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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 00:46

(montage emprunté à Mamzellemélo) : Merci !

Editions futuropolis - 2 tomes (160 pages au total)

Après avoir vu le film adapté de la BD éponyme de Davodeau (j'en parle ici), j'ai lu les deux tomes du roman graphique cet été, un dimanche, sur une chaise longue. Pour ne pas me répéter, je vais vous résumer l'histoire en deux lignes : Lulu, mère au foyer d'une bonne quarantaine d'années, vient de passer un entretien d'embauche absolument déplorable dont elle est sortie découragée. Devant la réaction méprisante de son mari, qu'elle a joint au téléphone en sortant de l'entretien, elle décide de ne pas rentrer tout de suite au foyer et de s'octroyer une nuit à l'hôtel. Mais voilà, Lulu prend goût à la liberté et se dit que quelques jours loin des siens, au bord de la mer, ne lui feraient pas de mal...

J'ai retrouvé Lulu avec grand plaisir. Assez différente du film physiquement, elle n'a pas, sous le crayon de Davodeau, le physique avantageux de Karine Viard. En dehors de cet aspect extérieur, c'est la même. Le film est fidèle à l'esprit de la BD. Bien que connaissant déjà l'histoire, je ne me suis pas ennuyée du tout, cherchant les similitudes avec le film, et ses différences. Quelques semaines avoir lu la BD, je ne pourrai pas vous dire précisément qu'elles sont ces différences. Entre temps, le film et la BD se sont mélangés dans ma petite tête, n'en faisant qu'un. Je me suis davantage attardée, peut-être, sur les personnages secondaires, dans la BD : l'ami de la famille qui part à la recherche de Lulu et la fille aînée de Lulu, notamment.

Une petite idée du dessin :

Les dessins sont assez réalistes, pas forcément flatteurs pour les personnages mais une certaine douceur se dégage grâce aux couleurs : de l'ocre et du bleu, principalement. 

Je garderai de Lulu, le souvenir d'une femme au foyer qui réalise qu'elle a une vie qui lui est propre et que passer sa vie au service des autres n'en est peut-être pas une, de vie (surtout avec un mari aussi peu reconnaissant ! ).  

Une petite leçon de vie à l'attention de toutes les Lulu. J'ai adoré !

L'avis de Itzamna -  Enna - Sophie - Jérôme - Noukette

Pour découvrir les autres participants de la BD du mercredi, rendez-vous chez Mango !

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 23:22

 

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   Lu par Raphaèle Moussafir -Lire dans le noir - 1 heures 45

Toute une palette d'émotions se joue dans ce court texte centré sur les visites de Rachel, garçon manqué d'une petite dizaine d'années, chez sa "psy", Madame Trébla. Au début des entretiens avec Madame Trébla, Rachel est un peu sur ses gardes mais peu à peu elle se lâche et se met à lui raconter sa vie : les déboires avec les copines, la mère surprotectrice, les relations houleuses avec l'institutrice, le père juif rescapé des camps... Tout y passe et Rachel arrive à nous faire rire même quand, parfois, on devrait plutôt grincer des dents. Pour ce qui connaissent "Le petit Nicolas" (tout le monde, je suppose), on est dans le même registre, en plus grave sur la fin. 

Avant d'être un roman, "Du vent dans mes mollets" était un spectacle. Le passage à la lecture audio s'imposait et il est vraiment très réussi. Pour vous dire, je l'ai écouté trois fois (et je serais bien capable de l'écouter une quatrième). Raphael Moussafir donne vie aux différents personnages en changeant de voix. Certaines interprétations sont à mourir de rire (celle de l'institutrice par exemple). J'ai beaucoup aimé aussi la blague téléphonique à cette malchanceuse Madame Courtecuisse (ceux qui connaissent le texte me comprendront).

Un film a été tiré du roman. J'ai visionné la bande annonce et j'ai été très déçue par la voix de Rachèle, très différente de celle du livre Audio. Quant à la petite fille qui joue dans le film, elle ne correspond en rien non plus à la Rachèle que je me suis imaginée. Je ferai donc l'impasse sur le film.

