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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 23:18

Audiolib 2019 (Gallmeister 2017) - traduit de l'américain par Josette Chicheportiche

Lu par Maia Baran - 10 h 02

"Dans la forêt" fait partie de ces livres que je repère à leur sortie grâce aux avis élogieux dont ils bénéficient. Je ne les lis pas forcément immédiatement mais ils restent dans un coin de ma tête. Et un jour, au détour d'une boite à livres, d'un vide grenier ou de la sortie audio, le titre se présente à moi. 

Je me réjouis d'avoir découvert "Dans la forêt" par la version audio. En effet, la lectrice, Maia Baran, incarne de façon très convaincante les protagonistes, deux soeurs nommées Nell et Eva. Les adolescentes se retrouvent seules après la mort de leur père et doivent faire face à une pénurie qui paralyse la ville, située en Californie du Nord. Il n'y a plus d'essence, ni d'électricité et les magasins sont vides.

Les deux filles, isolées de tout, doivent survivre avec de moins en moins de ressources. Chacune tente de conserver ce qui la motive. La danse est la passion d'Eva. Elle y consacre tout son temps. De son côté Nell garde en tête son rêve d'intégrer Harvard et étudie sans relâche l'encyclopédie familiale. Les deux soeurs, différentes mais complémentaires, parviennent le plus souvent à se mettre d'accord sur la conduite à tenir mais pas toujours. Leur entente fusionnelle se fissure régulièrement, parfois dangereusement.

L'évolution des relations entre les sœurs est un élément fort du roman mais le thème essentiel est l'épuisement des ressources naturelles. L'auteur démontre que notre dépendance aux nouvelles technologies nous éloigne de la nature. Nous oublions ses lois fondamentales et gaspillons ses trésors de façon déraisonnable. "Dans la forêt" est un roman engagé et percutant qui donne à réfléchir.

Comme les copines des bibliomaniacs (dont j'ai ré-écouté l'émission à la fin de ma lecture) la fin ne m'a pas totalement convaincue par son côté extrême et dérangeant. Mais cette fin, par son côté provocateur, nous incite à réfléchir. Sans tomber dans l'extrême, il existe certainement une voie alternative, raisonnable et raisonnée de consommer. 

J'ai pris beaucoup de plaisir à cette écoute. "Dans la forêt" réunit beaucoup de qualités. Bien rythmé dans sa narration, c'est un livre à la fois intelligent et distrayant. Je ne suis pas une scientifique et les romans qui évoquent la vie des animaux ou le fonctionnement de la nature me barbent très vite. mais je ne me suis pas ennuyée une seule fois en écoutant ce roman, bien au contraire. 

La narratrice a une voix très jeune qui correspond bien à l'idée que je me fais de la narratrice. J'ai beaucoup aimé l'interprétation.

Voici un roman que je vous conseille les yeux fermés (mais vous pouvez aussi le découvrir avec vos yeux si vous êtes hermétique à la lecture audio).

L'avis de Titine 

Le mois américain, c'est chez titine (cliquez sur le logo)

 

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 09:44

Audiolib 2019 (stock) - 10 h 24 - traduit de l'anglais par Rafaèle Moutier - 10 h 24

Indrid a vingt ans quand elle tombe amoureuse de son professeur de littérature, un homme séduisant et charismatique qui a le double de son âge. Faisant fi des mises en garde de sa co-locataire et de celles du meilleur ami du professeur, Ingrid s'installe avec Gil, dont la réputation de Don Juan ne lui fait pas peur, persuadée qu'elle saura mettre fin cette relation quand elle le souhaitera. Mais elle va tomber enceinte et devenir progressivement prisonnière de la maison de bord de mer où ils s'installent.

Gil se montre sous son véritable jour une fois Ingrid acquise. Égoïste, coureur de jupons, il la garde d'une certaine façon sous emprise, alternant les périodes où il s'occupe de sa famille et ceux où il la délaisse. Gil a perdu son travail de professeur et vit laborieusement de sa plume, donnant à Ingrid à peine de quoi nourrir les enfants. Bien plus tard, elle disparaîtra mystérieusement. Suicide, noyade, fuite, meurtre ? Nous pouvons tout supposer... 

