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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 14:12

 

Hier, j'ai eu la chance de rencontrer pour la deuxième fois la romancière Marie Sizun. La toute nouvelle librairie "Dialogues" de Morlaix la recevait à l'occasion de la sortie de "Jeux croisés", son dernier roman. Ma première rencontre avec la romancière en avril 2008 s'était déroulée dans la bibliothèque de ma ville, dans le cadre de sa participation au Prix Inter-Ce (Cézam). En quelques mois, Marie Sizun a fait du chemin. Elle a obtenu  pour "La femme de l'Allemand" Le Grand prix des lectrices de Elle, ainsi le que le Prix  des lecteurs du Télégramme. Le résultat du Prix Inter-Ce ne sera public que dans quelques jours. "La femme de l'Allemand" est mon favori, nous verrons si la majorité les lecteurs a partagé mon engouement…

 

Les précédents romans, inspirés de sa propre histoire (surtout le premier "Le père de la petite", très autobiographique) se situaient dans l'après guerre 39-45. Dans "Jeux croisés" tout est imaginé et nous changeons d'époque.

Extraits de la quatrième de couverture, qui présente le livre comme un thriller psychologique :
"L'une s'appelle Marthe, l'autre Alice. Tout les sépare… Il suffira d'un moment de doute chez l'une et d'un geste de folie chez l'autre pour que leur sort soit lié…"

 

Je préfère ne pas trop évoquer l'histoire avant de l'avoir lue. Ce que je peux vous dire, c'est que Marie Sizun nous a présenté les deux héroïnes de façon très vivante, comme s'il s'agissait de personnes tout à fait réelles. Comme lors de la précédente rencontre, j'ai pu constater qu'elle réfléchissait longuement à la psychologie de ses personnages et prenait soin de les façonner minutieusement. Je peux aussi vous dévoiler qu'un troisième protagoniste occupe une place stratégique dans le roman : un bébé de 8 mois…
Mon petit doigt me dit que je vais aimer ce livre autant que j'ai aimé les deux autres.

 

Un détail de la conversation va intéresser ceux qui ont eu l'occasion de la rencontrer : un projet de film est à l'étude pour "La femme de l'Allemand". Marie Sizun est passionnée de cinéma et construit ses romans de façon très cinématographique. Son rêve était que l'un de ses romans fasse l'objet d'une adaptation, croisons les doigts pour qu'il se réalise !

 

Une nouvelle fois, Marie Sizun nous a fait part de son attachement à la Bretagne, elle se sent bretonne d'adoption depuis des vacances en colonie de vacances près de Quimper, alors qu'elle avait sept ans. Elle nous a raconté son émerveillement en découvrant les Bretonnes et leurs coiffes, les paysages, le cycle des marées… Tout cela paraissait extraordinaire à la petite parisienne qu'elle était. Une grande partie de son nouveau roman se déroule dans cette Bretagne qu'elle aime et dans laquelle elle passe ses vacances.

 

Credit photo : rétro-photo

Que vous dire de plus, sinon que je suis sortie enchantée de cette rencontre (vous l'aviez compris). Marie Sizun est très enthousiaste et vit à fond cette carrière de romancière commencée sur le tard, après une vie professionnelle et familiale bien remplie. Sa toute nouvelle notoriété ne l'a pas changée, elle a gardé la fraîcheur et la spontanéité qui la rendent si sympathique.

 

Merci à librairie Dialogues pour l'organisation de la rencontre. L'endroit est chaleureux et le personnel accueillant. Je reviendrai !

 

A bientôt pour le compte-rendu de ma lecture...

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 05:04


Crédit photo : http://auteurs.arald.org 

Dans le cadre du Prix Inter-Ce (Cézam), j'ai rencontré André Bucher à la Médiathèque de Morlaix, autour d'un petit-déjeuner convivial. Le livre à l'honneur était "Déneiger le ciel" aux éditons Sabine Wespieser. Son auteur, André Bucher, se définit comme un écrivain-paysan. Il habite à 30 km de Sisteron dans les Alpes de Hautes Provence (à Montfroc) où il exerce le métier d'agriculteur bio. Pour écrire il doit voler du temps à son travail, c'est pourquoi il s'y consacre surtout l'hiver, quand la nature sommeille. Il a publié à ce jour une dizaine de titres, en relation avec la nature et les grands espaces.

