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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 00:01

Audiolib 2019 (Stock) - 6 h 32 - lu par l'auteure

J'aime beaucoup Olivia de Lamberterie. Nous avons des vies très différentes et des origines sociales qui le sont tout autant mais  sommes de la même génération et partageons la même passion, celle de la lecture et de tout ce qui gravite autour. J'ai passé les sept heures d'écoute avec l'impression d'être plongée dans ses pensées autant que dans les miennes, de partager sa vie tout en songeant à la mienne. 

Il s'agit du premier livre écrit par Olivia de Lamberterie, un livre qui n'aurait pas existé si son frère Alex ne s'était pas suicidé en octobre 2016, la plongeant dans un tel désarroi qu'elle a éprouvé le besoin de prendre la plume pour continuer à faire vivre Alex.

J'ai imaginé aisément ce frère qu'elle décrit si bien : un être drôle, plein de fantaisie, "flamboyant" mais gangrené par une mélancolie qui l'empêchait de vivre pleinement. Les médecins avaient fini par mettre un mot sur ce mal-être :  la "dysthymie" mais malheureusement trop tard pour qu'il soit possible le sauver. Après plusieurs tentatives de suicide, il est parvenu à ses fins en se jetant d'un pont à Montréal. 

L'auteure nous raconte la vie du temps de son frère et la vie d'après. Elle refuse de "faire son deuil", ne veut pas qu'on lui vole son chagrin. Elle veut garder son frère auprès d'elle grâce aux souvenirs et s'efforce de continuer à vivre avec optimisme et enthousiasme même si la vie n'a plus tout à fait la même saveur.

"Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire".

Le récit n'est pas linéaire et suit le fil de ses pensées. La construction est maîtrisée et le style soigné. La tristesse n'est pas omniprésente, loin de là. L'auteur distille des touches d'humour tout au long du texte et nous offre également de très belles réflexions sur la lecture.

"Lire répare les vivants et réveille les morts. Lire permet, non de fuir la réalité, comme beaucoup le pensent, mais d’y puiser une vérité.  L’essentiel pour moi est qu’un texte sonne juste, que je puisse y discerner une voix, une folie ; je n’aime pas les histoires pour les histoires, encore moins les gens qui s’en racontent".

Le texte est (très bien) lu par Olivia de Lamberterie. C'est un choix très judicieux de la part d'Audiolib car la chroniqueuse littéraire a une très agréable diction. Elle fait ressortir à la fois l'émotion et l'optimisme de son texte grâce à l'interprétation.

Un très beau texte, qui a obtenu le Prix Renaudot de l'essai 2018

LU DANS LE CADRE DU PRIX AUDIOLIB 2019
CHALLENGE "ECOUTONS UN LIVRE"

 

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 00:59

Juillet 2018 (Métaillé) - 4 h 43 - lu par Isabelle De Botton

Patience Hortefeux, la cinquantaine, est traductrice judiciaire français-arabe et mère de deux grandes filles.  Pas très bien payée, et de surcroît au noir, elle commence à s'inquiéter sérieusement pour sa future retraite. Surtout que ses économies fondent comme neige au soleil pour payer l'Ehpad de sa mère... Elle décide un jour de forcer le destin et d'utiliser à son profit les écoutes téléphoniques qu'elle compulse à longueur de journée. Elle devient, tenez-vous bien, trafiquante de drogue sous le pseudonyme de "La daronne".

Le personnage de Patience m'a beaucoup plu. Etant de la même génération qu'elle, je me suis retrouvée dans quelques unes de ses préoccupations (mais rassurez-vous, pas de risque que je me mette à dealer !). Patience n'est aucunement nombriliste mais considère à juste titre qu'elle a bien le droit de penser un peu à elle !

Que j'ai aimé cette écoute ! Une fois commencée, impossible de la lâcher sans me faire violence.  J'ai beaucoup souri et même éclaté de rire pendant ces quelques heures. Certaines situations sont particulièrement cocasses. Et Patience est si attachante !