Dès le début du roman, la disparition d'Ingrid est annoncée. Puis nous remontons le temps, au travers des lettres que la jeune femme a écrites puis cachées à l'intérieur des livres que son mari collectionne. Des livres qui envahissent la maison. Nous naviguons entre le passé et le présent. Ingrid a disparu depuis plus de dix ans. Gil est malade, ses deux filles sont à son chevet. Il ne s'est pas remis de la disparition de sa femme. Les filles, notamment la plus jeune, continuent à s'interroger sur la personne qu'était leur mère. 

Je n'ai pas réussi à ressentir la moindre empathie pour Gil. Je suppose qu'il aime sa femme, mais tellement mal que cela en est écœurant.  Indrid est la mère de ses enfants mais son bien-être ne semble pas le concerner. Prise au piège et en partie responsable de ce qui lui arrive (personne ne l'a obligée à suivre Gil), Ingrid devrait fuir mais la culpabilité la paralyse. Elle n'est pas une mère parfaite, du moins pas tout le temps (mais qui l'est ?). Elle aurait besoin d'être encouragée, rassurée et aidée mais elle est délaissée et totalement isolée

J'ai pris le parti d'Ingrid immédiatement, bouleversée par son mal-être et révoltée par le comportement de Gil, auquel je ne trouve aucune circonstance atténuante. Certes, il faut replacer l'histoire dans son époque, tout commence dans les années 90, les pères ne s'occupaient pas autant des enfants qu'aujourd'hui.

J'ai vécu cette lecture douloureusement, en total symbiose avec Ingrid. J'ai aimé l'ambiance de bord de mer et apprécié la construction du roman, très réussie, avec l'insertion dans le récit des lettres d'Ingrid, qui font office de journal intime. 

Quelques mots sur la version audio : l’intonation de la lectrice (je devrais dire ses différentes intonations) est tout à fait en adéquation avec les états d'âmes d'Ingrid ou celles de ses filles, quand le projecteur est braqué sur elles. La justesse de l'interprétation permet au lecteur de s'immerger totalement dans le texte, de faire corps avec lui. Je n'aurai sans doute pas classé ce roman dans mes coups de coeur si je l'avais lu en version papier.

Un très bon roman sur la condition féminine. Je ne suis pas certaine toutefois que ce livre, très intimiste, puisse plaire à tout le monde. Je ne m'attendais pas à un coup de cœur en démarrant ma lecture, je n'avais pas entendu parler de ce roman lors de sa parution.

Challenge "Écoutons un livre" - rendez-vous sur mon blog tous les 28 du mois pour découvrir les lectures audio des participants au challenge. Pour participer, vous pouvez indiquer vos liens (ici)

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 23:22

Babel (Actes Sud) novembre 2007 à août 2009

Je vous avais fait part de mon enthousiasme pour les deux premiers tomes de cette pentalogie (voir ici). Et bien je peux vous dire, après avoir lu les trois tomes suivants, que les cinq sont formidables. J'ai tout aimé dans ces petits livres : l'écriture, si délicate, le contexte géographique et politique, retranscrit si justement (un tremblement de terre, la catastrophe d'Hiroshima) mais aussi la construction, originale et maîtrisée.

Les personnages que nous retrouvons dans les différents tomes sont les mêmes mais ils occupent tantôt un rôle principal tantôt un rôle secondaire. En terminant le dernier tome, nous pouvons tout reboucler car il existe de fortes interactions entre les personnages. Tous (et tout particulièrement Yukio, Yukito et Mariko) m'ont touchée. Je suis contente d'avoir partagé leurs secrets, leurs amours, leurs joies et leurs peines. S'ils ont eu des choix à faire dans la vie, le destin a orienté également leur trajectoire, plaçant sur leur chemin des bonnes et des mauvaises fées. 