 

Pour l'écriture de ses romans , il part de notes prises au fil du temps. Il écrit successivement plusieurs moutures puis élague pour ne garder que l'essentiel. En dernier lieu, il lit son texte à voix haute et le reprend pour lui donner plus de musicalité. Il est très sensible à la musique des mots et des phrases.

 

Déneiger le ciel est un long monologue intérieur dans un paysage grandiose. Le personnage principal s'appelle David. Une nuit pas comme les autres, dans une torpeur semi-coupable, il chemine dans la neige à la rencontre des autres et de lui-même…
J'avais eu à sa lecture un avis partagé. J'avais aimé l'atmosphère et l'écriture mais j'avais été un peu frustrée du peu de place qu'occupe l'histoire par rapport aux descriptions de paysages. Le livre est assez court et j'aurais aimé en savoir plus sur les personnages. J'ai souvent ce sentiment avec les livres courts et les nouvelles.
 
   

Nous avons échangé sur la fin du roman, qui se termine par une phrase extraite d'une chanson du bluesman américain Robert Johnson. Sans en dire de trop mais suffisamment pour les gens qui ont lu le roman me comprennent, André Bucher laisse au lecteur le choix de cette fin. A titre personnel, il penche pour la version pessimiste, tout comme moi. Mais la majorité des lecteurs présents avait imaginé une fin optimiste.

 

Pour finir nous avons parlé du métier d'éditeur, trop féminisé à son goût en France. Non pas qu'il n'aime pas les femmes mais il craint qu'à terme, les livres finissent par n'être adressés qu'à un public de femmes.  A méditer…

  Merci Cécile pour l'organisation de ce petit déjeuner...

 

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 23:54



Dans le cadre du Prix Inter-Ce, je participe régulièrement à des rencontres d'auteurs. Elles sont toujours chaleureuses, celle-ci n'a pas fait exception à la règle. 

Marie Sizun est une jeune romancière de soixante-huit ans, élégante tout en étant simple. Moi qui n'aime pas trop les cheveux blancs, j'ai été séduite par sa belle chevelure argentée. Voilà pour l'anecdote...
Cet ancien professeur de lettres a décidé, à l'âge de la retraite, de se lancer dans l'écriture de romans. L'idée lui avait traversé l'esprit bien avant, mais trois enfants et un travail ne permettent pas de dégager le temps nécessaire à ce genre d'aventure.
 


Elle a commencé sa carrière de romancière par l'écriture d'un premier roman qui n'a pas trouvé d'éditeur puis s'est lancée dans un roman autobiographique "Le père de la petite", publié chez Arléa. Il sort en poche le 31 mai, je vous conseille vivement de l'acquérir. Elle évoque dans ce livre le retour de son père, prisonnier de guerre, à la fin de la seconde guerre mondiale. Elle était alors petite fille, et a été marquée à jamais par cet évènement. J'ai lu ce livre en 2006. Il m'avait bouleversée, et ce d'autant que ma mère a vécu une expérience similaire. 
  

Le livre pour lequel elle était invitée s'appelle "La femme de l'Allemand". Il fait partie de mes coups de cœur 2007 (voir mon billet). La période et le lieu évoqués sont les mêmes que dans l'histoire précédente : l'après-guerre, à Paris. C'est une période qu'elle a vécue elle-même très intensément.

Une petite fille vit seule avec sa mère. Le papa est absent, il était allemand… La mère et la fille vivent une relation fusionnelle. Pourtant, peu à peu, leur relation se dégrade. La mère a des sautes d'humeur de plus en plus fréquentes, des comportements de plus en plus extravagants. Le nom d'une maladie est avancée : Elle est maniaco-dépressive...

Parallèlement a ses études de lettres, Marie Sizun a suivi des cours de psychologie. Elle est donc sensibilisée aux maladies mentales, notamment à la psychose maniaco-dépressive. C'est une maladie terrible mais intéressante dans le sens où elle exalte ce qu'il y a de plus profond dans l'être humain. Le parcours de la petite Marion, élevée par une maman "pas comme les autres" est absolument bouleversant. D'une expérience comme celle-là, on ne sort pas indemne...Trois jeunes filles de l'atelier théâtre de ma ville ont lu des extraits de ce très beau texte. J'ai retrouvé l'émotion de ma lecture et même plus, grâce à la présence de l'auteur.
 