Raphaëlle Moussafir lit Du vent dans mes mollets au Salon du livre le mardi 17 mars (photo : Micka PERIER).Un régal, ce livre audio !

Merci Eva pour le prêt !

L'avis de Sandrine - Eva

 

Le 16 du mois, c'est le rendez-vous de "écoutons un livre" chez Valérie. Un thème est proposé, que l'on peut suivre (ou non). Ce mois-ci, c'était "écoutons un classique". J'ai tout faux mais j'essayerai de faire mieux la prochaine fois. Il s'agira d'écouter un livre raconté à la première personne.

free-road-trip-games-audio-book


 

 

 

 

 

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 23:27

Thélème - 2014 6 h 10 (Actes Sud 2013)

“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, des femmes ont mis au monde des enfants, au camp de concentration de Ravensbrück, en 1944. La plupart de ces bébés mouraient avant l'âge de trois mois, en dépit des efforts de leur mère pour les maintenir en vie. Valentine Goby a rencontré deux de ces enfants, des miraculés, ainsi qu'une mère de Ravensbrück. Elle a pu échanger également avec celle qui fut la puéricultrice de la Kinderzimmer (qui veut dire : la chambre des enfants, en allemand). Grâce à ces témoignages et à son formidable talent de conteuse, Valentine Goby a écrit ce beau roman à la fois terrible et lumineux : "Kinderzimmer".

Au tout début de l'histoire, nous faisons la connaissance d'une jeune femme, Mila, déportée politique. Elle est enceinte mais refoule l'idée inconcevable de mettre un enfant au monde dans ce lieu. Au fur et à mesure que la grossesse avance, il lui faut faire face à cette réalité : la "chose" qu'elle a en elle devra sortir un jour. Mila commence donc à chercher, sans succès, des femmes enceintes ou des bébés dans le camp. Elle s'accroche à la vie, tant bien que mal, encouragée par quelques femmes dont elle est proche. Des femmes qui la soutiendront jusqu'au bout de l'aventure. Car l'enfant naîtra... 

Je ne vous en dirai pas plus sur ce qu'il adviendra de Mila et de son enfant mais sachez que dans l'horreur des camps de concentration il y a eu quelques parenthèses d'humanité. Que des femmes se sont mobilisées pour perpétrer la vie, même si cette vie ne devait durer que trois mois. En menant ce combat elles résistaient à leur façon à la barbarie nazie.

Si ce n'est déjà fait, lisez-ce livre (ou écoutez-le), vous ne le regretterez pas.

La version audio est lue par la voix douce et jeune de Pauline Huruguen. Je l'ai écoutée par courtes séances car c'est tellement fort que j'avais besoin de faire des pauses régulièrement.

Je vous laisse avec Valentine Goby qui apporte des éclaircissements sur la genèse de son livre.

      Ce livre dans le cadre du challenge "Les anciens sont de sortie", chez Stephie 

les anciens sont de sortie 1/ ?

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 23:43

10-18 (Philippe Rey 2011) - traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pascal Haas - 501 pages

maynard.JPGLa carrière officielle d'écrivain de Joyce Maynard commence en 1972. Elle a 18 ans et vient d'écire un article dans le New York Times, suscitant l'admiration des lecteurs du journal, notamment celle de J.D. Sallinger avec lequel s'instaure une relation épistolaire. Quand ils se rencontrent "pour de vrai", Joyce est séduite par cet homme charismatique, plus âgé qu'elle de 35 ans. Laissant ses études en plan, elle s'installe avec lui. Un an plus tard, l'écrivain la met dehors brutalement, la laissant anéantie... Vingt-cinq ans plus tard, alors que sa propre fille a dix-huit ans, Joyce Maynard éprouve le besoin de revenir sur cette période marquante de sa vie. Dans ce long récit de 500 pages, elle tente de comprendre comment et pourquoi elle est tombée amoureuse de cet homme. Puis, elle revient sur "l'après Sallinger".