C'est vraiment une lecture délicieuse, à entreprendre idéalement sous un cerisier en fleurs, au fond d'un jardin aux mille senteurs (mais dans le canapé de votre salon, ça marche aussi). J'aurais pu vous en dire plus sur ces histoires mais je pense qu'il est préférable de se laisser porter par leur charme. Un conseil :  ne laissez pas passer  trop de temps entre chaque tome afin de bien garder en mémoire les différents personnages et les interractions entre eux.

Un gros coup de coeur !

Le challenge objectif PAL, c'est chez Antigone !

Deux sur trois de ces livres sont issus de ma PAL...

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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 15:12

Globe - 200 pages - mai 2019

"Lorsque Robert des Inch m’offre son archet, ce qui symboliquement, signifie que j’en vaux la peine, je deviens quelqu’un, je prends confiance, je ne sombre plus dans les gouffres de la mésestime, de la haine de moi, de cet affreux sentiment d’incapacité qui me laisse, à l’époque, si peu de choix. J’étais une personnalité fragile, je le suis toujours. Capable de me saborder, d’abandonner, de détruire, de fuir. Mais parce que j’ai écouté une onde sonore minuscule, au loin-d ’où venait-elle ?-, j’ai croisé des gens sur mon chemin qui m’ont encouragée. Qui m’ont dit : « ne te contente pas de ça, bosse », « arrête de te morfondre, écris », « trop facile, ta haine de toi, arrête de te prendre pour ce connard de Kurt Cobain, qu’a abandonné tout le monde. » Et lorsqu’on m’encourageait, j’étais capable de retourner toute cette méchante énergie en fabrication. De n’importe quoi. De la tarte aux pommes au roman. »

Un jour, un de ses enfants demande à l'auteure : c'est toi maman sur la photo ? L'enfant a peine à croire que l'adolescente au crane rasé et à l'allure déjantée est la mère de famille tout à fait classique qui leur prépare le petit déjeuner dans la cuisine. L'auteure éprouve alors le besoin de plonger dans ses souvenirs pour inhumer la jeune musicienne qui avait l'espoir de percer un jour. Julie nous entraîne à ses côtés, dans le camion qui conduisait le groupe dont elle faisait partie, sur les scènes underground de l'Allemagne de l'Est. Avant d'en arriver là, l'adolescente avait plaqué ses études et sa famille "comme il faut" pour une vie hasardeuse, portée par une soif d'aventures et de "non-conformisme".

J'ai commencé ce livre sans trop savoir à quoi m'attendre et je l'ai lu quasiment d'une traite, en totale symbiose avec la narratrice, revivant avec elle sa jeunesse. Bien que la mienne fut très différente, je me suis tout à fait retrouvée dans ce roman d'apprentissage qui retranscrit à merveille cette époque de la vie. Entre les hésitations sur le chemin à prendre et l'exaltation d'une vie qui commence, il faut souvent composer avec les hauts et les bas pour trouver sa voie.

Julie Bonnie parvient à merveille à faire le lien entre la jeune fille atypique qu'elle était et la mère de famille bien rangée d'aujourd'hui. J'ai lu l'ouvrage en un week-end, emportée par l'histoire mais aussi par le rythme et la musicalité de l'écriture, en parfait accord l'univers décrit. Voilà de nouveau un excellent opus de la maison d'édition "Globe" !

Un vrai coup de cœur tant pour l'écriture que pour l'histoire !

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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 23:37

L'iconocaste - 164 pages - 2017

Certains livres restent longtemps dans ma Pile à Lire. Celui-ci n'y aura passé que deux mois. Après ma rencontre avec Valentine Goby, fin février, j'étais impatiente d'en savoir plus sur la femme qui lui a inspiré "Je me promets d'éclatantes revanches", à savoir Charlotte Delbo.