J'ai fait quelques recherches sur l'auteure, me demandant comment l'idée de ce personnage lui était venue à l'esprit. J'ai découvert qu' Hannelore Cayre était avocate pénaliste. Elle est donc bien renseignée sur les rouages judiciaires. Dans une interview, elle explique que les traducteurs interprètes ont les informations avant tout le monde, ce qui lui a donné l'idée de ce scénario de roman.

Une adaptation cinématographique va voir le jour avec Isabelle Huppert dans le rôle de la Daronne. Espérons que le film soit aussi réussi que l'adaptation audio, jubilatoire. Isabelle De Botton est très convaincante dans son interprétation de la daronne. Je ne suis pas certaine que j'aurais attribué un coup de coeur à la version papier.

Polar, fresque sociale, roman humoristique, cet ouvrage réunit tous les genres avec brio !

 

 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2019

 

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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 00:15

 

Stéphane Marsan - octobre 2018 - 394 pages - traduit de l'anglais (USA) par Florence Moreau

Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de Forough Farrokhzad. En ce qui me concerne, je ne connaissais rien de cette poétesse iranienne avant de dévorer "l'oiseau captif" de Jasmin Darznic.

Forough Farrokhzad.

Forrougn Farrokhazad est née en 1934 à Téhéran dans une famille où l'on ne plaisante pas avec la discipline.  Pour s'évader, elle écrit des poèmes et se cultive en cachette de son père. A seize ans, elle est contrainte de se marier après avoir flirté avec un jeune homme. Son mariage est un désastre. La jeune femme est trop avide de liberté pour se laisser enfermer dans une vie familiale classique. Pour gagner sa liberté, elle quitte son mari et doit laisser derrière elle son enfant. Ses poèmes, très osés pour l'époque, lui valent des tas d'ennuis dont un séjour musclé dans un hôpital psychiatrique. Grâce à sa détermination, elle parviendra toutefois à atteindre l'accomplissement personnel auquel elle aspire. Dans un pays où les femmes sont écrasées par le poids de la religion, Fourough va écrire, réaliser des documentaires... sans jamais plier sous la menace.

J'ai accueilli cette biographie romancée avec beaucoup d'enthousiasme. La lecture est fluide et bien rythmée. Jasmin Darznic s'est glissée dans la peau de la poétesse. Son style est tout à fait en phase avec la poésie de Forrough Farrokhazad, que nous découvrons au travers d'extraits, tout au long du roman.

Un aperçu du style de l'auteure :

-Dieu est partout, me dit un jour ma mère alors que je n’étais encore qu’une fillette.
Plissant des yeux , elle me cloua du regard et ajouta:
-Il est partout, il voit tout ce que tu fais.
Bien qu’elle ne fût pas voilée, sa vie serait toujours un tapis de prière devant l’autel de la peur.

Un aperçu de la poésie de Forrough Farrokhazad :

"Je suis l'oiseau, cet oiseau qui depuis longtemps 
Songe à prendre son envol
Mon chant s'est fait plainte dans ma poitrine serrée 
Et dans les désirs, ma vie a reflué

Viens, ouvre la porte, que je m'envole
Vers le ciel limpide du poème
Si tu me laisses m'envoler
Je me ferai rose à la roseraie du poème

Mais ô homme, homme égoïste
Ne dis pas c'est une honte, que mon poème est honteux 
Pour ceux dont le cœur est enfiévré, le sais-tu, 
L'espace de cette cage est étroite, si étroite ?"

 

Je me suis passionnée pour ce destin hors norme, impressionnée par la modernité et le courage de cette femme. En arrière-plan, le contexte historique joue bien-entendu un rôle important.  Le hasard (ou pas ?) fait que l'Iran revient régulièrement dans mes lectures en ce moment. Mes précédentes lectures couvraient la période allant de 1960 à nos jours alors que celui-ci commence en 1935 pour finir en 1960. Mes différentes lectures se complètent donc.

