune homme débarque dans la ville et que Mado en tombe amoureuse…
 
Mon avis :
Des personnages un peu bancales et mystérieux, des lieux ordinaires transformés en lieux merveilleux, on retrouve bien ici l’univers de Dominique Mainard.
« Je voudrais tant que tu te souviennes » est un roman sur la mémoire, celle qui s’enfuit parfois des êtres, au fil du temps. L’histoire s’installe tranquillement : une "vieille dame enfant" qui déambule dans la ville le nez à terre, un jeune couvreur qui passe son temps sur les toits à admirer le ciel et une jeune fille qui voudrait éviter une idylle impossible… mais qui n’y parvient pas.
Comment croire à un amour aussi improbable que celui qui se noue entre un jeune homme et une vieille femme usée par la maladie ?
Tout simplement parce qu’avec la plume de Dominique Mainard tout est possible et que parfois, l’amour se transforme …
 
Je ne sais pas si le titre du livre est inspiré des paroles de Prévert mais la chanson de Montand m’a trotté dans la tête pendant la lecture.
Oh, je voudais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois, je n'ai pas oublié
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Les souvenirs et les regrets aussi...
..
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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 00:10
En pleine lecture de « je voudrais tant que tu te souviennes », j’aimerais vous parler de deux romans de Dominique Mainard, que j’ai lus il y a quelque temps : « leur histoire » et « le ciel des chevaux ».
Dominique Mainard est à la fois traductrice, nouvelliste et romancière.
Elle a traduit notamment une partie de l’œuvre de Janet Frame. L’univers de la romancière néo-zélandaise l’a fortement influencée : le monde de l’enfance, la fragilité psychologique de certains êtres…
 
 Bibliographie de Dominique Mainard :
-         Le second enfant (nouvelles) publié en 1994
-         Le grenadier (nouvelles) publié en 1997
-         Le grand Fakir (roman) publié en 2001
-         Leur histoire (roman) publié en 2002 – prix du roman FNAC et prix Alain-Fournier
-         Le ciel des chevaux (roman) publié en 2004
-         Je voudrais tant que tu te souviennes : publié en 2007
 
 
Leur histoire :  Anna ne parle pas. Elle vit seule avec sa mère, Nadejda, qui a refusé d’apprendre à lire et à écrire en raison d’une histoire douloureuse dans son enfance. Elle a vu mourir sa grand-mère alors celle-ci lui racontait une histoire. Elle est persuadée depuis lors, que ce sont les mots qui sont responsables de cette mort. Merlin, le directeur d’une école pour enfants malentendants, arrive à cerner le problème et tente d’apprivoiser la mère et la fille...
Il s’agit d’un conte, avec la part d’irréel et de poésie que cela comporte. Les mots sont au cœur du roman, parfois destructeurs mais souvent merveilleux.
Alain Corneau a adapté ce roman au cinéma sous le titre « les mots bleus ». C’est à mon avis une bonne adaptation. Le reproche que l’on pourrait faire, serait de ne pas avoir pas fait ressortir suffisamment la dimension du conte, très présente dans le roman. Les acteurs sont formidables : Sylvie Testud dans le rôle d'une maman un peu sauvage et Sergi Lopez dans celui d’un Merlin si enchanteur... La petite fille est jouée par Camille Gauthier de façon remarquable. La chanson de Christophe, qui berce le film, lui donne également son nom. On peut trouver ce choix surprenant.Moi j’ai bien aimé "ces mots qu’on dit avec les yeux" parce qu’on ne peux pas utiliser le langage.
 
Le ciel des chevaux : On retrouve dans ce roman, des personnages assez étranges et mystérieux. Une jeune femme croit un beau jour reconnaître en la personne d’un clochard, son frère perdu de vue depuis plusieurs années. Elle n’a plus qu’une idée en tête, reconquérir ce frère qui ne semble pas la reconnaître. L’imaginaire côtoie la réalité et il faut attendre la fin de roman comprendre l’énigme. La dimension fantastique est plus importante que dans « notre histoire »
C’est un roman qui tient en haleine. On veut à tout prix comprendre ce qui ce passe entre ce frère et cette sœur et on dévore le livre…
 
Je vous donne rendez-vous très bientôt pour vous présenter le tout dernier roman de Dominique Mainard…
 
 
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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 00:00
                               



Plutôt que de résumer le livre je préfère vous   livrer les autoportraits des deux héroïnes :
 
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants."
 
"Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai."
 
