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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 00:33

Ruth et Dana sont nées la même nuit, dans le même hôpital, une nuit d'ouragan. Cet évènement commun a rapproché les familles, sous l'impulsion de la mère de Ruth, qui a tenu à garder le contact, coûte que coûte. Bien que n'ayant pas beaucoup d'atomes crochus, les familles se voient au moins une fois par an. Ruth et Dana, trop différentes, ne s'apprécient pas particulièrement. Nous suivons alternativement leurs parcours, de l'enfance à la cinquantaine.

Nous devinons assez vite la nature du secret de famille qui empoisonne la vie des deux filles et, si l'histoire est un peu cousue de fil blanc, elle n'en n'est pas moins passionnante. Nous regardons les filles grandir, s'émanciper et bâtir leur vie. Ruth est une artiste alors que Dana a les deux pieds sur terre, se passionnant pour l'agriculture. Pourtant, c'est Ruth qui a été élevée à la ferme alors que les parents de Dana ont mené une vie de bohème. Ce n'est que vers la fin du roman que la vérité apparait au grand jour...

J'ai dévoré ce livre, me passionnant pour le destin de chacune des filles. J'ai aimé la volonté avec laquelle toutes deux surmontent les difficultés qui se présentent à elle (et pas des moindres). Cette histoire nous permet aussi de traverser les époques, observant l'évolution des mentalités et de la société américaine, des années 50 à nos jours. De nombreux sujets sont abordés, comme l'homosexualité féminine ou les progrès de l'agriculture.

J'avais eu un bon aperçu de la plume de Joyce Maynard avec "Baby Love" et "Une adolescence américaine". Je suis conquise cette fois encore.  

 

Ce livre se trouve dans la liste des ouvrages étudiés par ma fille pour le bac de français, ce qui m'a surprise et ravie. Elle ne l'a pas encore lu, j'espère qu'elle sera aussi emballée que moi.

Les avis de Clara - Kathel - Théoma

challengeus

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:49

    Ecouter lire (Gallimard) 2013 

lu par Sara Forestier, Hélène Grémillon, Jacques Weber et Carole Bouquet  

Tout commence par une lettre, reçue par Camille alors qu'elle vient tout juste de perdre sa mère. Un certain Louis lui raconte l'histoire d'une jeune fille, Annie, dans les années 40-50. D'autres missives suivent, chaque semaine, jusqu'à ce que toute la vérité (ou presque) soit dévoilée sur un secret de famille bien gardé jusqu'ici. Il  faudra à Camille la lecture de  quelques lettres pour comprendre que cette famille est la sienne...

En résumé, l'histoire racontée à Camille est la suivante : Dans un petit village de province, Annie, une jeune fille un peu rêveuse à l'âme d'artiste, fait la connaissance de Madame M, d'un tout autre milieu que le sien. Elles sympathisent et Madame M se laisse aller aux confidences. Stérile, elle est désespérée de cette situation qui lui gâche la vie. Annie, sur un coup de tête, lui fait la proposition insensée de porter son enfant. Ce qui se passe par la suite nous est dévoilé par quatre témoignages qui se succèdent, livrant des versions quelque peu différentes de l'histoire. C'est assez troublant. L'apothéose étant le témoignage de Madame M.  

Il y a dans ce roman une réelle tension. Ce que l'on croit être la vérité ne l'est jamais tout à fait. Ces rebondissements tiennent en haleine, à la manière d'un thriller. Le contexte historique (la seconde guerre mondiale) ajoute de l'intensité à l'histoire. Le rapport à la maternité et le regard de l'époque sur la stérilité m'ont beaucoup intéressée. Les traitements proposés à l'époque pour lutter contre la stérilité étaient ahurissants.

Si vous n'avez pas encore lu ce roman, je vous conseille la version audio. Les voix sont très bien choisies et sont en phase avec les personnages. J'ai particulièrement apprécié la voix de Carole Bouquet (mais les autres également !).