 

Quand elle écrit, Marie Sizun vit en totale osmose avec ses personnages, émue et bouleversée par leur histoire, autant que le lecteur peut l'être. Elle imagine de façon extrêmement précise tous les décors. Passionnée de cinéma, elle adorerait que "la femme de l'Allemand" soit adapté au cinéma. Elle a même imaginé les actrices qui pourraient jouer le rôle de la maman de la petite Marion : Sylvie Testud ou Isabelle Carré. Espérons pour elle, comme pour nous, que son rêve se réalise…  

Avant de déposer son manuscrit chez Arléa, elle s'est adressée aux "grands éditeurs", rêvant notamment de Gallimard, qui la fascine. Elle est toutefois très satisfaite de la maison qui lui a ouvert ses portes, Arléa. Elle nous a parlé notamment d'un correcteur qui lui a donné de précieux conseils et grâce auquel elle a progressé dans l'utilisation de la ponctuation.

Un nouveau roman sortira en septembre. L'histoire se déroulera cette fois en Bretagne, région qu'elle aime et dans laquelle elle vient fréquemment se ressourcer. Il sera question d'une femme qui enlève un enfant et se réfugie dans une maison de bord de mer isolée de tout…
 
  




Nous avons clos cette soirée fort sympathique par un verre autour d'un buffet de Bretzel et d'apfelstrudel confectionnés par la bibliothécaire.

 


Joelle a rencontré Marie Sizun quelques jours après moi. Son compte-rendu (ICI)
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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 23:58
Il n'est pas toujours facile de parler d'un livre… raconter une rencontre, c'est parfois plus difficile encore. Comment traduire avec des mots la soirée que je viens de passer ? J'ai hésité à faire un billet parce que je savais d'avance qu'il me serait impossible de tout dire.
 
Fabrice vigne est quelqu'un de très sensible, à l'image de ses écrits. Il était invité par la bibliothèque de ma ville pour parler de son dernier roman "Les Giètes" publié chez Thierry Magnier dans la collection "Photoroman". C'est avec beaucoup d'émotion qu'il nous a parlé de ce livre dont les personnages sont inspirés de sa propre histoire.
J'ai découvert Les Giètes il y a quelques mois et j'ai eu un coup de cœur. (J'en parle ici et .). J'avais eu à cette époque un échange de mails avec Fabrice car en tapant le titre de son roman sur un moteur de recherche il était tombé sur mon billet et m'avait laissé un commentaire.
Pendant près de trois heures, Il a répondu à nos questions avec beaucoup de gentillesse, s'appliquant à répondre le plus justement possible. Nous avons parlé des Giètes tout d'abord, de sa construction à partir d'une douzaine de photos personnelles d'Anne Rehbinder dont il ne savait rien. Ensuite il nous a présenté ses autres livres (adultes et jeunesse). Pour finir, il  nous a parlé de son travail d'écrivain. Il ne cherche pas à vendre à tout prix. Il souhaite avant tout chose, avoir la possibilité de prendre le temps dont il a besoin pour peaufiner ses histoires.
J'ai acheté trois de ses livres (difficiles à trouver en librairie, il n'en reste que quelques exemplaires). Sur l'un d'entre eux (TS) il m'a offert une très jolie dédicace que je vous livre ici (les deux autres dédicaces sont également originales). Mais je dois d'abord vous expliquer comment il a procédé : il avait avec lui un vieux dictionnaire (pas n'importe lequel, celui du roman en question). Il m'a fait choisir un chiffre, il a ouvert le dictionnaire à la page correspondant au chiffre et il a choisi un mot :
 
 
 
J'ai lu aussi  tout dernièrement Jean 1er Le Posthume, roman historique. La suite est en cours d'écriture et devrait sortir cette année, toujours chez Thierry Magnier (roman jeunesse).
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Pour en savoir plus sur Fabrice Vigne : http://auteurs.arald.org/biogr/Vigne1969.html
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Un auteur à découvrir… et qu'en ce qui me concerne, je vais continuer à suivre. 
 
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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 23:39
La rencontre était organisée par la Librairie Dialogues. Elle invite chaque semaine, un ou plusieurs écrivains. C'était la première fois que je participais à une rencontre dans ce cadre. C'est avec Mammig à mes côtés, que j'ai écouté avec grand intérêt Philippe Claudel.
 
Tout d'abord, quelques questions lui ont été posées sur la rentrée littéraire, les critiques, les prix… Il a déploré la concentration des parutions dans une année (les fameuses saisons), nous a confié qu'il ne lisait jamais les critiques des journalistes, que cela ne l'intéressait pas. Concernant les prix, il a souligné que ce n'était pas un exploit d'en avoir un (2500 prix en France) et que c'était un phénomène très français, notre pays adorant les médailles. Quant au prix Goncourt pour lequel il est en lice, il a pronostiqué une année Amélie.
 