Un très beau roman et mon premier coup de cœur de l'année

14 ème roman (2% atteint)

 

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 00:59

Audiolib (Gallmeister) 2018 - 12 h 52 - lu par Marie Bouvet
Traduit parLaura Derajinski

"Turtle, ton père est un immense, un titanesque, un colossal enfoiré, un des pires qui aient jamais vogué sur les mers verveine de citron, un enfoiré de première dont les profondeurs et l'ampleur de l'enfoiritude dépassent l'entendement et défient l'imagination".

Son prénom est Julia mais on la surnomme Turtle ou croquette. Elle vit avec son père dans une maison qui fut belle mais qui peu à peu se dégrade par manque d'entretien. Le père de Turtle, Martin, possède une personnalité trouble et toxique. Se montant tour à tour gentil et cruel envers sa fille, il la déstabilise constamment en soufflant le froid et le chaud.  La pauvre croquette voue pourtant à son père une admiration sans borne, du moins jusqu'à ce qu'elle sympathise avec un garçon qu'elle rencontre par hasard en forêt. Elle va tenter de s'émanciper mais il lui faudra au préalable parcourir un chemin incroyablement difficile.

"Va-t'en, Turtle. Eloigne-toi simplement de lui, et s'il te suit et s'il refuse de te laisser partir, tue-le. Il t'a tout donné et tu n'as qu'une chose à faire : partir."

Ce livre avait tout pour me déplaire et pourtant c'est un coup de coeur ! Voilà bien longtemps qu'un livre ne m'avait pas tenu en haleine jusque tard dans la nuit. Il comporte des scènes d'inceste et de violence à la fois psychologique et physique. Si je n'ai pas déclaré forfait (je suis une chochotte, je l'avoue) c'est parce qu'aucune violence n'est gratuite dans ce livre. 

L'auteur s'attache à démontrer les mécanismes de l'emprise d'un père sur sa fille et les ravages que peut produire un tel amour, absolu mais contre nature et destructeur. L'étude psychologique des personnages est remarquable. La jeune Turtle est aussi admirable que qu'attachante.  On reste à ses côtés pendant toute l'histoire, ébahis par la force qui se dégage de cette petite bonne femme. 

Je sais que plusieurs lecteurs ont été rebutés par le vocabulaire plutôt fleuri de Turtle mais je n'ai pas été gênée. Cela fait partie du personnage !

C'est une lecture incroyable que je vous conseille vivement (âmes très sensibles, s'abstenir)

 

La lectrice a été parfaitement bien choisie pour l'interprétation audio. La voix de Turtle est maintenant pour moi celle de la lectrice. Vous pouvez écouter un extrait (ici)

 

Gambadou n'a pas aimé - Kathel et Autist Reading, à l'inverse, sont très enthousiastes (et leurs chroniques approfondies)

Écoutons un livre

 

Le blogoclub propose de mettre à l'honneur, aujourd’hui, un livre que l'on a récemment aimé.  

 

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10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 23:52

Audiolib 2018 - 6 h 50 - lu par Emmanuel Dekoninck

"Il dit : « Il faut faire ce que la vie t’a appris à faire. Si t’es très jeune, à la rigueur, tu peux peut-être encore changer de route. Mais à un moment donné, il faut s’arrêter et se dire : bon, ça je suis capable de le faire, ça pas. Et je me suis demandé : de quoi je suis capable, moi ? Moi, je sais vivre en montagne. Qu’on me mette là-haut tout seul, et tu verras que je m’en sors. C’est pas rien quand même, non ? Eh bien il m’a fallu attendre quarante ans avant de comprendre que ça n’était pas donné à tout le monde."