Un vrai régal d'écoute !

Lu dans le cadre de "écoutons un livre" dont le thème était cette fois "une oeuvre lue par de grands acteurs". 

free-road-trip-games-audio-book

Nous sommes plusieurs à avoir choisi ce livre audio aujourd'hui :

 Mrs B - Sandrine - Valérie

écoute commune

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 00:23

Mudwoman

¨Editions Philippe Rey - octobre 2013 - 563 pages - traduit de l'anglais (Etats Unis) par Claude Seban

L'histoire commence en 1965 par l'abandon d'une enfant au milieu des marais des Adirondacks (USA). Cette enfant, rejetée par sa mère à demi-folle, est confiée à une famille d'accueil puis adoptée par une famille de quakers. Nous la retrouvons en 2002, présidente d'une grande université américaine. Tout au long du roman, nous naviguons entre le passé et le présent, entre Mudgirl et Mudwoman.

En 2002, Mudwoman, qui a jusqu'ici à son actif un parcours professionnel sans faute, est victime d'une sorte de Burn-Out. Travailleuse acharnée, n'exceptant pas les compromissions et l'hypocrisie, elle n'est pas vraiment faite pour ce type de poste. L'université qu'elle dirige est financée par des contributeurs privés, dont Méridith (Mudwoman) n'apprécie pas les idées politiques et le peu de morale économique. Affaiblie par cette situation professionnelle tendue et épuisante nerveusement, elle ne parvient plus à faire face aux démons du passé. Elle a voulu tourner le dos à son enfance mais celle-ci s'impose dans ses pensées...

Voilà un roman qui m'a vraiment passionnée. Prenant parfois des allures de conte, notamment lorsqu'il s'agit décrire l'enfance de Mudwoman, le livre est toutefois bien ancré dans le réel.  En toile de fond la guerre en Irak, la vie d'une grande université américaine, les problèmes sociaux des USA... Je me suis attachée à cette femme sensible qui garde au fond d'elle-même, sous une apparence de "superwoman", des blessures datant l'enfance. Les débuts de chapitre résument à la manière d'un conte les pages qui suivent. Par exemple : "Mudgirl sauvée par le roi des corbeaux" ou "Mudwoman dans les nébuleuses". 

Une plume remarquable et un très beau portrait de femme


challenge 1 % : 11/12

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 00:29

Gallmeister 2012 - 335 pages - traduit de l'américain par François Happe

Abel Truman, vétéran de la guerre de sécession, vit sur la côte du Pacifique Nord-Ouest des USA. Il s'est installé face à la mer, dans une vieille cabane rafistolée, avec son fidèle compagnon, un vieux chien pas beaucoup plus en forme que lui. Le vieil homme n'a jamais réussi à oublier ce qu'il a vécu en Virginie pendant la guerre, trente ans auparavant. Les souvenirs de la terrible bataille de la forêt de Wilderness le hantent nuit et jour. La guerre n'est pas la seule plaie ouverte d'Abel. Il ne s'est jamais remis de la mort de sa fille et de sa femme, avant la guerre. Abel est un homme meurtri dans sa chair et dans son âme.

Les chapitres alternent le passé (1864) et le présent (1899). Au début de l'histoire, nous sommes en 1899 et Abel a dans l'idée d'entreprendre un ultime voyage pour revoir une dernière fois les lieux où il a été heureux autrefois, avant de perdre sa femme et sa fille. Mais il se fait voler son chien par des gens sans scrupules et dangereux, qui organisent des combats de chien. Abel se met à leur poursuite... 