Après ces considérations générales, il est entré dans le vif du sujet. Il considère que ses trois derniers romans constituent une trilogie (Les Ames grises, La petite fille de M. Linh et le Rapport de Brodeck). Ce n'était pas son intention au départ mais c'est le sentiment qu'il a eu, une fois finie l'écriture du dernier. Le lien entre les trois oeuvres est le thème de la guerre et l'exploration de l'inhumanité. Après avoir écrit sur ces sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur, il a l'impression d'avoir tout dit, qu'il pourrait maintenant s'arrêter d'écrire. (On espère que non !).
 
 
 
 
Le style de chacun de ses livres est différent car il se laisse porter par la voix du personnage principal qui lui dicte le ton à donner.
 
Le déclenchement de l'écriture du Rapport de Brodeck est une phrase qu'il a rêvée : "je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien". A partir de cette phrase, il a écrit un roman parabole qui parle de la Shoah, du massacre de "l'autre collectif". Volontairement, il a gommé le contexte historique, pour que l'on ne puisse pas vraiment situer l'histoire ni dans un lieu, ni dans le temps. On sait tout de même qu'elle se déroule dans la sphère germanique.
Un homme appelé Brodeck se trouve contraint de rédiger un rapport sous la menace des habitants d'un village. Quelque chose de terrible s'est produit dans ce lieu et les habitants veulent se disculper.
 
Il revendique le "manque d'originalité" dans le choix de ces sujets, considérant qu'au fond, en littérature, ce sont toujours les mêmes thèmes qui sont abordés, mais de façon différente.
 
Quelqu'un lui a demandé pourquoi il n'écrivait pas sur le présent, mais uniquement sur les guerres du passé. Il a répondu qu'au contraire il avait en tête les guerres d'aujourd'hui lorsqu'il écrivait. Dans les "Les âmes grises", notamment, il a avait en tête la guerre en Ex-Yougoslavie autant que celle de 14-18.
 
Il a voulu écrire un roman de mémoire en ayant un réel soucis humaniste. Il considère que son livre est tragique mais pas désespéré car il y a aussi des moments de bonheur et d'espoir dans l'histoire. Pour lui, l'amour est un moteur puissant et parfois le seul auquel on peut se raccrocher. Il a voulu que la fin du roman donne une note d'optimisme.
 
 
Je ne vous ai pas tout dit pour ne pas faire trop long, mais j'espère avoir été fidèle à ses propos. Je suis très impressionnée par le talent de l'écrivain et la personne m'a intimidée. J'ai acheté Le rapport de Brodeck, je l'ai fait dédicacer, mais je n'ai pu aligner que les deux mots suivants : "Merci" et "au revoir". Dommage !
 
Je participe depuis plusieurs années aux rencontres de lecteurs organisées dans le cadre du prix des lecteurs Inter-Ce. Une intimité se crée très vite avec l'auteur car nous sommes peu nombreux et nous connaissons. Cela n'a été le cas ici, vu le monde, mais j'ai tout de même apprécié la rencontre, car Philippe Claudel est quelqu'un de très cultivé et passionnant à écouter. Je me plongerai très bientôt dans Le rapport de Brodeck . Je pense que cette rencontre donnera à ma lecture un éclairage intéressant.
 
Nous avons discuté un moment, Mammig et moi, sur le parvis de la librairie et avons vu Philippe Claudel sortir. Il nous a fait un petit signe de main que nous avons bien apprécié, en guise de conclusion à la soirée.
 
 
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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 23:00
  1.  
Il y a quelques jours, je vous ai présenté le très bon livre de Fabrice Vigne "les Giètes".
J'ai eu la chance d'avoir un commentaire de l'auteur. Nous avons eu ensuite conversé par mail. Avec son autorisation, je vous livre les échanges qui peuvent, je pense, vous intéresser.
Il est question du positionnement de son roman en littérature jeunesse. 
 