Un été, les parents de Pietro, tous deux amoureux de la région du Val d'Aoste, achètent une bicoque à Grana, petit village déserté de cette région montagneuse d'Italie. Nous sommes dans les années 80. Pietro, enfant des villes, fait la connaissance de Bruno, un enfant un peu sauvage que les parents de Pietro tenteront d'aider. Ensemble, les deux enfants explorent la région. Ils s'entendent à merveille.

Passé l'adolescence, leurs chemins se séparent. Pietro ne veut plus venir à Grana, les relations avec son père se sont dégradées. Par rébellion, il tourne le dos à la montagne. Pour son camarade, l'heure est venue de rentrer dans la vie active. Il devient maçon, comme son père. L'été, il continue à voir les parents de Pietro. 

Vingt ans plus tard, suite au décès du père de Pietro, les deux ex-amis, devenus adultes, se retrouvent grâce à un héritage qui va bouleverser leur vie. Leur histoire d'amitié reprend, plus forte que jamais. La montagne, que Bruno n'a jamais quittée, ouvre ses bras à Pietro, qui en tombe amoureux une deuxième fois.

Cette histoire d'amitié, d'une fraîcheur et d'une profondeur bouleversante m'a transportée du début jusqu'à la fin. Paolo Cognetti est un conteur hors pair et certainement un passionné de montagne pour la décrire aussi bien. Je suis une fille de la mer mais j'aime retrouver dans un livre le dépaysement que me procure un paysage de montagne. J'ai donc été particulièrement gâtée par ce magnifique roman d'apprentissage mais aussi de filiation. Je ne vous en dirai pas davantage pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte mais faites-moi confiance, lisez-le si ce n'est déjà fait.

J'aurais tout autant aimé ce livre en version papier mais qu'il soit conté par d'Emmanuel Dekoninck, un excellent lecteur, a été la cerise sur le gâteau.

Un vrai coup de coeur !

 

Les avis de : Eva - Fleur

Sur la version audio : Enna

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 23:09

Delcourt - sept 2018 - 334 pages - traduit de l'anglais (Etats Unis) par Christine Barbaste

Le roman commence en Suède, dans une famille de fermiers misérables dont la terre appartient à un riche propriétaire. Quand l'occasion se présente de faire sortir ses fils de leur triste condition, leur père n'hésite pas un instant. C'est ainsi qu'Hakan et Linus prennent la route avec pour but rejoindre les Etats Unis, plus précisément New York. Le destin les séparera à Porthmouth. Hakan embarquera par erreur sur un bateau en partance pour la Californie, laissant derrière lui son frère aîné.

Arrivé à San Francisco, Hakan se donne comme objectif de traverser les Etats Unis pour rejoindre New York où il espère retrouver Linus : "L'aube n'était qu'une intuition, une certitude encore invisible, mais Hakan s'élança vers elle à toute jambes, le regard rivé sur ce lointain qui ne tarderait pas à rougeoyer et lui montrer la direction menant à son frère".  

Le jeune homme commence, un peu par hasard, par suivre une famille de pionniers venus chercher fortune à l'Ouest, appâtés comme tant d'autres par la perspective de trouver de l'or. Il cheminera à leurs côtés quelques temps puis se trouvera embarqué dans une autre galère... Je ne vais pas vous dérouler l'intégralité des aventures d'Hakan mais sachez qu'il rencontrera successivement toutes sortes de personnages truculents et hors du commun. Ces rencontres, tantôt bénéfiques, tantôt néfastes, influenceront le déroulement de son existence.

Sur la route des pionniers (sur laquelle il avance à contre sens), dans le désert ou au milieu des canyons, le voyage d'Hakan est parsemé d’embûches. J'ai partagé ses joies et ses peines, ses réussites et ses échecs. Je l'ai vu évoluer au fil du temps. Sa vie intérieure a gagné en profondeur, sa conscience s'est affinée. C'est un personnage profondément attachant, que j'ai quitté à regret au terme d'un très beau voyage. Je ne l'oublierai pas de sitôt...

Un coup de cœur pour ce premier roman riche et captivant.