Je vous ai résumé succinctement l'histoire, il me faut maintenant trouver des arguments pour vous convaincre de lire ce très beau roman. L'ouvrage est référencé dans la collection "nature writing" de Gallmeister mais ce classement ne doit pas effrayer les réfractaires à ce genre littéraire car, si la nature offre un cadre à l'histoire, elle n'est pas le personnage principal. Il  est avant tout  question de l'histoire d'un homme dans la tourmente de l'histoire. Abel est un personnage très intéressant, d'une grande humanité, avec ses faiblesses, comme tout un chacun. Son histoire est passionnante car liée à un épisode majeur de l'histoire des Etats-Unis, la guerre de sécession. La partie du livre qui évoque la bataille de Wilderness est très dure, je ne vous le cacherai pas, mais vraiment très bien écrite. On s'y croirait. Je ressors du livre bouleversée par la fin de l'histoire, que bien-entendu je ne vous raconterai pas.

    Un premier roman vraiment magnifique...

Un grand merci à Clara pour la découverte 

Cette lecture entre dans le cadre du Challenge Us, organisé par Noc Tembule Un nouveau logo :)

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 00:34

Denoel août 2013 - 202 pages

Une journaliste arrive sur les lieux de son reportage : une région du Québec ravagée au début du XXième siècle par de gigantesques incendies de forêt. La jeune femme est à la recherche d'un survivant des incendies pour écrire un article sur le sujet mais elle arrive trop tard, l'homme vient de mourir. Elle se lie d'amitié avec les camarades du vieil homme, des marginaux qui vivent dans les bois, chacun dans sa cabane.

L'intrusion de la journaliste bouleverse le quotidien des deux hommes mais pas autant que l'arrivée presque irréelle dans les parages d'une autre femme, très âgée et un peu déboussolée, Marie Desneige. Deux autres personnages ont leur importance dans l'histoire : le gérant d'un hôtel proche des lieux et un de ses amis. Tout ce petit monde se côtoie dans la bonne humeur et la journaliste mène son son travail d'investigation, qui va prendre une dimension inespérée grâce à la découverte de toiles incroyables dans la cabane du vieil homme décédé...

Ce livre n'est pas facile à résumer car il n'y a pas une mais plusieurs histoires qui se recoupent et se rejoignent. Chaque personnage a sa propre histoire, plus ou moins douloureuse. Tous ont en commun la recherche d'une forme de sérénité. L'amitié est LA valeur sûre de cette improbable communauté. Jocelyne Saucier nous offre une image positive de la vieillesse. Elle veut nous montrer que la mort s'apprivoise et que, cerise sur le gâteau, il est possible à tout âge de renouer avec l'amour. 

C'est un livre plein d'humanité sans être mièvre pour autant. L'histoire, qui prend parfois la tournure d'un conte, revêt également une dimension artistique grâce à la découverte des toiles du 3ème compère, celui qui vient de mourir. Tout cela donne un roman riche, plein de fantaisie et de poésie mais toutefois bien ancré dans le réel grâce à l'enquête de la journaliste sur les feux de forêt. Un très harmonieux mélange des genres.

    Une très jolie découverte ! 

Les avis (enthousiastes) de : Aifelle - Antigone  

Merci à Babelio et son opération Masse critique

J'atteins avec ce livre la première marche du challenge 1 %. J'ai lu 1 % des livres de cette rentrée (soit 6 livres)

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 23:48

Editions Stock - 155 pages août 2013  

 

Nous sommes en Louisiane, en 2010, dans une famille afro-américaine. Les différents membres de la famille prennent la parole successivement pour raconter leur matinée, marquée par une descente de police au domicile. Une voix domine, celle de Mary Lee, la doyenne de la famille. En visite chez sa fille, qui vit seule avec ses enfants, elle se montre inquiète pour ses petits enfants, notamment pour l'aîné, que la police est venu interroger. Elle a vécu la lutte pour les droits civiques et met un point d'honneur a se montrer irréprochable vis à vis des blancs. Elle sait que le racisme est sous-jacent et que le moindre faux-pas de la part d'un noir est lourdement sanctionné. La matinée se passe et il est temps de partir à la rivière passer une après-midi détente, avec les voisins...