Fabrice Vigne :
 
Bonjour, Fabrice Vigne à l'appareil. Ce que vous dites sur mon livre me fait grand plaisir, naturellement, mais je me permets de préciser une chose : ce n'est PAS un roman jeunesse. Ce serait plutôt, pour reprendre une plaisanterie de ma bonne marraine Jeanne Benameur (à qui le livre est dédié), un "roman vieillesse". Sa place en bibliothèque ou en librairie devrait être ailleurs que sur des étagères pour enfants, mais on ne maîtrise pas la vie du bouquin... En tout cas je remercie infiniment Jeanne, ainsi que toute l'équipe chez Magnier, de m'avoir donné carte blanche pour écrire ce machin ; que quelqu'un, ensuite, l'estampille "jeunesse" me concerne peu. Ce qui m'intéresse dans la littérature jeunesse, au fond, c'est davantage la littérature que la jeunesse. Mais je vous le certifie : dans ce monde riche et encore largement méconnu qu'est la "littérature jeunesse", on peut tout faire, y compris de la littérature. Merci encore à vous et bonne journée.

 Sylire :

 Bonjour Fabrice. Je suis très honorée de votre passage sur mon modeste blog. Merci pour  toutes ces précisions. Je ne suis pas étonnée que ce livre ne soit pas pour vous un livre "jeunesse". Pour moi non plus, comme je l'ai laissé entendre dans mon billet,  ainsi que dans ma réponse à Anne. Je serais d'ailleurs curieuse d'avoir l'avis de jeunes qui l'ont lu. Il est peut-être dommage qu'il soit classé "jeunesse" car des adultes risquent de passer à côté, mais il est la preuve qu'on peut trouver dans la littérature jeunesse de très belles choses.

Si mon article permet de le faire découvrir à quelques personnes, j'en serai ravie car comme je l'ai dit, c'est un coup de coeur pour moi !
Fabrice Vigne :
   
Eh bien merci encore pour le coup de coeur, qui me touche vraiment... Pour des raisons justement de ciblage très incertain (jeunesse ? pas jeunesse ?), ce livre est fort peu lu mais faute de quantité j'ai des lecteurs de qualité.
Je n'ai pour le moment aucun retour de lecteurs ados, j'espère en avoir unjour... En janvier dernier, j'avais diffusé par mail une bande-annonce qui contenait déjà toutes les ambiguités en germe. Je vous en fait part ci-dessous
(moutarde après dîner) :
 
"Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
 
Celle-ci nous l'allons faire courte.
 La semaine prochaine paraîtra en librairie mon cinquième livre, Les Giètes, éditions Thierry-Magnier. Ce volume inaugure, entre deux autres, la collection « Photoroman » dirigée par Jeanne Benameur et Francis Jolly. Le principe est le suivant : chaque auteur pressenti reçoit une série de photographies dont il ignore tout, et autour de laquelle il est invité à bâtir une fiction.
 J'ai pour ma part reçu, un beau matin, des photos d'intimité crépusculaire signées Anne Rehbinder, qui m'ont fortement inspiré.
Je précise que Thierry Magnier destine en premier lieu cette collection à un lectorat  adolescent. C'est pourquoi, dans un souci de lisibilité éditoriale, je me suis efforcé au fil de ce roman d'aborder systématiquement tous les centres d'intérêt des ados d'aujourd'hui : la vie quotidienne dans les maisons de retraite, la religion orthodoxe, l'histoire politique française, l 'immigration russe, l'ictus répétitus post-traumatique, la correspondance de Gustave Flaubert, les morts célèbres du mois de février 2006, le changement d'heure  biannuel, le cancer de la gorge, le mausolée de Lénine,le Scrabble, le patois matheysin, et la fonction funéraire que renferme ontologiquement, d'un point de vue anthropologique, toute image (du latin imago : représentation, portrait, fantôme).
 
C'est dire si ce roman ne peut qu'être un best-seller.
 
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous souhaite une longue vie.
 
Fabrice Vigne"
 
Voilà... Bonne journée à vous et félicitations pour votre blog...
Fabrice
 
 
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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 23:59
 