 
Mon avis :
 
Dans la présentation de  «l’élégance du hérisson » sur le site : passion du livre, Muriel Barbery fait le rapprochement entre sa propre démarche et celle de Jeunet pour le célèbre « Amélie Poulain ». Quand une idée lui traversait l’esprit, le cinéaste la notait dans un petit carnet, avec l’idée d’en faire un jour un film. Cela a donné « Amélie Poulain ».
Muriel Barbery, professeur de philosophie, réunit dans ce roman, ses propres réflexions sur le sens de la vie, son goût pour la culture japonaise et sa passion de l’art en général. L’histoire  qui nous est racontée n’est qu'un prétexte, mais elle est très belle. Les sentiments sont purs et sincères et les personnages attachants.
Je n’ai pas pu m’empêcher, en découvrant le personnage de Renée, de repenser à mon rêve d'immeuble littéraire .C’est exactement la concierge qu’il nous faut ! J’adorerais également avoir pour voisin kakuro Ozu. J’imagine avec délectation de longues soirées passées à m’initier à la culture japonaise… La petite Paloma est touchante et son bon sens interpelle les adultes blasés que nous sommes parfois.
Je mettrais juste un petit bémol au personnage de Renée. Dans la première moitié du livre, elle manque à mon sens de simplicité dans ses propos, les rendant un peu « pompeux ». Il m’a fallu parfois relire trois fois la même phrase pour en saisir le sens (et en sortant le dictionnaire !).
Cela ne gâche en rien ce livre plein d’humanité qui donne à chacun d’entre nous matière à réflexion sur le sens de sa propre vie…
Je me suis offert ce livre grâce aux critiques élogieuses des nombreux bloggeurs qui l’ont lu : CUNE - FLORINETTE - PAPILLON et bien d’autres.
 
Un livre qui fait penser, rire et pleurer …
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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 00:00
L'an passé, j'ai lu trois ouvrages sur le thème du conflit israélo-palestinien. Si comme moi, le roman vous aide à mieux appréhender les problèmes de ce monde, je vous recommande ces lectures :
 
Une bouteille dans la mer de Gaza - Valérie ZENATTI 
     (Ecole des loisirs)
Ce roman, écrit pour les ados, est le plus abordable des trois. Valérie Zenatti connaît bien son sujet puisque ses parents, tous deux juifs, ont décidé de quitter la France pour rejoindre la terre promise alors qu'elle avait treize ans. Elle vit aujourd'hui en France.
 
Une jeune israélienne de 17 ans, vivant à Jérusalem, se pose beaucoup de questions sur la situation de son pays. Elle a un jour l'idée un peu folle d'écrire un message, de le mettre dans une bouteille et de le jeter dans la mer de Gaza. Un jeune palestinien trouve le message et lui répond, via internet. L'échange est tendu au départ, car le garçon est sur la réserve. Mais peu à peu chacun essaye de comprendre l'autre. L'histoire des deux peuples est abordée de façon simple et neutre. Le roman est idéal pour s'approprier le sujet.
 
L'attentat - Yasmina KHADRA
  (En poche depuis septembre : Pocket)
Le rêve de Yasmina Khadra est de voir un jour se réconcilier l'orient et l'occident.
J'ai eu la chance de rencontrer cet écrivain algérien, lors d'une présentation de « l'attentat » pour un prix des lecteurs (Le Télégramme). Son charisme m'a fortement impressionnée. Je ne suis pas sur le point d'oublier son message de tolérance et d'espoir en l'homme.
 
Un chirurgien israélien, après avoir opéré toute la journée les victimes d'un attentat, rentre chez lui très tard le soir. Il pense trouver le réconfort auprès de l'épouse qu'il adore, mais personne ne l'attend. Plus tard dans la nuit, il est confronté à l'inconcevable. Il apprend avec stupeur et effroi que sa femme est la kamikaze de l'attentat. Après l'abattement survient la colère puis la volonté de comprendre ce qui a pu pousser sa femme à commettre un tel acte. Il se lance dans une enquête qui le mène au coeur de la lutte des palestiniens.
C'est un éclairage très intéressant sur le drame du conflit israélo-palestinien car Yasmina Khadra confronte ici sans idéologie, les points de vue des uns et des autres.
Le portait de cet homme blessé, stupéfait de n'avoir rien vu venir est bouleversant. C'est un livre très fort. Si vous ne l'avez pas encore lu, je ne saurais trop vous le recommander.
 