Les personnages principaux des romans de Joyce Maynard sont des adolescents ou de jeunes adultes. La romancière est fascinée par cet âge de la vie. Dans ses romans, les personnages reviennent souvent en arrière pour comprendre leur parcours de vie. C'est le cas dans "Et devant moi le monde". Joyce Maynard évoque une mère envahissante et impudique, un père alcoolique. Des parents peu protecteurs mais aimants, qui la stimulent intellectuellement et l'incitent à écrire. Fragile et peu sûre d'elle, Joyce aurait besoin d'être valorisée et encouragée et c'est tout l'inverse qui se produit  quand elle vit avec Sallinger. Après la rupture, une longue reconstruction l'attend, avant de devenir la femme épanouie qu'elle est aujourd'hui.

On peut reprocher à Joyce Maynard de dévoiler une histoire d'ordre privée. Elle écorne l'image de Sallinger, ne cache pas les défauts de ses parents et ne présente pas son ex-mari sous le meilleur angle. Toutefois, je ne suis pas choquée par ces révélations parce qu'elles interviennent longtemps après les faits et qu'elles n'ont pas de caractère revanchard. Joyce Maynard a pris le temps de la réflexion, offrant à ses lecteurs une analyse construite et dépassionnée. L'écrivaine a longtemps été présentée comme la porte-parole de sa génération sur un malentendu. Elle s'est servie d'une partie de sa vie pour écrire des chroniques dans les journaux, passant sous silence les moments difficiles, les erreurs, les égarements, les traumatismes. En révèlant la vérité, elle cesse d'être une icône et permet aux femmes de se reconnaitre en elle, de réfléchir à leur propre parcours de vie. 

J'aime vraiment de plus en cette auteure...

Lu pour la session du 1er septembre du blogoclub, dont le thème est une lecture libre de l'auteur Joyce Maynard. Voici les titres lus par les blogoparticipants :

Les filles de l'ouragan : Izamna - Hélène - Claudialucia - Gambadou

Long week-end : Mimi Pinson - Claire-Jeanne - Denis - Juliette - Titine - Anne - Amandine

Une adolescence américaine : Kathel

L'homme de la montagne : Valérie - Itzamna

Baby Love - Titou

 

Le 1er décembre, le thème du blogoclub sera "l'amour maternel"

 

Aujourd'hui, c'est aussi le premier jour du mois américain, chez Titine...

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 15:32

      

     Mai 2014 - Mercure de France -153 pages

Le narrateur vit depuis sa plus tendre enfance dans la presqu'île de Quiberon. Il nous raconte le cheminement de sa relation avec Marion, qu'il croisait enfant sur la presqu'île et qui plus tard deviendra sa femme. A l'adolescence, c'est de la mère de Marion qu'il était amoureux, la grande Gaëlle à la beauté atypique, mi-vietnamienne mi bretonne. Il l'observait nager ou jouer au tennis. Le narrateur ne s'intéressera à Marion que plus tard, il est alors étudiant à l'école navale. Aussi belle que sa mère, aussi grande, Marion nage superbement. Mystérieuse, silencieuse, elle l'attire irrésistiblement. Ils décident de vivre ensemble, puis de se marier. Un enfant naîtra, une petite Louise. Mais peu à peu leurs passions respectives les éloignent loin de l'autre. Le narrateur passe de plus en plus de temps à peindre, passion qu'il conjugue avec celle de la mer. Marion pratique la natation intensément, puis se met à la plongée sous-marine.  

Ce roman fort bien écrit offre une réflexion sur l'art, sur l'amour, sur les passions dévorantes qui font le sel de la vie mais parfois isolent, inexorablement. Les descriptions de la mer dans tous ses états sont magnifiques, tout comme le portrait de la belle et mystérieuse Marion, dont la beauté sauvage est mise en valeur par la plume élégante et raffinée d'Olivier Frébourg. Si comme moi vous aimez la mer, la peinture et la Bretagne, ce livre devrait vous séduire. Il m'a enchantée, c'est un joli coup de coeur !

Vous aimez cette couverture ? Elle est représentative de ce très beau roman.