"Je voudrais par ce livre susciter par contagion irrésistible le désir de connaître Charlotte Delbo et de l'aimer"

L'ouvrage n'est pas à proprement parler une biographie mais plutôt le récit d'un coup de cœur littéraire et humain pour une femme qui a vécu l'enfer d’Auschwitz, sans y laisser sa joie de vivre.  Le contraste entre les photos ci-dessous est saisissant. La première est prise à Auschwitz, la deuxième cinq ans après la fin de la guerre. On a du mal à voir la même femme.

Charlotte Delbo à Auschwitz. Source : Photo collection privée

 

Charlotte Delbo, années 1950. @Eric Schwab

Fille d'ouvrier, née en 1913, Charlotte Delbo apprend le métier de sténo-dactylo et entre en 1937 au service Louis Jouvet (l'homme de théâtre). L'année précédente, elle s'était mariée avec un militant communiste qui  entrera dans la résistance et sera exécuté en 1942. Charlotte Delbo, elle-même résistante, est arrêtée peu de temps après son mari et déportée à Auschwitz. Un an plus tard elle sera transférée à Ravensbrück. Elle rentre à Paris en 1945, bien décidée à laisser derrière elle son statut de déportée pour croquer la vie à pleine dents : "Je me promets d'éclatantes revanches", écrit-elle à Louis Jouvet à peine libérée".

C'est au moment où elle a pour projet d'écrire "Kinderzimmer" que Valentine Goby entend parler de Charlotte Delbo. Elle se rend dans une bibliothèque et découvre l'oeuvre de l'écrivaine, subjuguée par la puissance de son écriture. "J’ai ouvert "Aucun de nous ne reviendra", et cette voix m’a saisie comme nulle autre. Je suis entrée à Auschwitz par la langue". Charlotte devient alors une compagne de tous les instants, l'inspiratrice de ses futurs travaux d'écriture. 

"Je me promets d'éclatante revanche est un hommage rendu à une femme et une auteure, c'est aussi un essai sur une oeuvre singulière et puissante. Plus généralement c'est une réflexion sur l'écriture et notamment l'écriture de l’indicible. "A la lire, j'ai pensé qu'écrire, c'est peut-être exactement cela : forger une langue capable de nous ramener d'entre les morts ; la langue de nos confins où nous nous croyons muets".

"Je me promets d'éclatantes revanches" m'a donné envie de découvrir l'oeuvre de Charlotte Delbo, espérant comme Valentine Goby être éblouie puissance de son oeuvre. 

A découvrir absolument si vous aimez-vous interroger sur le travail d'écriture mais aussi pour découvrir la femme d'exception que fut Charlotte Delbo.

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 19:53

Audiolib 2019 - 13 h 21 - écrit en 1909 - traduit de l'américain par Francis Kerline - lu par Denis Podalydès

Quand j'ai découvert que "Martin Eden" se trouvait dans la sélection du Prix Audiolib je me suis réjouie à l'idée de découvrir ce titre, connu pour être le chef-d'oeuvre  de Jack London.

Quelques mots tout d'abord sur L'auteur (1876-1916). Après une enfance plutôt misérable dans le ranch de son beau-père, en Californie, Jack London décide de voter de ses propres ailes, à l'âge de seize ans. Il vit de petits boulots  parmi lesquels : balayeur, agriculteur, menuisier, blanchisseur...  Il prend aussi la mer, suit les vagabonds du rail et se passionne pour la nature. L'écrivain qu'il deviendra s'inspirera de toutes ces expériences pour nourrir sa plume, écrivant des romans d'aventures mais aussi "sociaux".

Dans "Martin Eden", Jack London raconte l'histoire d'un jeune homme qui lui ressemble beaucoup, tant physiquement que dans le parcours de vie. Ce jeune homme est un autodidacte qui consacre sa vie à l'écriture, rêvant d'être un jour publié.