Un grand merci à Léa et à son Picabo River Book Club et aux Editions Delcourt pour ce partenariat

PARTICIPATION AU "MOIS AMERICAIN, CHEZ TITINE
CHALLENGE 1 % DE LA RENTREE LITTERAIRE : 5/6
CHALLENGE 50 ROMANS - 50 ETATS (washington pour ce roman)

 

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 20:31

Grasset  mai 2018 - 226 pages

"Ça doit ressembler à ça la guerre. Un escadron qui débarque chez vous, qui occupe les lieux et installe dans votre maison un poste de commandement, qui vous dépossède et vous asservit en moins de temps qu'il faut pour le dire."

Gustavo, directeur financier, voit sa vie basculer du jour au lendemain, par la faute d'un policier trop pressé de voir justice rendue. Un matin, la police débarque chez lui, manu-militari, faisant fi de la présence de sa femme et de ses enfants. Les circonstances jouent contre ce père de famille, considéré comme le coupable d'un meurtre et d'une tentative d'enlèvement.

La maison est fouillée pendant que les enfants sont quasi "séquestrés" par un agent de police, qui les interroge au saut du lit. La mère de famille est interrogée également. Gustavo quant à lui, est embarqué pour une garde à vue éprouvante. Son employeur est prévenu et les policiers vont jusqu'à obliger le directeur financier à assister, en tenue négligée, à la fouille de son bureau, devant ses collègues ébahis. 

Pendant ce temps, à la maison, les enfants et l'épouse de Gustavo assistent, impuissants, au déchaînement médiatique que suscite l'affaire. Du journal télévisé à Facebook, chacun se sent obligé de mettre son grain de sel. En écrivant ce billet, je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec plusieurs affaires qui ont défrayé la chronique avant que justice ne soit rendue. Qu'ils soient coupables ou innocents, les suspects ont une famille, des enfants. La présomption d'innocence est très souvent bafouée, avec la complaisance (et le renfort) de l'opinion publique et des médias. Vous l'avez compris, c'est quelque chose qui me met en colère.

Gustavo, c'est moi, c'est vous. Tout le monde peut jouer de malchance et faire l'objet d'une banale erreur de personne. L'histoire qui nous est contée ici relève de la fiction mais elle fait froid dans le dos tant elle est plausible : la violence de la garde à vue, l'aveuglement du policier et surtout l'acharnement des médias de et l'opinion publique. Comment ne pas craquer quand on se trouve dans  la situation de Gustavo ? Comment ne pas risquer d'avouer n'importe quoi pour avoir enfin la paix ?

Je découvre avec ce livre l'écriture directe et sans concession de Menegaux. "Est-ce ainsi que les hommes jugent" est un roman qui ne peut que remuer et secouer les citoyens que nous sommes. Je suis conquise tant par le choix du sujet que par façon de le traiter. 

A lire de toute urgence !

Merci aux éditions Grasset.

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 20:56

Audiolib 2018 (Grasset 2017) - 13 H 11 - lu par l'auteure

Avant d'entendre parler de ce livre de Véronique Olmi, je ne connaissais pas l'histoire (vraie) de Bakhita, ancienne esclave devenue sainte. Je ne sais pas si j'aurais passé le pas de découvrir ce roman, s'il ne s'était pas trouvé dans la sélection du Prix Audiolib 2018. Après avoir déjà lu, en 2017, un livre évoquant l'esclavagisme, je n'aurais pas pris l'initiative de me remettre aussi rapidement dans un sujet si éprouvant. Je peux toutefois dire d'emblée que ce livre a été une très belle découverte. 