Quelques extraits, qui donnent le ton :

"Elle entra dans la mer. Sans lunettes ni bonnet de bain. Dans son élément. Elle était une charpente ouvrant l'eau. Elle s'immergea jusqu'au cou pour mettre son corps à température avant de tracer en crawl une longue ligne droite. Je sus alors que j'allais épouser cette femme, qu'il me faudrait la peindre. Peindre le silence".

"En mer nous avons l'infini devant nous et nos cartes de navigation nous servent de cadre. Dans la peinture nous avons un cadre dans lequel nous devons trouver l'infini". 

"Nous étions comme deux violons l'un à côté de l'autre, composant apparemment la même musique, réunis dans un concerto unique. Et à y regarder de plus près, les sons, les mouvements n'étaient pas identiques, et même contraires car il fallait se répondre."

L'avis de  Nicole (aussi enthousiaste que moi)

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 23:02

Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre, lu par

      Audiolib 2014 - 16 h 56

La guerre de 14 tire à sa fin mais tout peut encore arriver et ce n'est pas Albert Maillard et Edouard Péricourt qui soutiendront le contraire. Les deux ont failli mourir sur le champ de bataille en novembre 1918. Le premier s'en sortira sans séquelles, sinon psychologiques, alors que le second fera partie des "gueules cassées". Ces deux-là, d'origines sociales différentes, ne seraient jamais côtoyés sans la guerre. Les circonstances vont faire qu'Edouard sauvera la vie d'Albert qui, se sachant redevable à son nouvel ami, lui apportera à son tour un précieux soutien.

On les retrouve après la guerre, partageant le même logement, Albert travaillant pour deux. Edouard se fait désormais appeler Eugène. Il ne veut plus voir sa famille et notamment son père, un homme froid qui n'a jamais accepté sa fantaisie. Le brave Albert tente de distraire son ami sans visage. Ce dernier, souffrant le martyre, physiquement et psychologiquement, se laisse aller à l'apathie, se droguant plus que de raison pour calmer la douleur. Il se fabrique des masques pour passer le temps (il a toujours aimer dessiner). Un jour lui vient une drôle d'idée : monter une escroquerie en se faisant de l'argent sur le dos des morts de la guerre. En râlant, Albert finira par le suivre dans sa folle aventure...

Je vous ai résumé l'histoire en quelques lignes mais mon résumé est bien réducteur car c'est un livre foisonnant, aux multiples rebondissements. Je vous ai cité deux personnages mais j'ai omis de vous parler du commandant d'Aulnay Pradel, une ordure de première, à la guerre comme dans la vie civile, un homme sans foi ni loi. Je ne vous ai pas non plus parlé de la famille d'Edouard, les Péricourt, dont Albert va faire la connaissance bien malgré lui. Les personnages de ce livre sont décrits avec subtilité et suffisamment de détails pour qu'on s'en fasse une idée assez précise. 

Voilà un livre distrayant, fort bien écrit et ancré dans un contexte historique passionnant, celui de l'après-guerre. C'est le 3ème ouvrage, en quelques mois, que je lis sur cette époque (après "Les fleurs d'hiver" d'Angélique de Villeneuve et "Mauvais genre" la BD de Chloé Cruchaudet). C'est intéressant de découvrir la même époque sous la plume de trois auteurs d'univers différents. Dans "Au revoir là-haut", j'ai aimé le côté roman fleuve ainsi que l'originalité et la subilité de l'histoire. J'ai cru comprendre qu'il y aurait une suite à "haut revoir là-haut". Je m'en réjouis, imaginant une saga dans le genre des "Rougon Macquart" de Zola... 

J'avais une petite appréhension sur le fait que Pierre Lemaître lise lui-même son texte. Sa voix n'est pas de prime abord particulièrement mélodieuse. J'avais tort car j'ai énormément apprécié son interprétation, toute en nuances. Il fait notamment très bien passer l'ironie sous-jacente de nombreux passages de son texte (et qu'on lit probablement entre les lignes dans la version papier).

Une réussite à tous niveaux !