C'est grâce à une femme que l'envie vient à Martin Eden de s'instruire. Elle s'appelle Ruth et vient d'une famille bourgeoise dans laquelle Martin a été invité après avoir sauvé le fils de la maison. Martin est fasciné par un univers qu'il ne connait pas et subjugué par le charme que dégage la jeune fille. Cette dernière n'est pas insensible non plus au charme brut que dégage le jeune homme.

Il y a plusieurs phases dans le parcours de Martin, parmi lesquelles une période durant laquelle il va travailler comme un damné dans une blanchisserie, à y perdre le goût de lire et d'étudier. C'est après cette expérience qu'il décidera de vivre avec peu, mais libre. Les passages sur le travail en blanchisserie sont saisissants. 

Dans une chambre de bonne, Martin écrit et envoie quelques textes aux journaux de l'époque avec l'espoir d'être publié. Mais il n'obtient que des refus. Ne voulant pas s'aliéner par le travail, il survit, emprunte de l'argent ici ou là, passe pour un fainéant alors qu'il étudie et écrit sans relâche. Il finit par réussir à publier pour une misère quelques articles, de quoi rembourser une partie de ses dettes et faire patienter ses créanciers.

La reconnaissance finira par arriver mais lui laissera un goût amer car il a trop souffert pour y arriver et n'a pas été soutenu par ses proches. La dépression le gagne alors qu'il accède à son rêve. La dernière partie est terrible.

Le destin de Martin Eden m'a fascinée. J'ai aimé le voir prendre du recul par rapport à la bourgeoisie et acquérir une conscience politique. J'ai admiré son acharnement à se cultiver, son intelligence hors norme et sa capacité de travail. Je ne m'attendais pas à ce que la vie de Martin Eden se finisse aussi tristement. Il méritait tellement mieux. Mais c'est une belle leçon de vie néanmoins : il faut croire en soi et en ses rêves...

L'interprétation du roman par l'excellent auteur Denis Podalydès est juste parfaite... 

L'avis de Sandrine - de Claire

Lu dans le cadre du Prix audiolib 2019

 

Challenge Écoutons un livre

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 23:35

Folio (Gallimard 2017) - 320 pages

L'autre c'est Thomas, l'ami de jeunesse de Catherine Cusset. Il a été son amant puis un ami proche. Ils se sont connus à la fin de l'adolescence, dans les années 90. Thomas était brillant, drôle. Il dégageait un charme fou. Pourtant sa vie n'a été qu'une succession d'échecs, de déceptions, de rêves brisés. Dans un récit intime, sans être impudique, Catherine Cusset nous offre un très beau portrait de Thomas. Elle lui rend hommage sans occulter les faiblesses et les failles qui l'ont conduit à sa fin tragique.

Entre la France et les Etats-Unis, où tous deux ont vécu, nous suivons Thomas dans son laborieux parcours universitaire (alors qu'il pouvait prétendre à tellement mieux). Sa vie amoureuse n'est guère plus satisfaisante. Il vit des passions amoureuses intenses mais qui ne se terminent jamais très bien. Il alterne des moments d'euphorie et d'abattement.

Ce livre est à la fois triste et très vivant, à l'image de cet homme qui aimait tant la vie mais ne parvenait pas à surmonter sa bi-polarité, découverte trop tard. J'ai fait le rapprochement avec l'ouvrage d'Olivia de Lamberterie "Avec toutes mes sympathies" où elle raconte son frère, victime lui aussi d'une maladie psychiatrique qui l'empêchait de vivre pleinement. Les deux récits ont toutefois une approche différente. Dans le livre de Catherine Cusset, le projecteur est entièrement braqué sur Thomas. Dans celui d'Olivia de Lamberterie, l'auteure est beaucoup plus présente, expliquant comment elle a vécu personnellement le drame, ce que fait assez peu Catherine Cusset.

Quand l'ouvrage d'Olivia de Lamberterie nous conduits pour partie à Montréal, celui de Catherine Cusset nous plonge en plein cœur de la vie universitaire américaine. Nous découvrons de prestigieuses universités mais aussi de plus modestes, situées dans de petites villes à la mentalité plus étriquée. Cet aspect du roman m'a beaucoup intéressée également.