En quelques mots, voici l'histoire de cette femme au destin exceptionnel : Bakhita naît au Darfour en 1869. A sept ans, elle est arrachée à son village par des négriers. Elle est vendue et revendue sur des marchés aux esclaves avant de se trouver la propriété d'un général turque qui lui fait subir les pires traitements que l'on puisse imaginer. Son calvaire prend fin quand, à quatorze ans, elle est rachetée par le consul l'Italie. Elle passe alors du statut d'esclave à celui de servante. Son destin la conduira ensuite dans un couvent. Elle choisira d'y rester et de consacrer sa vie à dieu. On ne peut pas dire qu'il s'agisse réellement d'un choix car on l'a poussée au catholicisme. Il faut dire que ses choix de vie étaient restreints. Dans l'Italie de l'époque, une femme noire n'avait d'autre solution que celle d'être servante. Elle a préféré la sécurité du couvent.

On peut regretter que Bakhita n'ait jamais été complètement libre. Au couvent, elle ne disposait pas complètement de sa vie, obéissant aux lois assez strictes de l'institution. Plus tard, on lui a fait raconter sa vie pour en faire un ouvrage de propagande. Elle a même dû en faire la promotion alors qu'elle aurait préféré rester dans l'ombre. Bakhita quittera pourtant ce monde apaisée grâce au travail de résilience de toute une vie.

Véronique Olmi parvient à redonner vie à Bakhita, à reconstituer son parcours et son cheminement intérieur. Comment a t'elle fait pour passer du statut d’esclave à celui de religieuse, à garder l'espoir d'une vie meilleure quand elle était réduite à moins que rien et martyrisée ? Véronique Olmi parvient à se mettre dans la peau de Bakhita, à imaginer ce qu'elle a pu vivre et ressentir. Le texte est merveilleusement bien écrit.

J'ai eu un peu de mal à m'habituer à l'interprétation de l'auteure mais je trouve au final que la lecture est en parfaite harmonie avec la beauté du texte. Je suis en désaccord sur ce point avec plusieurs membres de jury de blogueurs qui n'ont pas aimé l'interprétation.

Un très beau roman, que je peux classer dans mes coups de coeur.

 

Les billets de Enna - Meuraie

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2018

 

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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 07:01

Audiolib 2018 (Albin Michel) - 14 h 10 - lu par l'auteur

Une fois n'est pas coutume, je vais commencer mon billet par quelques mots de la version audio. Quel bonheur de retrouver l'interprétation de Pierre Lemaitre que j'avais adorée dans "Au revoir là-haut" ! Plus que l'histoire et les personnages, c'est cette voix qui a été pour moi le lien entre les deux histoires. Le conteur réussit cette fois encore à faire ressortir l'ironie et l'humour qu'il met dans ses dialogues. J'aime beaucoup également la façon qu'il a de marquer la ponctuation, notamment les virgules. 

Si vous n'avez pas lu "Au revoir la-haut" (vous avez raté une pépite), vous pouvez sans problème commencer par "Couleurs de l'incendie", qui n'est pas à proprement parler une suite du premier. Les deux histoires peuvent tout à fait se lire indépendamment. On retrouve quelques personnages du premier volet mais pas les principaux. L'auteur a pris le parti de mettre la lumière, dans ce deuxième opus, sur Madeleine Péricourt et sur son fils Paul, qui  occupaient des seconds rôles dans "Au revoir là-haut". On les suit jusqu'aux prémices de la seconde guerre mondiale. 

Le livre s'ouvre sur une scène qui traumatisera à jamais les personnes présentes à l'enterrement de Marcel Péricourt, le grand-père de Paul. En raison de ce qui va se produire, Madeleine choisira de se consacrer désormais à temps plein à son fils, laissant sa fortune personnelle aux mains du directeur de la banque paternelle. Une grave erreur dont elle se mordra les doigts car elle se fera littéralement rouler dans la farine par des personnes dont elle avait toute confiance. Dans la seconde partie, l'heure est venue pour Madeleine de concocter une revanche dont vous n'imaginez même pas la férocité. La douce Madeleine va mettre une énergie sidérante à se venger, partant du principe que la fin justifie sans état d'âme les moyens.