Je vous ai présenté il y a quelques mois Le Théâtre des rêves (ICI). Il fait partie de la sélection du Prix Inter-Ce 2007.
*
La semaine dernière, j'ai eu la chance de  rencontrer Bernard Foglino grâce à une rencontre de lecteurs organisée dans le cadre de ce prix. Comme d'habitude (ou presque) il n'y avait que des femmes ! La rencontre se déroulait au siège social d'une banque, pas de dépaysement donc pour l'auteur qui est analyste financier.
*
Le Théâtre des rêves est le premier roman qu'il publie. Deux autres avaient vu le jour auparavant. Il les avait écrits d'abord pour se faire plaisir. Aucun éditeur ne les avait retenus. Avant de se remettre à l'ouvrage, il s'est promis de pas oublier le lecteur, voulant vraiment, cette fois, être publié. La réponse positive  de Buchet-Chastel l'a ravi, sans vraiment l'étonner. Il pensait en effet que son livre pouvait correspondre à la sélection de cette maison d'édition.
*
L'écriture est venue à lui assez tard. L'idée lui trottait dans la tête depuis un moment mais il reportait sans cesse l'échéance, jusqu'à ce jour où, croyant sa dernière heure venue, il s'est juré de se mettre à écrire s'il s'en sortait. Il s'en est très bien sorti (simple malaise vagal) et s'est donc mis à l'ouvrage.
*
Quand il a commencé l'écriture de ce roman, il avait les  trois personnages principaux en tête, une envie de parler des collectionneurs et d'évoquer la nostalgie des années 70 (clin d'oeil  à la mode actuelle pour les objets un peu kitchs de ces années-là). Mais il n'avait pas vraiment d'histoire. La fascination pour les collectionneurs lui est venue de la fréquentation d'un ami, qu'il accompagnait dans des salons spécialisés à la recherche de voitures miniatures. Lui-même possède une collection de 250 crayons à papier. Je lui ai fait part du rapprochement qui m'était apparu entre son roman et "Le potentiel érotique de ma femme" de Foenkinos, qui aborde également le thème de la manie de la collection. Je ne suis pas la seule à avoir fait le rapprochement mais Bernard Foglino ne connaît pas ce livre.
*
Sans plan pré-établi, il ne savait pas précisément, jusqu'au chapitre 14, où il allait amener le lecteur. (Le lecteur, quant-à-lui, ne sait absolument pas où il va et ce jusqu'à la dernière page !) Nous avons parlé de la fin imprévisible, sans trop en dire toutefois, car certaines n'avaient pas encore lu le roman.
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Il ne faut pas chercher dans cet ouvrage de message particulier que l'auteur aurait glissé. Selon lui, le romancier est là pour faire passer un bon moment au lecteur, pas pour donner son avis sur tel ou tel sujet de société. Le style est pour lui fondamental. Il pense également que l'auteur doit laisser une grande part d'interprétation au lecteur (c'est le cas dans ce livre ! ).
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Le titre à été choisi par l'éditeur, comme c'est souvent le cas. Le Théâtre des rêves est, dans cette histoire, le nom du café dans lequel se retrouvent des amateurs de foot. C'est également, d'après ce que j'ai compris, le surnom du Stade de foot de Manchester. (Ma culture footbalistique est plus que nulle  mais je vous rassure, cela m'a nullement empêchée d'apprécier le roman!). On peut trouver une autre signification au titre après avoir lu les dernières lignes.
*
A la fin de l'entretien, nous avons parlé de ses lectures. Il lit beaucoup et un peu de tout (sauf quand il écrit, par crainte d'être influencé par le style de l'auteur). Ses auteurs préférés sont Romain Gary (il conseille "les racines du ciel"), mais également l'américain Richard Brautigan.
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J'ai bien apprécié cette rencontre. Bernard Foglino est une personne sympathique et très abordable ! Son livre est dans mes favoris pour le Prix Inter-Ce 2007. J'ai encore quelques jours pour faire mon choix …
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Petit détail qui peut vous intéresser, Le Théâtre des rêves va sortir en format poche (10-18)
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joelle a également rencontré l'auteur dans le cadre du prix, mais dans une autre ville.

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 23:00
 Un petit déjeuner qui change de l'ordinaire !
    