La seconde partie du livre nous ramène en 1949, à l'époque de l'ouverture des premières piscines publiques aux noirs. Marie Lee, la grand-mère, a vécu de façon très cruelle cet épisode historique puisque son frère a perdu l'ouie après un linchage commis par des blancs. Il avait tout simplement voulu profiter de la piscine puisque désormais c'était possible. 

Dans la troisième partie, nous sommes de retour en 2010. Un fait divers tragique vient d'être relaté à la radio. Il concerne notre famille de Louisiane et c'est le coeur serré que nous apprenons le déroulement de l'après-midi à la rivière. Je ne vous en dirai pas plus car il faut replacer cette scène dans son contexte pour en saisir toute l'émotion, toute l'injustice. C'est une histoire terriblement poignante, qui nous montre que la ségrégation, si elle saute moins au yeux aujourd'hui que dans les années 50, est toujours présente aux Etats-Unis, en raison d'un passé qui ne se gommera pas du jour au lendemain.

    Un livre poignant.  

 

Ce livre rentre dans le cadre du "challenge US" organisé par Noc Tembule  -

C'est mon premier coup de coeur de cette rentrée (et le 5ème livre lu)

  5/6

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 23:52

  Actes Sud - 291 pages - traduit de l'anglais (américain) par Christine Le Boeuf

 

Le personnage central du roman s'appelle Rudolf Born. C'est d'un homme extrêmement difficile à percer : excessif, violent, charmeur et très mystérieux. Le jeune Adam Walker fait sa connaissance en 1967 alors qu'il est étudiant et, il faut bien le dire, un peu naïf. Envouté par Born (et charmé par sa compagne), Adam accepte de s'associer avec lui pour créer un journal littéraire. Il se mord bien vite les doigts, comprenant que l'homme n'est pas quelqu'un de très recommandable. Après un évènement qui l'a profondément choqué, le jeune homme décide de rompre toute relation avec Born et quitte les Etats-Unis pour Paris, prenant le risque le croiser là-bas. L'homme séjourne  en effet régulièrement à Paris. Adam sent monter en lui l'envie de se venger et fait tout pour rencontrer Born, se mettant une nouvelle fois en danger...

Trente ans après, l'histoire refait surface mais je ne vous en dirai pas plus car il faut vraiment préserver le suspense.

Ce que j'aime chez Paul Auster, c'est qu'il vous embarque dès les premières lignes dans son histoire et qu'il ne vous lâche plus. Le livre est composé de plusieurs parties, qui réservent chacune son lot de surprises et de retournements de situation. Le narrateur n'est pas toujours le même, la vérité n'est jamais celle que l'on croit. L'histoire commence à New-York, se poursuit à Paris et finit dans un endroit improbable (et d'une façon qui l'est tout autant !).

   

Une fois encore, j'ai été bluffée !  

L'analyse très fouillée de Ys

Lu dans le cadre d'une lecture commune autour de Paul Auster pour le challenge Us organisé par Noctembule

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 23:40

    Robert Laffont - 585 pages - Traduit de l'anglais (Australie) par Johan Frédérik HEL-GUEDJ

 

"La mémoire est une chienne indocile" n'est pas un livre dont il est facile de parler tant il est riche et foisonnant. Plusieurs destins se croisent dans cette histoire qui se passe principalement à New-York, mais qui nous conduit également à Chicago, Cracovie ou Auschwitz.

Nous suivons plus particulièrement deux personnages qui n'ont, à priori, rien à voir l'un avec l'autre : Lamont Williams, jeune afro-américain vient de sortir de prison. Il est employé par un hôpital, pour une période probatoire de 6 mois. L'autre personnage, Adam Zignelik, est professeur d'histoire dans une grande université. Il traverse un passage à vide tant au niveau professionnel qu'au niveau personnel.