Une lecture commune avec Valérie

Les avis de Sandrine - Saxaoul - Sophie - Enna - Leiloona

Photo : C'est le mois du livre audio. Livre audio + mois anglais = 2 livres audio d'auteurs anglais ce mois-ci sur mon blog (et peut être d'autres...) #JMLA2014 http://sylire.over-blog.com/article-juin-le-mois-du-livre-audio-123793373.html

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 23:23

Editions verticales - Janvier 2014 - 281 pages

blogoclubPour cette session du blogoclub, le thème proposé était "la littérature française"  et les blogo-participants ont choisi de lire "réparer les vivants" de Maylis de Kerangal. 

"Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps. Que subsistera-t-il, dans cet éclatement, de l'unité de son fils? Comment raccorder sa mémoire singulière à ce corps diffracté?"

Un jeune homme de dix-neuf ans, Simon Limbres, est victime d'un accident de voiture qui le plonge dans un état de coma dépassé. La mère du jeune homme apprend la terrible nouvelle de la bouche d'un médecin, à l'hôpital. Elle doit ensuite l'annoncer au père de Simon. Les deux parents, effondrés, vont devoir admettre dans un premier temps que la situation est irréversible, que leur enfant est mort bien que son coeur batte encore. La notion de mort cérébrale doit leur être expliquée. Très vite va se poser la question du don d'organes. Il faut faire vite, les heures sont comptées. Pour autant, la décision ne doit pas être prise dans la précipitation. La seconde partie du roman concerne l'opération délicate du prélèvement des organes et celle tout aussi délicate du choix des receveurs et de la transplantation sur d'autres corps. Nous suivons le parcours de l'organe le plus emblématique du corps humain, le coeur de Simon, qu'une femme de 50 ans, Claire, va recevoir.

Comment parler d'un livre aussi fort, comment lui rendre hommage et donner à d'autres envie de le lire ? Je ne suis pas certaine d'y parvenir.

Aux côtés des différents protagonistes de l'histoire, nous vivons intensément les vingt-quatre heures qui s'écoulent entre la mort de Simon et la transplantation cardiaque. L'auteure utilise une écriture vive et précise, très travaillée. Le texte n'est pas dénué d'émotion mais sans pathos. L'auteur évoque le drame qui frappe cette famille endeuillée, puis l'espoir qui nait dans une autre famille, à l'annonce de la greffe tant attendue. Maylis de Kerangal possède une maîtrise de la langue qui force l'admiration et le thème qu'elle a choisi pour ce livre est passionnant. Je devrais plutôt dire qu'elle le rend passionnant. On sent qu'elle s'est beaucoup documentée. J'avais une vague idée de la façon dont les familles pouvaient être confrontées à la question du don d'organe mais je ne savais pas concrètement comment ce délicat sujet était abordé avec les elles par le corps médical. J'ignorais, par exemple, qu'il existe des infirmiers spécialisés dans la prise en charge de ces opérations. 

"Réparer les vivants" est une oeuvre littéraire remarquable mais c'est aussi, à mon sens, un plaidoyer pour le don d'organes, bien que n'éludant pas les aspects éthiques que pose cette pratique.


Le 1er septembre, nous vous proposons la lecture d'un ouvrage au choix de Joyce Maynard, une écrivaine américaine.

Les avis de : Titine - Mimi pinson - Fransoaz - Manu - Claudialucia - Lisa - Claire-jeanne - Gambadou

Philisine - Mirontaine - Amandine

Valérie a lu, du même auteur "Corniche Kennedy"

Hélène  et Grominou ont lu "la théorie des nuages" de Stéphane Audeguy

photo (15)  

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 23:14


      Phébus - avril 2014 - 150 pages 

 

"Jeanne reste d’abord plantée sur sa chaise, tout entière à le regarder et le fuir. Elle sait où il faut voir pourtant, où il faudrait chercher, mais ça bondit, ça lui échappe. Ce qu’elle comprend c’est qu’il est grandi, et beau dans son uniforme, et étranger aussi.