Il y a quelques jours, j’ai « sèché » le bureau pour participer à une rencontre organisée par la bibliothèque de ma ville, dans le cadre du Prix INTER-CE.
A notre arrivée à la bibliothèque, nous avons pris place autour d’une table basse dressée pour le petit déjeuner et avons attendu notre hôteLucBassong une petite demi-heure en papotant. A son arrivée, Luc Bassong s’est intégré très facilement à notre petit cercle d’une dizaine de personnes et la conversation a repris de façon tout aussi conviviale.
Il nous a expliqué son parcours d’écrivain. Fils d’immigré, il a vécu en région parisienne entouré de livres. Son père était économiste, le niveau culturel dans lequel il a vécu était donc assez élevé.
 A l’âge de quinze ans il écrit une pièce de théâtre qu’il poste à Radio France comme on jette une bouteille à la mer. Et là, grand coup de chance, un producteur le convoque, ne retient pas sa pièce mais lui donne de précieux conseils. Il se remet au travail et cinq ans plus tard renouvelle sa tentative. Cette fois, la pièce est retenue et il signe son premier contrat. L’ennui, c’est que cette activité est irrégulière et ne nourrit pas son homme. Lassé des petits boulots qu’il doit accomplir pour boucler ses fins de mois, il reprend ses études et devient informaticien, métier qu’il occupe aujourd’hui en continuant à écrire dès qu’il a un moment.
*
Comment immigrer en France en 20 leçons  (éditions Max Milo) est son « vrai » premier roman. Il avait envie d’aborder ce sujet douloureux, qui le touche et l’interpelle, mais sans faire pleurer les gens. Il a donc choisi de donner la parole à Isaac, africain candidat à l’immigration, qui rêve depuis toujours de venir en France et se sent prêt pour cela à quitter femme et enfants. La première partie du livre « leçons et exercice » se déroule en Afrique où nous suivons Isaac dans ses démarches semées d’embûches. Parallèlement, nous vivons avec lui une série d’aventures assez cocasses dans une Afrique haute en couleur.
 La deuxième partie « corrigés », évoque la désillusion d’Isaac quand il arrive en France : « Un an à Paris, à envier les chiens et les chats parce qu’ils avaient un toit, de quoi manger et l’affection de leurs maîtres, il a de quoi devenir fou.» 
Quelques titres de chapitres pour vous donner le ton du livre, que personnellement j’ai bien aimé :
-                          -   On n’obtient pas son visa chez le marabout.
-                          -   Mouton noir montrera patte blanche.
-                          -   Tout caméléon ignore sa couleur. 
-                         -     Soyez sérieux, continuez à bluffer.
-                       -    Nagez avec un requin, vous finirez dans son estomac.
 **
Après avoir parlé de son roman, Luc Bassong a évoqué avec humour une expérience professionnelle d’un an au Cameroun. Il nous a livré quelques anecdotes assez ahurissantes pour nous européens. Un exemple : quand un problème se présentait au sein de l’entreprise dans laquelle il travaillait, plutôt que de chercher une solution, le directeur convoquait le personnel pour une séance de prières collectives ! Luc Bassong a fini par démissionner car c’était trop compliqué pour lui s’adapter aux mentalités et surtout parce qu’il ne supportait pas la corruption qui règne dans les couches supérieures de la société et contre laquelle il est impossible de lutter.
Nous avons ensuite échangé de façon très conviviale sur son métier d’écrivain, ses lectures (il aime beaucoup les romans historiques)… Il s’est intéressé à notre comité de lecture ainsi qu’à l’expérience d’écriture de l’une d’entre-nous. Il a quitté la bibliothèque avec la plaquette des coups de cœur du comité de lecture, visiblement ravi de sa matinée… C’était réciproque !
 La dure réalité du bureau m’a rattrapée l’après-midi. J’avais une réunion tout de suite en arrivant et au bout d’un moment, quelqu’un m’a demandé si je me sentais bien. J’étais complètement à côté de la plaque !
 Joëlle a participé à une rencontre avec Luc Bassong, également dans le cadre de ce prix, mais dans une autre ville.
 *
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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 09:37
Dans le cadre du Prix Inter-Ce 2007, j'ai eu la chance de rencontrer, pour la présentation de son livre Bleu Blanc Vert publié aux Editions de l'Aube, Maïssa Bey, née en 1950 près d'Alger.
Elle est l'auteur plusieurs romans publiés en France aux éditions de l'Aube, notamment : Cette fille là (2001), Entendez-vous dans les montagnes (2002), Au commencement était la mer (2003). Sous Le jasmin la nuit (2004) et Surtout ne te retourne pas (2005).
 
La rencontre se déroulait dans la bibliothèque de ma petite ville. Le crachin breton contrastait quelque peu avec la mine rayonnante de l'Algérienne, élégamment vêtue de gris perle et de noir, mais bien vite nous avons oublié la météo pour nous plonger dans l'Algérie de Maïssa Bey.
 
La romancière a vécu la décolonisation de façon particulièrement dramatique puisque son père instituteur est mort après avoir été torturé par des militaires français. Elle avait alors 6 ans. Son père avait tout juste eu le temps de lui apprendre à lire et à éveiller en elle une grande passion pour la lecture. J'avais connaissance de cet épisode de sa vie avant la rencontre, mais j'ai ressenti beaucoup d'émotion quand elle a évoqué devant nous ce drame qui la hante encore.
 