0n comprend assez vite qu'un sujet commun lie ces deux personnages. Adam, de plus en plus mal dans sa vie, se raccroche à l'étude d'enregistrements d'une portée historique considérable puisqu'il s'agit des premiers témoignages des rescapés d'Auschwitz. A la même époque, à l'hôpital, Lamont fait la connaissance d'un vieil homme rescapé des camps...

L'auteur prend le temps de nous présenter chacun de ses personnages. Nous les découvrons dans leur intimité et percevons leurs failles. J'ai particulièrement aimé les pages évoquant la vie du psychologue qui a interrogé les rescapés des camps. Son histoire personnelle est captivante, un roman dans le roman...

Le sujet peut faire peur et c'est vrai que certaines pages sont très pénibles à lire mais ce n'est pas un "énième" livre sur l'holocauste. D'une part parce qu'il aborde d'autres sujets (comme l'histoire de la ségrégation raciale aux états unis), mais aussi parce qu’il se démarque par sa profondeur de réflexion. C'est un livre très documenté qui se penche sur la transmission de la mémoire et sur le rôle de la compréhension de l'histoire dans l'avancement de l'humanité.

Il faut avoir du temps devant soi pour se plonger dans cette aventure livresque car les pages ne se tournent pas toutes seules, surtout au début. Un conseil si vous le lisez, soyez patient.

Que vous dire de plus sinon que ce livre se situe un cran au-dessus de tout ce que j'ai pu lire ces derniers temps. C'est un roman dont vous ne sortez pas indemne.

Les avis très enthousiastes de Aifelle - Clara - Krol

Je n'ai pas lu trouvé d'avis négatifs mais je sais que Keisha n'a pas réussi à passer les cinquante premières pages car elle s'ennuyait. Elle nous en dira peut-être plus si elle passe par ici...

L'histoire se passant essentiellement aux Etats-Unis, il compte pour le Challenge US de Noctembule

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 23:53

10-18 1996 (Sabine Wespieser 2002) - traduit de l'anglais par J. Schmidt et V. Lermite - 312 pages

 

    blogoclubPour cette session du blogoclub, consacrée à l'Irlande, les participants ont choisi de lire "On s'est déjà vu quelque part" de Nuala O'Faolain. Cet ouvrage autobiographique, publié en 2002, est le point de départ de la brève carrière d'écrivaine de Nuala, morte en 2008 à Dublin d'un cancer foudroyant. Elle laisse derrière elle une oeuvre profondément personnelle qui fait d'elle une auteure irlandaise reconnue dans le monde. 

La vie de Nuala O'Faolain n'est pas un long fleuve tranquille. Riche de rencontres et expériences multiples, c'est une existence semée d'embuches et souvent solitaire. La liberté a un prix...

Comme ses soeurs et les femmes de sa génération elle aurait dû se marier et avoir une flopée d'enfants. L'Irlande, pays profondément ancré dans le catholicisme conservateur ne connaissait pas la contraception. Mais elle n'est pas tombée enceinte et nous explique à quel point le fait de ne pas avoir eu d'enfants l'a sauvée et désespérée tout à la fois. Elle avoue qu'elle n'aurait pas su éduquer des enfants à l'âge d'en avoir parce qu'elle manquait de stabilité, qu'elle voulait gagner sa vie et aspirait à une indépendance financière à une époque où c'était inconciliable avec une vie familiale.

Une chance de ne pas avoir eu d'enfants mais aussi une grande souffrance, quand, à la cinquantaine, elle s'est retrouvée seule, sans mari, sans enfants. Les pages qui m'ont le plus touchée sont celles où elle évoque la période de sa vie où elle n'existait plus sous le regard des hommes, parce qu'elle n'était sans doute plus suffisamment désirable sexuellement. Sans la consolation du regard bienveillant d'un mari, sans enfants, elle s'est senti cruellement seule.