Et il y eut un matin - Sayed KASHUA
 (Editions de l'olivier)
Sayed Kashua, arabe israélien, est journaliste et critique de télévision. Le livre de politique fiction qu'il nous propose est inspiré de sa propre histoire. Ce n'est pas le plus facile des trois romans, mais il en vaut la peine si vous êtes intéressé par le sujet.
 
Il est question d'un journaliste arabe qui travaille comme pigiste pour un journal israélien. Il se sent de moins en moins intégré dans sa vie quotidienne, comme dans son emploi. Il décide d'aller vivre dans son village natal, tout en continuant son travail, à distance.
La désillusion arrive très vite. Le journal ne lui propose quasiment plus rien et il a beaucoup de mal à s'adapter à la vie traditionnelle du village. Il se rend compte qu'il n'a sa place nulle part.
Un jour, l'armée israélienne encercle le village et s'installe. Les habitants se retrouvent totalement isolés et perdent peu à peu leurs repères. Il faut attendre la toute fin du roman pour comprendre ce qui se trame.
C'est un livre sur l'ambiguïté du ressenti de certains arabes attirés par la modernité de la société juive bien que respectant leurs propres traditions. L'auteur cherche également à démonter les nombreux préjugés que l'on a tous, sur les Israéliens comme sur les Palestiniens. La traduction de l'hébreu m'a un peu gênée. On a parfois l'impression d'une traduction littérale. C'est toutefois un livre très intéressant.
 
Avez-vous lu ces romans, ou d'autres sur le même thème ?
 
 
 
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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 00:09
                             
C'est grâce aux avis élogieux du club des bloggueuses : Cuné   Lisa   Camille   Frisette  Chimère que j'ai eu envie de lire cet excellent roman. 
Quelques mots sur l’auteur :
Jeffrey Eugénides est connu principalement pour son premier roman « Virgin Suicide », porté à l’écran par Sofia COPPOLA. Middlesex est son second roman, écrit neuf ans après le premier, et pour lequel il a obtenu le prix Pulizer en 2003.
L’histoire :
Le narrateur, hermaphrodite, nous raconte son histoire. Une histoire peu banale dans le sens où elle démarre par un inceste. Ses grands-parents étaient frère et sœur. Ils sont nés dans un petit village de Grèce qu’ils ont été contraints de fuir, tout juste adultes, en raison de l’invasion turque de 1922. A l’adolescence, une certaine attirance les pousse l’un vers l’autre. Cet amour se concrétise sur le bateau les menant vers leur nouvelle vie aux Etats Unis. Ils choisissent alors de se marier. L’histoire ne s’arrête pas là, puisque le fils né de leur union se marie par la suite avec une cousine. Deux générations plus tard, la conséquence de cette consanguinité se manifeste sous la forme d’une anomalie chromosomique dont notre narrateur est la victime.
Mon avis :
D’un point de vue historique, ce livre est absolument passionnant : l’effroyable incendie de Smyrne en 1922, les débuts de l’industrie de l’automobile à Détroit, la grande dépression, la prohibition, les émeutes raciales des années 60… On vit ces évènements aux côtés de la famille Stéphanides et au rythme de leur vie quotidienne.
Le dernier tiers du livre est consacré aux problèmes d’identité sexuelle de la jeune Calliope puis du jeune Cal quand, à l’adolescence, notre narrateur découvre qu’il est « plutôt » un garçon. Sans aucune vulgarité, sur un sujet plutôt scabreux, Eugénides évoque de façon très précise les aspects médicaux et psychologiques de l’hermaphrodisme.
On ne s’apitoie pas sur le sort de ce personnage qui ne se laisse jamais aller et aborde ses problèmes avec une grande lucidité mais également beaucoup de distance et d’humour. Sa capacité d’adaptation est impressionnante. Elle est égale à celle des  parents et grands-parents, confrontés eux-mêmes dans leur vie à des difficultés d’intégration.
Les nombreuses références mythologiques donnent à l’histoire une dimension supplémentaire.
Ce n’est pas facile, en quelques lignes, de donner l’essentiel d’un livre de 680 pages aussi riche que celui-ci. J’espère toutefois vous avoir donné envie de le rajouter à votre LAL.
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Un excellent roman.
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26 janvier 2007 5 26 /01 /janvier /2007 00:00

                    

La sortie en poche de ce roman (collection Babel, chez Actes Sud) me donne l'occasion de vous présenter ce livre, pour lequel j'ai eu un gros coup de coeur il y a un an environ. 