Je suis heureuse d'avoir renoué avec Catherine Cusset et je me réjouis d'avoir d'autres livres de l'auteure dans ma PAL.

 

 

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25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 05:57

 

 Tome 1 (115 pages)

Tome 2 (111 pages)

Couverte du manteau, je restais immobile. J'entendais le vent souffler doucement dans les feuilles de bambous. La tranquillité et la paix était entre nous et autour de nous. Le temps s'arrêtait. 
Je voyais des boutons de camélias, bien tenus par les calices. C'étaient des camélias qui fleurissent en hiver. Dans la campagne près de Tokyo, quand il neigeait, je trouvais les fleurs dans le bois de bambous. Le blanc de la neige, le vert des feuilles de bambous et le rouge des camélias. C'était une beauté sereine et solitaire (Tsubaki).

"Tsubaki" et "Hamaguri" sont les deux premiers tomes de la pentalogie "Le poids des secrets". Chaque opus constitue une histoire à part entière mais les cinq histoires ont un lien entre elles.  Je n'ai lu pour l'instant que les deux premiers titres mais ils se répondent si bien qu'il m'a semblé évident de les présenter ensemble.

Dans le premier tome, le projecteur est braqué sur Yukito (une femme), dans le second tome sur Yukio (un homme). Ces deux personnages vont se côtoyer deux fois dans leur enfance et chaque fois vivre ensemble des moments d'une grande intensité. Le lien qui les unit est dévoilé au lecteur mais les deux personnages n'en prendront conscience qu'à la fin de leur vie. 

Sans trop en dire, je vous dirai simplement qu'il est question en toile de fond d'un secret de famille, dans un contexte bien spécifique qui est celui de la seconde guerre mondiale au Japon. Nous assistons notamment à l'explosion de la bombe atomique sur Nagasaki. Nous sommes immergés dans la culture nippone, ce qui donne à l'histoire une dimension supplémentaire.

Les deux ouvrages m'ont beaucoup plu et j'ai eu véritable coup de coeur pour le second. Connaissant déjà les personnages, je me suis glissée dans la deuxième histoire avec délice et curiosité. Pour faire durer le plaisir, je vais faire une pause avant de commencer le troisième tome mais il me tarde déjà de l'ouvrir. Si j'ai bien compris en lisant la quatrième de couverture, nous allons remonter dans le temps en compagnie d'un personnage secondaire (mais pas tant que cela) que l'on trouve dans les deux premiers opus.

Comment ai-je pu attendre si longtemps avant de découvrir Aki-Shimazaki ? Sa plume si délicate et poétique est une merveille !  Il faut aussi souligner la beauté esthétique de ces objets-livres et notamment des couvertures. 

Une très belle découverte !

Lu dans le cadre du mois Japonais organisé par Lou et Hilde

J'ai sorti le premier Opus de ma PAL (et acheté le second)

 

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31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 17:58

Le quartanier - 576 pages

Le narrateur est un jeune homme intelligent, bosseur et attachant mais il a un gros problème, une addiction aux machines à sous. Sa maladie détruit peu à peu sa vie et nous assistons, impuissants à son naufrage. Fort heureusement, il trouve sur son chemin des anges gardiens qui vont l'aider à sortir la tête de l'eau. Le jeune étudiant va pouvoir compter sur un cousin mais aussi sur un collègue du restaurant dans lequel il travaille, comme plongeur, pour tenter d'éponger ses dettes. Il a abandonné ses études de graphisme.

Les passages que j'ai préférés sont ceux qui se passent dans l'arrière-cuisine du restaurant. L'auteur nous décrit de façon spectaculaire "l'envers du décor", tout ce que l'on ne voit pas en tant que client.  Nous voilà dans la peau du plongeur à frotter, décrasser, ranger, aider à gauche et à droite sans répit.