La première partie du livre est consacrée à son enfance et adolescence. Une famille qui avait tout pour être heureuse et qui ne n'a pas été. Un père journaliste, intelligent et fantaisiste mais volage et inapte à assumer une vie familiale. Une mère qui passait ses journées à lire pour oublier ses déboires conjugaux, qu'elle noyait dans l'alcool. Comme sa mère, Nuala a eu de gros soucis, toute sa vie, avec l'alcool, trouvant là un refuge dont elle connaissait pourtant le danger et l'inefficacité à régler les problèmes.

Je pourrais encore écrire des pages et des pages sur ce livre, si riche d'enseignements sur la condition féminine. Nuala a lutté pour faire avancer la cause des femmes en Irlande et nous laisse avec cet ouvrage un témoignage d'une grande sincérité. D'un point de vue littéraire, je n'ai pas trouvé le récit transcendant, la traduction m'a semblé parfois maladroite, mais je le classe tout de même dans mes coups de coeur, car c'est témoignage à lire absolument. 

    Une auteure dont il me tarde maintenant de découvrir les romans...

 

Les avis des blogoparticipants (très partagés) : Fransoaz - ValérieLisa  - TitineSibille  

 

             Une autre auteure irlandaise, Claire Keegan chez :

             Lou avec "l'Antartique" et Hélène avec "les trois Lumières" 

             Chez Denis : L'archiviste de Dublin de Flann O'Brien 

 

 

Et ce livre rentre dans la nouvelle session du challenge des livres et des îles de Géraldine

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 23:29

   

Actes Sud janvier 2013 - 273 pages

 

 

"Aujourd'hui, je me donne le droit de douter. Le doute n'est pas réservé aux croyants.
J'ai besoin d'autres êtres humains, comme moi, doutant, s'égarant, pour m'approcher de ce qu'est la vie. Parce que je suis vieux. Les religions ne m'intéressent pas. Ceux qui sont sûrs d'un dieu ou de l'absence d'un dieu ne me sont d'aucune aide. J'ai besoin de confronter mon doute à d'autres, issus d'autres vies, d'autres cœurs. J'ai besoin de frotter mon âme à d'autres âmes aussi imparfaites et trébuchantes que la mienne.
Je ne cherche à être sûr de rien mais je veux trouver la forme juste de mon doute. Simplement cela. Humblement. Je ne suis pas un grand philosophe. Je ne cherche rien pour les autres. Juste une façon de rester vivant. À ma façon".

 

Octave Lassalle a perdu sa fille unique il y a longtemps. Elle avait 19 ans et croquait la vie à pleines dents. Cette disparition a fait voler son couple en éclats. Aujourd'hui âgé de quatre-vingt-dix ans, Octave cherche le chemin de la sérénité et l'acceptation de la mort de sa fille. Pour l'accompagner dans sa fin de vie, il s'entoure d'une équipe, choisie avec soin. Ces quatre personnes se relayent jour et nuit pour l'accompagner. Toutes possèdent, dans la maison du vieil homme, une chambre dans laquelle elles peuvent choisir de rester une fois leur journée (ou nuit) accomplie.

Peu à peu des liens se tissent entre les accompagnants et l'ancien chirurgien mais également entre les accompagnants entre-eux. Le miracle espéré par Octave Lasalle prend forme et le souvenir de la jeune disparue trouve sa place grâce au au talent d'Hélène, artiste peintre. L'apaisement recherché par le vieil homme devient réalité, preuve que le profane peut lui aussi apprivoiser la mort...

J'ai acheté cet ouvrage à sa sortie mais j'attendais d'avoir du temps devant moi pour m'imprégner de chaque phrase, sans précipitation. Je l'ai donc lu très lentement, savourant chaque ligne, prenant le temps de la réflexion. Si vous êtes tenté, vous aussi par cet ouvrage, je vous conseille d'en faire autant.

    La prose de Jeanne Benameur ne se dévore pas. Elle se déguste...

 

D'autres avis : Violette - Clara - Aifelle - Noukette

 

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  Challenge Jeanne Benameur 

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