 
 
 L'histoire :
 
Hannah Musgrave, vers l'âge de 60 ans, fait le bilan de sa vie.
Elle vient d'une famille de gauche assez bourgeoise, dont elle s'éloigne à l'adolescence pour s'engager dans un groupe radical d'extrême gauche. Après quelques années de clandestinité suite à des actions terroristes plus ou moins ratées, elle quitte les Etats-Unis et se retrouve parachutée un peu au hasard, au Libéria.
Quand elle arrive dans ce pays, elle a trente ans. Lassée de la vie décousue qu'elle mène depuis dix ans, elle épouse un homme politique local et fait des enfants. Mais rapidement elle se trouve embarquée dans l'histoire du pays qui bascule dans la haine, alternant des gouvernements corrompus à l'extrême. Sa vie devient un cauchemar. Elle essaye d'agir, à son niveau, mais fait l'objet de manipulations. Seuls des chimpanzés, dont elle défend la cause jusqu'au bout, réussiront à lui apporter un peu de réconfort.
 
Mon avis :
 
Ce qui est passionnant dans ce roman, c'est la cohabitation de personnages fictifs et de personnalités qui ont fait l'histoire du Libéria. J'ai éprouvé très rapidement le besoin de quitter le roman pour me documenter sur le pays et son histoire très particulière.
En effet, il faut savoir que le Libéria a été créé par les Américains au début du XIXe siècle pour y installer d'anciens esclaves qui devenaient un peu trop encombrants aux Etats-Unis. Sur ces terres, il y avait déjà des habitants, qui sont vite tombés sous la domination des Afro-américains, eux-mêmes sous la domination colonialiste des Etats-Unis.
C'est dans une poudrière qu'arrive le personnage d'Hannah, car une révolte des populations opprimées se prépare qui mènera à la guerre civile.  
 
C'est un roman assez politique dans le sens où Russel Banks est lui-même un ancien militant d'extrême gauche, et qu'il nous présente le visage d'une Amérique impérialiste et colonialiste à la moralité douteuse.
 
Le portait de femme que nous livre cet écrivain talentueux est extraordinaire. Aveuglée par ses utopies, elle accumule les erreurs dans sa jeunesse et se trompe de camp par la suite. On peut la blâmer pour son manque de discernement, mais à titre personnel, j'aurais plutôt envie de la plaindre car le prix qu'elle paie pour ses erreurs est immense. Son retour au Libéria, à plus de 60 ans, et après avoir été contrainte de le fuir plusieurs années auparavant, est très fort et à mon sens assez courageux. Elle aurait pu s'écrouler mais ne le fait pas, faisant face avec lucidité à ses erreurs. 
Voir les avis de  CUNE  et de BARBABELLA :
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Extrait d'un rapport de Medecins de monde sur le Libéria d'aujourd'hui :
 
La guerre civile libérienne s’est achevée en 2003. Aujourd’hui, une réelle volonté de réconciliation se fait sentir au sein de la population, et la confiance en la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf est très forte. Malgré sa grande popularité, la population reste toutefois méfiante à l’égard des institutions publiques, marquées par la corruption selon une longue tradition dans le pays...
La suite du rapport : http://www.medecinsdumonde.org/
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Un roman engagé,  absolument passionnant.
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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 00:10
                            
 D'après une enquête réalisée aux Etats-Unis en 1990 sur les livres qui ont changé la vie de leurs lecteurs, ce livre arriverait en seconde position après la bible.
Bien qu'étant la romancière la plus lue des Etats-unis, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est l'unique roman d'Harper Lee. Il a été publié en 1960 au coeur de la lutte pour les droits civiques.
 
 
 
 L'histoire :
 
Une petite fille, Scout, nous raconte trois années de son enfance dans une petite ville d'Alabama, au sud des Etats-Unis. Elle vit avec son père Atticus Finch et son frère Jem, un peu plus âgé qu'elle. La maman est décédée. Atticus, homme intègre et d'une grande tolérance, tente d'enseigner à ses enfants les valeurs auxquelles il croit.
L'exercice de son métier l'amène à être nommé commis d'office pour défendre un noir accusé d'avoir violé une blanche. Cet homme risque la peine de mort. Les mentalités et le racisme sont tels, que Scout et son frère sont montrés du doigt dans tout le village comme étant les enfants de « l'ami des nègres ». Une période très difficile va commencer pour eux.
 