Le livre recouvre la période qui commence en 1962, année de l'indépendance de l'Algérie jusqu'en 1992, année ou le FIS gagne les élections et plonge le pays dans la peur et la haine. Entre les deux périodes, beaucoup d'espoir puis une désillusion progressive.
 
Il s'agit d'un roman, bien que l'histoire soit en grande partie autobiographique. Deux personnages, l'un féminin, l'autre masculin prennent tour à tour la parole. La petite fille du roman, Lilas, a beaucoup de points communs avec Maïssa enfant. En revanche, le personnage masculin, Ali, est totalement fictif. Le « troisième personnage » est l'immeuble d'Alger dans lequel a vécu Maïssa pendant de nombreuses années. Tout comme la petite Lilas, Maïssa a passé l'été 1962 à parcourir les appartements vides des européens qui avaient fuit Alger. Elle s'asseyait dans les fauteuils et lisait les livres et revues qu'elle y trouvait, dévorant avec le même appétit les auteurs français et des revues comme « Nous deux » ou « Cinémonde ». Elle a découvert, cet été là, un univers qui lui était jusque là totalement étranger.
 
Quelque temps après le départ des européens, des familles algériennes se sont installées dans l'immeuble. La mère de la petite fille (comme celle de Maïssa) était une des rares femmes à savoir lire et écrire et beaucoup de femmes venaient dans l'appartement pour se faire aider dans la rédaction de papiers administratifs. Elles en profitaient pour confier leurs problèmes et livrer leurs états d'âme. La petite fille se mettait dans un coin et écoutait. Ces conversations ont probablement donné à la romancière sa détermination actuelle pour défendre les droits de la femme algérienne, qu'elle craint de voir régresser avec la montée en puissance de l'islamisme de ces dernières années.
Bleu blanc vert est l'histoire tourmentée d'un pays, mais aussi celle deux enfants d'un même immeuble qui tombent amoureux, se marient et se trouvent confrontés aux problèmes d'une société en perpétuel confit entre tradition et modernité.
 
Nous avons demandé à Maïssa Bey si elle écrivait de façon spontanée. Elle nous répondu que non, que c'était très difficile, qu'elle travaillait énormément, la nuit où la concentration est la plus forte. Elle nous a fait sourire en nous disant que, contrairement aux hommes écrivains, elle disposait de peu de temps pour elle. En plus de son travail de conseillère pédagogique dans sa ville de Sidi Bel-Abbès (photo ci-contre), elle doit accomplir les tâches ménagères, courses, repas... et le temps dont elle dispose est celui qui lui reste quand tout cela est fini (comme beaucoup d'entre nous probablement !).
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Elle s'est mise tard à l'écriture, il y a une dizaine d'années seulement et sous un pseudonyme car à cette époque, il était impossible de s'exprimer sans prendre de très grands risques. Son vrai nom est Samia Benameur et le passage de l'un à l'autre des deux noms ne lui pose aucun problème, bien au contraire.
A la question : « Pourquoi écrivez-vous en français plutôt qu'en arabe » elle nous a répondu avec humour « Mais parce que j'ai été colonisée ! » Elle parle l'arabe courant mais ne se sent pas suffisamment à l'aise pour écrire dans cette langue.
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Elle nous a parlé d'une oeuvre à laquelle elle participe activement en tant que présidente d' une association de femme : la création d'une bibliothèque dans sa ville de Sidi Bel-Abbès (photo ci-contre). Il faut savoir que les livres sont à un prix inaccessible en Algérie, d'où l'importance de ce type de projets. Elle s'occupe également, dans le cadre de son association «Paroles et Ecriture » d'animer des ateliers d'écriture pour les femmes. Son engagement dans la reconstruction de son pays est tout à fait admirable.
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Je ne peux pas bien entendu restituer l'intégralité de la rencontre mais j'espère vous en avoir donné l'esprit. On ne peut que souhaiter à l'Algérie des jours meilleurs et à Maïssa Bey de continuer à écrire, pour nous Français comme pour les Algériens. Ses livres sortent également là-bas aux Editions Barzakh.
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La soirée s'est terminée de façon conviviale à déguster des loukoums et autres pâtisseries en buvant du thé à la menthe, tout en échangeant nos impressions sur la soirée. Pendant ce temps, Maïssa dédicaçait les livres et parlait individuellement avec les uns et les autres.
 
 
Une rencontre très marquante et enrichissante...
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Malice a beaucoup aimé ce livre également
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