"'Au bout de dix minutes de frottage et de décrassage, j'étais presque aussi trempé que si on m'avait enfermé dans un lave-auto en marche. Mes mains se ratatinaient déjà dans la gibelotte du dish pit, le bout de mes doigts était éraflé par la laine d'acier, mes bras s'enlisaient jusqu'aux coudes dans l'eau brune et graisseuse. La vapeur d'eau faisait coller sur mon visage les miettes de nourriture et les éclats d'aliments calcinés qui revolaient sous le jet du gun à plonge".

Le phénomène de l'addiction est également très bien illustré. L'auteur prend le temps de décortiquer le mécanisme de la maladie et nous montre pourquoi il n'est pas possible de s'en sortir sans aide.

L'histoire se passe à Montréal et les dialogues sont savoureux. Après un petit moment d'adaptation, je me suis habituée à l'argot québécois et je me suis régalée.  Voilà ce que cela peut donner :

- "Perds pas le beat, sinon t'es faite. Si ça rushe et que c'est pas assez propre, checke les savons pis le filtre."

- "Pas pire pantoute pour un premier shift."

-" Faut que tu clanches ça en moins de vingt minutes si tu veux pas que ta vaisselle s’accumule trop. "

Il n'est pas toujours facile de sortir de sa zone de confort, surtout quand l'ouvrage fait plus de 500 pages et que l'on manque de temps pour lire. Mais quel bonheur quand l'expérience est réussie, comme c'est le cas avec ce livre. S'embarquer dans ce roman, c'est partir pour une aventure hors du commun. Ce n'est pas le Montréal des cartes postales qui nous est décrit mais celui des quartiers qui craignent un peu la nuit, celui des étudiants qui zonent, des travailleurs de l'ombre. 

Un très bon premier roman !

Lu grâce au Picabo River Book Club

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 00:53

Dargaud - 2000 - Tome 1

Tous les personnages de cet album sont anthropomorphes mais tous ne rendent pas hommage à l'espèce humaine... Dès la première page, nous découvrons une scène de crime. Une jeune femme a été assassinée dans son lit. Blacksad (un détective privé à l'apparence de chat) est sur les lieux ainsi que le commissaire chargé de l'affaire. La jeune femme, une actrice de cinéma, est l'une de ses anciennes conquêtes.  Blacksad est prié de ne pas s'occuper de l'enquête mais, bien-entendu, il va s'empresser de faire le contraire en se jetant à corps perdu à la recherche du coupable. 

On ne sait pas quel est le passé du détective mais visiblement, il n'est plus l'homme qu'il était jadis :

Quand il s'agit de venger son ex et que l'enquête le mène dans les plus hautes sphères de la société, Blacksad est à son affaire. Il ne prive pas de rabattre le caquet de celui qui se croit tout permis sous prétexte qu'il a le pouvoir et l'argent. Et comme il finit par avoir la bénédiction du commissaire (qui ne peut pas agir par lui-même vu le contexte), le détective n'hésite pas à jouer les justiciers.

 

Cette BD, dont je vous présente aujourd'hui le premier tome, est une série culte que j'ai croisée plusieurs fois sur les blogs et que j'avais très envie de découvrir. Voilà chose faite et c'est vrai un coup de coeur. J'ai autant aimé le graphisme que le scénario, digne d'un bon polar. A peine terminé, j'ai relu l'ouvrage dans la foulée, m'arrêtant cette fois plus attentivement sur l'expression des visages (je n'ai pas envie de dire les gueules) mais aussi sur les décors, très soignés. L'histoire se passe dans une ville des Etat-Unis (New-York je suppose).

Sans nul doute, j'irai à la découverte les opus suivants. Il me tarde de retrouver le séduisant détective et ce chouette commissaire à la tête de chien. L'un comme l'autre possèdent ce qui fait la différence entre l'homme et l'animal, une conscience.

Un coup de coeur !

Lu grâce une opération organisée par Rakuten "La BD fait son festival"

Aujourd'hui c'est

La BD de la semaine, c'est chez Stephie

 

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