 

Elle ne se dit pas, il est là, elle se dit, c’est là. Cette chose inconnue qui lui vient. Ce qu’elle craignait, ce qu’elle désirait. C’est là. Ça va entrer, ça va faire sa vie avec elle, avec Léo aussi, ça va venir là, dans cette chambre par eux si peu partagée depuis qu’ils ont quitté Belleville".

Nous sommes en octobre 1918, à la fin de la guerre. Jeanne vit seule avec sa petite fille. Son mari Toussaint est à l'hôpital, défiguré par une blessure de guerre. La jeune femme sait que son homme ne reviendra pas intact, que son visage a subi des dégats irréversibles. Elle appréhende ce retour car Toussaint a refusé ses visites à l'hôpital. Le retour au foyer prend Jeanne par surprise. Après le choc de le voir arriver à l'improviste, la jeune femme découvre son nouveau mari. Il porte désormais, nuit et jour, un bandage blanc sur le visage. Il ne parle plus et se dissimule pour manger. Le soir, il se tourne vers le mur, quand Jeanne se couche. Mais la jeune femme est patiente et tente de l'apprivoiser tout doucement...

C'est une belle histoire d'amour, servie par une écriture ciselée. Les silences et les non-dits comptent autant que les mots, choisis avec soin. De très jolies métaphores s'épanouissent sous nos yeux, au fil des pages. L'auteure s'est beaucoup documentée sur la vie quotidienne de ces années-là. Elle évoque très joliment le travail de Jeanne, qui compose à son domicile des fleurs en papier. Les conditions de vie étaient très rudes à cette époque et la priorité de chaque journée était de se chauffer et de se nourrir. Les femmes se privaient pour leurs enfants, travaillaient tard dans la nuit, jusqu'à épuisement et pour un salaire de misère. C'est le quotidien de Jeanne pendant la guerre et même après, car son homme ne sort plus, passant ses journées allongé sur son lit, incapable d'affronter le monde. Mais grâce à l'amour de Jeanne, l'espoir d'un retour à la vie se dessine peu à peu...

Après "Un territoire", pour lequel j'avais eu un coup de coeur, en voici un second...

Pour en savoir plus sur la genèse de roman, rendez-vous chez Gwenaelle, qui a posé quelques questions (pertinentes, comme toujours) à l'auteure.

Sinon, vous pouvez rendre visite à toutes celles qui comme moi ont aimé ce livre (je n'ai pas trouvé un seul avis mitigé) : Cathulu - Aifelle - Antigone - Gwenaelle - Clara

 AifelleClaraCathuluAntigone,

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:06

Audiolib 2014 (Grasset 2013) - 9 heures 10 - lu par Féodor Atkine

Tout a commencé par une histoire d'amitié, sans laquelle rien ne serait arrivé. George, le narrateur, a rencontré Sam alors qu'il était étudiant. Tous deux étaient passionnés de théâtre. Sage et réfléchi, il forçait l'admiration de George. Gauchiste plus ou moins activiste, Georges avait des idées politiques bien arrêtées, Sam était plus modéré. Ce dernier, juif d'origine grecque, avait été marqué dans sa chair par la révolte contre la dictature des colonels, en 1973. Il était alors un militant engagé. Sam est devenu le meilleur ami de Georges, le témoin de son mariage puis le parrain de sa fille.

Quelques années plus tard, dans les années 80, Sam, gravement malade et condamné, demande à George une chose insensée. Il s'agit de continuer à sa place le projet qu'il avait engagé : monter la pièce "Antigone" d'Anouilh, à Beyrouth, en pleine guerre civile. Cette pièce est un prétexte pour tenter d'organiser une trêve de quelques heures dans la barbarie de la guerre, en réunissant les ennemis autour d'un projet commun. George, ne pouvant rien refuser à son ami, laisse alors femme et enfant pour se rendre au Liban, les notes de son ami en poche et une bonne dose d'inconscience dans ses valises. Il ne sait pas encore qu'il ne rentrera pas de ce voyage indemne. Une tragédie se jouera bien à Beyrouth, mais pas celle que l'on croit. Georges, qui ne voulait pas prendre parti pour un camp ou pour un autre, se trouve embarqué malgré lui dans la violence et la haine de l'autre. 