Ce texte se lit avant tout comme un roman d'aventures. L'auteur nous explique, dans l'entretien accordé à Audiolib (et qui nous est proposé à la fin du livre audio), qu'il s'est beaucoup inspiré d'Alexandre Dumas. Il cite aussi d'autres auteurs parmi lesquels Maupassant, Zola, Flaubert... Pierre Lemaitre nous informe qu'il travaille en ce moment sur un troisième roman. Je caresse l'espoir qu'il n'en reste pas à trois (je pense à Zola avec "Les Rougon-Macquart"...) J'adorerais !

Parmi les personnages, l'un d'entre eux m'a fait beaucoup rire. Il s'agit de la bonne polonaise. Cette femme, d'un dévouement à toute épreuve envers Madeleine et Paul, ne parle pas un mot de français. Dans la version audio, Pierre Lemaitre a eu la bonne idée de demander à une lectrice d'interpréter sa voix. Les phrases en polonais, qui arrivent comme un cheveu sur la soupe, sont irrésistibles. 

Si certains passages sont tragiques, il se dégage de ce livre une bonne humeur communicative. Dans certaines scènes, nous ne sommes pas loin du vaudeville. Tout en étant un roman populaire, "Couleurs de l'incendie" est un roman bien écrit, original et intéressant d'un point de vue historique. Il évoque le monde de l'argent dans une période tourmentée (aux alentours de 1929) mais également l'univers de la presse à la veille de la seconde guerre mondiale.

Bref, vous l'avez compris, je suis conquise. Je peux même dire que j'ai a-do-ré !

Valérie le présente également aujourd'hui. Mon petit doigt me dit qu'elle a autant aimé que moi sa lecture.

Un grand merci à Audiolib

 

Lu dans le cadre de Écoutons un livre.

 

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 00:50

Babel (Actes Sud) - 416 pages - traduit de l'anglais (américain) par C. TRALCI, P. ARONSON, E ARONSON

Voilà un bon bout de temps que je voulais livre cet ouvrage qui se trouve dans ma pile à lire depuis plus d'un an. Quand Enna a lancé son challenge "African American History Month", je me suis dit que ce serait le moment idéal de découvrir cette histoire. J'ai bien fait car j'ai adoré les personnages tout autant que l'ambiance de ce roman.

Si comme moi, le nom des Suprêmes ne vous dit rien, voici un petit extrait qui devrait vous rafraîchir la mémoire.

Les suprêmes dont il est question dans ce livre ne sont pas ces chanteuses des années 60 mais trois copines qui ont hérité de ce surnom à la même époque car elles étaient inséparables. C'est encore ainsi qu'on les surnomme dans la petite ville de l'Indiana qu'elles n'ont jamais quittée. Ces quinqua ont eu des chemins de vie différents mais n'ont jamais perdu l'habitude, chaque dimanche, de se retrouver avec leurs maris dans un petit restaurant haut en couleur de la ville.

Nous suivons tout particulièrement Odette, qui découvre au début de l'histoire qu'elle est atteinte d'un cancer. Ne fuyez pas, ce livre n'a rien de triste. Odette a un bon moral et un sens de l'humour qui la sauve de toutes les situations. Elle a par ailleurs un don particulier, celui de pouvoir converser avec des fantômes (dont sa mère). Les discussions avec ces joyeux morts sont particulièrement cocasses. L'univers d'Odette est chaleureux et plein de fantaisie. Ses copines quinquas, bien que traversant elles-aussi des moments difficiles, vont l'épauler (quand ce n'est pas l'inverse).

"Suprêmes" est un roman rafraîchissant sans être mièvre. En toile de fond, un sujet plus sérieux. Il est question de la ségrégation raciale qui a marqué la ville et laissé quelques empreintes.

Un roman anti-morosité que je vous conseille absolument. 

Lu dans le cadre du challenge de Enna

C'est également une bonne pioche de ma PAL (challenge chez Antigone)

L'histoire se passe dans l'état de l'Indiana

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