   
 Mon avis :
 
   Dans la première partie, l'histoire se met en place. On fait connaissance avec le village et ses habitants, puritains et bourrés de préjugés. (Quelques personnages sortent heureusement du lot !). Nous accompagnons les enfants dans leur vie quotidienne, à l'école ou dans leurs relations avec le voisinage.
Le temps s'écoule doucement. L'éducation que les enfants reçoivent est absolument remarquable et tout à fait avant-gardiste.
   La deuxième partie est consacrée principalement à la période du procès. Elle m'a semblée plus captivante. On vit au rythme des évènements qui déchaînent les passions dans la ville de Maycomb. Du jour au lendemain, la vie des enfants bascule. La maturité dont ils font preuve est impressionnante, venant probablement de l'éducation qu'ils ont reçue et de la grande sérénité de leur père face à la situation.
On comprend, à la toute fin du roman, que les éléments qui amènent au dénouement se trouvent dans la première partie.
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Ce livre est plus qu'une belle histoire. Il nous apporte un éclairage très intéressant sur la vie et la mentalité d'une petite ville du sud des Etats-Unis dans les années 30.
Une postface écrite par Isabelle HAUSSER donne quelques éléments très utiles pour l'interprétation de certains passages du livre, et sur le contexte culturel et historique de l'histoire.
Voir l'avis, enthousiaste lui aussi, de  Hervé
Un hymne à la justice à la tolérance.
 
 
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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 21:00
  
 
 
 
 
 
 
            
 L’histoire, en quelques lignes :
Myriam, fantaisiste et épicurienne, vient d’ouvrir un restaurant qu’elle a nommé « chez moi » Elle y habite, n’ayant pas les moyens de s’offrir un logement. Après un démarrage chaotique, ce restaurant « pas comme les autres » commence à trouver sa clientèle et une certaine rentabilité, en partie grâce à l’aide providentielle d’un jeune homme dévoué qui l’incite à garder les pieds sur terre.
Malgré ce succès presque inespéré, Myriam souffre en silence. Elle a commis un acte inavouable, il y a quelques années, qui lui a valu l’exclusion de sa famille. Les blessures du passé ne sont pas refermées. La journée, elle se démène pour préparer ses recettes avec beaucoup d’amour et de poésie, cachant comme elle peut la douleur qui ronge. Mais la nuit elle craque et se souvient de ce fils, qui a certainement grandi depuis ce jour où... 
 
 Petit extrait qui donne  le ton du livre :
Mon restaurant sera petit et pas cher. Je n'aime pas les chichis. Il s'appellera Chez moi, car j'y dormirai aussi ; je n'ai pas assez d'argent pour payer le bail et un loyer.
On y mangera toutes les recettes que j'ai inventées, celles que j'ai transformées, celles que j'ai déduites. Il n'y aura pas de musique - je suis trop émotive - et les ampoules qui pendront du plafond seront orangées. J'ai déjà acheté un réfrigérateur géant Avenue de la République
. Ils m'ont promis un four et une table de cuisson bon marché. « C'est pas grave si c'est rayé ? » -
« Pas grave du tout ! Je suis moi-même assez rayée. » Le marchand ne rit pas. Il ne sourit pas. Les hommes n'aiment pas les femmes qui se dévaluent.
 
 Mon avis :
Je rejoins les avis élogieux que j'ai lus et entendus. J'ai dévoré ce livre d'une traite. Je ne pouvais pas quitter Myriam.
Cette femme est pleine de contradictions et c’est ce qui la rend si attachante. Elle se donne beaucoup de peine pour son restaurant et le met pourtant en péril. Elle se bat pour trouver le bonheur et quand il pointe le bout de son nez, elle le fuit pour ne pas souffrir.
C’est un roman où se côtoient sans cesse les joies et les peines. Ou les situations amusantes sont suivies de souvenirs douloureux. L’optimisme de Myriam prend toujours le dessus, ce qui donne au livre une atmosphère plutôt légère.
A travers ce portrait de femme, Agnès Desarthe explore formidablement  bien la complexité du sentiment maternel, qui peut être à l'origine de grandes souffrances pour les femmes.
J’ai adoré l’ambiance très cosy de ce Chez-moi. Les amoureux de la cuisine se régaleront à l’évocation de mets qui donnent l’eau à la bouche. Ceux qui ont rêvé un jour d’ouvrir un restaurant vivront leur rêve par procuration (les soucis en moins !).
 
A savourer avec gourmandise comme les mets délicieux que concocte Myriam à ses amis clients.
Florinette et Lily (entre autres) ont lu ce livre. Je ne suis pas encore tout à fait au point avec l'utilisation des liens, alors ce sera pour une prochaine fois !
            
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