Sorj Chalandon réussit l'exploit de raconter l'irracontable, l'inimaginable, avec une écriture ou chaque phrase est porteuse de sens, dont on voudrait se souvenir absolument pour la méditer plus tard. Mais impossible de les noter toutes alors on les enchaîne, sans répit, jusqu'au bout. Avant de commencer cette lecture, je m'étais replongée un peu dans le contexte de la guerre du Liban, une guerre civile absolument terrible, marquée notamment par les massacres de Sabra et Chatila. Au travers des mots de Sorj Chalandon, j'ai eu l'impression de vivre cette guerre en direct, embarquée aux côtés de Georges dans l'horreur de ce combat fratricide. Jai été écoeurée par ce que je voyais. J'ai pleuré de tristesse et tremblé d'effroi. J'ai rarement été aussi secouée par un texte.

Dans l'entretien qui suit la lecture de l'ouvrage, Sorj Chalandon nous explique avec beaucoup d'émotion qu'il a couvert le Liban dans les années 80, comme journaliste de guerre, et que George, c'est un peu lui. Il nous explique qu'il a écrit ce livre pour se soulager un peu du poids cette expérience traumatisante dont il n'est pas sorti indemne, lui non plus. 

Sorj Chalandon nous offre un roman absolument bouleversant, à lire (ou mieux à écouter) absolument. A noter que le 4ème mur a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens en 2013.

La version audio est formidable (je pèse mes mots). Le lecteur (Fédéor Atkine) a exactement le ton qui convient à ce texte. 

écoute communeEcoute commune avec les copines du Prix Audiolib Enna et Sandrine

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 00:45

janvier 2014 - Traduit de l'anglais par François Rosso - lu par Lionel Bourguet - 18 h 23

 

Lula Landry, mannequin vedette, a été retrouvée morte au pied de son immeuble. L'enquête de police a conclu au suicide mais l'oncle de la jeune femme, John Bristow, ne croit pas un instant que sa nièce ait pu se jeter par la fenêtre. Il engage donc un détective privé, Cormoran Stike, pour reprendre l'enquête à zéro.

Si l'histoire en elle-même est assez banale, le détective, lui, ne l'est pas. Fauché, venant de se faire plaquer par sa compagne, il vit dans son bureau, dormant dans un lit de camp. Ancien militaire, il perdu une jambe au combat et planque sa prothèse sous la jambe de son pantalon. Vous imaginez le personnage ? Sans doute pas tout à fait car j'ai omis de vous dire que Strike avait en réserve une bonne dose d'humour et qu'il se laissait rarement abattre. Son assistante intérimaire, la jeune Robin, est à l'inverse assez classique. Débrouillarde, discrète et efficace, elle met beaucoup de coeur à l'ouvrage, ravie de travailler pour Stike. Ensemble, ils forment un duo de choc que l'on suit avec grand plaisir.

J'ai adoré suivre l'avancement et le dénouement de cette enquête. Ce n'était pourtant pas gagné car je ne suis pas une grande amatrice de polars, loin de là. Mais Jk Rowling a un talent incomparable pour raconter les histoires et j'ai (presque) retrouvé le même plaisir qu'avec "une place à prendre" que j'avais littéralement dévoré. J'ai imaginé assez vite qui pouvait être l'assassin, sans avoir la moindre idée de son mobile. Je ne l'ai compris qu'à fin du roman, l'intrigue est fort bien ficelée !

Une mention spéciale pour le lecteur, qui s'adapte aux différents personnages sans forcer sa voix.

Un roman assez jubilatoire ! (et un coup de coeur qui doit beaucoup au lecteur - ainsi qu'aux personnages)

J'ai appris que "L'appel du coucou" était le début d'une série et que nous aurions la chance de retrouver très bientôt Cormoran et Robin dans de nouvelles aventures. Chouette !

Le Prix Audiolib 2014, c’est parti !écoute commune

                                     Avec Enna, Gwenaëlle, Sandrine, SaxaoulSophie/Vicim

 

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